Charles Van der Stappen
Pierre-Charles Van der Stappen, né Pierre Charles Vanderstappen à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) le , et mort à Bruxelles le , est un sculpteur belge.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 66 ans) Bruxelles |
| Nom de naissance |
Pierre Charles Vanderstappen |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation |
Académie royale des beaux-arts de Bruxelles (1859-1868) |
| Élève | |
| Lieu de travail |
Les Bâtisseurs de villes ; Sphinx Mystérieux |
Biographie
modifierPierre Charles Vanderstappen, né à Saint-Josse-ten-Noode[1] le , est le fils de Pierre Vanderstappen, plafonneur, et d'Anne Catherine Paternoster, couturière. Charles van der Stappen épouse à Bruxelles[2] en 1892 une Néerlandaise, Cornélie Marguerite Jeanne van Hove, née à La Haye en 1844.
Sa famille étant d'origine modeste, Charles Van der Stappen ne fréquente que l'école primaire. Dès l'âge de 11 ans, il doit travailler dans un atelier comme apprenti sculpteur ornemaniste. Son père ayant remarqué ses dons artistiques, il l'inscrit aux cours du soir de l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. De 1859 à 1865, il y accomplit sa formation artistique notamment dans l'atelier du peintre Jean-François Portaels[3], tout en continuant à travailler comme ornemaniste pendant la journée. Il se rend ensuite à Paris où, sur recommandation de Portaels, il suit les enseignements du peintre Tony Robert Fleury. Pendant quelques années, il y travaille également comme modeleur, praticien et tailleur de pierre. Ayant suffisamment économisé, il part en Italie pour se former davantage et y travailler[4].
De retour à Bruxelles en 1869, il y expose au salon Bruxelles La Toilette du faune qui reçoit la médaille d'or. Sa production est par la suite inégale en qualité signant des œuvres harmonieuses et d'autres restant en conformité des canons artistiques de l'époque[4].
Lors de l'Exposition historique de l'art belge 1830-1880, il assoit sa notoriété en exposant La Toilette du faune, L'homme à l'épée et le groupe l'Encouragement de l'art[4].
Durant les années suivantes, il séjourne régulièrement à Paris, Florence et Rome.

En 1883, il revient définitivement à Bruxelles, y ayant obtenu un poste de professeur à l'Académie. Parmi ses élèves se trouvent les sculpteurs Rik Wouters, Jules Jourdain, Rachel van Dantzig, Paul Du Bois, Charles Samuel, George Minne, Victor Rousseau, Mathieu Desmaré et Geo Verbanck. À cette époque il organise des salons dans son atelier pendant plus d’une décennie. Véritable creuset du symbolisme belge, la plupart des jeunes symbolistes y participent fréquemment : Arthur Craco, Émile Fabry, Camille Lemonnier, Auguste Levêque, Constantin Meunier, Ray Nyst, Victor Rousseau… Lui-même et son épouse participent aux salons du mardi organisés dans les années 1890 par les époux Ray Nyst et Élise Soyer.
Il s’intéresse également à la photographie et fait acheter une chambre photographique à une époque où bon nombre de ses contemporains s’interrogent sur la nature artistique de ce médium. Inspiré par l'exemple du Groupe des XX, qui vise à multiplier les échanges entre les diverses formes d’expressions artistiques, il ouvre l’école à Émile Verhaeren et Camille Lemonnier.
En 1893, il collabore avec Constantin Meunier au projet de réalisation des cinquante-deux sculptures qui ornent l'extérieur du jardin botanique de Bruxelles. Les deux sculpteurs réalisent les esquisses et en confient l'exécution à leurs praticiens. L’influence du réalisme social de Constantin Meunier se fera visible dans l’œuvre Les Bâtisseurs de villes réalisée par Van der Stappen peu après.
En 1897, il réalise le Sphinx Mystérieux un buste en marbre qui sera par la suite reproduit en ivoire et argent ou coulé en bronze. Cette figure, qui deviendra célèbre, est d'un style Art nouveau. Le thème mystérieux du sphinx, populaire chez les peintres symbolistes, a été rarement représenté par les sculpteurs.
En , il est nommé directeur de l’école de l'Académie des beaux-arts. Les mesures prises par Charles Van der Stappen lors de sa direction contribuent au prestige de l'enseignement et à l'ouverture de l'école aux approches littéraires[5].
Il est élu membre de l'Académie royale de Belgique (Classe des Beaux-Arts) le .
Charles Van der Stappen meurt à Bruxelles[6], en son domicile du n° 15 de l'avenue de la Joyeuse Entrée, le . Il est inhumé au Cimetière de Bruxelles à Evere.
Style artistique
modifierSon œuvre s’est d'abord inspirée de la sculpture grecque classique et de la Renaissance. Il recherchait ainsi la masse bien établie, la noble silhouette et l'équilibre des proportions. Il se rapproche ensuite de la sculpture réaliste sous l'influence de Constantin Meunier, voire symboliste, de son époque. Enfin, il s'ouvre au style Art nouveau en vogue à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.
Sélection d'œuvres
modifier- Statue d'Alexandre Gendebien initialement en 1874 devant l'ancien Palais de Justice de Bruxelles et depuis 1956 au square Frère-Orban [7],[8],[9],[10],[11].
- Province de Liège, Province d'Anvers, bronzes, Arcades du Cinquantenaire, Bruxelles.
- .Mort d'Ompdrailles, bronze, d'après le roman Ompdrailles.
- Le tombeau des lutteurs, écrit en 1879 par Léon Cladel, Jardin du roi, Quartier Louise, Bruxelles.
- L'homme à l'épée, marbre, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
- L'Encouragement de l'Art, bronze, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
- Tombeau des lutteurs, Quartier Louise, Bruxelles.
- Inspiration de l'Art, Musée royal d'art ancien, Bruxelles.
- Statues ornant la façade du théâtre édifié en 1874 par l'architecte Jean-Pierre Cluysenaar, théâtre de l'Alhambra, boulevard Émile Jacqmain, démoli en 1974[12].
- Allégorie de la province de Brabant, sur le Monument à la Dynastie, parc de Laeken, 1880.
- Saint-Michel terrassant le démon, bronze, hôtel de ville de Bruxelles, 1888.
- Saint-Michel, salle gothique de l'hôtel de ville de Bruxelles.
- Sphinx mystérieux, or, ivoire et pierreries, Musées royaux d'art et d'histoire, Bruxelles, 1897.
- Les Bâtisseurs de villes, parc du Cinquantenaire, Bruxelles
- Guillaume d'Orange-Nassau, dit le Taciturne, Petit Sablon, Bruxelles.
- L'homme à l'épée, Musée de la ville de Bruxelles.
- Le Temps, bronzes, Jardin botanique de Meise.
- Monument à Alfred Verwée, Schaerbeek, place Colignon.
- Évêque Bénissant - Pax Vobiscum, bronze, Musée des beaux-arts de Tournai.
Galerie
modifier- Œuvres de Charles Van der Stappen
- Mort d'Ompdrailles, Bruxelles, Jardin du roi.
- Les Bâtisseurs de villes, Bruxelles, parc du Cinquantenaire.
- Le Temps, Jardin botanique.
Hommages et distinctions
modifierEn 1880, ses sculptures sont reprises à l'Exposition historique de l'art belge 1830-1880 à Bruxelles à l'occasion du Cinquantenaire de l'Indépendance de la Belgique.
En 1898, il reçoit la grande médaille d'or de l'exposition des beaux-arts de Berlin.
La « Rue Charles Vanderstappen » à Schaerbeek perpétue sa mémoire[13].
La décoration suivante lui a été attribuée :
Notes et références
modifierNotes
modifierRéférences
modifier- ↑ Saint-Josse-ten-Noode, acte de naissance n° 428 du 20 décembre 1843 de Pierre Charles Vanderstappen, né à Saint-Josse-ten-Noode, rue de la Montagne n° 5, le 19 décembre 1843 à quatre heures du matin, fils de Pierre Vanderstappen, 32, ans, plafonneur né à Steenockerzeel, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode, et de son épouse Anne Catherine Paternoster, 22 ans, née à Hacht, domiciliés à Saint-Josse-ten-Noode. Les témoins étaient Adrien Boeckx, journalier, 29 ans, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode, et Jacques Joseph Goffelet, 37 ans, charpentier, domicilié à Saint-Josse-ten-Noode (suivent les signatures). vander stappen pier, etc.
- ↑ Bruxelles, acte de mariage n° 1791 du 27 décembre 1892. Contrat de mariage passé pardevant le notaire Alphonse Damiens à Bruxelles le 21 décembre 1892. Cornélie Marguerite Jeanne van Hove, née à La Haye, Hollande, le 19 décembre 1844, y domiciliée mais résidant à Bruxelles, avenue d'Auderghem 13, sans profession, est la fille de Hubertus van Hove et de Maria Petronella Gerber, tous deux résidant à La Haye. Pierre Charles Vanderstappen, né à Saint-Josse-ten-Noode le 19 décembre 1843, résidant à Bruxelles, statuaire, est le fils de Pierre Jean Vanderstappen et d'Anne Catherine Paternoster. Les témoins étaient Camille Lemonnier, résidant à La Hulpe, homme de lettres, Constantin Meunier, résidant à Louvain, statuaire, Edmond Picard, résidant à Ixelles, avocat, et Oscar Roty, résidant à Paris, artiste. Les pièces annexes à l'acte de mariage précisent que le marié résidait au n° 13 de l'avenue d'Auderghem, là où résidait également son épouse, depuis le recensement de 1890 au moins. La mariée réside à Bruxelles depuis le 4 avril 1891, à l'adresse susdite.
- ↑ « Mort de M. Charles Van der Stappen », Le Soir, , p. 1 (lire en ligne)
- 1 2 3 Sander Pierron, « Charles Van der Stappen », L'Indépendance Belge, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Dans son livre témoignage Le monde d'hier, Stefan Zweig relate sa rencontre avec Charles Van der Stappen en ces termes : « C'est ainsi que je vis le vieux maître Constantin Meunier, ce travailleur héroïque et puissant sculpteur du travail, et après lui van der Stappen, dont le nom est aujourd'hui passablement ignoré dans l'histoire de l'art. Et pourtant quel homme aimable c'était ce que ce Flamand joufflu, et quel accueil cordial il fit au jouvenceau de dix-neuf ans, lui et sa femme, une volumineuse et joviale Hollandaise ! Il me montra ses œuvres, nous parlâmes longtemps, par cette claire matinée, d'art et de littérature, et la bonté de ces deux personnes m'ôta bientôt toute timidité. »
- ↑ Bruxelles, acte de décès n° 2944 du 22 octobre 1910. Pierre Charles Vander Stappen, artiste statuaire, professeur de sculpture à l'Académie des Arts décoratifs de Bruxelles, membre de l'Académie de Belgique, officier de l'Ordre de Léopold, décoré de la médaille civique de 1ère classe, de la médaille de mutualité de 1ère classe, de la médaille commémorative du règne de Sa Majesté Léopold II, et de plusieurs ordres étrangers, décédé le 21 de ce mois, à quatre heures du matin, avenue de la Joyeuse Entrée n° 15, y domicilié, âgé de 66 ans, dix mois, deux jours, époux de Cornélie Marguerite Jeanne Vanhove, fils de Pierre Jean Vander Stappen et de Anne Catherine Paternoster, décédés.
- ↑ Moniteur belge, journal officiel. 1874, 7/9, État belge, , p. 2987.
- ↑ Charles Rousselle, Précis historiques, tome trente-et-unième - Mons pendant la révolution de 1830, Alfred Vromant, , p. 30.
- ↑ La chronique des arts et de la curiosité, Bureaux de la Gazette des beaux-arts, Paris, , p. 326.
- ↑ Théodore Juste, Notes historiques et biographiques, Muquardt, , p. 43.
- ↑ « Les statues déplacées », sur Le Soir, .
- ↑ Laure Eggericx, Les boulevards du centre, Région de Bruxelles-Capitale, collection « Bruxelles, ville d'art et d'histoire », 1997, p. 37
- ↑ J.A. Dekoster, Les rues de Schaerbeek, édité par Les Amis de la Maison des Arts de Schaerbeek, 1981.
- ↑ Moniteur, « Nominations », Moniteur belge, no 20, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
Annexes
modifierArticles connexes
modifierBibliographie
modifier- Charles Van der Stappen, Bruxelles et Courtrai, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique – Éditions Snoeck, coll. « Cahiers des Musées royaux des beaux-arts de Belgique » (no 6), , 128 p., catalogue de l'exposition aux musées royaux de Bruxelles du au .
- Arnold Goffin, Notice sur Charles Van der Stappen, membre de la Classe des Beaux Arts, dans l'Annuaire de l'Académie royale de Belgique, 1926, avec un catalogue de ses œuvres principales, à lire en ligne sous le lien .
- Paul Lambotte, Notice Vander Stappen (Pierre-Charles), dans la Biographie nationale, tome 26, Bruxelles, Bruylant, 1936-1938, colonne 379 et suiv., à lire en ligne sous le lien .
Liens externes
modifier- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Catalogue des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique