Cheval de Megève
Le cheval de Megève est un type de chevaux carrossiers propre à la région de Megève, en Haute-Savoie. Sélectionné à partir des années 1990 par croisements entre le Comtois et le Franches-Montagnes, il résulte d'une volonté de reconstituer la souche comtoise plus légère qui existait par le passé, la petite comtoise. Reconnu au niveau régional en Auvergne-Rhône-Alpes en 2024, il n'est pas officiellement reconnu comme une race sur le territoire français.
Chevaux sur la place de l'église de Megève : l'alezan au premier plan correspond à un cheval de Megève. | |
| Région d’origine | |
|---|---|
| Région | Megève, |
| Caractéristiques | |
| Morphologie | Cheval carrossier |
| Taille | 1,55 m environ |
| Poids | 600 kg environ |
| Robe | Généralement bai ou alezan |
| Caractère | Calme et docile |
| Autre | |
| Utilisation | Attelage et selle |
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|
C'est un cheval de modèle rond à la croupe puissante, pesant environ 600 kg, de robe baie ou alezane. Il est surtout utilisé pour tracter les attelages menant aux stations de sports d'hiver de Megève. Le principal élevage, le cheval de Feug à Demi-Quartier, en fait naître dix à quinze par an durant les années 2020.
Histoire
modifierEn patois local, « cheval » se dit stevo[1].
Origines : la petite comtoise
modifierIl existait au début du XXe siècle un concours de chevaux sur l'esplanade de la ville de Megève, où les acheteurs pouvaient acquérir un « poulain de Megève »[2]. Ces chevaux étaient utilisés pour les travaux de ferme et le transport du bois[3], puis avec le développement touristique de la ville de Megève après les années 1910, ont commencé à servir l'hiver pour transporter les touristes en traîneau ou en calèche[4],[5]. Cette race locale était aussi surnommée « petite comtoise »[3],[2] et, sélectionnée à partir d'étalons élevés en Franche-Comté sur leur caractère[6], provenait de la même souche que le Comtois et le Franches-Montagnes[3]. La sélection de la race comtoise pour la viande à partir des années 1970 a entraîné la perte de la petite comtoise[7],[8]. Dès lors, pour répondre à la demande de leur activité, les cochers de traîneaux et calèches doivent souvent importer des chevaux depuis l'Europe de l'Est[7].
Depuis 1995 : sélection du cheval de Megève
modifierUne collaboration entre services communaux, Haras nationaux et chambre d'agriculture locale permet la sélection du cheval de Megève[9],[10] vers 1995[11], année où un premier étalon Franches-Montagnes est importé depuis la Suisse[12]. Une association se constitue en avril 1997 pour promouvoir la sélection de ces chevaux de traction hippomobile[10]. Pour répondre à la demande des stations de sports d'hiver, les éleveurs mégevans reconstituent le type qui existait par le passé[13],[11],[14]. C'est notamment Philippe Chatelard (ou Châtellard[15], président de l'association du Cheval de Megève) qui a l'idée d'alléger la souche comtoise locale avec des étalons Franches-Montagnes, alors qu'il n'y a plus qu'un étalon Comtois de type léger pour assurer la reproduction[16],[7]. Il possédait lui-même des petites comtoises[15]. Le type reconstitué provient donc d'un croisement entre des juments comtoises et des étalons Franches-Montagnes[11],[10],[7]. La Grande Récession de 2008 en fait stagner l'élevage[11]. Cependant, en 2011, d'après Cheval Magazine, le cheval de Megève figure parmi trois types de chevaux français en attente de reconnaissance[17]. Lors de son assemblée générale de 2018, le Syndicat hippique et mulassier du Haut-Faucigny débat longuement de sa volonté de faire reconnaître officiellement cette race locale, qui existe dans les faits mais sans être reconnue en France[18].
Une nouvelle association, l'association du cheval de Megève et du mulet des Alpes, est créée en 2024 dans le but de faire officiellement reconnaître ces deux races animales[15]. Le cheval de Megève est finalement reconnu officiellement cette même année sur le territoire régional, grâce au plan régional filière équine 2023-2027 de la région Auvergne-Rhône-Alpes, au soutien de l'Association régionale des éleveurs de chevaux (Asecra) et à celui de l'Institut français du cheval et de l'équitation (IFCE)[19], sans l'être sur le territoire national. La reconnaissance nationale est en cours en 2025. Un poulain mégevan, Pissenlit de Feug, est notamment vendu aux enchères lors du 14e Jumping international de Megève[20].
Description
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Il présente le modèle du cheval à deux fins[8] et du trait léger[11]. Il mesure d'1,55 à 1,60 m, pour un poids d'environ 600 kg[9],[18],[11],[10].
Du fait que la race n'est pas reconnue, elle n'a aucun standard officiel[18],[10]. Ce cheval est néanmoins assez « rond »[10]. Le poitrail est large, et la croupe puissante[11]. Les membres sont forts[11].
La robe est généralement baie, plus rarement alezane[11]. Le syndicat hippique du Haut-Faucigny annonce vouloir privilégier la robe baie[21]. Des marques blanches sont possibles[11]. Le tempérament est très facile et calme, du fait de l'influence des deux races parentes[11],[10]. C'est aussi un cheval rustique[11], adapté au froid, aux pentes et aux terrains escarpés de la montagne[5].
Utilisations
modifierC'est un cheval de montagne polyvalent[3]. Cette race est utilisée aussi bien sous la selle qu'en attelage[13]. Elle est apte au travail forestier, à la randonnée et aux diverses activités d'attelage[9]. La grande majorité des usages concerne cependant la traction des calèches de Megève, qui font partie du patrimoine local[22]. Ainsi, l'une des particularités du cheval de Megève est que la plupart des individus travaillent en ville[13].
Diffusion de l'élevage
modifierLa race est propre à la Haute-Savoie[11], et plus particulièrement aux alentours du village de Megève[3]. En 2016[11] comme en 2018[18], le cheptel total est d'environ 150 chevaux. Le guide Delachaux cite une cinquantaine d'éleveurs en 2013[11]. L'éleveur François Duvillard du cheval de Feug, localisé à Demi-Quartier, élève 25 chevaux de cette race dans sa ferme en 2013[13], avec une dizaine à une quinzaine de naissances par an en 2024[23].
| Année | Effectif total | Naissances / an | Nombre d'élevages[Note 1] |
|---|---|---|---|
| 2013 | ~ 50[11] | ||
| 2016 | ~ 150[11] | ||
| 2018 | ~ 150[18] | ||
| 2023 | ~25[24] |
Un concours de poulains est organisé chaque année en août sur l'esplanade du palais des sports de Megève[10] ; il récompense des poulains de Megève, mais aussi les races Comtoise et Franches-Montagnes[25].
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Toute personne détenant au moins une jument mise à la reproduction est comptée comme gérant un élevage.
Références
modifier- ↑ Christine Guyot-Clément, Le Patois de Megève • Le Patwé de Mezdive, Editions des Régionalismes, (ISBN 978-2-8240-5558-9, lire en ligne).
- 1 2 Pasquet 2023, 00:40 à 00:55.
- 1 2 3 4 5 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 97.
- ↑ [vidéo] « Le cheval, une tradition ancestrale à Megève »
, PaysMontBlanc, , 3:38 min (consulté le ). - 1 2 [vidéo] « Tradition : Megève, un hiver dans la cité du cheval »
, Météo à la carte - France Télévisions, , 8:4 min (consulté le ). - ↑ Pasquet 2023, 1:20 à 1:40.
- 1 2 3 4 Alexandra Deruaz, « Les Franches-Montagnes apportent du sang neuf au cheval franc-comtois », Le Temps, (ISSN 1423-3967, lire en ligne
, consulté le ). - 1 2 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 97-98.
- 1 2 3 « Gazette 5, Les Inclassables »
[html], Hippotese, le cheval de travail, (consulté le ). - 1 2 3 4 5 6 7 8 Bataille et Tsaag Valren 2017, p. 98.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Rousseau 2016, p. 183.
- ↑ Pasquet 2023, 8:40 à 9:00.
- 1 2 3 4 Céline Aubert, « Le cheval de Megève, retour d'une race locale (Haute-Savoie) »
[html], sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le ). - ↑ Pasquet 2023, 10:30 à 11:10.
- 1 2 3 Évelyne Perinet-Marquet, « Megève. « L’enjeu est de faire revivre un patrimoine » : un nouveau départ pour le cheval de Megève et le mulet des Alpes »
[html], sur ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le ). - ↑ Pasquet 2023, 8:20 à 8:25.
- ↑ Fugain 2011, p. 46.
- 1 2 3 4 5 « HAUTE SAVOIE. Le cheval de Megève reconnu ? »
, sur ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le ). - ↑ « Megève. Le cheval de Megève et le mulet des Alpes enfin reconnus »
[html], sur ledauphine.com, Le Dauphiné libéré, (consulté le ). - ↑ « Haute-Savoie. Un poulain mégevan star du jumping et vendu aux enchères »
[html], sur ledauphine.com, Le Dauphiné Libéré, (consulté le ). - ↑ Pasquet 2023, 14:00 à 14:30.
- ↑ Pasquet 2023, 11:20 à 11:50.
- ↑ [vidéo] « Près de Megève, le "Cheval de Feug" veut perpétuer la race équine locale »
, , Orange (consulté le ). - ↑ Pasquet 2023, 6:40 à 6:54.
- ↑ « Le public au rendez-vous du concours des poulains »
[html], sur ledauphine.com, (consulté le ).
Articles connexes
modifierBibliographie
modifier
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- [Bataille et Tsaag Valren 2017] Lætitia Bataille et Amélie Tsaag Valren, Races équines de France, Paris, Éditions France Agricole, , 2e éd. (1re éd. 2008), 304 p. (ISBN 2-85557-481-1, OCLC 971243118, BNF 45194192), « Cheval de Megève ».
. - [Fugain 2011] Clémence Fugain, « Trois races en quête de reconnaissance », Cheval Magazine, no 477, , p. 46-47.

- [Pasquet 2023] [vidéo] « Le cheval de Megève, le fruit d'une longue tradition d'élevage »
, Divagri, , 15:45 min (consulté le ). 
- [Rousseau 2016] Élise Rousseau (ill. Yann Le Bris), Guide des chevaux d'Europe, Delachaux et Niestlé, (ISBN 978-2-603-02437-9), « Cheval de Megève », p. 183.
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