Charlotte Pudlowski

journaliste et entrepreneuse française

Charlotte Pudlowski est une journaliste, autrice et entrepreneuse française née en 1986 à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine.

Ancienne rédactrice en chef du magazine Slate et créatrice du podcast Transfert, elle est cofondatrice et présidente du studio de production de podcasts narratifs Louie Media.

En 2020, elle réalise la série documentaire Ou peut-être une nuit, consacrée à l'inceste, récompensée par le prix Philippe-Chaffanjon et adaptée en livre l'année suivante.

Biographie

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Jeunesse et études

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Charlotte Pudlowski est née en 1986 à Boulogne-Billancourt. Son père est avocat. Elle jouit selon elle d’une « enfance très privilégiée » dans le 16e arrondissement de Paris, où elle se passionne pour les histoires et l’écriture[1].

Elle étudie à l’école de journalisme de l'Institut d'études politiques de Paris dont elle sort diplômée en 2009. Elle y rencontre Mélissa Bounoua avec qui elle partage son logement lors de son semestre d’études dans le Missouri aux États-Unis. Ensemble, elles découvrent « le journalisme web, l’explosion des formats, le storytelling audio » et « la culture du podcast narratif à l’américaine »[2].

Carrière journalistique

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Après un stage à Slate.fr et un premier contrat, elle devient journaliste culture à 20minutes.fr[3].

Charlotte Pudlowski retourne à Slate, où elle s'intéresse aux industries culturelles, avant de devenir rédactrice en chef adjointe en 2014 puis rédactrice en chef en 2015[1],[4].

Le , elle publie dans Slate un article contestant l'attribution du prix Renaudot de l'essai à l'écrivain Gabriel Matzneff, dont elle juge le contenu « douteux »[4]. Le Monde relève en 2020 qu'aucun journaliste littéraire ne s'était alors interrogé sur le bien-fondé de cette récompense[4].

Elle lance en juin 2016 les premiers podcasts du titre, dont Transfert, série dans laquelle une personne raconte à chaque épisode un événement marquant de sa vie[5],[6],[7]. Les Inrockuptibles y voient « une nouvelle écriture journalistique »[8]. Elle y déclare croire « très fort au pouvoir de la narration, qui n'est pas assez exploré dans le journalisme français »[9].

En 2017, elle quitte le magazine en ligne pour lancer, avec Mélissa Bounoua, Louie Media, un studio de production de podcasts narratifs[10],[11]. Elle en est la présidente depuis la création de la société[12].

Diffusé à partir de 2018, le premier podcast du studio, Entre, suit en vingt épisodes une jeune fille de onze ans qui raconte chaque semaine son entrée au collège et son passage de l'enfance à l'adolescence[13]. Charlotte Pudlowski y cherche à « décortiquer dans la nuance le rapport au monde et la pensée » de son interlocutrice[13][14]. Selon Télérama, la série « interroge la société actuelle et engage indirectement à se retourner sur sa propre enfance »[13].

Marquée par le silence de sa mère, qui lui révèle avoir été victime d'inceste de la part de son propre père, elle enquête sur le sujet[15],[16]. En 2020, elle crée Ou peut-être une nuit[17], série en six épisodes du podcast Injustices réalisée par Anna Buy, à cheval entre documentaire intime et essai politique, qui s’intéresse au silence qui entoure l’inceste et aux dégâts qu’il provoque[17]. Elle y relève que « 98 % des agresseurs sont des hommes » et que « la domination masculine commence là »[17]. Selon Télérama, elle sondait déjà les secrets de famille dans Transfert[17]. La série emprunte son nom au premier vers de la chanson L'Aigle noir de Barbara[18]. Le Monde cite la série parmi les récits qui circulent lors du mouvement #MeTooInceste, en janvier 2021[19]. Le podcast est récompensé par le Prix Philippe Chaffanjon en [20].

La série est adaptée en livre sous le même titre, publié chez Grasset en 2021[19]. L'ouvrage figure dans la présélection du 6e prix du livre Albert-Londres, annoncée le [21].

Dans la série, elle interroge l'anthropologue Dorothée Dussy, autrice en 2013 de l'enquête Le Berceau des dominations, parue aux éditions La Discussion, passée inaperçue à sa parution et rééditée chez Pocket en 2021, dont elle signe la préface[22],[23]. Dorothée Dussy déclare au Monde que si son enquête « est ressortie, et a pu avoir une large audience, c'est grâce à Charlotte », et voit dans leur collaboration un exemple des « formes nouvelles de solidarité entre artistes, journalistes, chercheurs en sciences sociales »[22].

En 2025, l'autrice et metteuse en scène Mélissa Zehner s'inspire de la série pour sa pièce La nuit se lève, sans en faire une adaptation[24].

Charlotte Pudlowski est, avec Lauren Bastide, Charlotte Bienaimé et Victoire Tuaillon l'une des pionnières françaises du podcast à succès[25].

En 2020, elle figure parmi les cinquante femmes « qui ont marqué » l'année retenues par Vanity Fair[26].

Accusations de harcèlement

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En , une enquête de Télérama, fondée sur des témoignages de salariés, anciens salariés et collaborateurs de Louie Media, relate des cas de souffrances au travail, de harcèlement moral ou encore d’humiliations. Charlotte Pudlowski et Mélissa Bounoua sont directement mises en cause dans leur management[27],[28]. En trois ans d'existence, « vingt personnes ont été employées par l'entreprise, dont neuf l'ont quittée rapidement, voire précipitamment. »[29]

Publications

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Prix et distinctions

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Notes et références

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  1. 1 2 Célia Héron, « Charlotte Pudlowski et Mélissa Bounoua, inséparables du podcast », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  2. ↑ « Louie Media: le podcast qui monte ! Coup de cœur des Business O Féminin awards », sur Business O Féminin, (consulté le ).
  3. ↑ Isabelle Maradan, « Charlotte Pudlowski, journaliste culture : « Si je vois Jude Law au Festival de Cannes, mon hystérie va ressortir ! » », sur L’Etudiant, (consulté le ).
  4. 1 2 3 Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin, « Gabriel Matzneff, questions sur un prix Renaudot », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. ↑ Delphine Soulas-Gesson, « Slate.fr investit le monde du podcast », sur Stratégies, (consulté le ).
  6. ↑ Céline Asselot, « Charlotte Pudlowski : "Le podcast permet de raconter des histoires autrement" », sur Franceinfo, (consulté le ).
  7. ↑ Joël Morio, « La renaissance du feuilleton radiophonique », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. ↑ « Avec Transfert, Slate.fr lance le podcast de l'intime », sur Les Inrockuptibles, (consulté le )
  9. ↑ Tifaine Cicéron, Carole Lefrançois et Elise Racque, « Génération podcasts : ils font la radio de demain », sur Télérama, (consulté le )
  10. ↑ Jérôme Lefilliâtre, « Une grande fortune à la rescousse de Slate.fr », sur Libération, (consulté le ).
  11. ↑ Julia Tissier, « Louie Media, le studio de podcasts narratifs dont vous ne pourrez plus vous passer - Les Inrocks », sur lesinrocks.com (consulté le ).
  12. ↑ « Société LOUIE MEDIA », sur Pappers (consulté le )
  13. 1 2 3 Laurence Le Saux, « Sur Louie Media, un an dans la vie d'une ado naissante », sur Télérama, (consulté le )
  14. ↑ « Avec "Entre", Louie Media montre que les filles "méritent d'être entendues" », sur RTL.fr, (consulté le )
  15. ↑ « Charlotte Pudlowski a enquêté sur l'inceste », sur Brut, (consulté le ).
  16. ↑ Tiphaine Honnet, « Dans les silences de l’inceste avec le podcast "Ou peut-être une nuit" », sur Madame Figaro, (consulté le ).
  17. 1 2 3 4 Carole Lefrançois, « Podcast : avec Ou peut-être une nuit, l'inceste sort de l'ombre », sur Télérama, (consulté le )
  18. ↑ Mouna El Mokhtari, « Inceste : l’aveuglement de la société, le silence des victimes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. 1 2 Valentine Faure, « #MeTooInceste : « Il y a encore cinq ans, la reconnaissance de l'inceste n'allait pas de soi » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. 1 2 Célyne Baÿt-Darcourt, « Prix Philippe Chaffanjon : pour la première fois, un podcast est récompensé », sur Franceinfo, (consulté le ).
  21. ↑ « Présélection 2022 », sur Prix Albert-Londres, (consulté le )
  22. 1 2 Valentine Faure, « #MeTooInceste : « Il y a encore cinq ans, la reconnaissance de l'inceste n'allait pas de soi » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. ↑ Dorothée Dussy (préf. Charlotte Pudlowski), Le Berceau des dominations : Anthropologie de l'inceste, Pocket, (ISBN 978-2-266-31859-4)
  24. ↑ Kilian Orain, « La nuit se lève de Mélissa Zehner, une pièce pleine de grâce et de tendresse autour de l'inceste », sur Télérama, (consulté le )
  25. ↑ Fanny Marlier, « On a parlé podcast, féminisme et journalisme engagé avec Charlotte Pudlowski et Victoire Tuaillon », sur Les Inrockuptibles, (consulté le ).
  26. ↑ « Ces 50 femmes qui ont marqué 2020 selon Vanity Fair : Despentes, Marine Serre, Assa Traoré... », sur RTBF, (consulté le )
  27. ↑ Christelle Murhula et Laurence Le Saux, « Derrière la belle vitrine Louie Media, un management qui fait des dégâts », sur Télérama, (consulté le ).
  28. ↑ Alexandra Pizzuto, « La Girl Boss, une cheffe toxique comme les autres », Marie Claire, 10 décembre 2021.
  29. ↑ Lou Fritel, Fémini-business : ces entrepreneuses féministes mises en cause pour leur management, marianne.net, 13 décembre 2021
  30. ↑ « Accueil | Prix Philippe Chaffanjon » (consulté le ).