Chenillette Carden-Loyd

Les chenillettes Carden-Loyd sont une série de chenillettes britanniques de l'entre-deux-guerres, dont le modèle le plus concluant a été la chenillette Mark VI, seule version construite en un nombre significatif. Cette série est devenue un classique pour la conception des chenillettes partout dans le monde, elle a été construite sous licence par plusieurs pays et a servi de base à plusieurs modèles de chenillettes et de chars dans différents pays. Il ne s'agissait d'ailleurs pas vraiment d'un char, mais plutôt d'une automitrailleuse chenillée.

Chenillette Carden-Loyd
Image illustrative de l’article Chenillette Carden-Loyd
Chenillette Carden-Loyd de la British Army tractant un obusier de 3,7 pouces
Unités produites 450
Caractéristiques générales
Équipage 2
Longueur 2,46 m
Largeur 1,75 m
Hauteur 1,22 m
Masse au combat 1,5 tonne
Blindage (épaisseur/inclinaison)
Blindage 6-9 mm
Armement
Armement principal Une mitrailleuse Vickers calibre .303 British
Mobilité
Moteur Un moteur de Ford T à essence, 4 cylindres
Puissance 40 ch
Suspension à boggies
Vitesse sur route 40 km/h sur route
Puissance massique 26,67 ch/tonne
Autonomie 144 km

Développement

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La chenillette Carden-Loyd provient d'une idée, germée dans l'esprit de Giffard LeQuesne Martel (en), ingénieur militaire britannique et major spécialiste de l'utilisation de l'arme blindée, qu'il développe, tout d'abord, à titre privé. Il fabrique un char pour une seule personne dans son garage, à partir d'éléments disparates, et le montre au War Office au milieu des années 1920. Une fois son idée rendue publique, d'autres firmes produiront leur propre interprétation de l'idée. Parmi celles-là, la Carden-Loyd Tractors Ltd, de Sir John Carden (6e baron) et Vivian Loyd (en), propose la sienne. Parmi des prototypes monoplaces, ils proposent un modèle biplace, qui va se révéler être plus efficace et plus populaire. Vickers-Armstrong se chargera de produire et de commercialiser ce modèle de par le monde.

Considéré comme véhicule de reconnaissance et comme batterie de mitrailleuse mobile, la Mark VI constitue l'évolution ultime de la série des chenillettes Carden-Loyd.

Production

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Une henillette Carden-Loyd Mark 4.

La production débute en 1927 et durera jusqu'en 1935. Entre 1933 et 1935, les véhicules sont assemblés aux Royal Ordnance Factories. Au total, quelque 450 unités ont été fabriquées. La British Army utilisa au moins 325 chenillettes Mark VI (d'autres sources parlent de 348), dont différentes variantes, la plupart comme automitrailleuses, mais aussi comme tracteur d'artillerie léger, mortier mobile ou véhicule lance-fumigènes.

En 1929, la Pologne a acheté 10 ou 11 chenillettes Mark VI avec leur licence, et les utilisera pour développer sa propre série de chenillettes, les TK, qui débouche sur la chenillette polonaise TKS.

La même année, l'Italie fait l'acquisition de quatre exemplaires de la chenillette Mark VI, et en fabrique quelques[Combien ?] unités sous licence désignées CV-29. Le groupement Ansaldo-FIAT a développé son propre modèle Ansaldo-FIAT L3.

La Tchécoslovaquie en acquiert trois en 1930 sous licence et en améliore, par la suite, la conception. 74 exemplaires de la chenillette Tančik vz. 33 (en) ont été fabriqués dans les usines ČKD de Prague  le modèle originel britannique ayant été jugé inapte à remplir des missions dans un conflit moderne.

L'Union soviétique a acheté 20 chenillettes Mark VI (dénommées K-25 en Russie), également sous licence. Toutefois, le projet retenu construit sur cette base avait été modernisé de manière significative, et la licence devint caduque. À la place, les usines bolcheviques de Leningrad ont commencé à produire la chenillette T-27, version modernisée et agrandie du concept britannique. 3 228 de ces T-27 ont été produites entre 1931 et 1933.

L'empire du Japon a également fait l'acquisition de six Mark VIb pour produire sa propre chenillette Type 94 Te-Ke.

Un certain nombre de chenillettes Carden-Loyd a été acheté par la Belgique et converties en ce que les Belges appelaient les automitrailleuses T-15 et les chasseurs de chars T-13. Ces blindés ont connu le feu lors de l'invasion de la Belgique par l'armée nazie en 1940 et le canon antichar de calibre 47 mm des T13 fut une arme efficace.

En France, AMG-Brandt a importé deux chenillettes Carden-Loyd, présentées en 1930 en deux configurations : l'une emportant une mitrailleuse et l'autre, avec remorque, pour le transport du mortier Brandt modèle 1927. Les essais ont été satisfaisants. Pour répondre au programme de demandant un véhicule de ravitaillement d'infanterie tous terrains blindé, la firme Latil importe une chenillette Carden-Loyd en 1931 et en fabrique cinq sous licence. Finalement, la chenillette Renault UE, calquée sur la Carden-Loyd mais sans licence, est sélectionnée[1],[2]. Renault en fabriquera plus de 5 000.

Des chenillettes Carden-Loyd ont également été livrées en petit nombre au Canada, à l'Inde, aux Pays-Bas (cinq), au Siam et à la Suisse (six). Les cinq chenillettes néerlandaises ont été engagées contre les troupes parachutistes allemandes lors de l'invasion en . La Bolivie disposait de deux chenillettes Mark VIb qu'elle a utilisé lors de la guerre du Chaco. Enfin, la conception du Panzer I allemand a largement été influencée par la chenillette britannique, les armées allemande et soviétique entretenaient, avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir, d'excellentes relations comprenant des échanges de matériels militaires et d'importantes coopérations industrielles.

Défauts majeurs de la chenillette

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Les plus importantes critiques ont concerné la suspension. En raison de leur conception, un trajet de 10 à 20 minutes à travers la campagne provoquait de profonds maux de tête et les plus longs trajets entraînaient souvent le mal des transports et une grande fatigue. Sur la version polonaise TK, comme sur les modèles dérivés, la suspension a été considérablement améliorée. Vivian Loyd a lui même reconnu que les modèles dérivés de sa version originale disposaient de suspensions bien meilleures[3].

Utilisateurs

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Notes et références

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  1. Pierre Touzin, Les véhicules blindés français, 1900-1944, E.P.A., (ISBN 2851200941), p. 193
  2. François Vauvillier, « Chenillettes de ravitaillement d'infanterie 1930 », Histoire de guerre, blindés et matériel, no 100 « Tous les blindés de l'Armée française 1914-1940 », , p. 98
  3. Jońca, Adam et al. (1990). Wrzesień 1939. Pojazdy wojska polskiego. Barwa i broń: WKiŁ, p. 68. (ISBN 83-206-0847-3)

Annexes

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Articles connexes

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Liens externes

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