Charles Jules Labarte
Charles Jules Labarte est un avocat, archéologue et historien de l'art français, né à Paris le , et mort à Boulogne-sur-Mer le .
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Biographie
modifierJules Labarte est le fils d'Henri Benoît Labarte (né en 1771), avoué et de Céleste Edmée Aglaé Anastasie Gaultier de Claubry (1768-1847). Il a fait toutes ses études à Paris, en particulier au collège Louis-le-Grand. Il fait ses études de droit à la Sorbonne et obtient la licence en droit le . Il s'inscrit au barreau de Paris le de la même année.
Le , il se marie avec Joséphine-Sophie-Fidèle Debruge-Duménil, fille du collectionneur Louis-Fidèle Debruge-Duménil (1778–Paris, 6 décembre 1838)[1] agent de change enrichit par des opérations immobilières dans le quartier de la Bourse, à Paris, qui avait réuni entre 1830 et sa mort, une collection de plus de 15 000 objets d'art du Moyen Âge et de la Renaissance et d'objets d'art asiatiques. Cette collection va orienter sa carrière vers l'étude des arts décoratifs du Moyen Âge et de la Renaissance. Conformément aux dispositions testamentaires de son beau-père, les héritiers ont vendu une partie de la collection pour financer la création d'un musée présentant les principales pièces de la collection. Jules Labarte est chargé de sélectionner, classer et identifier les objets retenus. Il a voulu que les visiteurs de cette galerie aient un livret explicatif. Autodidacte, il va se former en visitant les bibliothèques, les musées et les collections privées, en France et en Europe.
En 1824, succède à son père comme avoué près du tribunal de première instance de la Seine, qui siège à Paris.
Il est élu capitaine-commandant dans la garde nationale en 1830, réélu cinq fois à ce grade. En 1844, il est élu chef de bataillon dans la garde nationale
En 1835, Jules Labarte démissionne de ses fonctions d’avoué pour se consacrer entièrement à ses recherches d’archéologie et d’histoire de l’art, principalement aux arts décoratifs du Moyen Âge et de la Renaissance.
Il publie en 1847 Description des objets d'art qui composent la collection Debruge-Duménil, précédée d'une introduction historique pour présenter les principales pièces de la collection Debruge-Duménil. Sur les 858 pages de livre, l'introduction fait 408 pages. Mais, finalement, ce qui restait de cette collection est vendue en [2]. L'introduction historique qui donnait à l'amateur un résumé des connaissances contemporaines est traduite en anglais en 1855 par (en) Handbook of the arts of the Middle Ages and Renaissance, as applied to the decoration of furniture, arms, jewels, etc., translated from the French of Jules Labarte with notes (trad. John Murray), , XXXV-443 p.. Le livre paru en 1847 est épuisé dès 1851. Son éditeur Didron lui demande d'en faire paraître une seconde édition, mais il refuse prétextant qu'il fallait la mettre à jour. En 1856, il écrit qu'il veut publier un nouvel ouvrage qui aurait pour titre Histoire des arts industriels au Moyen-âge et à l'époque de la Renaissance et qu'il voulait joindre à cet ouvrage un album de cent planches. Pour écrire cet ouvrage, Jules Labarte a voulu remonter aux sources écrites parmi lesquelles il trouva les écrivains byzantins. Pour donner une idée de ce qu'il a l'intention de faire, il publie chez Didron Recherches sur la peinture en émail dans l'Antiquité et au Moyen âge, en 1856.
L’Académie des inscriptions et belles-lettres lui attribue la troisième médaille au concours des antiquités de France de 1857, en partage avec M. Favre, pour son livre Recherches sur la peinture en émail dans l'Antiquité et au Moyen âge.
Ses études sur les textes des écrivains byzantin lui ont permis de publier, en 1861, Le palais impérial de Constantinople et ses abords. Le premier tome de son Histoire des arts industriels au Moyen-âge et à l'époque de la Renaissance parait en 1864. Les 408 pages de l'introduction de la Description des objets d'art qui composent la collection Debruge-Duménil, sont devenues plus de 2 500 pages et les 100 planches annoncées en 1856 sont passées à 150 planches disposées dans un Album en 2 tomes. Le texte traitant de tous les domaines de l'art médiéval est présenté en chapitres, par techniques. Les deux volumes composant l'album d'illustrations suit le même ordre et un système de renvois permet la coordination entre le texte et l'image. Les procédés utilisés pour les illustrations sont variés pour s'adapter le mieux possible aux différents types d'objets. Il a utilisé la photographie et travaille pour les reproductions avec Joseph-Rose Lemercier qui a racheté en 1857 le procédé de lithophotographie d'Alphonse Poitevin.
En 1868, son livre Histoire des arts industriels au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance, en 4 volumes et deux albums, obtient la première médaille décernée par l’Académie des inscriptions et belles-lettres, au concours des antiquités de la France. Cette première édition du livre, tirée à 500 exemplaires, est épuisée en 1869. Une seconde édition est publiée en 1872-1875. Pour diminuer le prix, le nombre de volumes est passé de quatre tomes de texte et deux tomes de planches à trois tomes comprenant le texte complet revu et corrigé, 81 planches insérées dans le texte et 85 vignettes sur bois.
Jules Labarte est membre de la quatrième section (orfèvrerie, armes, serrurerie, bijoux, objets usuels en métal ouvré) du comité chargée d’organiser la section rétrospective de l’exposition sur l’histoire du travail, lors de l’Exposition universelle de 1867 de Paris.
Il a été membre de l'Institut des provinces. Le , il est élu membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à la place de Charles Texier. Il est membre de la section archéologie du Comité des travaux historiques à la place de Léon de Laborde[3].
Pendant le siège de Paris, alors âgé de 74 ans, il a fait son service de garde national[3].
L'œuvre principale de Labarte est l’Histoire des arts industriels au Moyen-âge et à l'époque de la Renaissance.
Publications
modifier- Description des objets d'art qui composent la collection Debruge-Duménil, précédée d'une introduction historique, Paris, Librairie archéologique de Victor Didron, , X-858 p. (lire en ligne), 5 planches.
- Recherches sur la peinture en émail dans l'Antiquité et au Moyen âge, Paris, Librairie archéologique de Victor Didron, , XII-239 p. (lire en ligne), 8 planches.
- Le palais impérial de Constantinople et ses abords : Sainte Sophie, le Forum augustéon et l'hippodrome, tels qu'ils existaient au dixième siècle, Paris, Librairie archéologique de Victor Didron, , 240 p. (lire en ligne), 3 planches.
- Histoire des arts industriels au Moyen Âge et à l'époque de la Renaissance, t. 1, Paris, Librairie A. Morel et Cie, , 1re éd., XX-523 p. (lire en ligne), t. 2, 1864, 613 p. (lire en ligne), t. 3, 1865, 718 p. (lire en ligne), t. 4, 1866,1re édition, 825 p.(lire en ligne), Album, t. 1, 1864, 76 planches (lire en ligne), Album, t. 2, 1864, planches 77 à 148 (lire en ligne). Cette première édition fait l'objet d'un compte-rendu par Alfred Darcel, « Histoire des arts industriels au Moyen-âge et à l'époque de la Renaissance », Bulletin monumental, t. 31, , p. 312-316 (lire en ligne)
2e édition augmentée entre 1872 et 1875, en 3 volumes : t. 1, Vve A. Morel et Cie libraires-éditeurs, 2e édition en 1872, VIII-445 p. (lire en ligne), t. 2, 1873, 461 p. (lire en ligne), t. 3, 1875, 544 p. (lire en ligne) - Dissertation sur l'abandon de la glyptique en Occident au moyen âge et sur l'époque de la renaissance de cet art, Paris, Vve A. Morel et Cie éditeurs, , 24 p. (lire en ligne)
- Inventaire du mobilier de Charles V, roi de France, Paris, Imprimerie nationale, , 423 p. (lire en ligne)
Jules Labarte a publié des articles dans revue Annales archéologiques de Didron aîné :
- « Orfèvrerie du moyen âge en Italie », Annales archéologiques, t. 26, , p. 141-150 (lire en ligne)
- « L'Église cathédrale de Sienne et son trésor », Annales archéologiques, t. 25, , p. 260-287 (lire en ligne).
- « Le Rössel d'or d'Altoetting », Annales archéologiques, t. 26, , p. 204-212 (lire en ligne), discussion sur l'article Le Rössel d'or de la Sainte-Chapelle d'Altœtting d'Édouard Didron.
Distinction
modifier- Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le en qualité de capitaine de la garde nationale de la ville de Paris[4].
Notes et références
modifier- ↑ Françoise Arquié-Bruley, « Debruge-Duménil (1778-1838) et sa collection d'objets d'art : Instauratur quod abiit », Annali della Scuola normale superiore di Pisa, iII, t. 20, no 1, , p. 211-248
- ↑ Catalogue des objets d'art qui composent la collection Debruge-Duménil dont la vente aura lieu à Paris, hôtel des ventes mobimières, rue des Jeûneurs, no 42, les 23, 24, 25, 26, 28, 29, 30, 31 janvier, 1er, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9 février, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 11 et 12 mars 1850 ; par le ministère de M. Bonnefons de Lavialle, commissaire-priseur, à Paris, assisté de M. Roussel, expert, Paris, (lire en ligne), p. XXVI-221 et 4 planches
- 1 2 Darcel, 1880, p. 857
- ↑ Base Léonore : Charles Jules Labarthe (erreur de transcription du nom)
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Alfred Darcel, « Nécrologie : Jules Labarte », Bulletin monumental, t. 46, , p. 855-857 (lire en ligne)
- Sylvie Aubenas et Marc H. Smith, « La naissance de l’illustration photographique dans le livre d’art : Jules Labarte et l’Histoire des arts industriels (1847-1875) », Bibliothèque de l'École des chartes, t. 158, no 1, , p. 169-196 (lire en ligne)
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- Babelio : Jules Labarte