Charlotte Osgood Mason

philanthrope et mécène américaine

Charlotte Osgood Mason (18 mai 1854, Franklin Park, New Jersey – 15 avril 1946, New York City)[1] est une philanthrope américaine.

Charlotte Osgood Mason
Biographie
Naissance
Décès
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Nationalité
Activité

En tant que mécène, elle verse plus de 100 000 dollars à plusieurs artistes et écrivains afro-américains du mouvement de Renaissance de Harlem (soit l'équivalent de plus d'un million de dollars en 2003), et soutient notamment la carrière de Langston Hughes et Zora Neale Hurston.

Si ce soutien s'avère particulièrement crucial pendant la Grande Dépression, où les financements se font rares, des travaux ultérieurs soulignent le caractère souvent contrôlant des relations que Mason entretient avec les artistes[2],[3].

Biographie

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Charlotte Louise Van der Veer Quick naît à Franklin Park, dans le New Jersey, le 18 mai 1854[4]. Fille de Peter Quick et de Phoebe Van der Veer, elle est élevée par son grand-père maternel, Schenck Van der Veer, dont elle prend le nom de famille[5]. Elle reçoit une éducation privée, comme beaucoup de jeunes filles de la haute société de son époque.

Van der Veer épouse le médecin et chercheur en parapsychologie Rufus Osgood Mason le 27 avril 1886[6].

Mécénat

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Buste de Cudjoe Lewis, Union Missionary Baptist Church.

Usant de sa fortune familale et de celle héritée à la mort de son époux en 1903 pour devenir une mécène des arts et des lettres, Charlotte Osgood Mason soutient des artistes et auteurs du mouvement Harlem Renaissance tels que Alain Locke[7], Aaron Douglas, Langston Hughes, Arthur Fauset, et Miguel Covarrubias du mouvement[8]. Elle devient également un mécène de l'écrivaine et anthropologue Zora Neale Hurston, sur la recommandation de Locke, après la publication de plusieurs de ses nouvelles.

Zora Neale Hurston.

De 1928 à 1932, Hurston est soutenue par Charlotte Mason dans ses recherches sur le folklore et la culture afro-américains dans le Sud profond, en Haïti et en Jamaïque. Mason lui apporte également son soutien lors de la rédaction d’un livre sur Cudjoe Lewis, connu à l’époque comme le dernier survivant du Clotilda, navire illégal de 1860. Après un refus initial de l'éditeur en 1931, cet ouvrage est publié à titre posthume en 2018 sous le titre Barracoon : The Story of the Last « Black Cargo »[9]. Après avoir découvert l'existence de Lewis grâce à l'article que Zora Neale Hurston lui avait consacré en 1928, Mason apporte un soutien financier au vieil homme, qui vivait à Africatown, dans un quartier de Mobile, Alabama.

Elle verse au total plus de 100 000 dollars à des écrivains et artistes afro-américains de la Renaissance de Harlem, soit l'équivalent de plus d'un million de dollars en 2003[7].

Controverses

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Mason a été critiquée pour ses tentatives de contrôle sur les œuvres des écrivains sous son patronage. Elle insistait pour qu'on l'appelle « Marraine », et développait des relations complexes et contrôlantes avec les personnes qu'elle aidait[2]. Elle est citée dans l'ouvrage Zora and Langston: A Story of Friendship and Betrayal de Yuval Taylor (2020). La chercheuse féministe noire bell hooks porte un regard critique sur la relation entre Mason et Hurston : « Il est difficile de croire qu’Hurston n’ait pas vu l’impérialisme culturel et la suprématie blanche de sa mécène, Mme Mason. Cette « femme la plus galante du monde » avait contraint Hurston à signer un contrat stipulant que tout le matériel qu’elle rassemblerait deviendrait la propriété légale de sa mécène et qu’Hurston ne pourrait l’utiliser qu’avec son autorisation. »[10].

bell hooks.

Des chercheuses comme bell hooks et Irma McClaurin affirment que, du fait du soutien financier apporté par Mason à Hurston, celle-ci a imposé des thèmes et des sujets précis à l'écrivaine[2]. L'un des centres d'intérêt majeurs de Charlotte Mason était l'idée d'une culture noire « authentique ». McClaurin souligne toutefois que cet intérêt pour la vie ou la culture noire « authentique » ne peut, du fait de la relation inégalitaire entre Mason et Hurston, être jugée qu'à l'aune des normes et de la conception que Mason, qui est une personne blanche, s'en fait. Mason devient ainsi l' « arbitre de ''l'authenticité'' » d'une culture qui ne lui appartient pas[2].

Le mécénat autoritaire de Mason transparaît également dans sa relation avec Langston Hughes. À partir de 1927, Mason subvient aux besoins de Hughes, et le pousse à explorer ses notions du « primitif » dans ses écrits[3]. Elle va même jusqu'à décider de la musique qu'il a le droit d'écouter, et les livres qu'il est autorisé à lire[3]. Charlotte Mason lui demande l'exclusivité de ses écrits, l'isolant de toute influence qui ne fut pas la sienne. Après trois ans de patronage, Langston Hughes met fin au patronage de Mason[3]. Mason lui prédit alors un échec et lui rappelle à quel soutien il doit ses succès[3]. Cet « adieu douloureux » a été « traumatisant pour Hughes et irréversible pour les deux personnes concernées »[3].

Références

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  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Charlotte Osgood Mason » (voir la liste des auteurs).
  • « Charlotte Louise Mason », in : American National Biography. v. 14 (1999), p. 640-642.
  1. Tiffany Ruby Patterson, Zora Neale Hurston and a History of Southern Life, Temple University Press, (ISBN 978-1-59213-290-4)
  2. 1 2 3 4 Irma McClaurin, « Zora Neale Hurston: Enigma, Heterodox, and Progenitor of Black Studies », Fire!!!, vol. 1, no 1, , p. 49–67 (ISSN 2156-4078, DOI 10.5323/fire.1.1.0049, JSTOR 10.5323/fire.1.1.0049, lire en ligne Accès payant)
  3. 1 2 3 4 5 6 Ralph D. Story, « Patronage and the Harlem Renaissance: You Get What You Pay For », CLA Journal, vol. 32, no 3, , p. 284–295 (ISSN 0007-8549, JSTOR 44322029, lire en ligne)
  4. U.S. Passport Applications, 1795-1925
  5. Dartmouth College Yearbook, 1898, p. 46
  6. "New York, New York, Marriage Index, 1866-1937"
  7. 1 2 « Charlotte Osgood Mason », sur Intimate Circles: American Women in the Arts, Beinecke Rare Book and Manuscript Library, Yale University, july 28 – october 18, 2003 (consulté le )
  8. Paul Finkelman, Encyclopedia of the Harlem Renaissance, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-57958-389-7)
  9. « Los Angeles Review of Books »,
  10. bell hooks, "Saving Black Folk Culture: Zora Neale Hurston as anthropologist and writer". In Yearning: Race, Gender, and Cultural Politics. Boston: South End Press, p. 138 (ISBN 978-0-92128-435-2)

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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