Chants pour une fleur est un recueil de poèmes de l’écrivain congolais Alvie Mouzita, publié pour la première fois en 2023[1] aux Éditions Essaim Plumes à Parakou (Bénin), puis réédité en 2025 dans une version revue, augmentée et restructurée. L’ouvrage célèbre la féminité et la culture africaine et s’impose comme une méditation sur la douleur, la mémoire et la renaissance, à travers un style musical et profond[2]. Certains de ses poèmes ont été traduits en espagnol et publiés par Círculo de Poesía, une revue mexicaine[3].

Chants pour une fleur
Auteur Alvie Mouzita
Pays Rép. du Congo
Directeur de publication Florent Aïkpe
Genre Poésie
Distinctions Prix MILA du livre francophone 2023
Éditeur Éditions Essaim Plumes
Lieu de parution Parakou (Bénin)
Date de parution 2025
Illustrateur Solomon Omogboye
Nombre de pages 248

Résumé

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Dans Chants pour une fleur, Alvie Mouzita propose une méditation poétique sur la mémoire, la souffrance et la renaissance. À travers ses vers mélancoliques, abrupts et exaltés, l'auteur tisse un dialogue entre l'Afrique et le monde, ravivant souvenirs, crépuscules et lumières. Le recueil évoque tour à tour l’esclavage, la colonisation, la résistance, l’amour, la féminité, le mal, l’exil, la spiritualité et la reconquête de soi pour déboucher au renouveau. La fleur, motif central, devient symbole de fragilité et de force, de souffrance et de beauté, de renaissance et d’espérance. Ici, Alvie Mouzita fait de la poésie un lieu de mémoire et de guérison, entre élégie et célébration.

Structure

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La réédition de 2025 introduit une nouvelle architecture poétique et symbolique. Le recueil regroupe désormais soixante-dix poèmes et se divise en six « rideaux », conçus à la manière de chapitres : chaque rideau porte le titre d’un livre poétique et s’ouvre sur une dédicace à son auteur, inscrivant le texte dans un dialogue intertextuel avec d’autres voix du monde. Cette construction, qu'Alvie Mouzita appelle la « poétique du rideau », confère au livre une dynamique dramatique et contemplative.

L’ensemble est encadré par un poème à l’ouverture (Crépuscule liminaire) et un autre à la fermeture (Le revenant).

Réception Critique

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Depuis sa première parution en 2023, Chants pour une fleur a été salué pour sa profondeur, sa musicalité et son lyrisme spirituel. Sa qualité remarquable fait dire au journaliste Masand Mafuta qu'Alvie Mouzita est « un poète qui monte en puissance » parmi les voix de la poésie congolaise contemporaine[2].

Le Professeur Arsène Brice Mankou souligne avoir « décelé et remarqué la profondeur des vers poétiques d’Alvie Mouzita », tandis qu’Aurélie Dorval, directrice adjointe des affaires culturelles de la Sorbonne Université, félicite le poète pour « avoir porté un message de conscience mais aussi, et surtout, d’avenir et d’espoir. »[4]

Dans cette perspective, le Dr Idrissou Zimé Yérima remarque que Chants pour une fleur séduit par « ses déviations qui contribuent non seulement à l’originalité des poèmes mais aussi, au renforcement des thèmes permettant d’exprimer et de saisir, par tous les sens, l’indicible ». Selon lui, cette apparente dissonance crée « une parole incantatoire qui relève de la spiritualité africaine », et fait du poète un créateur d’images inattendues et puissantes. Ainsi, le lecteur « intéressé par la littérature créative aimera cette œuvre qui captive par ses déviations innovantes. »

Dr Carmen Toudonou y voit « une carte postale, tout en vers, de l’Afrique », convoquant l’histoire, la géographie, l’ethnologie et la mémoire du continent. Elle souligne la richesse lexicale et symbolique du recueil, ainsi que la présence d’une langue « mâtinée de quelques mots de lingala » et d'autres langues africaines, où se mêlent vers libres, prose poétique, alexandrins, acrostiches et dialogues. « La grande force de ce recueil tient dans la richesse des images, dans le souffle et le rythme constants, et aussi dans la thématique de l’Afrique », renchérit-elle[5].

L'écrivain français André Prodhomme évoque, dans la revue À l'Index, « un bonheur de lire » et rapproche Mouzita de Baudelaire, notant que « la mélancolie, depuis la nuit des temps, pour le poète, n’est pas voisinage dépressif, mais nécessité pour son voyage en humanité ». Selon lui, le recueil invite à « reprendre la mémoire africaine et sa trace dans les rivières et les grands fleuves », dans une poésie « océane et tempétueuse » où la spiritualité africaine rencontre l’émotion universelle. Pour sa part, Alvie Mouzita, dans Chants pour une fleur « se fait griot et nous emmène dans un voyage qui se veut chant, et retour aux sources (...) Il s’agit de retrouver les sources de la spiritualité africaine, d’y saluer les grandes figures mais aussi, d’y chanter l’être aimé. »[6]

Enfin, le chercheur canadien Laurent Poliquin, dans sa poétique de lisière, salue une écriture où « le corps devient chant lui-même, lieu d’incantation, de guérison et d’histoire sacrée ». Pour lui, Mouzita sacralise le corps féminin en en faisant « le support d’un panthéon afroféminin » où se croisent Kimpa Vita, Néfertiti et les Amazones du Dahomey, formant « une constellation des corps blessés. » Son écriture, entre « jouissance lyrique et violence historique », confère au texte « une aura cérémonielle ». Il considère Chants pour une fleur comme « une geste qui croise le mythologique, l’historique et l’intime. »[7]

Distinctions

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Lauréat avec l'ouvrage :

  • 2021 : Prix Littéraire Pabloemma, Cameroun[8]
  • 2023 : Prix MILA du livre francophone, Côte d’Ivoire[9]

Lauréat avec les poèmes de l'ouvrage :

Notes et références

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  1. ↑ « interview. Alvie Mouzita: “La femme est la source intarissable où s’abreuvent les inspirations perlières" | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com (consulté le )
  2. 1 2 Masand Mafuta, « Brazzaville-Littérature : Alvie Mouzita fredonne les « Chants pour une fleur » à l’honneur de la femme », sur CultureCongo, (consulté le )
  3. ↑ (es) « Poesía africana: Alvie Mouzita », Circulo de Poesía,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  4. ↑ VITIA KOUTIA, « ALVIE MOUZITA RÉCIPIENDAIRE DU PRIX DE LA PRÉSIDENCE DE LA SORBONNE UNIVERSITÉ », sur LACONGOLAISE 242, (consulté le )
  5. ↑ Webmaster, « Chants pour une fleur de Alvie Mouzita : Odes à l’Afrique par un poète désenchanté », sur Le blog littéraire de Carmen, (consulté le )
  6. ↑ Jean Claude, « A L'INDEX Aujourd'hui: A L'INDEX N°41 », sur A L'INDEX Aujourd'hui, (consulté le )
  7. ↑ Laurent Poliquin, « Poétique de la lisière: géographies intimes de la jeune poésie francophone contemporaine », International Journal of Humanities Social Sciences and Education, vol. 12, no 8,‎ , p. 138 (lire en ligne [PDF])
  8. ↑ « Interview : Alvie Mouzita reçoit le prix littéraire Paloemma | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com (consulté le )
  9. ↑ Masand Mafuta, « Côte d’Ivoire : Le poète congolais Alvie Mouzita remporte le prix MILA 2023 à Grand Bassam », sur CultureCongo, (consulté le )
  10. ↑ « Prix littéraire : Alvie Mouzita honore son pays au concours Africa poésie | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com (consulté le )
  11. ↑ l'horizon africain, « Poésie : Alvie Mouzita, lauréat du concours «Brazzaville, capitale de la France-Libre» » [archive du ], sur lhorizonafricain via Internet Archive, (consulté le )
  12. ↑ « Distinction : Alvie Mouzita primé au concours international de poésie | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com (consulté le )
  13. ↑ Masand Mafuta, « Brazzaville-Littérature : Alvie Mouzita remporte le grand prix du poème francophone 2023 », sur CultureCongo, (consulté le )
  14. ↑ « Littérature : Alvie Mouzita remporte le prix international de poésie Léopold-Sédar-Senghor | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo », sur adiac-congo.com (consulté le )

Liens externes

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