Charles Gagnon (artiste multidisciplinaire)

peintre et photographe québécois
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Charles Gagnon, né le à Montréal, décédé le à Montréal, est un artiste multidisciplinaire dont l’œuvre comprend un imposant corpus de tableaux et de photographies, des travaux cinématographiques et des créations sonores. Il fait partie d’une génération d’artistes montréalais nés dans les années 1930 dont Claude Tousignant, Guido Molinari et Yves Gaucher. Mais alors que ces derniers vont chercher leur inspiration à Paris, Gagnon est influencé par New York où il étudie de 1955 à 1960. Sa carrière de peintre sera consacrée à explorer les concepts de temps, d’espaces et de contrastes entre surfaces, influencé par la photographie qu’il pratique également : ses toiles sont construites de façon formelles comme une photographie avec des bandes de couleurs, des bordures ou cadres souvent à l’intérieur d’autres cadres[1]. Son travail est reconnu par le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques qu’il reçoit en 2002.

Charles Gagnon
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Naissance

Montréal (Québec)
Décès
(à 68 ans)
Montréal (Québec)
Nationalité
Canadien
Activité
Peintre, photographe, cinéaste
Formation
Parsons School of Desing
Distinction
Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques (2002)

Biographie

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« J’ai toujours aimé la nature et toujours essayé de me détacher des formes […]. Laisser la matière exprimer le sensible ne veut pas dire abandonner toute logique. (Charles Gagnon (1992). »

Charles Gagnon naquit à Montréal (Québec) le . Il était le troisième enfant de Jeanne Geoffrion (1898-1983) et de Jean Gagnon (1900-1973), un courtier d’assurances. Lui et ses sœurs aînées, Michèle (1924-) et Louise (1925-2008), grandirent au sein d’un milieu familial aisé, ouvert à la culture [2]. Il fit ses études secondaires au collège Stanisclas, puis au collège Loyola, s’initiant vers 1946 à la photographie. Après des études à l’École supérieure de préparation scientifique (Montréal), Gagnon entra au bureau de son père, mais ce genre de travail ne convenait aucunement à son tempérament et à ses intérêts[2]. À 21 ans, il quitta son emploi pour aller à New York étudier le graphisme et la décoration intérieure à la Parsons School of Design, puis à la New York School of Interior Design[3]. Il prit également des cours du soir à l’université de New York où il étudia avec Paul Brach de 1955 à 1960[3]. Le dynamisme de l’avant-garde expérimentale de cette ville l’interpela et contribua à façonner son style par la suite[4]. C’était la période au cours de laquelle des artistes comme Robert Rauschenberg et Jasper Johns commençaient à s’éloigner de l’expressionnisme abstrait[5]. C’est durant ces années que, stimulé par ce qu’il voyait dans l’aile égyptienne et mésopotamienne du Metropolitan Museum de même que par les peintres britanniques qu’il côtoya à New York, il se mit à la peinture et à la photographie [6]. S’il découvrit au musée la richesse des mystères, des signes et des hiéroglyphes de ces deux cultures, il fut en même temps inspiré par la ville elle-même avec ses panneaux au néon ainsi que les surfaces dilapidées de certains de ses édifices [4],[7]. Plus tard, il se targuera d’appartenir à la New York School de Montréal, même si une telle école n’existera jamais[5].

De retour à Montréal en 1960, il épouse Michiko Yajima. L’année suivante, Gagnon participe à la Quatrième Exposition biennale d’art canadien, un événement organisé et mis en circulation par la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa) et à la fin septembre, il figure parmi les « jeunes artistes d’avenir » sélectionnés pour représenter l’art canadien à la Deuxième Biennale de Paris[2]. Il commence par la suite à produire non seulement des toiles, mais également des collages et des boites-constructions dans une période dite « des paysages »[6]. Déjà à New York il avait ébauché ce processus en incorporant à ses toiles des lettres et des chiffres; maintenant de larges carrés et des champs chromatiques rectangulaires s’imbriqueront les uns dans les autres[8]. Leur disposition fragmentait la composition, créant des ouvertures en forme de fenêtres. L’intérêt premier de cette série, intitulée Espace/Écrans réside dans l’ambiguïté spatiale créée par l’interaction entre les oppositions formées par les lignes droites et les éclaboussures ou dégouttements, entre la planéité des surfaces colorées et l’impression de profondeur créée par leur surimposition[8]. De même, la série Painting with green (1962-1963) donne l’impression d’une surface de paysage tel que suggéré par les surface vertes et les ouvertures pratiquées dans l’espace pictorial[8].

1965 marque un tournant dans la pratique de Gagnon qui devient résolument pluridisciplinaire, travaillant avec la peinture, la photographie, le cinéma, et même l’environnement cinétique et sonore[8]. Il approfondit dans ces travaux de l’époque le concept du contraste entre surfaces et matériaux, produisant également des sérigraphies, des collages audio et des films expérimentaux[6]. Ses toiles peuvent être regroupées sous quelques grandes périodes : les White paintings /Tableaux blancs (1967-1969), les Markers/Marqueurs (1973-1974), la série Splitscreenspace (1976-1983), ainsi que les Word paintings/ Œuvres avec mots (1986-1990) et États et conditions (1990-1992)[6]. À côté de la peinture, Gagnon pratiqua également la photographie, en particulier à la fin des années 1970. Au cours de la décennie 1990, il alterna entre peinture et photographie, jusqu’à ce qu’il en vienne à combiner les deux, expliquant ainsi cette combinaison : « Photographier, pour moi, c’est percevoir; peindre, c’est concevoir. » [6],[7].

Charles Gagnon se lança dans l’enseignement à Montréal au Loyola College (maintenant l’Université Concordia). En 1975 il fit son entrée au département des Arts visuels de l’Université d’Ottawa où il enseigna la photographie et les arts médiatiques jusqu’à sa retraite en 1996[9].

Il devait mourir d’une crise cardiaque à Montréal, le [10]. En son honneur, le département des Arts visuels de l’Université d’Ottawa devait créer l’année suivante une bourse d’études au niveau de la maitrise [9].

Parmi les œuvres marquantes

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  • 1957 : Vol nocturne #2,
  • 1961 : November,
  • 1961 : Pique-nique,
  • 1962: La Fenêtre / The Window,
  • 1963 : Painting with green
  • 1967 : The Eighth Day/Le Huitième jour (film)
  • 1967-1969 : Tableaux blancs
  • 1968 : Autoportrait et tableau; The Sound of Space/Le Son d'un espace (film)
  • 1970 : Pierre Mercure 1927-1966
  • 1973-1974 : Marker / Marqueurs
  • 1975 : Splitscreenspace
  • 1976-1983 : Cassations, Inquisitions
  • 1986-1990 : Œuvres avec mots
  • Décennie 1990 : Tables de matière, Mythes (Photographie), États et conditions (Peinture), Histoires naturelles, Ex Situ (Peinture et photographie)[6],[11].

Expositions

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Individuelles

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  • 1959 : Charles Gagnon, Galerie Artek, Montréal.
  • 1993 : Charles Gagnon: Recent Works, The Edmonton Art Gallery, Edmonton.
  • 2007 : Charles Gagnon, Galerie Roger Bellemare, au , Montréal.
  • 2025 : Charles Gagnon, Galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, Montréal[2] .

De groupes

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  • 1961 : IVe Biennale canadienne, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
  • 1967 : 300 ans d'art canadien, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
  • 1968 : Canada - Art d'aujourd'hui, Paris, Rome, Genève, organisé par le Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.
  • 1970 : Québec 1948-1970, Terre des Hommes, Pavillon des Arts, Montréal.
  • 1985 : Vingt ans à travers sa collection, Musée d'art contemporain de Montréal, Montréal.
  • 1996 : L’art québécois de l’estampe: 1945-1990, Musée du Québec, Québec.
  • 2011 : Cabinet d'Images, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.
  • 2013 : Les Plasticiens et les années 1950/60, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.
  • 2015 : Passion Privée: L'Art Moderne du Québec de la collection Pierre Lassonde,Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.

Honneurs

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Dans les collections

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  • Agnes Etherington Art Gallery, Queens University, Kingston
  • Art Council of Ontario
  • Art Gallery of Ontario, Toronto
  • Banque d’œuvres d'art du Conseil des arts du Canada, Ottawa
  • Radio-Canada/Canadian Broadcasting Corporation, Montréal/Vancouver
  • Galerie d’art Leonard & Bina Ellen, Université Concordia, Montréal
  • Gouvernement du Canada, Ministère des Affaires extérieures
  • Hirshorn Museum, Washington, D.C.
  • La Collection Prêt d’œuvres d'art du Musée du Québec, Québec
  • Mount Allison University, Owens Art Gallery, Sackville
  • Musée canadien de la photographie contemporaine, Ottawa
  • Musée d'art contemporain de Montréal, Montréal
  • Musée d’art de Joliette, Joliette, Canada
  • Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
  • Musée des beaux-arts de Montréal, Montréal
  • Musée du Québec, Québec
  • Musée Rodin, Paris
  • Secal-Alcan, Montréal
  • Toronto Dominion Bank, Toronto
  • Université de Montréal, Montréal
  • University of Guelph, Guelph, Ontario
  • University of Saskatchewan, Regina
  • Vancouver Art Gallery, Vancouver
  • Walter Phillips Gallery, Banff Centre, Banff
  • Westburn Collection, Montréal[15].
  • (en) Roald Nasgaard, Abstract Painting in Canada, Douglas & McIntyre, , 432 p. (ISBN 9781553653943).
  • (en) Carol Payne, The Official Picture: The National Film Board of Canada's Still Photography Division and the Image of Canada, 1941–1971, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8894-3, lire en ligne).
  • Service de la photographie Office National du film, Photographie canadienne contemporaine, Edmonton, Hurtig Publishers Ltd, , 176 p. (ISBN 0-88830-264-9), Robert Bourdeau.

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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  1. ↑ (en) « Charles Gagnon », sur Michael Gibson Gallery, (consulté le )
  2. 1 2 3 4 « Charles Gagnon, artiste », sur Charles Gagnon Estate (consulté le )
  3. 1 2 Nasgaard 2008, p. 200.
  4. 1 2 Murray 2011, p. 123.
  5. 1 2 (en) François-Marc Gagnon, « Charles Gagnon's Feeler Green Stage 2 (1966) and the process of painting », sur Galerie Klikhoff, (consulté le )
  6. 1 2 3 4 5 6 (en) Gilles Godmer, « Charles Gagnon », sur The Canadian Encyclopedia, (consulté le )
  7. 1 2 « Charles Gagnon, lauréat », sur Les prix du Québec, (consulté le )
  8. 1 2 3 4 (en) Eve-Lyne Beaudry et Marie Fraser, Contemporary Art in Québec : A guide to the Collection, Québec, Musée national des beaux-arts du Québec (ISBN 9782551258611, lire en ligne), p. 20
  9. 1 2 Penny Cousineau-Levine, « Charles Gagnon », sur Université d’Ottawa, (consulté le )
  10. ↑ (en) « Obituaries Charles Gagnon », sur The Gazette, (consulté le )
  11. ↑ Pour une liste complète des œuvres de Charles Gagnon, consulter Musée national des beaux-arts du Québec à https://www.mnbaq.org/oeuvres/recherche?artists=gagnon-charles.
  12. ↑ « Charles F. Gagnon – Ordre national du Québec », sur www.ordre-national.gouv.qc.ca (consulté le )
  13. ↑ « Charles Gagnon », Prix du Québec,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  14. ↑ « Les Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques » [«pdf»], sur Conseil des arts du Canada (consulté le )
  15. ↑ .

    Notes et références

    Références

      Bibliographie

      • (en) Sarah Bassnet et Sarah Parsons, Photography in Canada, 1839 - 1989: An Illustrated History., Toronto, Art Canada Institute, (ISBN 978-1-4871-0309-5).
      • (en) Penny Cousineau-Levine, Faking Death: Canadian Art Photography and the Canadian Imagination, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-7095-5).
      • (en) Andrea Kunard et Carol Payne, The Cultural Work of Photography in Canada, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8572-0).
      • (en) Colin S. MacDonald, A Dictionary of Canadian Artists, vol. 2, Ottawa, Canadian Paperbacks Publishing, (ISBN 0919554199).