Charles Jost
Charles Jost, né le à Colmar et mort le à Strasbourg, est un gardien de la paix et résistant français.
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Gardien de la paix à Strasbourg, il refuse de prêter serment de fidélité à Hitler et prend part à une filière d'évasion de prisonniers de guerre. Interné à deux reprises au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck puis incorporé de force dans la Wehrmacht, il est inculpé de haute trahison, s'évade et gagne la Suisse, où il s'engage dans les Forces françaises libres. Il achève la guerre à la sécurité militaire de la Première armée française.
Biographie
modifierCharles Jost est gardien de la paix à Strasbourg au moment de la défaite française. Capturé par l'armée allemande le au Donon, il recouvre la liberté le au titre de son origine alsacienne. L'occupant conserve provisoirement une police alsacienne et Charles Jost est maintenu à son poste dans l'Alsace annexée de fait. Dès 1941, il s'engage dans une filière clandestine d'aide aux prisonniers évadés dirigée par Joseph Seger, René Brecheisen et Charles Strohl. Il fabrique de faux papiers, héberge des fugitifs — allant au besoin les chercher outre-Rhin — et les oriente vers les circuits pour atteindre la zone libre ou la Suisse[1],[2].
Vers le milieu de 1941, il se voit ordonner d'endosser l'uniforme de la Schutzpolizei (« police de protection (Schupo) »), ce qu'il refuse avant de chercher, sans succès, à quitter ses fonctions. En 1942, quand les policiers alsaciens sont appelés à jurer fidélité à Hitler, il s'y dérobe avec une quarantaine de ses collègues. Cette insubordination lui vaut un internement au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, dont il sort le ; il occupe ensuite un emploi précaire tout en poursuivant son action clandestine[1],[2].
Le , Charles Jost est de nouveau arrêté, cette fois par la Gestapo, à la suite d'un coup de filet visant son réseau. De nouveau conduit au même camp puis transféré à la prison de Bühl, en Allemagne, il en est libéré le 16 avant d'être incorporé de force dans la Wehrmacht le 21. Expédié dans un bataillon disciplinaire sur le front de l'Est, il est arrêté le à Vitebsk, par l'Abwehr, le service de contre-espionnage allemand, sous l'inculpation de haute trahison et d'atteinte à la sûreté de l'État[2],[1].
Ramené à Strasbourg et enfermé à la citadelle au début de , il met à profit un changement de sous-officier à la tête de ses gardiens pour se faire porter malade et transférer à l'hôpital militaire installé dans l'ancienne clinique Adassa. Le , il fausse compagnie à ses gardiens par les toilettes, se blesse au pied en sautant du premier étage puis se terre plusieurs heures dans une cave du voisinage, cependant que son épouse est arrêtée en représailles. Hébergé un mois au presbytère de la paroisse Saint-Maurice par l'abbé Dietrich, il est enfin recueilli par le pharmacien Marcel Leibenguth, qui lui fait gagner la Suisse le [1],[2].
En Suisse, Charles Jost connaît l'emprisonnement puis l'internement avant de contracter un engagement, le , dans le Groupe mobile Alsace (GMA Suisse) qui se constitue sur le sol helvétique. De retour en France en , il rejoint la Première armée française le 25 comme inspecteur à la sécurité aux armées, détaché à la sécurité militaire. Démobilisé le , il retrouve alors son épouse et ses trois enfants[2],[1].
Après la guerre, il est promu inspecteur-chef de sûreté ; reconnu invalide à 170 %, il meurt en 1992[1].
Distinctions
modifierCharles Jost est reconnu « déporté résistant »[3].
Chevalier de la Légion d'honneur par décret du ;
Médaille militaire[1] ;
Croix de guerre -[1].
Notes et références
modifierVoir aussi
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
modifier- Éric Le Normand, La Résistance des Alsaciens (DVD pédagogique), Paris, Fondation de la Résistance, .

- Luc Rudolph, 5000 policiers en Résistance : Répertoire de la Résistance policière (1940-1945), Neuvic-sur-l'Isle, Les Livres de l'Îlot, , 1759 p., p. 807.

Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Archives conservées par :
- Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 311758)
- Service historique de la défense - site de Caen (SHD/ AC 21 P 577376)
- Ressource relative aux militaires :
- « Musée de la résistance en ligne », sur www.museedelaresistanceenligne.org (consulté le ).