Tirso de Molina

écrivain espagnol

Tirso de Molina (né Gabriel José López Téllez le et mort vers le [1]) est, avec Lope de Vega et Pedro Calderón de la Barca, l'un des grands auteurs de théâtre du Siècle d'or espagnol. Il est célèbre pour avoir écrit la première pièce de théâtre sur le personnage mythique de Don Juan, avant Molière, Goldoni, Pouchkine, Balzac, Mérimée, Dumas, Byron et Corneille : El Burlador de Sevilla (Le Trompeur de Séville)[2].

Tirso de Molina
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Gabriel José López y Telléz...Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Tirso de MolinaVoir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activités
Autres informations
Ordre religieux
Mouvement
Genres artistiques
Œuvres principales
  • Le Timide au palais (1611)
  • Trilogie de La Santa Juana (1613-1614)
  • Don Gil de las calzas verdes (1615)
  • La prudencia en la mujer (1622)
  • Le Trompeur de Séville (v. 1630)
signature de Tirso de Molina
Signature.

Biographie

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Gabriel Téllez est probablement né le 24 mars 1579, jour de la fête liturgique de saint Gabriel. Il est baptisé le 29 mars dans l'église de saint Sébastien à Madrid (es).Il est le fils d' Andrés López et de Juana Téllez, de naissance modeste, qui sont au service de Pedro Mesía de Tovar, condé de Molina de Herrera et noble à la cour du roi Philippe IV d'Espagne[3]. Il a une grande sœur, qui entre le 21 août 1588 au couvent de la Madeleine de Madrid, un couvent de nonnes augustines, à l'âge de quinze ou seize ans ; elle prend pour nom de religieuse Catalina de San José[3].

Gabriel entre en 1599 au couvent de la Merci, à Madrid, alors encore en construction, et y passe plusieurs mois en tant que pré-novice. Il fait son noviciat au couvent de Guadalajara en janvier 1600 et prononce ses vœux un an plus tard, le 21 janvier 1601[2],[3]. En 1604, il séjourne au couvent de Tolède avec l'historien Alonso Remón, retourne brièvement à Guadalajara de janvier à juin 1605[3]. Il revient à Tolède à 1606, où il étudie les arts et la théologie et commence à écrire, puis est ordonné prêtre la même année[4]. En 1608, il est au couvent de Soria. Les archives de ce couvent montrent, en date du 26 août 1608, son premier statut connu en tant que prêtre : "Padre Fray Gabriel Téllez, Vicario".

En 1610, le dramaturge Andrés de Claramonte cite Gabriel Téllez comme "poète comique" ("poeta cómico") : il s'agit de la première référence connue à son statut de dramaturge[3].

De 1614 à 1615, il vit dans le couvent d'Estercuel. Après des études à Guadalajara et Salamanque, il réside en Galice et au Portugal, passe quelque temps à Séville, puis s'embarque pour Saint-Domingue où il restera deux ans.

Tirso de Molina fut un auteur fécond. Il écrivit 317 comédies de mœurs, d'intrigue, de caractères, morales et religieuses. L'essentiel de son œuvre fut produite entre 1610 et 1625, période durant laquelle il jouit d'une très grande popularité comme homme de théâtre et fréquente assidûment la Cour et les milieux littéraires. Parmi ses premières pièces figure la trilogie théâtrale La Santa Juanna, pièces religieuses hagiographiques consacrées à la mystique et écrivaine espagnole Jeanne Vázquez (1481-1534), qui sont un succès[5].

Juan Fernando Pizarro, descendant des conquistadores du même nom, devient l'ami et le protecteur de Tirso de Molina. Celui-ci écrit une trilogie de pièces consacrées à trois frères Pizarro (Francisco, Gonzalo et Hernando Pizarro), la Trilogie de los Pizarros, possiblement sur commande de Juan Fernando Pizarro[6].

La popularité de Tirso en tant que dramaturge est brusquement interrompue lorsqu'en 1624, la Junta de Reformación Assemblée de Réforme »), mise en place par le comte-Duc d'Olivares pour surveiller les bonnes mœurs, l'accuse, lui et d'autres auteurs, de corrompre les mœurs par des « comédies profanes »[2]. En 1632 il est nommé chroniqueur de l'Ordre de la Merci. En 1640, le général de l'ordre de la Merci l'exile à Cuenca. En 1645, il est élu commandeur du couvent de Soria. Il y meurt en [2].

Analyse de l'œuvre

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Tirso a composé de nombreuses comedias. À son époque, en Espagne, le mot comedia est un terme très général, qui désigne une pièce de théâtre toujours en trois actes. Lope de Vega, auteur très influent à ce moment, ne fait pas de séparation nette entre la comédie et la tragédie, de sorte qu'une intrigue sérieuse peut coexister avec des éléments humoristiques, sans que le résultat corresponde exactement à ce qu'on appelle alors en France une tragicomédie[7].

Six pièces de théâtre de Tirso de Molina relèvent du genre de l'auto (théâtre) (es) sacramantel : il les a probablement composées au tout début de sa carrière de dramaturge, entre 1613 et 1615[8]. Un auto, genre propre au théâtre espagnol, est une pièce courte, en général en un seul acte, à visée comique ou moralisatrice.

Tirso compose aussi de nombreuses pièces à sujet religieux. Certaines puisent beaucoup dans le genre de l'hagiographie, parfois en y mêlant des épisodes profanes, comme la trilogie de la Santa Juanna[5].

Œuvres (liste partielle)

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Les dates indiquées suivent la datation réalisée par l'article «La creación dramática de Tirso de Molina» de María del Pilar Palomo Vázquez en 1998, et constituent en général un terminus ad quem[9].

Monument en l'honneur de Tirso de Molina sur la e Plaza de Tirso de Molina à Madrid. La statue, en pierre et en bronze, est l'œuvre de Rafael Vela del Castillo. Le monument a été inauguré en 1943.

Comédies de cape et d'épée et palatinas

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La comedia palatina (es) est un sous-genre du théâtre espagnol du Siècle d'or, comique ou sérieux.

  • Le Timide au palais (El vergonzoso en palacio, 1611)[10]
  • El Melancólico (1611)
  • Cómo han de ser los amigos (1612)
  • La villana de la Sagra (1612)
  • El castigo del penseque (1614)
  • Quien calla otorga (1614)
  • Marta la piadosa (1614)
  • Don Gil de las calzas verdes (1615)
  • Amar por señas (1615)
  • El amor médico (1620)
  • La celosa de sí misma (1620)
  • La villana de Vallecas (1620)
  • Celos con celos se curan (1621)
  • Por el sótano y el torno (1623)
  • Los balcones de Madrid (1624)
  • Amar por razón de estado (1625)
  • No hay peor sordo (1626)
  • Desde Toledo a Madrid (1626)
  • La huerta de Juan Fernández (1626)
  • Amar por arte mayor (1630)
  • Privar contra su gusto (1632, de privanza)
  • La firmeza en la hermosura (1644)
  • Les Trois Maris mystifiés (Los tres maridos burlados)

Comédies historiques

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Comédies mythologiques

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  • El Aquiles (1612)
  • La fingida Arcadia (1621)

Comédies religieuses et philosophiques

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  • La joya de las montañas, Santa Orosia (l'une des premières pièces de Tirso)
  • Los lagos de San Vicente (1607)
  • La gallega Mari-Hernández (1611)
  • La peña de Francia (1612)
  • La mujer que manda en casa (1612), pièce biblique sur l'histoire de Jezabel
  • La ninfa del cielo (1613, satire politique)
  • La Santa Juana (1613-1614), trilogie théâtrale
  • Tanto es lo de más como lo de menos (1614)
  • La mejor espigadera (1614), pièce biblique sur Ruth
  • El condenado por desconfiado (1615)
  • La vida y muerte de Herodes (1615)
  • Quien no cae, no se levanta (1624)
  • El mayor desengaño (1621)
  • La venganza de Tamar (1621)
  • Le Trompeur de Séville et l'invité de pierre (El Burlador de Sevilla y convidado de piedra, 1612-1620)

Autos sacramentels

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  • El colmenero divino (1613)
  • No le arriendo la ganancia (1613)
  • La madrina del cielo (1613, puede más bien considerarse una comedia de santos)
  • Los hermanos parecidos (1615)
  • El laberinto de Creta

Œuvres en prose

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  • Los cigarrales de Toledo (Les Vergers de Tolède, 1621), recueil d'écrits divertissants
  • Historia general de la Orden de Nuestra Señora de la Merced (Histoire générale de Notre-Dame de la Merci, 1637)
  • Deleitar aprovechando (Instruire plaisamment, 1632), recueil moralisateur
  • Genealogía del conde de Sástago (1640)
  • Vida de la Santa Madre doña María de Cerbellón... (Vie de la sainte mère doña María de Cervellón), Œuvre sur María de Cervelló, inédite, découverte et publiée à titre posthume en 1908 par Marcelino Menéndez y Pelayo.
  • Acto de contrición (Acte de contrition)

Articles connexes

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Notes et références

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  1. (es) « Tirso de Molina », sur www.odemih.com, Institutum Historicum Ordinis de Mercede (consulté le )
  2. 1 2 3 4 Encyclopædia Universalis, « Biographie de TIRSO DE MOLINA (1580 env.-1648) : Une œuvre d'approche difficile », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  3. 1 2 3 4 5 (es) José Antonio Pérez-Rioja et García-Sierra, « Real Academia de la Historia | Historia Hispánica », sur historia-hispanica.rah.es (consulté le )
  4. (es) Mariano Calvo, Rutas literarias de Toledo, Tolède, Cuarto Centenario, (ISBN 978-84-940811-2-5), p. 159-161 (chapitre "Tirso de Molina. Ruta del siglo de Oro")
  5. 1 2 Isabel Ibañez, « La Sancta Juanna de Tirso de Molina : un théâtre militant », dans Daniel Meyran et al., Théâtre et pouvoir : Actes du IVe Colloque International sur le théâtre, domaines hispanique, hispano-américain et mexicain, en France, organisé les 8, 9 et 10 octobre 1998 à l’Université de Perpignan, par le Centre de Recherches Ibériques et Latino-américaines de l’Université de Perpignan, Perpignan, Presses universitaires de Perpignan, coll. « Études », , 730 p. (ISBN 978-2-914518-32-1 et 978-2-35412-387-1, DOI https://doi.org/10.4000/books.pupvd.29989, lire en ligne), p. 103-121
  6. Philippe Rabaté, « L’Ailleurs mythique, naturel et politique de Amazonas en las Indias de Tirso de Molina », dans Carole Nabet-Egger et Isabelle Rouane Soupault, L’ailleurs dans les dramaturgies hispaniques, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, , 262 p. (ISBN 978-2-85399-839-0 et 979-10-365-6129-0, DOI https://doi.org/10.4000/books.pup.21302, lire en ligne), p. 55-80
  7. Isabel Ibáñez, « Défense et illustration de la tragédie ‘à l’espagnole’ : La vida y muerte de Herodes de Tirso de Molina », Etudes Epistémè, no 45 « Représentations et Usages de la Saint-Barthélemy, 1572-2022 / Mariamne et Hérode en Europe : métamorphoses d’une histoire antique, XVIe-XVIIe siècles », , (en ligne) (DOI https://doi.org/10.4000/12v7c, lire en ligne)
  8. Isabelle Bouchiba-Fochesato, « Une poétique de l’interlocution dans les autos sacramentales de Tirso de Molina », Bulletin hispanique, vol. 112, no 1 « Actes du Colloque « langue, littérature, littéralité » », , p. 113-129 (DOI https://doi.org/10.4000/bulletinhispanique.1112, lire en ligne)
  9. (es) María del Pilar Palomo Vázquez, « La creación dramática de Tirso de Molina », Especulo, red Espéculo, no 7, 1997-1998 (ISSN 1139-3637, lire en ligne [archive])
  10. Guy Bruit, « Tirso de Molina, Le Timide au Palais », Raison présente, vol. 167, no 1, , p. 119–120 (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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