Chat de Kellas
Le Chat de Kellas (en Kellas cat) est un hybride issu du croisement entre deux espèces de mammifères carnivores de la famille des félins : un chat domestique haret (Felis catus) et le Chat sauvage d'Écosse, une population du Chat forestier (Felis silvestris silvestris).
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Sous-embr. | Vertebrata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Carnivora |
| Sous-ordre | Feliformia |
| Famille | Felidae |
| Sous-famille | Felinae |
| Genre | Felis |
Parent A de l'hybridation
Felis catus
×
Parent B de l'hybridation
Chat sauvage d'Écosse (Felis silvestris)
Caractérisé par ses fortes dimensions mais surtout son pelage noir, ce chat des Highlands en Écosse a longtemps été considéré comme une créature légendaire ou bien le fruit de canulars[1],[2],[3]. Il ne s'agit pas d'une race de chat formelle, mais d'une population d'hybrides introgressés. Il tire son nom du village de Kellas, situé dans le comté de Moray, où les premiers spécimens confirmés ont été découverts.
Découverte et étude des spécimens
modifierEn 1984, un garde-chasse nommé Ronnie Douglas capture et tue dans un collet un grand félin noir près du domaine de Kellas[1]. L'animal, de la taille d'un chien de taille moyenne, mesure 38 cm de hauteur au garrot pour une longueur totale de 110 cm de la truffe à l'extrémité de la queue[1]. À la suite de cette prise, de nombreux résidents, fermiers et gardes-chasse locaux rapportent avoir abattu des félins noirs d'aspect similaire sur des domaines des Highlands depuis plusieurs générations, bien que les sceptiques aient d'abord conclu à la présence d'un simple chat haret de taille inhabituelle[4].
L'historien et chercheur Charles Thomas examine par la suite huit dépouilles de chats de Kellas déposées au Musée national d'Écosse, dont sept fournies par la naturaliste Di Francis[5],[6]. L'examen anatomique d'un mâle juvénile révèle qu'il s'agit d'un authentique chat sauvage mélanique, ce qui constitue la première observation documentée de mélanisme chez le Chat sauvage d'Écosse[5],[7]. La majorité des autres individus analysés s'avèrent être des hybrides morphologiquement plus proches du chat sauvage que du chat domestique[8].
Le premier individu vivant capturé, une femelle, est attesté en 1986 par l'équipe de l'émission scientifique Tomorrow's World de la BBC dans un reportage intitulé On the Trail of the Big Cat[9]. Un mâle est capturé deux ans plus tard dans le Comté d'Inverness. Gardés un temps au Highland Wildlife Park de Kincraig, ces deux animaux sont ensuite confiés à Di Francis ; bien que sauvages et indomptables, ils se reproduisent avec succès et donnent naissance à la première portée de chatons de Kellas nés en captivité[10].
Des spécimens naturalisés sont conservés dans les collections universitaires et muséales régionales, notamment au musée de zoologie de l'Université d'Aberdeen, avec un individu collecté en 2002 à Insch (Aberdeenshire)[11], ainsi qu'au musée local d'Elgin[12].
Description
modifierLe chat de Kellas se caractérise par une silhouette élancée, de longues pattes musclées et une queue allongée pouvant mesurer jusqu'à une trentaine de centimètres[4]. Son corps mesure habituellement plus de 65 cm de long (dépassant parfois un mètre avec la queue)[1]. Son pelage est entièrement noir ou noir de jais, dépourvu des rayures habituelles du chat sauvage européen, et présente parfois une petite tache blanche sur le poitrail. Sa démarche et ses proportions globales rappellent celles du chat sauvage, tout comme son comportement farouche et sa férocité lorsqu'il est acculé.
Confusion et folklore
modifierDans les années 1980, les récits médiatiques autour du chat de Kellas ont parfois entretenu des confusions avec le phénomène plus large des grands félins mystérieux de Grande-Bretagne, souvent décrits comme des bêtes de la taille d'un léopard ou d'une panthère noire auxquelles étaient imputées des attaques de bétail[13]. Si un puma échappé de captivité a effectivement été capturé en 1980 à Cannich dans le comté d’Inverness, la majorité des observations de très grands félins relèvent de la légende urbaine, là où le chat de Kellas correspond à une réalité biologique bien délimitée[14].
En 1988, un animal noir de morphologie similaire a été piégé à Dufftown dans le Moray. L'analyse de son crâne a toutefois révélé une boîte crânienne plus petite, un museau remarquablement allongé et étroit ainsi qu'une dentition atypique, conduisant certains auteurs à s'interroger sur l'existence d'autres lignées ou anomalies morphologiques chez ces hybrides féraux[15].
Lien avec le folklore celtique
modifierLe cryptozoologiste Karl Shuker et plusieurs historiens ont avancé l'hypothèse selon laquelle le chat de Kellas aurait inspiré la créature légendaire du cat-sìth de la mythologie celtique[16],[17]. Le cat-sìth est traditionnellement dépeint comme un grand félin noir arborant une tache blanche sur la poitrine et hantant les landes des Highlands écossais.
L'historien Charles Thomas a également suggéré qu'une pierre sculptée picte découverte à Golspie (exposée au musée du Château de Dunrobin) pourrait représenter un félin de ce type debout au-dessus d'un saumon, ce qui ferait écho aux capacités de nageur et de pêcheur attribuées au chat sauvage et à ses hybrides dans les rivières écossaises[18].
Notes et références
modifierNotes
modifier- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Kellas cat » (voir la liste des auteurs).
Références
modifier- 1 2 3 4 (en) Aron Bowers, « Kellas Cats, Scotching the Myth » [archive du ], sur scotcats.online.fr, Scottish Big Cat Trust, (consulté le )
- ↑ (en) Di Francis, My Highland Kellas Cats : The discovery and origin of a ferocious new black wild cat, Leicester, Ulverscroft, (ISBN 978-0-7089-3539-2), p. 5–7
- ↑ (en) Ronald M. Nowak, Walker's Carnivores of the World, Baltimore, Johns Hopkins University Press, (ISBN 978-0-8018-8033-9, lire en ligne), p. 237
- 1 2 Francis 1993, p. 140–141
- 1 2 Thomas 2013, p. 174
- ↑ Kitchener 1996, p. 395
- ↑ Kitchener 1996, p. 213
- ↑ Kitchener 1996, p. 397–399
- ↑ (en) Judith Hann, « On the Trail of the Big Cat » [vidéo], Tomorrow's World, BBC 1,
- ↑ Francis 1993, p. 142
- ↑ (en) « Catalogue record: ABDUZ:CLD07 » [archive du ], University of Aberdeen (consulté le )
- ↑ (en) « Kellas Cat », sur Engole: The Elven for Knowledge, (consulté le )
- ↑ Francis 1993, p. 141–142
- ↑ Francis 1993, p. 127–128
- ↑ Francis 1993, p. 143–144
- ↑ Stéphane Garnier, Catissime, Paris, Les Éditions de l'Opportun, , 317 p. (ISBN 978-2-36075-880-7, lire en ligne)
- ↑ (en) John Matthews et Caitlín Matthews, The Element Encyclopedia of Magical Creatures, HarperElement, (ISBN 978-1-4351-1086-1), p. 91
- ↑ Thomas 2013, p. 174–175
Bibliographie
modifier- (en) Di Francis, The Beast of Exmoor: And Other Mystery Predators of Britain, Londres, Jonathan Cape, , 160 p. (ISBN 978-0-224-03665-8)
- (en) Di Francis, My Highland Kellas Cats : The discovery and origin of a ferocious new black wild cat, Leicester, Ulverscroft, , 418 p. (ISBN 978-0-7089-3539-2)
- (en) Andrew C. Kitchener (dir.), My Highland Kellas Cats, Leicester, Ulverscroft, (ISBN 978-0-7089-3539-2), « Appendix: Investigating the Identity of the Kellas Cats », p. 395–400
- (en) Charles Thomas, Gathering the Fragments: The Selected Essays of a Groundbreaking Historian, Sheffield, Cornovia Press, (ISBN 978-1-908878-02-1)
- (en) Karl Shuker, Mystery Cats of the World, Londres, Robert Hale, (ISBN 0-7090-3706-6)
- (en) Karl Shuker, « The Kellas cat: reviewing an enigma », Cryptozoology, vol. 9, , p. 26–40