Centre international Rogier
Le Centre international Rogier (en néerlandais : Internationaal Rogiercentrum), également connu sous les noms de tour Rogier (en néerlandais : Rogiertoren) ou de tour Martini (en néerlandais : Martinitoren) en raison de la grande enseigne lumineuse Martini qui le couronnait, était un immeuble multifonctionnel situé place Rogier, dans la commune bruxelloise de Saint-Josse-ten-Noode. Il fut construit en 1957-1961 sur l'emplacement de l'ancienne gare du Nord, et remplacé en 2001-2006 par la tour Rogier actuelle.
| Architecte | |
|---|---|
| Développeur |
Latimo |
| Construction |
1957-1961 |
| Ouverture | |
| Fermeture | |
| Démolition |
2001 |
| Statut |
démoli |
| Usage |
Bureaux, logement, théâtres, commerces |
| Hauteur |
Flèche : — Toit : 116 m |
|---|---|
| Surface |
59 000 m2 |
| Étages |
24 |
| Nombre dʼascenseurs |
15 |
| Pays | |
|---|---|
| Commune | |
| Coordonnées |
Historique
modifierLa société Latimo fait construire le Centre international Rogier, entre 1957 et 1961, à la place de l'ancienne gare du Nord, démolie en 1955. L'architecte Jacques Cuisinier s'inspire du centre de New York. Deuxième gratte-ciel de Bruxelles après la Pŕevoyance Sociale, le Centre Rogier introduit le mode de vie américain dans la capitale belge[1]. Le projet mêle le style international à un expressionnisme tardif, à l'image du « style atomique » des nombreuses constructions de l'Expo 58[2].

Le Centre Rogier est une véritable ville dans la ville. Il abrite 25 000 m2 de bureaux dans la tour avant de 24 étages, 116 appartements dans la tour arrière, une galerie marchande de 85 magasins et le théâtre national de Belgique dans les étages inférieurs, ainsi qu'une station-service, une polyclinique, des parkings, une gare d'autobus et trois salles d'exposition[3]. Les derniers étages de la tour, aux 29e et 30e, sont occupés par un restaurant et le célèbre Club Martini, joignables par l'ascenseur le plus rapide d'Europe, à 5,5 mètres par seconde[4]. Des stars comme Louis de Funès, Georges Brassens, Jacques Brel ou encore les Rolling Stones s'y rendent.
L'ensemble souffre ensuite du morcèlement de la propriété, entre des entreprises et des habitants particuliers, aux moyens très disparates. Son entretien et des réparations ne peuvent pas être réalisés, faute de consensus[5]. Le club ferme définitivement ses portes en 1978 et le reste du centre décline progressivement. Les derniers étages restent vides, et l'étoile Mercedes rotative qui remplace l'enseigne lumineuse du Martini Center, n'égale pas le prestige de son prédécesseur. Les bureaux sont vides à partir de 1990[6].
En 1989, le promoteur Ely Baron achète, pour sa société Brussels Business Center (BBC), 75% des parts en deux ans, et vend cette société, en 1993, à la société finlandaise Sponda (fi). La tour Martini est de plus en plus occupée illégalement par des squatteurs. Sur les 82 appartements encore occupés comme résidence en 1989, il n'en reste que 18 au début de l'année 1994. Le dernier occupant est finalement expulsé de son appartement en 1995, à l'issue d'une bataille juridique[7].
Pour des raisons de rentabilité, le nouveau propriétaire songe à un projet de bureaux pur, sans appartements. Les structures portantes de la tour ne sont pas assez fortes pour supporter les exigences techniques des bureaux modernes, et les plafonds sont trop bas. On passe donc à une destruction-reconstruction[8].
La suppression de plus de cent appartements en pleine période de crise du logement suscite l'opposition des comités de quartier, de l'ARAU et d'Inter-Environnement Bruxelles. Comme ces derniers ont des bonnes chances de faire arrêter ou retarder le projet par voie juridique, le promoteur conclut avec eux un accord : il construira la résidence Régina, un complexe de 80 appartements, sur l'îlot entre les rues Botanique, Verte et du Chemin de fer. Les appartements sont livrés fin 2005[9].
Le théâtre national quitte finalement les lieux au printemps 2001, et l'ensemble du bâtiment est démoli à l'automne de la même année, malgré les protestations, à raison d'un étage par semaine.
La construction de la tour Rogier, ou tour Dexia, commence ensuite et elle est mise en service en 2006.
Références
modifier- ↑ Thierry Demey, Des gratte-ciel dans Bruxelles. La tentation de la ville verticale, Bruxelles, Badeaux, (ISBN 978-2-96004145-3), p. 69-70
- ↑ Marc Meganck, Bruxelles de tour en tour, Bruxelles, Aparté, (ISBN 2-930327-09-X), p. 110
- ↑ Demey 2008, p. 70-71.
- ↑ Demey 2008, p. 71.
- ↑ Demey 2008, p. 72.
- ↑ Christian Lasserre, « Des bureaux pour toujours? », dans Michel De Beule et Christian Dessouroux, Bruxelles, ses bureaux, ses employés, Bruxelles, MRBC, , p. 116
- ↑ Demey 2008, p. 73.
- ↑ Demey 2008, p. 73-74.
- ↑ Demey 2008, p. 75-76.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Philippe Jadin et Charles Langhendries, Martini Center : la terrasse des légendes : Bruxelles 1958-1978, Luc Pire, , 157 p. (ISBN 2875421700)
- Thierry Demey, Des gratte-ciel dans Bruxelles. La tentation de la ville verticale, Bruxelles, Badeaux, , 200 p. (ISBN 978-2-96004145-3)
Filmographie
modifier- Christophe Dessouroux, « Centre International Rogier / Tour Martini Archi Urbain (01/12) », sur youtube
