Chat rubigineux

espèce de mammifères

Prionailurus rubiginosus

Prionailurus rubiginosus
Description de cette image, également commentée ci-après
Chat rubigineux au Zoo de Berlin
6.54 –0 Ma
Du Miocène supérieur (Messinien) à l'Holocène (Présent) .
Classification
Règne Animalia
Sous-embr. Vertebrata
Super-classe Tetrapoda
Classe Mammalia
Cohorte Placentalia
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Felinae
Genre Prionailurus

Espèce

Prionailurus rubiginosus
(I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831)

Statut de conservation UICN

( NT )( NT )
NT  : Quasi menacé

Statut CITES

Sur l'annexe  I  de la CITES Annexe I , Rév. du 28/06/1979
Population d’Inde continental

Statut CITES

Sur l'annexe  II  de la CITES Annexe II , Rév. du 28/06/1979
Populations du Sri-Lanka et du Népal

Répartition géographique

Description de l'image Rusty-spottedCat distribution.jpg.

Sous-espèces de rang inférieur

Synonymes

  • Felis rubiginosa I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831 [2] (Protonyme)
  • Viverriceps rubiginosa J. E. Gray, 1867 [2]

Le Chat rubigineux (Prionailurus rubiginosus) est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Félidés. Ce chat-léopard (du genre Prionailurus) est endémique du sous-continent indien, se rencontrent en Inde, au Népal ainsi qu’au Sri Lanka. Son pelage allant du rouge, au brun en passant par le grisâtre, lui a valu le nom de « Chat à taches de rouille ». Ne dépassant pas la cinquantaine de centimètres de longueur et les deux kilogrammes, ce minuscule félin semblable à un chaton portant le nom de « Chat mignon », est la plus petite espèce de félin d’Asie et dispute avec le Chat à pieds noirs le titre de plus petit félin du monde. Cette petite taille le rendant très sensible à son environnement et à la prédation, il reste assez difficile à observer dans la nature et les connaissances sur son mode de vie et sur l’état de sa population son encore lacunaires, si bien que sa population indienne a longtemps été considéré comme « En danger » (EN), avant d’être réévalué comme vulnérable (VU) par l’UICN en 2016.

Dénominations

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Étymologie

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  • rubiginosus : adjectif latin signifiant « rouillé » ou « couleur de rouille », dérivé de rubigo (« rouille ») et rattaché à rubeus (« rougeâtre »).
  • koladivius : transcription du cingalais කෝලා දිවියා (kōlā diviyā), nom vernaculaire local désignant ce petit félin[15].
  • phillipsi : épithète dédiée au naturaliste et zoologiste britannique William Watt Addison Phillips (1892–1981), qui a collecté le spécimen type à Ceylan le 16 mars 1935[16].

Voici les sections Taxonomie et Description enrichies avec les éléments issus de l'ouvrage de José R. Castelló (notamment : absence d'étude phylogéographique, comparaison morphologique précise et morphotypes pour chaque sous-espèce, noms vernaculaires, formule dentaire, nombre de chromosomes, hauteur au garrot, détails crâniens et biométriques comparés entre mâles et femelles). (Note : dans la référence Castello2022, la mention du passage a été corrigée pour indiquer les pages consacrées au chat rubigineux plutôt qu'au chat pêcheur).

Taxonomie

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Illustration du Chat à taches de rouille (Felis rubiginosa) dans Voyage aux Indes-Orientales…, 1834.

L'espèce est décrite pour la première fois en 1834 sous le protonyme de Felis rubiginosa par le zoologiste français Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dans la partie zoologique de la relation de voyage de Charles Bélanger[10]. La date de publication est parfois mentionnée comme 1831[2]. Le spécimen type qui a servi à cette description originale a été collecté par Bélanger près de Pondichéry, en Inde, sur une hauteur boisée de lataniers connue localement sous le nom de « Coteau »[10],[17],[18]. L'holotype est constitué d'un crâne incomplet d'un jeune individu (enregistré sous la référence MNHN-ZM-AC-A1791) conservé au Muséum national d'histoire naturelle à Paris[19]. Dans sa diagnose, Geoffroy Saint-Hilaire rapproche l'animal de Felis caligata et du « Chat du Népaul » (Felis torquata), tout en soulignant une singularité de coloration très inhabituelle chez les mammifères : la présence sous le ventre de taches brun-noir plus foncées que les taches couleur rouille ornant le dos et les flancs[10].

En 1917, il rejoindra une première fois le genre Prionailurus sous la plume de l’anatomiste Reginald Innes Pocock, du fait qu’il montre certaines spécificités le rapprochant du Chat-léopard du Bengale, par la structure générale du crâne, typique des Chats-léopards, notamment la forme de la fosse ptérygoïde et les bulles tympaniques à faible cloisonnement interne[20].

Sous-espèces

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Trois sous-espèces sont traditionnellement reconnues entre le sous-continent indien et le Sri Lanka, bien qu'aucune étude phylogéographique approfondie n'ait encore été menée pour confirmer leur délimitation exacte[21],[22].

En 1939, Reginald Innes Pocock décrit la première sous-espèce distincte, sous le nom de Prionailurus rubiginosus phillipsi[23]. Le spécimen type a été collecté par le naturaliste W. W. A. Phillips à Mousakanda, près de Gammaduwa dans la Province du Centre, à une altitude d'environ 3 000 pieds (environ 915 m)[16].

L'existence de ces deux sous-espèces srilankaises, phillipsi et koladivius, est encore discutée. P. r. phillipsi comprendrait les populations situées dans la zone de forêt humide de l'île, dont la robe présenterait des taches rondes et pleines de couleur marronâtre ou rousse[24] et P. r. koladivius serait présente dans les zones de plaines sèches, son pelage serait caractérisé par des marques dorsales très foncées, des taches pleines marron foncée et une tête sombre[24].

Liste des sous-espèces de Prionailurus rubiginosus selon ITIS ()[25]:
Sous-espèce, noms et auteur Description Localisation Synonymes
Prionailurus rubiginosus rubiginosus
(I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1831)
Chat à taches de rouille (Stricto sensu)
Chat rubigineux indien
Sous-espèce nominale. Pelage court et doux, gris fauve à brun roussâtre, plus sombre et terne sur le dos, orné de taches et de rayures noires sur le dos et la tête, et de taches brun-noir à brunes sur les flancs[21]. Deux formes ou morphotypes existent : une forme brune aux taches brun pâle ou couleur rouille, et une forme grise aux taches brun foncé à noirâtres[21]. Inde continentale (dans une grande partie des États indiens à l'exclusion du Nord-Est) et plaine du Teraï au Népal ; présence incertaine au Pakistan[21][7]. Localité type : Pondichéry[2].
Prionailurus rubiginosus koladivius
Deraniyagala, 1956
Chat rubigineux des plaines
Décrite sous le protonyme Pionailurus rubiginosus koladivius par Paulus Edward Pieris Deraniyagala. L'holotype est une peau de femelle adulte (CNM 384) conservée au Musée national de Colombo[15],[22]. Elle se caractérise par une tête plus sombre, un fond de pelage gris-bleu, des taches et rayures dorsales noirâtres et des taches brun foncé sur les flancs[21]. Zone sèche et plaines arides de basse altitude du nord et de l'est du Sri Lanka[21]. Localité type : Kathiraveli[22].
  • Pionailurus rubiginosus koladivius Deraniyagala, 1956 (Protonyme)
  • Prionailurus rubiginosus koladivinus D. E. Wilson & Mittermeier, 2009[note 1] [2]
Prionailurus rubiginosus phillipsi
Pocock, 1939
Chat rubigineux des bois
Elle se distingue de la sous-espèce indienne par une teinte générale plus sombre, plus riche et moins grise, avec des taches brun-rouille nettes sur les flancs[16],[21]. Le dessus du corps arbore un ton brun chaud marqué de vagues rayures sombres, tandis que le blanc ventral est bordé d'un lavis ocre[16]. Les membres antérieurs sont lavés d'ocre à l'extérieur et la face est teintée de chamois[16]. L'holotype comprend le crâne et la peau d'un mâle adulte (BMNH:Mamm:1935.4.8.2) conservés au Musée d'histoire naturelle de Londres[26]. Zone humide et forêts pluviales de montagne du Sri Lanka[21]. Localité type : Mousakanda (Gammaduwa), à 915 m d'altitude[22]. -

Phylogénie

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Son son caryotype compte 38 chromosomes (2n = 38)[21]. L'analyse phylogénétique de l'ADN nucléaire prélevé sur des échantillons de tissus de l'ensemble des espèces de Félidés a révélé que la radiation évolutive des Félidés a débuté en Asie au Miocène, il y a environ 14,45 à 8,38 millions d'années[27],[28]. L'analyse de l'ADN mitochondrial de toutes les espèces de Félidés indique une radiation survenue il y a environ 16,76 à 6,46 millions d'années[29].

L'ancêtre commun des espèces du genre Prionailurus aurait vécu entre 8,16 et 4,53 millions d'années[27] ou entre 8,76 et 0,73 millions d'années[29] avant notre ère. Le Chat rubigineux a probablement divergé génétiquement de cet ancêtre entre 6,54 et 3,42 millions d'années[27]. Les deux modèles s'accordent sur le fait que le Chat rubigineux a été le premier félin de cette lignée à diverger, suivi par le Chat à tête plate (P. planiceps) puis le Chat viverrin (P. viverrinus)[27],[29]. Le cladogramme suivant présente les relations phylogénétiques du Chat rubigineux établies d'après l'analyse de l'ADN nucléaire[27],[28] :

Felidae
Felinae


Chats-léopards (Prionailurus)




Chat-léopard du Bengale (P. bengalensis)



Chat viverrin (P. viverrinus)




Chat à tête plate (P. planiceps)




Chat rubigineux (P. rubiginosus)




Otocolobus

Manul (Otocolobus manul)





autres lignées




Pantherinae



Description

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Illustration d'un crâne de Chat rubigineux des bois[16].

Biométrie

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Le Chat rubigineux est la plus petite espèce de félin d'Asie et rivalise avec le Chat à pieds noirs (Felis nigripes) pour le titre de plus petit félin sauvage au monde[30],[21]. Le corps mesure entre 35 et 48 cm de long chez la sous-espèce indienne, chez les sous-espèce srilankaises, les mâles atteignant 39 à 48 cm et les femelles 38 à 41,6 cm[21]. La queue mesure de 15 à 30 cm, pour 19 à 25 cm chez les populations du Sri Lanka, soit environ la moitié de la longueur du corps[21]. La hauteur au garrot est d'environ 24 cm à 28 cm[21]. Le poids varie entre 1,5 et 1,6 kg, jusqu’à 1,8 kg chez les mâles, contre 1,1 et 1,5 kg, jusqu'à 1,6 kg chez les femelles, représentant environ le tiers du gabarit d'un chat domestique[21]. Le crâne mesure environ 7 cm de longueur pour une largeur bizygomatique de 5,1 à 5,2 cm chez le mâle et 4,8 cm chez la femelle[21]. La formule dentaire est typique des félins avec 30 dents au total[21].

Pelage et coloration

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Le pelage est court, doux, mais dense. La tête est ronde, pourvue de petites oreilles arrondies et de grands yeux cerclés de blanc[21]. La face présente deux barres sombres barrant chaque joue, tandis que quatre rayures sombres partent du dessus des yeux pour se prolonger en arrière sur le front jusqu'au cou[21]. Les lèvres, le menton et les parties inférieures sont blanches, parsemées de petites taches sombres ou de barres horizontales sur la poitrine et les pattes[21]. Les membres sont légèrement plus pâles que les flancs[21]. La queue, de la même teinte que le corps, présente de légères bandes ou anneaux d’une teinte rouille peu marqués[21].

Deux morphotypes de coloration existent au sein des populations : la forme rubigineuse : d’une teinte rousse/brune, ornée de taches brun clair ou couleur rouille, et la forme grise aux marques brunes sombre à noirâtres[21].

Espèces comparables

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Le Chat rubigineux vit en sympatrie avec le Chat-léopard du Bengale (Prionailurus bengalensis) sur une grande partie de son aire continentale ; il s'en distingue toutefois par sa stature nettement plus petite, ses taches moins nettes et contrastées et l'absence d'ocelles blanches au revers des oreilles[21]. En raison de sa petite taille et de ses vocalisations très proches, il peut également être facilement confondu avec un chaton domestique[21].

Aire de répartition et habitat

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Aire de répartition

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Le Chat rubigineux est une espèce indigène d'Asie du Sud, endémique du sous-continent indien, elle est présente en Inde, au Népal et au Sri Lanka[31]. Sa présence au Pakistan demeure quant à elle incertaine[21].

En Inde

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Longtemps considéré comme restreint aux États du Gujarat et du Kerala, au Sud et au Sud-Ouest de la péninsule indienne[32], les inventaires par pièges photographiques ont démontré qu'il occupe une part importante du sous-continent indien[33]. Il a été confirmé dans une grande diversité d'États indiens, notamment en Uttar Pradesh, au Tamil Nadu, au Rajasthan, en Uttarakhand, en Andhra Pradesh, au Gujarat, au Jammu-et-Cachemire, au Karnataka, au Kerala, au Madhya Pradesh, au Maharashtra et en Odisha, n'étant absent que de la région du Nord-Est[21]. Dans l'ouest du pays, il est présent dans l'est du Gujarat au sein du parc national de Gir[34],[35]. Dans le centre et le sud, il longe les Ghâts orientaux[36] et peuple la réserve de tigres de Nagarjunasagar-Srisailam[37]. Au Maharashtra, il est signalé dans les réserves de tigres de Tadoba-Andhari[38] et de Navegaon-Nagzira[39], la réserve forestière d'Amboli et le sanctuaire faunique de Tipeshwar[40]. En 2018, il est documenté pour la première fois dans la réserve de tigres Udanti-Sitanadi, confirmant son implantation au Chhattisgarh[41]. Vers le nord, son aire s'étend dans les plaines du Teraï indien au sein de la réserve de tigres de Pilibhit[42], dans la division forestière de Mirzapur en Uttar Pradesh[43], et jusqu'au parc national de Kalesar dans l'Haryana[44].

Au Népal

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Au Népal, l'espèce a été photographiée pour la première fois en mars 2012 dans le parc national de Bardia, puis en mars 2016 dans le parc national de Shuklaphanta, confirmant son statut d'espèce indigène des basses terres du Teraï népalais occidental[45],[46].

Au Sri Lanka

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Au Sri Lanka, le Chat rubigineux est largement distribué sur l'ensemble de l'île bien que sa répartition détaillée demeure mal définie[21]. L'espèce est scindée en deux populations distinctes, l'une occupant la zone sèche des plaines et l'autre la zone humide de montagne[15]. Sa présence est confirmée sur le terrain dans le parc national de Wilpattu, les hauts plateaux du centre de Sri Lanka, où elle subsiste dans de petits îlots forestiers isolés encerclés par des plantations de thé[21], ainsi que près du parc national de Gal Oya, de Dehigahaela et de Dunumadallawa[47]. En 2016, des pièges photographiques l'ont immortalisé pour la première fois dans le parc national des Horton Plains, entre 2084 et 2 162 mètres d'altitude[48].

Habitat

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Le Chat rubigineux présente une tolérance écologique remarquable mais reste tributaire d'un couvert végétal ou rocheux protecteur, n'étant jamais rencontré là où les massifs boisés font totalement défaut[21]. Il fréquente ainsi les forêts de feuillus sèches et humides, les savanes herbeuses, les fourrés épineux tropicaux, les formations rocheuses et les zones côtières arides[33],[21]. Il semble en revanche exclu des forêts de plaine sempervirentes ombrophiles ainsi que des forêts de montagnes ombrophiles denses où les pluies sont fréquentes[21].

L'espèce montre une prédilection marquée pour les milieux rocheux dans lesquels elle trouve refuge en cas de danger ou pour établir sa tanière, cela peuvent m’être des empilements de petits roches ou bien des anfractuosités dans les parois[33],[21].

Dans plusieurs régions comme l'ouest du Maharashtra, le petit félin s’accommode très bien de la promiscuité avec l’Homme, en colonisant les zones agricoles ainsi que les abords immédiats des villages où abondent les rongeurs commensaux des stocks des déchets humains, à la manière du Chat ganté au Moyen-Orient[49],[21]. Plusieurs cas de femelles mettant bas et élevant leurs petits directement sous les toitures d'habitations humaines y ont notamment été documentés[21].

Écologie et comportement

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Chat rubigineux dans son milieu naturel.
Chat rubigineux photographié dans les Monts Anaimalai.

En raison de sa petite taille et de ses mœurs discrètes, l'écologie et le comportement du Chat rubigineux dans la nature demeurent encore mal connus. L'espèce est présumée solitaire et territoriale, bien que la superficie exacte de son domaine vital ne soit pas documentée[21]. En captivité, les mâles comme les femelles marquent leur territoire en effectuant des aspersions d'urine[30]. L'animal présente un taux métabolique de base élevé qui se traduit par une grande vivacité[21].

C'est un félin essentiellement nocturne dont l'activité principale s'étend du coucher au lever du soleil, avec de brèves incursions diurnes[30],[48]. Dans l’État du Chhattisgarh, le pic d'activité moyen a été enregistré vers 1 h 35 du matin[41]. Durant la journée, il demeure le plus souvent tapi dans le creux d'un tronc d'arbre, sous d'épais taillis, dans des grottes ou parmi des failles rocheuses[21]. Les observations se font plus fréquentes durant la saison humide ou après de fortes pluies, notamment en bordure de pistes carrossables[21]. Quoique principalement terrestre dans ses déplacements, divaguent au sol, il fait preuve d'une agilité remarquable pour grimper aux arbres ou escalader des blocs rocheux lorsqu'il est menacé par des prédateurs tels que les chacals, les renards, les chiens errants ou des carnivores de plus grande taille[30],[21]. Ses vocalisations sont très proches de celles d'un chat domestique[21].

Alimentation

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Le Chat rubigineux chasse principalement à terre en réalisant des mouvements brusques et vifs pour capturer ses proies[30]. Son régime alimentaire se compose pour l'essentiel de petits mammifères, comme divers rongeurs, ainsi que d'oiseaux, complété opportunément par des lézards, des grenouilles et de gros insectes tels que des criquets[30],[21]. À l'occasion, il s'attaque aux volailles de basse-cour et aux poussins près des villages en bordure de la forêt[21].

Reproduction

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Chaton de Chat rubigineux au Parc des Félins, en France.

La reproduction est considérée comme asaisonnière, bien que des naissances soient régulièrement observées au printemps, notamment en avril[21]. L'œstrus de la femelle dure environ cinq jours[30]. Les accouplements sont exceptionnellement brefs, ce qui constitue vraisemblablement une adaptation visant à limiter la vulnérabilité des partenaires face aux prédateurs sympatriques plus grands[30].

La femelle aménage une tanière isolée dans un tronc creux, une anfractuosité rocheuse, une petite caverne forestière ou jusque sous la charpente des toits[30],[21]. Après une période de gestation de 65 à 71 jours, elle met bas une portée comptant de un à trois chatons[21]. À la naissance, les petits ne pèsent que 60 à 77 g et portent des rangées de petites taches noires[30]. Le sevrage intervient aux alentours de l'âge de 40 jours[21]. Les jeunes atteignent leur maturité sexuelle vers 12 mois, soit environ 68 semaines, moment où leur pelage acquiert les motifs roux caractéristiques de l'adulte[30],[21].

L'espérance de vie dans la nature reste inconnue, mais des individus ont atteint l'âge de 12 à 18 ans en captivité[30],[21].

Conservation

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Chat rubigineux au zoo de Berlin, en 2008.

Menaces

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La perte, la dégradation et la fragmentation de l'habitat consécutives à l'expansion des terres agricoles et à la déforestation représentent les menaces les plus sérieuses pesant sur l'espèce, tant en Inde qu'au Sri Lanka[33],[21]. La majeure partie de son aire de répartition continentale se situe en dehors du réseau des aires protégées, notamment dans les forêts décidues du centre de l'Inde soumises à de fortes perturbations humaines[21]. Bien que le félin tolère les zones agricoles au abords des villages, la viabilité et la capacité de maintien de ces populations à long terme dans ces paysages anthropisés demeurent incertaines[33].

La raréfaction des proies due au braconnage et à la chasse excessive affecte également ses effectifs[21]. Dans certaines régions, le Chat rubigineux fait lui-même l'objet d'une chasse opportuniste pour sa chair, comme dans l'État du Chhattisgarh, où des prises accidentelles dans des pièges destinés à d'autres gibiers sont consommées[41],[30], ou est éliminé en représailles comme prédateur de basse-cour lorsqu'il s'attaque aux volailles[30]. Des peaux ont également été signalées occasionnellement sur des marchés illégaux[33].

L'espèce est par ailleurs confrontée à un risque d'hybridation avec les chats harets[50]. Si le Chat rubigineux est rarement aperçu des naturalistes en Inde continentale en comparaison avec le Chaus (Felis chaus), le Chat-léopard du Bengale (Prionailurus bengalensis) ou le Chat viverrin (Prionailurus viverrinus)[41], il semble relativement plus fréquemment observé au Sri Lanka que les deux autres félidés sauvages de l'île[51].

Statut de protection

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À l'échelle internationale, le Chat rubigineux est classé comme « espèce quasi-menacée » (NT) sur la Liste rouge de l'UICN[7], bien que la population srilankaise soit considérée localement comme en danger d'extinction (EN)[21]. Longtemps classée comme « vulnérable » (VU), l'espèce a vu son statut réévalué non en raison d'une amélioration réelle de ses effectifs, mais grâce aux inventaires scientifiques récents qui ont révélé une répartition géographique plus étendue qu'on ne le supposait auparavant[24].

Sur le plan légal, l'espèce est totalement protégée sur la quasi-totalité de son aire naturelle, sa chasse et son commerce étant formellement interdits en Inde comme au Sri Lanka [7][21]. En Inde, elle figure à l'Annexe I du Wildlife Protection Act de 1972[40].

Dans le cadre de la CITES, la population de la péninsule indienne est inscrite à l'Annexe I, tandis que les populations du Sri Lanka et du Népal sont répertoriées à l'Annexe II[21] [8].

Élevage conservatoire

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L'espèce fait l'objet d'un studbook européen (ESB) ainsi que d'un registre généalogique international. En 2010, la population captive de la sous-espèce srilankaise P. r. phillipsi comptait 56 individus répartis dans huit institutions zoologiques, dont 11 spécimens hébergés au zoo de Dehiwala (Colombo) au Sri Lanka et 45 répartis dans sept parcs zoologiques européens[52].

Notes et références

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  1. ↑ Orthographe subséquente incorrecte de Pionailurus rubiginosus koladivius Deraniyagala, 1956.

Références

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Bibliographie

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Description originale

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  • Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et Charles Bélanger, Voyage aux Indes-Orientales [...], t. Zoologie, Paris, Arthus Bertrand, (lire en ligne), « Le Chat à taches de rouille (Felis rubiginosa) », p. 140-144
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Autres documents

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  • Sous la direction de Rémy Marion, Larousse des félins, Larousse, , 224 p. (ISBN 2-03-560453-2, OCLC 420596691)
  • Peter et Adrienne Farrel Jackson, Les félins : toutes les espèces du monde, Paris, Delachaux et Niestlé, coll. « La bibliothèque du naturaliste », , 272 p. (ISBN 2-603-01019-0)
  • (en) Andrew M. Kittle et Anjali C. Watson, « Small wildcats of Sri Lanka - some recent records », Cat News, no 68,‎ , p. 9-12 (ISSN 1027-2992). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Voir aussi

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Articles connexes

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Liens externes

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