Chants populaires (Ravel)

recueil de mélodies de Maurice Ravel

Les quatre Chants populaires sont des mélodies populaires harmonisées pour chant et piano par Maurice Ravel sur des paroles anonymes, composées en 1910.

Chants populaires
Image illustrative de l’article Chants populaires (Ravel)
Couverture de la partition, éditions Durand, 1925

Genre Mélodies
Musique Maurice Ravel
Langue originale Français, Galicien, Yiddisch, Italien
Effectif chant et piano
Dates de composition 1910
Création
Salle des Agriculteurs à Paris
Interprètes Marie Oléline d’Alheim, Alexandre Olénine

Présentation

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Les quatre Chants populaires de Maurice Ravel ont été spécialement harmonisés pour chant et piano en vue d’un concours organisé en 1910 par La Maison du Lied, de Moscou, fondée par Pierre d’Alheim.

  1. Chanson espagnole (Galice)
  2. Chanson française (Limousin)
  3. Mélodie italienne ou Chanson italienne (romaine)
  4. Chanson hébraïque

Début , Maurice Ravel a appris que ses mélodies étaient primées :

« J’ai été agréablement surpris en recevant la nouvelle que 4 de mes harmonisations avaient été jugées dignes d’une récompense[1],[2]. »

Les quatre mélodies ont été créées à la Salle des Agriculteurs à Paris le par Marie Olénine d’Alheim (chant), épouse de Pierre d’Alheim, et par Alexandre Olénine (piano), frère de la chanteuse[3].

Peu après, en 1911, les quatre mélodies ont été publiées à Moscou et à Leipzig aux éditions Jurgenson dans un recueil intitulé Sept Chants populaires, comprenant trois autres chants populaires harmonisés par deux autres compositeurs, Alexandre Georges (Chanson flamande et Chanson écossaise) et Alexandre Olénine (Chanson russe), les sept chants étant proposés avec leurs paroles originales et avec une traduction en russe par S. Swiridenko[4].

Après des démarches du compositeur auprès des éditeurs Jurgenson et Durand en 1924, les quatre mélodies sont éditées depuis 1925 à Paris aux éditions Durand[5].

Dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Marcel Marnat, le recueil de quatre mélodies porte le numéro « 76. (A.17) »[6].

Trois Chants populaires non primés et inédits

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Selon Arthur Hoérée et Roland-Manuel, Maurice Ravel a harmonisé trois autres chants populaires, non primés lors du même concours de La Maison du Lied de 1910, et inédits :

  1. Chanson écossaise
  2. Chanson flamande
  3. Chanson russe

Ces trois chants ne figurent pas dans le catalogue des œuvres de Maurice Ravel paru dans le numéro spécial Maurice Ravel de La Revue musicale du [7] ni dans le catalogue des œuvres de Maurice Ravel des éditions Durand de 1931[8]. En 1975, les éditions Salabert ont publié une reconstitution de la Chanson écossaise, par Arbie Orenstein, d’après une esquisse de Maurice Ravel.

Orchestration de la Chanson hébraïque

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À la demande de son amie et interprète Madeleine Grey, Maurice Ravel a orchestré en la Chanson hébraïque. Cette mélodie populaire orchestrée a été créée le par Madeleine Grey et l’Orchestre Pasdeloup sous la direction de Vladimir Golschmann au Théâtre Mogador à Paris[9],[10],[11] et interprétée une dizaine de fois par Madeleine Grey et divers orchestres jusqu'en 1939[12].

Cette orchestration est absente du catalogue des œuvres de Maurice Ravel des éditions Durand de 1931[8] et de celui de 1954. En 1957, année du vingtième anniversaire de la mort de Maurice Ravel, son élève Maurice Delage réalisa une orchestration de la Chanson hébraïque de 1910 pour les éditions Durand, comme si l’existence de l’orchestration effectuée dès 1924 par Maurice Ravel était ignorée. Madeleine Grey en possédait pourtant le manuscrit de trois pages, conservé aujourd’hui à New York dans le fonds Robert Owen Lehman en dépôt à la Pierpont Morgan Library (R252.C459)[13],[14].

Du fait que Maurice Ravel est l'auteur de l'harmonisation de deux autres chansons hébraïques, commandées en 1914 par la chanteuse Alvina Alvi, les Deux mélodies hébraïques, publiées aux éditions Durand, lorsque la chanteuse Madeleine Grey, proche amie de Maurice Ravel, interprétait ces deux mélodies et la Chanson hébraïque de 1910, elle avait l'habitude de les regrouper dans ses programmes de concerts sous le titre de Trois mélodies hébraïques ou Trois chansons hébraïques, et elle chantait la Chanson hébraïque de 1910 en deuxième position :

« Ravel a orchestré, pour moi toute seule, le Mejerke. [...] La prière est si belle, quand il dit « je veux des enfants, je veux être heureux, je veux du pain »… [...] J'ai été longtemps la seule à chanter la version orchestrée du Mejerke. Je la chantais en deuxième. C'est pourquoi je l'appelle la Deuxième hébraïque[15]. »

Cette orchestration n'est plus jouée depuis la Deuxième Guerre Mondiale et est inédite au disque.

Analyse

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Plusieurs études sur les œuvres vocales de Maurice Ravel passent ces quatre mélodies populaires sous silence[16].

Discographie

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Bibliographie

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Écrits de Maurice Ravel

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Monographies

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Articles et chapitres de livres

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  • Arthur Hoérée, « Les mélodies et l’œuvre lyrique », La Revue musicale, no 6,‎ , p. 47-64
    Article paru dans un numéro spécial Maurice Ravel à l'occasion du cinquantième anniversaire du compositeur le 7 mars 1925, passage sur les Chants populaires, p. 55
  • René Chalupt, « Maurice Ravel et les prétextes littéraires de sa musique », La Revue musicale, no 6,‎ , p. 65-74 (lire en ligne, consulté le )
  • (en) Michel Dimitri Calvocoressi, « When Ravel Composed to Order », Music and Letters, t. 22, no 1,‎ , p. 54-59 (ISSN 0027-4224)
    Passage sur les Chants populaires p. 56

Références

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  1. ↑ Cornejo 2018, p. 247.
  2. ↑ Cornejo 2025, p. 374.
  3. ↑ « Lundi 19 décembre 1910 » Accès libre, sur dezede.org
  4. ↑ Voir la lettre de cession de droits d'édition de Maurice Ravel à Peter Jurgenson du 9 mars 1911 dans Cornejo 2018, p. 1657 et Cornejo 2025, p. 2669
  5. ↑ Voir la lettre de Maurice Ravel à Marie Olénine d'Alheim du 21 juin 1924 dans Cornejo 2018, p. 970 et Cornejo 2025, p. 1437-1438
  6. ↑ Marnat 1986, p. 755-756.
  7. ↑ « Bibliographie complète de l’œuvre de Maurice Ravel », La Revue musicale, no 6,‎ , p. 110-112
  8. 1 2 Catalogue des œuvres de Maurice Ravel, Paris, Durand, (lire en ligne).
  9. ↑ Cornejo 2018, p. 49.
  10. ↑ Cornejo 2025, p. 86.
  11. ↑ « Samedi 29 novembre 1924 » Accès libre, sur dezede.org
  12. ↑ « Chanson hébraïque « Mejerke, main Suhn » (orchestration) Ravel (M.) [comp.] » Accès libre, sur dezede.org
  13. ↑ Zwang 2008, p. 104-105.
  14. ↑ Manuel Cornejo, « Documents Ravel dans les ventes et collections publiques et privées », Cahiers Maurice Ravel, Séguier, no 18,‎ , p. 146 (ISBN 978-2-8404-9722-6)
  15. ↑ Zwang 2008, p. 103-104.
  16. ↑ Marie-Claire Beltrando-Patier, « Maurice Ravel », in Guide de la mélodie française et du lied, Paris, Fayard, 1994, p. 522-534 ; Jean Roy, « Les mélodies de Maurice Ravel », Musical. Revue du Théâtre Musical de Paris-Châtelet, no 4,‎ , p. 97-103

Liens externes

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