Charles Jauquier

ténor suisse

Charles Jauquier, né le à Coumin (Cheiry) et mort le à Villars-sur-Glâne, est un ténor suisse. Il est enterré à gauche du porche de l'église de Surpierre, dans la Broye fribourgeoise.

Charles Jauquier
Description de cette image, également commentée ci-après
Charles Jauquier à 50 ans.
Informations générales
Naissance
Coumin (Cheiry)
Décès (à 78 ans)
Villars-sur-Glâne
Genre musical Lyrique

Biographie

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Issu d'une famille d'agriculteurs de la Broye fribourgeoise, Charles Jauquier chante comme soliste aux liturgies paroissiales de Surpierre dès l'âge de 8 ans. En 1937, le compositeur et chef de chœur Joseph Bovet[1] le remarque et l'invite à chanter pour sa Maîtrise de Saint-Nicolas, les Pinsons, à la cathédrale de Fribourg[2].

En 1939, au cours de la mobilisation, il collabore avec Pierre Kaelin et son "Joli chœur du Bercher" ainsi que le "Chœur du régiment". Enfin, vers 1943, il rencontre Georges Aeby, alors directeur de la fanfare du régiment 164, qui l'encourage à suivre des cours de chant au conservatoire[3].

La formation musicale de Charles Jauquier débute en 1944 au Conservatoire de Neuchâtel où il suit les classes d'Ernest Bauer, soliste de la Fête des Vignerons 1927, et du compositeur Paul Benner. En 1945, il étudie l'art et la tradition du chant grégorien chez les Bénédictins de l'Abbaye de Solesmes, dans la Sarthe[2],[4].

Après avoir passé un semestre dans la classe du maître d'opéra Fernando Carpi, en 1950, au Conservatoire de Genève, Charles Jauquier poursuit durant quatre ans ses classes professionnelles à Lausanne auprès de Paul Sandoz[3]. En 1954, il obtient le Premier Prix de virtuosité avec félicitations du jury puis remporte le Concours international de chant de Verviers (Belgique). En 1955, Charles Jauquier est nommé premier soliste de la célèbre Fête des vignerons de Carlo Hemmerling[2].

Jusqu'en 1985, la voix de Charles Jauquier est très présente dans la chanson populaire, en français et en patois, et le chant liturgique, avec une prédisposition pour l'oratorio : il collabore avec de nombreux chœurs et orchestres de chambre à Fribourg et Lausanne, et est notamment le soliste de la Chanson de Fribourg de l'abbé Pierre Kaelin pendant vingt ans[3]. De nombreux enregistrements de ses interprétations ont été réalisés tout au long de sa carrière, notamment pour les radios de Lausanne, Berne et Lugano[2].

L'un des premiers fribourgeois a avoir pu vivre de cette profession[5], la carrière internationale de Charles Jauquier se développe progressivement entre 1953 et 1985. En parallèle à ses activités de soliste de La Chanson de Fribourg[6] auxquelles il est toujours resté fidèle, le ténor se produit à Paris sous la direction de Marcel Couraud, Jean Fournet, Igor Markévitch, Jean Martinon, et à Genève avec Ernest Ansermet et Samuel Baud-Bovy. Il chante également dans les cathédrales de Strasbourg, Mulhouse et surtout Colmar[3], où il évolue pendant plus de vingt ans sous la direction du maître de chappelle André Roth, ainsi qu'à Salzbourg, avec Bernhard Paumgartner. Il donne de nombreux concerts, comme sur les scènes de Bâle, Cologne, Francfort, Londres (Royal Festival Hall), Milan (La Scala), Munich, Rome, Tokyo et Zurich[2].

En 1985, il décide d'interrompre sa carrière de soliste à 65 ans, confiant ne plus pouvoir remplir ses fonctions de ténor comme il le souhaiterait. Il devient alors chantre de la cathédrale de Fribourg aux côtés de Pierre-Georges Roubaty, jusqu'en 1995[3],[5].

Il termine sa vie à la résidence des Martinets à Villars-sur-Glâne, contraint de se retirer pour cause de maladie, avant de s'éteindre le 26 août 1998 des conséquences d'un diabète[5].

Dans les années 1990, la voix du ténor suisse est reprise par le groupe de musique électronique Enigma pour les besoins de ses compositions[7].

Ses archives sont conservées à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg[8].

Répertoire

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En parallèle à son vaste répertoire classique, Charles Jauquier a été très présent dans le domaine du chant populaire et religieux.

Son répertoire de prédilection se distancie des rôles lyriques et des esthétique de Gustav Mahler, Max Reger ou Paul Hindemith, pour se consacrer au chant liturgique romain, à la mélodie tonale, aux messes et aux grands oratorios avec Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel et Joseph Haydn. Il se démarque également dans les oeuvres de César Franck, Gabriel Fauré, Arthur Honegger (Le Roi David qu'il interpréta à Paris avec l'Orchestre Colonne) et Francis Poulenc, dans ses rôles d'Evangéliste dans les Passions de Jean-Sébastien Bach ou encore Jean-Baptiste Pergolèse (à la Scala de Milan). Parmi les compositeurs suisses, il a créé et défendu Georges Aeby, Carlo Boller (Images de mon Pays, 1972), Bernard Chenaux, Jean Daetwyler, Georges Haenni et William Montillet. Enfin, il s'est rendu célèbre dans le chant populaire en français ou en patois sur les ondes francophones avec La Prière du Pâtre, l'Armailli des grands monts, Paysan que ton chant s'élève de l'abbé Bovet, la Chanson du blé qui lève de Gustave Doret, ou encore les chants populaires le Ranz des vaches et Minuit chrétien[2].

Parmi ses nombreux enregistrements, il a notamment chanté comme soliste chez EMI, dans la célèbre série La Voix de son Maître[2].

Discographie

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Voici une discographie non exhaustive de Charles Jauquier :

Cassettes (K7)

  • Gregoriani Cantus 73546 (Tudor)
  • Pierre Kaelin 20 printemps, vol 1 et 2 (Disque Office, 45 097/98)
  • Musik an Schweizer Hauptkirchen zur Zeit der Renaissance und im 19. Jahrhundert : 9. Abendmusik im Berner Münster (Radio DRS, 1991)

Disques 45 tours

  • L'Esprit de Noël
  • L'armailli des Grands Monts (His Master's Voice, HE 394)
  • L'Immortelle de Jean (Decca, D 18249)
  • Les chemins de la mer (Decca, [entre 1948 et 1953]
  • Hommage à Gustave Doret
  • D'une Même Voix No. 1 (PKLP 21/22)
  • Les chemins de la mer (Ed. Studio S.M., 1955-1965)

Disques 33 tours

  • Ischa (Ed. Studio S.M., 1969) - création du rôle d'Archios
  • La Chanson de Fribourg I (Evasion, 1975)
  • Music from Switzerland (Gotham, GRC-3047)
  • Psalmus Friburgensis (Electromusic, P 1981)
  • Messe pour les jeunes (Chorus, 1984)
  • Gregoriani Cantus (Tudor, 73046 / PAN, 130001)
  • Prière et beauté : monodies du Xe au XVe siècle (Harmonia mundi France P 1987)
  • Il chante encore l'Abbé Bovet I (Tell, TLP 5025)
  • Il chante encore l'Abbé Bovet II (Tell, TLP 5035)
  • Moments solennels : chants et musique (Electromusic EMLP 4683)
  • L'Abbé Bovet Chante Noël (Tell, TLP 5433)
  • Noël en Romandie (Tell, TLP 5801)
  • Chanson d'Ici (Tell, TLP 6101)
  • La Chanson de Fribourg (SM, 25A 109)
  • La Chanson de Fribourg II
  • Festival images de mon pays (Audio-Film, AF 30-45205)
  • Psalmus Friburgensis et Liturgies d'été (EMR, L 2182)

CD

  • Gregoriani Cantus (Tudor, 714)
  • Fêtes des Vignerons de Vevey 1905 & 1927 (DO 65109/III)
  • Fête des Vignerons Vevey 1955 (Philips, 832 318-2)
  • Bernard Reichel (Gallo, 1174)
  • Pergolesi : Messa F-dur (Rivo Alto, P 45 RA8922)
  • Litaniae lauretanae KV 195 ; Litaniae de venerabili altaris sacramento KV243 / Wolfgang Amadeus Mozart (Musidisc, MU 750)
  • Charles Jauquier : Florilège (Artlab, 99129) ; Coffret posthume

Voir aussi

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Interprétations

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Articles de presse et de revue

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  • Bernard Sansonnens, "Le soliste Charles Jauquier a chanté et œuvré pour la paix". La Liberté. Fribourg, , p. 11.
  • Jean-Louis Matthey. "Une voix, une vie, un pays : le ténor fribourgeois Charles Jauquier fête ses 75 ans". Revue des musiques. St-Gall, . no 2, p. 23-24.
  • S.n. "Charles Jauquier a chanté sa dernière messe à 75 ans". La Liberté. Fribourg, , p. 15.
  • S.n. "Charles Jauquier (1920-1998), le ténor à la voix d'or". L'Écho Magazine. Genève, . no 39, p. 10.
  • Jean-Louis Matthey. "Hommage au ténor fribourgeois Charles Jauquier". Revue musicale de Suisse romande. Yverdon, , no 4, p. 26-29.
  • Jean Steinauer. "La voix claire". La Gruyère. Bulle, , no 85, p. 20.
  • S.n. "Florilège de Charles Jauquier". L'Accord. Vuisternens-en-Ogoz, , p. 23.
  • Jutta Lampart. "Posthume Ehrung für einen Sänger". Freiburger Nachrichten. Fribourg, , p. 6.

Références

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  1. « Les soirées », La Revue « Le 50e anniversaire de la chorale des chemins de fer », , p. 4
    « En plus des trois sociétés citées, trois solistes réputés de son mis en vedette, Mlle Madeleine Dubuis, Frank Guibat et un jeune ténor fribourgeois, élève du chanoine Bovet, M. Charles Jauquier. »
  2. 1 2 3 4 5 6 7 Jean-Louis Matthey, « Hommage au ténor fribourgeois Charles Jauquier (1920-1998), ancien chantre de la Cathédrale de Fribourg », Revue musicale de Suisse romande, no 4, , pp. 26-29
  3. 1 2 3 4 5 Bernard Sansonnens, « Le soliste Charles Jauquier a chanté et œuvré pour la paix », La Liberté, , p. 11 (lire en ligne Accès libre)
  4. S.n., « Charles Jauquier a chanté sa dernière messe à 75 ans », La Liberté, , p. 15 (lire en ligne Accès libre)
  5. 1 2 3 Bernard Sansonnens, « Le ténor Charles Jauquier chantait l'harmonie de l'âme », La Liberté, , p. 15 (lire en ligne)
  6. Raymond Barrat (réalisation), abbé Pierre Kaelin (compositeur, direction chorale), Airs de mon pays, Folklore, RTS : Radio télévision suisse (anciennement TSR : Télévision suisse romande), , durée : 20 min, cf. minutage 04:40 à 07:46, Charles Jauquier chante L’armailli des grands monts avec La chanson de Fribourg (écouter en ligne), « air pour chœur mixte et ténor soliste »
    « Tournée en couleur en été 1968 au pied du Moléson et au château de Gruyères, cette émission de la série Folklores présente le chœur gruérien La Chanson de Fribourg dirigé par l’abbé Pierre Kaelin. »
  7. http://www.whosampled.com/sample/view/44223/Enigma-Morphing Thru Time_Charles Jauquier-Passer Invenit/
  8. Bibliothèque cantonale et universitaire de Fribourg, « Fonds Charles Jauquier (CHJA) » Accès libre, sur Fri-Memoria (consulté le )
  • Cette page est adaptée ou copiée (en partie ou en totalité) de l'article « Charles Jauquier » sur l'encyclopédie Wikimini, mais a pu être modifiée depuis. Page consultée le .

Liens externes

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