Chansons madécasses (Ravel)
Les Chansons madécasses sont un cycle de trois mélodies (Nahandove - Aoua - Il est doux) composées par Maurice Ravel entre 1925 et 1926 pour voix moyenne (mezzo ou baryton), flûte, violoncelle et piano, sur des poèmes en prose éponymes, les Chansons madécasses d'Évariste de Parny.
| Chansons madécasses M.78 | |
Partition de Aoua illustrée par Luc-Albert Moreau, éditions Durand, 1926 | |
| Genre | Musique de chambre |
|---|---|
| Nb. de mouvements | 3 |
| Musique | Maurice Ravel |
| Texte | Évariste Parny |
| Langue originale | fr |
| Durée approximative | Environ 13 minutes |
| Dates de composition | 1925-1926 |
| Dédicataire | Elizabeth Sprague Coolidge |
| Commanditaire | Elizabeth Sprague Coolidge |
| Création | Académie américaine à Rome |
| Interprètes | Jane Bathori (chant), Alfredo Casella (piano), Louis Fleury (flûte), Hans Kindler (violoncelle) |
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Elles sont dédiées à Elizabeth Sprague Coolidge, mécène américaine du musicien. Le compositeur, à la fin de sa vie créatrice, répéta à plusieurs reprises que de toutes les œuvres qu'il avait composées, c'est de ces Chansons qu'il était le plus fier.
L'œuvre porte la référence M.78, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat[1].
La durée d'exécution de l'œuvre oscille entre treize et quatorze minutes.
Histoire de l'œuvre
modifierLa création s'est faite en plusieurs étapes : tout d'abord, la seule seconde des Chansons madécasses, Aoua, a été donnée lors de deux auditions privées organisées par la commanditaire et dédicataire Elizabeth Sprague Coolidge, le à l'Hôtel Majestic de Paris[2] puis le à Londres[3], les deux fois avec pour interprètes Jane Bathori au chant, Maurice Ravel en personne au piano, Louis Fleury à la flûte et Hans Kindler au violoncelle. Lors de l'audition parisienne, le compositeur Léon Moreau a protesté à haute voix contre les paroles de la mélodie, pourtant bissée par les interprètes.
L'année suivante, une fois achevées les 1ère et 3e Chansons madécasses, le cycle entier a été donné lors d'auditions privées pour les invités de la mécène Elizabeth Sprague Coolidge, le à l'Académie américaine de Rome[4] puis le au Palais d'Egmont de Bruxelles[5], les deux fois avec pour interprètes Jane Bathori au chant, Alfredo Casella au piano, Louis Fleury à la flûte et Hans Kindler au violoncelle ; et aussi le à la Salle Érard de Paris, avec les mêmes interprètes à une exception près, le flûtiste, Urbain Bauduin qui remplaça Louis Fleury, initialement prévu mais décédé entre-temps prématurément[6].
La première audition publique des trois Chansons madécasses date du à la Salle Érard à Paris, lors d'un « Festival Maurice Ravel » organisé par la Société musicale indépendante (SMI), avec pour interprètes Joy Mac Arden au chant, Vlado Perlemuter au piano, Gaston Blanquart à la flûte et Tony Close au violoncelle[7].
La première édition chez Durand est accompagnée de gravures de Luc-Albert Moreau.
Musique
modifierRavel s'enthousiasma pour les poèmes de Parny dont le contenu était conforme à ses propres convictions. Le style extrêmement dépouillé qu'il adopta pour cette musique s'inscrit dans la suite de sa Sonate pour violon et violoncelle. Dans cet esprit, cette œuvre n'est pas sans rappeler la Sonate pour flûte, alto et harpe de Claude Debussy, composée quelque dix ans plus tôt.
- « Les Chansons madécasses me semblent apporter un élément nouveau - dramatique voire érotique - qu'y a introduit le sujet même de Parny. C'est une sorte de quatuor où la voix joue le rôle d'instrument principal. La simplicité y domine. L'indépendance des parties s'y affirme. » (Maurice Ravel, Esquisse biographique, 1928)
La chaleur et l'érotisme de Nahandove et de Il est doux et la virulente dénonciation du colonialisme de Aoua font des Chansons madécasses une œuvre engagée de Maurice Ravel en même temps que sa meilleure réussite dans le genre[8].
Premier enregistrement
modifierLe premier enregistrement est celui de la chanteuse Madeleine Grey, sous la direction musicale du compositeur, en , pour la « Société phonographique française Polydor »[9], alors gérée par Erna Elchlepp[10]. Deux clichés des archives de cette dernière montrent Maurice Ravel et Madeleine Grey ensemble au siège de Polydor, 6-8, rue Jenner à Paris, tandis qu'un troisième cliché montre les trois autres musiciens de l'enregistrement, dont le flûtiste Marcel Moyse et le violoncelliste Auguste Cruque, le pianiste n'étant pas identifié[11].
Bibliographie (ordre chronologique)
modifierMonographies sur Maurice Ravel
modifier- Roland-Manuel, À la gloire de... Maurice Ravel, Paris, Nouvelle Revue Critique, (BNF 32580891), p. 165-167
- Marcel Marnat, Maurice Ravel, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-01685-2, BNF 43135722), p. 576-590
- Christian Goubault, Maurice Ravel. Le jardin féerique, Paris, Minerve, (ISBN 2-86931-109-5, BNF 39264179)
Articles
modifier- Roland-Manuel, « Les Chansons madécasses de Maurice Ravel », Revue Pleyel, no 41, , p. 162-163 (lire en ligne, consulté le )
- Federico Lazzaro, « Chansons madécasses, modernisme et érotisme. Pour une écoute de Ravel au-delà de l’exotisme », Revue musicale OICRM, t. 3, no 1, , p. 16-55 (lire en ligne, consulté le )
Écrits de Maurice Ravel
modifier- Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1769 p. (ISBN 978-2-36890-577-7 et 2-36890-577-4, BNF 45607052)
- Maurice Ravel, Correspondance, écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Gallimard, coll. « Tel », , 2934 p. (ISBN 9782073111111, BNF 47682301)
Notes et références
modifier- ↑ Marnat 1986, p. 772-773.
- ↑ « Dimanche 24 mai 1925 »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ « Jeudi 28 mai 1925 »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ « Samedi 8 mai 1926 », sur dezede.org (consulté le )
- ↑ « Vendredi 21 mai 1926 »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ « Dimanche 13 juin 1926 »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ « Vendredi 15 octobre 1926 »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ "Chansons Madécasses".
- ↑ Cornejo 2025, p. 2735.
- ↑ « Erna Elchlepp »
, sur dezede.org (consulté le ) - ↑ (de) Eva Zöllner, « « Ich würde alles genau wieder so machen! » Erna Elchlepps Leben bei der Deutschen Grammophon »
, sur evazoellner.de, (consulté le )
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :
- Notice Chansons madécasses dans la base de données Dezède