Charles de Marliave

ingénieur, officier et industriel français

Charles de Marliave, né le à Lorient et mort le à Grenoble[1],[2], est un ingénieur et industriel français.

Charles de Marliave
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GrenobleVoir et modifier les données sur Wikidata
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Joseph de Marliave (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Ingénieur des ponts et chaussées sorti de l'École polytechnique, il dirige de 1920 à 1946 la Compagnie des mines d'anthracite de La Mure, dont il est le dernier directeur général et président avant la nationalisation des houillères[3],[4]. Il est également l'auteur d'une histoire de cette entreprise et membre de l'Académie delphinale.

Biographie

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Origines et formation

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Charles de Marliave est le fils de Louis Marie de Marliave (1855-1888), officier de marine, et de Marie Marguerite Hectorine Laromiguière[1]. Il appartient à la famille de Marliave, originaire de la région de Toulouse, et porte le titre de comte[4].

Élève à l'école des Dominicains de Sorèze (Tarn) de 1896 à 1902, puis à l'école Massillon à Paris de 1902 à 1905, bachelier ès lettres et ès sciences, il entre à l'École polytechnique en 1905 et en sort quinzième en 1907, dans le corps des ponts et chaussées. Après une année passée à Alger comme sous-lieutenant du génie et trois années à l'École des ponts et chaussées, il est nommé en ingénieur à Perpignan, où il construit en Roussillon des chemins de fer à traction électrique, alors tout nouveaux, et étudie l'agrandissement du port de Port-Vendres.

Première Guerre mondiale

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En , il part pour la Crète comme adjoint au chef d'une mission française chargée d'y construire des ports, des routes et des chemins de fer. La déclaration de la Première Guerre mondiale le ramène en France en .

Il fait la guerre comme lieutenant, puis comme capitaine des transmissions, sur la plupart des champs de bataille du front français — Belgique, Flandres, Somme, Aisne, Champagne, Argonne, Verdun, Lorraine —, dirigeant les transmissions d'abord d'une division, puis d'un corps d'armée. Chef du service télégraphique du 15e corps d'armée, il y obtient deux citations à l'ordre du corps d'armée, le et le , la seconde au titre de Verdun et de l'offensive du [2].

En , nommé instructeur auprès de l'armée grecque, il séjourne à Athènes, puis à Salonique, où la guerre se conclut en .

La Compagnie des mines d'anthracite de La Mure

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Rappelé de Salonique en , il passe une année et demie au ministère des Régions libérées. En , il demande sa mise en congé hors cadres pour prendre la direction générale de la Compagnie des mines d'anthracite de La Mure, qu'il dirigera jusqu'à la nationalisation de 1946[4]. Il en devient administrateur délégué en 1934, au décès de son beau-père Henry de Renéville, puis président en 1940.

Fondée en 1806, la Compagnie avait toujours été dirigée par les successeurs directs ou par alliance de son fondateur Jules Giroud — Henri Giroud, Eugène Chaper, puis Henry de Renéville, petit-fils du premier ; Charles de Marliave en est le dernier directeur général et président[3]. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise fournit environ 1 % de la production houillère française[4].

En 1925, il entreprend des recherches étendues dans les Landes en vue de la création d'une mine de lignite. Elles aboutissent à la découverte, à Arjuzanx, d'un gisement de 200 millions de tonnes exploitable à ciel ouvert. Une centrale est d'abord installée à Hostens par la Société minière et électrique des Landes, fondée pour l'exploitation et l'utilisation du lignite ; après la nationalisation de cette société au bénéfice d'Électricité de France en 1946, une centrale sera créée à Arjuzanx. Sous sa direction, les explorations de la Compagnie sont également étendues à la région lyonnaise et au Sud algérien[3]. Entre 1929 et 1933, elle mène en outre des recherches de potasse en Alsace puis en Espagne, dans le cadre de syndicats de recherche[4],[n 1].

Seconde Guerre mondiale

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Lieutenant-colonel de réserve depuis 1937, et longtemps directeur du Centre des officiers de réserve des transmissions de Grenoble[2], Charles de Marliave est mobilisé en . Il commande d'abord le dépôt du génie à Versailles, puis reçoit en le commandement des transmissions de l'Armée des Alpes.

Démobilisé en , il assume dès la fin de la même année la présidence de la Compagnie des mines d'anthracite de La Mure, ainsi que celle du Groupement des houillères des Alpes, qu'il conserve jusqu'en 1946[2].

Selon le rapport d'enquête établi le par la section de gendarmerie de Grenoble et versé à son dossier de Légion d'honneur, Charles de Marliave fait embaucher pendant l'Occupation plus de cinq cents jeunes gens astreints au Service du travail obligatoire à la Société La Mure afin de les y soustraire, et avance plusieurs millions de francs à des formations du maquis, notamment à l'Armée secrète — somme qui lui est remboursée à la Libération par la Trésorerie générale[5].

Nationalisation et reconversion pétrolière

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En 1946, la Compagnie des mines d'anthracite de La Mure est nationalisée, ainsi que la Régie des charbonnages de Colomb-Béchar et la Société minière et électrique des Landes.

La Société La Mure, restée indépendante, développe alors la distribution des produits pétroliers, puis prend des intérêts dans le raffinage et la pétrochimie par son alliance avec l'Union des pétroles et la création des sociétés La Mure-Union et Rhône-Alpes.

Fonctions et fin de vie

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Vice-président de la chambre de commerce de Grenoble[2] et président de l'Association des producteurs des Alpes françaises[1], Charles de Marliave est également maire de Bresson, commune du sud de l'agglomération grenobloise, de 1935 à 1953[6].

Il publie en 1955 une histoire de la Compagnie qu'il a dirigée, Les Mines d'anthracite de La Mure, 1806-1946, dont un compte rendu paraît dans la Revue de géographie alpine[3].

Il est élu à l'Académie delphinale le , au fauteuil no 7, et y prononce son discours de réception le [7]. Il meurt à Grenoble le .

Décorations

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Publications

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Ouvrage

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  • Les Mines d'anthracite de La Mure : 1806-1946, Grenoble, Arthaud, 1955, 309 p. (BNF 32420887)

Introductions et préfaces

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  • Congrès de l'économie alpine, Grenoble, 1er-4 juillet 1954, Grenoble, Association des producteurs des Alpes françaises, 1954 (introduction)[1]
  • Inventaire de l'économie alpine, Grenoble, Association des producteurs des Alpes françaises, Centre d'économie alpine (présentation ; introduction de Noël Gilbert)[1]
  • Paul Veyret, Les Alpes, terre de grandeur, terre de labeur, Villeurbanne, Ateliers de constructions électriques de Delle, 1959 (préface) (BNF 31568662)
  • Le Sillon rhodanien, Paris, « Provinces françaises », 1959 (présentation de la région Centre Sud-Est ; éditorial de Roger Ricard) (BNF 32568724)

Notes et références

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  1. ↑ Un article du Bulletin du Service de la carte géologique d'Alsace et de Lorraine de 1936 signale des sondages effectués « en 1931 et 1932 […] pour le compte de syndicats dirigés par M. de Marliave », de part et d'autre de Hettenschlag, sans préciser le prénom de l'intéressé. Voir Jean Jung, C. Schlumberger et M. Schlumberger, « Soulèvement des alluvions du Rhin par les intrusions salines diapires de la Haute Alsace », Bulletin du Service de la carte géologique d'Alsace et de Lorraine, vol. 3, no 1,‎ , p. 77-86 (lire en ligne).

Références

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  1. 1 2 3 4 5 « Charles de Marliave », sur Annuaire prosopographique : la France savante, Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 « Charles Henry Antoine Marie de Marliave », base Léonore, ministère français de la Culture
  3. 1 2 3 4 Jean Sarrot-Reynaud, « Marliave (Ch. de). — Les mines d'anthracite de La Mure », Revue de géographie alpine, vol. 45, no 2,‎ , p. 433-435 (lire en ligne)
  4. 1 2 3 4 5 « Fonds de la Compagnie des Mines de La Mure, sous-série 25 J : répertoire numérique » [PDF], sur Archives départementales de l'Isère (consulté le )
  5. ↑ Rapport no 484/4 de la section de gendarmerie de Grenoble, , dans le dossier de Légion d'honneur de l'intéressé : « Charles Henry Antoine Marie de Marliave », base Léonore, ministère français de la Culture.
  6. ↑ Claude Muller, Bresson, Bresson, Mairie de Bresson, , p. 89
  7. ↑ « Membres titulaires de l'Académie delphinale depuis 1906 » [PDF], sur Académie delphinale (consulté le ), fauteuil no 7

Voir aussi

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Bibliographie

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  • Claude Muller, Bresson, Bresson, Mairie de Bresson,
  • Jean Sarrot-Reynaud, « Marliave (Ch. de). — Les mines d'anthracite de La Mure », Revue de géographie alpine, vol. 45, no 2,‎ , p. 433-435 (lire en ligne)

Articles connexes

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Liens externes

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