Michel Saint-Denis

acteur, metteur en scène, directeur de théâtre et professeur d'art dramatique français (1897–1971)

Michel Saint-Denis, dit « Jacques Duchesne » durant la Seconde Guerre mondiale oû il dirige Radio Londres, né le à Beauvais et mort le à Londres, est un acteur, metteur en scène, directeur de théâtre et professeur d'art dramatique français.

Michel Saint-Denis
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 73 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Michel Jacques Saint-DenisVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Jacques DuchesneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Distinction

Biographie

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Neveu de Jacques Copeau, fondateur de Théâtre du Vieux-Colombier, Michel Saint-Denis rejoint la troupe de son oncle en 1919. Secrétaire général du théâtre, il devient le bras-droit de Copeau.

Il le suit en 1924 à Pernand-Vergelesses en Bourgogne, et dirige la troupe des Copiaus, qui devient en 1929 la Compagnie des Quinze, installée à Paris. Il acquiert une dimension internationale, diffusant les idées de rénovation théâtrale de son oncle en Europe.

La Compagnie des Quinze s'installe au Théâtre du Vieux-Colombier en 1930. Elle engage André Barsacq qui conçoit et réalise un nouveau dispositif scénique fixe avec colonnes en demi-cercle et charpente en bois[1] (le précédent, créé par Jacques Copeau et Louis Jouvet datait de 1919), puis des décors et des costumes pour plusieurs spectacles[2]. Elle s'adjoint le dramaturge André Obey comme auteur principal.

Michel Saint-Denis et sa Compagnie donnent des spectacles à Paris, au Théâtre du Vieux-Colombier de 1930 à 1932, puis au Théâtre de l'Atelier entre 1932 et 1934, ainsi qu'à Londres et à Bruxelles.

La Compagnie des Quinze présente notamment des pièces d'André Obey : Noé, Le Viol de Lucrèce, Vénus et Adonis et La Bataille de la Marne en 1931, Violante d'après Tirso de Molina en 1933, dans le dispositif scénique et des décors et costumes d'André Barsacq, ainsi que Don Juan en 1935, première version de L'Homme de cendres. Elle monte également La Vie en rose d'Armand Salacrou, La Mauvaise Conduite de Jean Variot, Lanceurs de graines de Jean Giono[3], La Paysanne de Vallecas d’Henri Ghéon,

La troupe comprend en ses débuts une partie des anciens Copiaus : Suzanne Bing, Marguerite Cavadaski, Marie-Hélène Dasté, Marie-Madeleine Gautier (compagne de Michel Saint-Denis), Auguste Boverio, Jean Dasté, Aman Maistre, Suzanne Saint-Denis (sœur de Michel Saint-Denis et épouse de Maistre) et Jean Villard. Elle fait aussi appel à des comédiens extérieurs aux Copiaus à l'occasion de certains spectacles : Pierre Fresnay, Génica Athanasiou, Sylvain Itkine ou Sylvia Bataille par exemple.

Après la tournée de 1935 à Bruxelles et Londres, la troupe a perdu sa mécène et doit trouver un théâtre attitré. Jean Giono propose à Saint-Denis de venir s'installer à Aix-en-Provence. Le projet démarre mal et Saint-Denis décide de dissoudre la troupe et de partir outre-Manche, avec quelques élèves.

Il fonde à Londres une école d'art dramatique, le London Theatre Studio ; elle est installée Upper Street dans le borough d'Islington dans une ancienne chapelle méthodiste transformée par les architectes Marcel Breuer et F. R. S. Yorke (en). Saint-Denis dirige l'école de 1936 à 1939 ; il y mêle l'héritage de Copeau et les travaux de Stanislavski et y intègre un cours de scénographie. Il y met en scène des auteurs russes tel que Tchekhov. Parmi les étudiants figurent Alec Guinness, Peter Ustinov, Michael Redgrave, John Gielgud et Laurence Olivier. Il codirige également à cette époque le Royal Shakespeare Company.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Michel Saint-Denis dirige Radio Londres (équipe française de la BBC) sous le pseudonyme de Jacques Duchesne, en souvenir du Père Duchesne du temps de la Révolution Française. Il anime la chronique quotidienne Les Français parlent aux Français de 1940 à 1944[4]. Il aide aussi Winston Churchill à rédiger le discours qu'il adresse aux français le [5].

En 1947, il fonde avec George Devine (en) et Glen Byam Shaw (en) l’école du Théâtre Old Vic à Londres (The Old Vic Theatre School), qu'il dirige jusqu'à sa fermeture en 1952[6],[7].

Michel Saint-Denis revient en France pour succéder en 1953 à André Clavé à la tête du Centre dramatique de l'Est à Colmar, transféré à Strasbourg l'année suivante ; il y crée l'École supérieure d'art dramatique, première école d'art dramatique hors de Paris[7], qui dispense en trois ans un enseignement véritablement professionnel, largement inspiré des préceptes de Copeau. Michel Saint-Denis dirige le Centre dramatique de l'Est jusqu'en 1957[8].

Il est conseiller à la Comédie-Française[9] et enseigne à la Juilliard School de New York. En 1958-1959, il participe à la conception de l’École nationale de théâtre du Canada à Montréal[7],[10], puis il collabore, en 1960, à la création de la Juilliard Drama Division, au cœur du Lincoln Center de New-York, où il enseigne, et dont il reste le consultant-directeur conseil jusqu’en 1969[11]. Membre de l’Institut international du théâtre, il participe à de nombreux colloques sur la formation d’acteur dans différents pays. Il publie en 1960 Theatre, The rediscovery of style, avec une préface de Laurence Olivier. En 1962, il accepte pour trois ans la co-direction de la Royal Shakespeare Company, avec Peter Brook et Peter Hall : il y crée un studio de formation et de recherche dramatique.

Michel Saint-Denis meurt à Londres dans le quartier de Westminster le [12].

Metteur en scène

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le roman The Constant Nymph de Margaret Kennedy qu'elle adapte pour le théâtre avec Basil Dean, version revue par Jean Giraudoux, décors et costumes de Raymond Faure qui joue aussi Lewis Dodd, avec Delphine Seyrig (rôle-titre), spectacle du Centre dramatique de l'Est, Colmar, joué au Théâtre de la Tempête à la Cartoucherie, Paris.

Archives

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La British Library à Londres conserve un fonds d'archives consacré à Michel Saint-Denis[25].

Publications

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  • avec Jacques Copeau : Notes sur le métier de comédien : notes recueillies dans le journal et les écrits de Jacques Copeau par Marie-Hélène Dasté, précédées des Réflexions d'un comédien sur le "Paradoxe" de Diderot et suivies d'une lettre à Valentine Tessier, Paris, M. Brient, coll. « Écrits sur le théâtre » (no  2), 1955, 75 p.) ; Petit in-4°
  • (en) Theatre : The rediscovery of style, préface de Laurence Olivier, Londres / Melbourne / Toronto, Heinemann éd., 1960, 110 p. (présentation en ligne).
réédition : (en) Theatre : The Rediscovery of Style and Other Writings, édition et introduction de Jane Baldwin, Londres et New York, Routledge, 2009, XIV-202 p. (ISBN 0-415-45047-0).
  • Deux jours avec Churchill : Londres, 21 octobre 1940 - Paris, 11 novembre 1944, postface et notes de Baptiste-Marrey, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, coll. « L'Aube document », 2008, 77 p. (ISBN 978-2-7526-0419-4).
  • (en) Training for the theatre : premises & promises, édité par Suria Saint-Denis, New York et Londres, Theatre Arts Books / Heinemann, 1982.

Hommages et distinctions

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Notes et références

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  1. Jean Chollet, « Vieux-Colombier. Théâtre du (repères chronologiques) », dans Encyclopædia Universalis (lire en ligne).
  2. Marie-Françoise Christout 1978.
  3. 1 2 Jacques Mény, « Les débuts de Jean Giono à la scène. La rencontre avec Michel de Saint-Denis et la création des Lanceurs de graines », Revue Giono, no 5, (lire en ligne Accès libre [PDF]).
  4. Bertrand Poirot-Delpech, « Homme de théâtre, Jacques Duchesne (Michel Saint-Denis) dirigeait à la B.B.C., de 1940 à 1944 l'émission "Les Français parlent aux Français" », Le Monde, (lire en ligne).
  5. Christian Destremau, Churchill et la France, Perrin, 2017, p. 10.
  6. (en) Jeremy Geidt, « Some thoughts from one of Saint-Denis’s students », sur michelsaintdenis.net.
  7. 1 2 3 David Bradby 2008.
  8. « M. Michel Saint-Denis quitte le Centre dramatique de l'Est », le Monde, (lire en ligne).
  9. Robert Kemp, « M. Michel Saint-Denis conseiller artistique de la Comédie-Française », le Monde, (lire en ligne).
  10. (en) Craig Walker, « École nationale de théâtre du Canada », dans L'Encyclopédie canadienne, (lire en ligne).
  11. (en) Louis Calta, « Juilliard Class Gives 18 to New Troupe », The New York Times, (lire en ligne).
  12. (en) « Michel Saint‐Denis Dies at 73; Director Led Acting Schools », The New York Times, (lire en ligne).
  13. « Le viol de Lucrèce [notice de spectacle - 1931] », sur Bibliothèque nationale de France.
  14. 1 2 3 Marie-Françoise Christout 1978, p. X.
  15. Marie-Françoise Christout 1978, p. 15.
  16. (Lire en ligne.
  17. (en) Anthony Holden, Olivier, Londres, Weidenfeld and Nicolson, (ISBN 978-0-297-79089-1), p. 131.
  18. (en) « Shakespearean Part for Melbourne Girl », The Herald (Melbourne, , p. 12 (lire en ligne).
  19. (en) « Barbro Wreford, Snow Queen », sur Université de l'Illinois Urbana-Champaign.
  20. « La Sauvage », sur scapin.aml.
  21. Henri Pierre, « Michel Saint-Denis présente l'Œdipus Rex de Strawinsky au Sadler's Wells », Le Monde, (lire en ligne).
  22. René Dumesnil, « Au Théâtre des Nations », Le Monde, (lire en ligne).
  23. Henri Pierre, « Michel Saint-Denis présente la Cerisaie à Londres », Le Monde, (lire en ligne).
  24. (en) « The Cherry Orchard », sur Royal Shakespeare Company
  25. (en) Erwan Jeffroy, « Fonds Michel Saint-Denis in the British Library », sur michelsaintdenis.net, .

Bibliographie

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  • (en) Jane Baldwin, Michel Saint-Denis and the shaping of the modern actor, Westport (Connecticut), Praeger, coll. « Contributions in drama and theatre studies », , XIX-218 p. (ISBN 0-313-30566-8) (présentation en ligne).
  • (en) Jane Baldwin, « Michel Saint-Denis : training the complete actor », dans Alison Hodge, Actor training, Londres / New York, Routledge, , 81-98 p. (lire en ligne).
  • (it) Cecilia Carponi, L'arte e il mestiere : Michel Saint-Denis e la formazione tecnica dell'interprete, Rome, Bulzoni editore, coll. « (Biblioteca teatrale. Studi e testi » (no 207), , 365 p.
  • Marie-Françoise Christout (dir.), André Barsacq. Cinquante ans de théâtre (catalogue d'exposition), Paris, Bibliothèque Nationale, , 179 p. (ISBN 2-7177-1428-6, lire en ligne Accès limité).
  • David Bradby, « Saint-Denis Michel », dans Michel Corvin (dir.), Dictionnaire encyclopédique du théâtre à travers le monde, Paris, Bordas, (ISBN 9782047312957), p. 1209.
  • Jean-Baptiste Gourmel, Michel Saint-Denis : un homme de théâtre (1897-1971) (mémoire de maîtrise sous la direction de Pascal Ory et Pascale Goetschel), Paris, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, , 2 vol. (387-XLV f.) (présentation en ligne).

Liens externes

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