Charles Goethals (militaire)
Charles Goethals est un militaire des armées autrichiennes, néerlandaises, françaises puis belges[1], né à Maubeuge (Royaume de France) le et décédé à Bruxelles (Belgique) le .
| Charles Goethals | |
| Nom de naissance | Charles-Auguste-Ernest Goethals |
|---|---|
| Naissance | Maubeuge |
| Décès | (à 68 ans) Bruxelles |
| Origine | Belge |
| Allégeance | |
| Grade | Général de division |
| Années de service | 15 septembre 1797 – 9 juillet 1847 |
| Commandement | 4e divison de l'armée belge |
| Conflits | Campagne d'Italie (1805) Campagne de Suisse Campagne de Russie Guerre belgo-néerlandaise |
| Faits d'armes | Bataille de Waterloo |
| Distinctions | Officier de l'ordre de la Légion d'honneur Chevalier de troisième classe de l'ordre militaire de Guillaume Grand officier de l'ordre de Léopold de Belgique Baron |
| Autres fonctions | Commandant militaire de la province de Luxembourg |
| Famille | Goethals de Mude de Nieuwland (nl) Auguste Goethals (fils) |
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Il participe, entre autres, aux guerres napoléoniennes jusqu'en 1814 puis rejoint l'armée du Royaume uni des Pays-Bas et combat Napoléon Bonaparte lors de la bataille de Waterloo le . Après l'indépendance de la Belgique de 1830, il est le premier commandant militaire de la province de Luxembourg après l'annexion du Grand-duché de Luxembourg par la Belgique.
Biographie
modifierOrigines et vie privée
modifierCharles-Auguste-Ernest nait le à Maubeuge, dans le Royaume de France, de parents gantois issus de la famille Goethals de Mude de Nieuwland (nl). Fils de Charles-Willem Goethals (1750-1825) et d'Adelaïde Spilleux. Le , il se marie à Bruxelles avec Colette Husmans de Merbois (1784 - 1871) avec laquelle il a trois enfants, dont Auguste Goethals, devenu ministre belge de la guerre. En 1824 ils auront une fille, Estelle.
Carrière militaire
modifierPériode autrichienne, française puis néerlandaise
modifierLe , il rejoint l'Armée du Saint-Empire lors de la période des Pays-Bas autrichiens dans le corps des chasseurs Leloup. Après avoir participé aux campagnes de 1797 et 1799, il devient sous-lieutenant dans le régiment wallon du Wurtemberg en 1800 puis vient s'installer à Bruxelles en 1801.
En 1804, il s'engage dans l'armée française et devient capitaine en 1807. Il participe aux campagnes d'Italie et de Suisse en 1809 et est nommé chevalier de la Légion d'honneur le , pour avoir fait, à lui seul, douze prisonniers dans les rangs de l'ennemi[2]. Il est blessé d'un coup de feu à l'épaule lors de la bataille de Bellinzona ainsi que lors de la bataille de Volano. En 1811, il devient chef de bataillon dans le régiment d'Illyrie. Il participe à la campagne de Russie et est capturé. Après deux ans de captivité, il est libéré le et revient en Belgique.
La même année, après la première abdication de Napoléon Ier, le congrès de Vienne créé le Royaume uni des Pays-Bas et Charles Goethals est incorporé dans l'armée néerlandaise avec le grade de lieutenant-colonel. Il participe alors à la bataille de Waterloo contre son ancien empereur, Napoléon Bonaparte, à la tête du 36e bataillon de chasseurs à pieds belges, qui repoussent notamment l'attaque de la Garde et contribue ainsi à la victoire des Alliés de la Septième coalition. Pour son héroïsme, il reçoit la décoration de chevalier de troisième classe de l'ordre militaire de Guillaume et est promu colonel.
En 1820, il devient commandant de la 3e division d'infanterie de l'armée néerlandaise et est promu major-général en 1826. À ce titre, il commande les unités de l'armée dans la province d'Anvers. Il est ensuite fait commandant militaire de la province de Flandre-Occidentale et est stationné à Bruges.
Période belge
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En aout 1830, la Révolution belge éclate puis voit les forces armées du Royaume uni des Pays-Bas être défaites dans leur tentative de reprise de contrôle de l'insurrection lors des Journées de Septembre. Devant les nombreuses défections, Charles Goethals fait alors évacuer ce qu'il reste des troupes de la province de Flandre-Occidentale par le port d'Ostende vers Flessingue le . D'origine belge, il revient sur la terre de ses ancêtres alors que la jeune Belgique proclame son indépendance le . Il jure allégeance au gouvernement provisoire et celui-ci le promeut général de division le . Il est alors chargé d'organiser les unités d'infanterie des futures forces armées belges en structurant les corps-francs de combattants volontaires en unités militaires opérationnelles, qui s'engagent dans la guerre belgo-néerlandaise. Sa tâche est compliquée par les nombreux révolutionnaires et patriotes qui demandent leur intégration à l'armée alors qu'ils n'ont que pas ou peu d'expérience mais sont promus très rapidement à des gardes supérieurs aux militaires de carrière qui ont notamment déserté l'armée néerlandaise pour se joindre à la révolution. Le , lorsqu'il rencontre Charles Niellon à l'occasion de la promotion de ce-dernier au grade de lieutenant-colonel, que celui-ci souhaite faire ajourner, il lui dit[3] : « Si l'on voulait écouter toutes les demandes de place dans l'armée par des gens qui n'ont jamais été militaires, qu'il y aurait bientôt plus d'officiers que de soldats. » Niellon commentera cette rencontre dans ses mémoires en disant[4] :
« S'ill est bien vrai que le général Goethals fut importuné par une masse de solliciteurs civils qui , pour avoir tiré quelques coups de fusil ou conduit une patrouille de quelques camarades, croyaient posséder les secrets de l'art militaire au plus haut degré. Mais dans le nombre il y en avait de véritablement méritants qu'on avait relégués dans le même ostracisme ; ce n'était pas au général, mais à son entourage qu'il fallait attribuer cette répulsion injuste. Ces messieurs, nouvellement arrivés quoique en petit nombre encore, n'avaient quitté les drapeaux hollandais qu'après avoir mûrement pesé les chances que la révolution pouvait leur offrir ; par instinct, ils avaient formé de suite l'entourage de ceux dont ils pouvaient attendre des faveurs. C'est par cette filière que devaient se faufiler les hommes actifs de la révolution que ces nouveaux venus détestaient déjà et regardaient comme des parasites prêts à leur enlever un butin qu'ils n'avaient pas conquis , mais dont ils se prétendaient les propriétaires sans partage. Il n'est donc pas étonnant que le travail de l'avancement mérité par les volontaires, en passant par de telles mains, fût présenté à l'organisateur sous des couleurs défavorables ; beaucoup de demandes, dit-on, furent même soustraites à l'appréciation du général. »
Il ajoute plus loin[5] : « Le gouvernement n'était pas complice de ces intrigues, mais le nouvel entourage qui l'enserrait commençait à être plus puissant que lui en ce qui concernait les affaires militaires, de la direction desquelles le général Goethals s'était retiré, dégoûté probablement des tripotages dont on voulait le rendre complice. »
Lorsque le « comité de la Guerre » est mis sur pied dès le , Charles Goethals fait partie des six officiers qui le composent[6]. Il est ensuite affecté comme commandement des forces armées belges dans le Luxembourg pour le régent de Belgique, après l'annexion du Grand-duché de Luxembourg par la Belgique proclamée le . Il succède ensuite à Gérard Buzen en tant que commandant militaire de la province de Luxembourg et signe, le , un accord militaire avec le gouverneur civil de la forteresse de Luxembourg, Louis-Guillaume de Hesse-Hombourg, afin de tenter d'apaiser les tensions autour du rayon du réduit territorial du Grand-duché de Luxembourg non administré par la Belgique. Il est également nommé commandant de l'armée du Luxembourg dès sa création le .
En , il est remplacé par le général Frédéric de Tabor au poste de commandant de la province et continue ses activités militaires en président notamment plusieurs commissions pour le gouvernement afin d'améliorer l'armée belge[7]. Il est admis à la retraite le et meurt le .
Distinctions
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Officier de la Légion d'honneur (1832)[8]
Chevalier de troisième classe de l'ordre militaire de Guillaume
Grand officier de l'ordre de Léopold de Belgique- Titre de baron reçu du roi Léopold Ier, le par lettres patentes
Notes et références
modifier- ↑ « Inventaire des archives de Belgique, période de 1830 à 1839. », sur musée de l'armée à Bruxelles
- ↑ « Biographie de Charles Goethals. », sur unionism.be
- ↑ Niellon 1868, p. 60.
- ↑ Niellon 1868, p. 61.
- ↑ Niellon 1868, p. 125.
- ↑ « Le caractère collégial des premières formes de gouvernement et d'administration de l'état belge. », sur journalbelgianhistory.be
- ↑ « L’évolution du cadre institutionnel et normatif entre 1830 et 1850. », sur Presses universitaires de Louvain.
- ↑ « Officier de le Légion d’honneur », base Léonore, ministère français de la Culture
- (nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Charles Goethals (generaal) » (voir la liste des auteurs).
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Général baron GUILLAUME, Charles Goethals., t. VIII, Bruxelles, coll. « Biographie nationale de Belgique », ;
- Charles Niellon, Histoire des événements militaires et des conspirations orangistes de la révolution en Belgique de 1830 à 1833, Bruxelles, Alliance typographique M-J Poot et compagnie, (lire en ligne), p. 61.
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Liens externes
modifier- Ressource relative à la vie publique :