Chevron (typographie)

symbole typographique

Le chevron est un signe de ponctuation également appelé crochet oblique et, par le passé, anti-lambda (lettre capitale lambda, Λ, tournée d'un quart de tour à gauche ou à droite). Les chevrons sont à l'origine des guillemets dits « français ».

Chevrons
< > ‹ › ⟨ ⟩
Graphies
Graphie < > ‹ › ⟨ ⟩
Capitale
Bas de casse
Codage
Noms Signe inférieur à
Signe supérieur à
guillemet simple vers la gauche
guillemet simple vers la droite
chevron mathématique gauche
chevron mathématique droit
Unicode U+003C
U+003E
U+2039
U+203A
U+27E8
U+27E9
Bloc Commandes C0 et latin de base, Ponctuation générale, Divers symboles mathématiques - A

Usage philologique

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En philologie, pour l'édition scientifique d'un texte, le chevron marque généralement les mots ou groupes de mots ajoutés dans le texte par conjecture. Les lacunes peuvent également être indiquées par un groupe de trois astérisques entourées par des chevrons (<***>). On attribue traditionnellement l'emploi du chevron au grammairien grec Aristarque de Samothrace (IIe siècle av. J.-C.), qui l'utilise pour indiquer une note critique.

Usage mathématique

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En mathématiques, c'est un symbole qui représente l'inégalité :

  • < est (strictement) inférieur à
  • > est (strictement) supérieur à

Exemple :

  • 100 < 120 : 100 est (strictement) inférieur à 120
  • 120 > 100 : 120 est (strictement) supérieur à 100

Les deux chevrons ⟨ ⟩ sont utilisés pour noter le produit scalaire, ou pour annoncer une présentation d'un groupe finiment engendré.

Exemple :

  • ⟨u|v⟩ est le produit scalaire des vecteurs u et v
  • pour le groupe des nombres entiers ℤ muni de l'addition, ⟨{2}⟩ est le sous-groupe engendré par {2} c'est-à-dire le sous-groupe des entiers pairs 2ℤ

Ordre croissant ou décroissant

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Les chevrons peuvent aussi représenter :
  • < ordre croissant
  • > ordre décroissant

Exemple :

  • les références entre 100 < 120 seront pour les robes
  • les références entre 99 > 50 seront pour les pantalons

Usage informatique

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En informatique, une paire de chevrons désigne généralement un élément exploitable par la machine.

XML et HTML

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En SGML, en XML et en HTML, ces éléments exploitables par la machine sont des balises. Normalement, une paire de balises entourent un contenu pour le donner une signification spécifique ; parfois, particulièrement dans le cas de la HTML, la signification donnée peut provoquer un formatage correspondant.

Ainsi, on utilise généralement : <nomdelabalise>CONTENU</nomdelabalise>.

Si la fonction comporte un paramètre, on utilise :

  • <nomdelabalise nomduparamètre="valeurduparamètre">CONTENU</nomdelabalise>.

S'il n'y a pas de contenu, la balise peut être fermée en même temps que son ouverture :

  • <nomdelabalise /> ou <nomdelabalise/>. Exemple : <nowiki/>.

C, C++ et JavaScript

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En C et C++, ces éléments exploitables par la machine sont des en-têtes globaux (la situation desquels n'est généralement pas connue pour le programmeur). Les chevrons permettent de spécifier un fichier d'en-tête global pour l'inclusion dans les lignes de préprocesseur. Par exemple : #include <stdlib.h> pour la librairie standard.

Les paramètres des templates du langage C++ sont aussi indiqués entre chevrons.

En C et ses dérivés, les doubles-chevrons sont aussi utilisés pour les décalages binaires. Par exemple, x << 2 correspond au résultat du décalage de deux bits de x vers la gauche et >> pour un décalage vers la droite. En JavaScript, il existe aussi le décalage vers la droite à trois chevrons (>>>) permettant de propager le signe (en raison de l'existence du bit de signe).

Courrier électronique

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Pour le courriel, ces éléments exploitables par la machine sont des adresses électroniques et des codes d'identification de message (ces derniers appartiennent à l'en-tête du courriel ; ils ne sont pas normalement visibles pour l'utilisateur).

On utilise aussi le chevron fermant dans un courrier électronique qui répond à un autre, pour faire la distinction entre le texte que l'on cite et le texte de la réponse.

Usage linguistique

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En linguistique ou plus spécialement en graphématique, les chevrons <> ou ‹ › ou ⟨ ⟩ sont conventionnellement utilisés pour indiquer les graphèmes ou les transcriptions graphiques[1],[2].

Lettre modificative

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Pointe de flèche vers la gauche, point de flèche vers la droite
◌˂ ◌˃
Graphies
Graphie ◌˂
◌˃
Capitale
Bas de casse
Codage
Unicode U+02C2, U+02C3

Les chevrons en exposant sont utilisés comme signes diacritiques dans certaines transcriptions phonétiques.

En 1948, dans sa propre transcription phonétique, Dean Pittman utilise la lettre modificative pointe de flèche vers la droite pour noter les clics ‹ p˃ t˃ ṭ˃ t̤˃ ʟ˃ ›[3] et les voyelles plus postérieures, par exemple l’anglais ‹ ta˃p ›, et la lettre modificative point de flèche vers la gauche pour noter les voyelles plus antérieures, par exemple le français ‹ ba˂ ›[4].

La lettre modificative pointe de flèche vers la gauche ‹ ◌˂ › a été proposée dans l’alphabet phonétique international pour indiquer qu’une consonne sourde est injective en 1990[5] mais n’a pas été adoptée, le symbole de la consonne voisée avec le symbole de dévoisement étant plutôt utilisé[6]. Le symbole avait précédemment été utilisé par Sandra Pinkerton en 1979[7] et 1986[8], et par James F. Fordyce[9] pour transcrire les consonnes implosives /p˂/, /t˂/, /q˂/ de langues maya quiché-mam (k'ekchi, pocomchi, cakchiquel, quiche, tzutujil). Il a aussi été utilisé par Ian Maddieson (en) dans Pattern of sounds, publié en 1984, pour transcrire les consonnes implosives /p˂/ et /t˂/ de l’igbo, le /ɢ˂/ de l’ik[10].

Signe diacritique

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Pointe de flèche vers la gauche, Pointe de flèche vers la droite
◌᷾ ◌͔ ◌͐ ◌͕
Graphies
Graphie ◌᷾
◌͔
◌͐
◌͕
Capitale
Bas de casse
Codage
Unicode U+1DFE, U+0354, U+0350, U+0355

Les chevrons sont utilisés comme signes diacritiques suscrits ou souscrit à des lettres dans certaines transcriptions phonétiques.

Le signe diacritique pointe de flèche vers la gauche souscrite ‹ ◌͔ › est proposé lors de la conférence de transcription phonétique de 1925 comme symbole pour indiquer la prononciation plus fermée d’une voyelle au lieu du point souscrit utilisé dans l’alphabet de Lepsius, l’alphabet phonétique international de l’époque, ou d’autres transcriptions phonétiques[11].

Les signes diacritiques pointe de flèche vers la gauche souscrite ‹ ◌͔ › et pointe de flèche vers la droite souscrite ‹ ◌͕ › sont utilisés dans certaines variantes de l’alphabet phonétique ouralien pour noter une prononciation plus reculée, par exemple ‹ k͔ l͔ e͔ › ou plus avancée ‹ k͕ s͕ e͕ ›[12],[13]. Dans la transcription de dialecte de l’estonien, Pertti Virtaranta utilise la pointe de flèche vers la gauche suscrite ‹ ◌᷾ › pour noter le troisième niveau de graduation de voyelles[14].

La pointe de flèche vers la gauche souscrite et la pointe de flèche vers la droite sont utilisées par Ian Maddieson (en) dans Pattern of sounds, publié en 1984, pour transcrire les consonnes dentales /t͔/ et /d͔/ distinctes des consonnes alvéalaires /t͕/ et /d͕/ dans la transcription du wapo, du nez percé ou du pomo[10]. Celles-ci sont aujourd’hui transcrites avec le pontet souscrit /t̪/, /d̪/ pour les dentales et le signe égal souscrit /t͇/, /d͇/ pour les alvéolaires ou simplement /t/, /d/ dans l’alphabet phonétique international.

Glyphe Unicode Description Unicode Catégorie(s)
Unicode
Entité HTML nommée

Oo<Oo

U+003C signe inférieur à symbole, mathématique &lt;

Oo‹Oo

U+2039 guillemet simple vers la gauche ponctuation, guillemet initial &lsaquo;

Oo〈Oo

U+2329 chevron vers la gauche[note 1] ponctuation, début

Oo⟨Oo

U+27E8 chevron mathématique gauche ponctuation, début

Oo〈Oo

U+3008 chevron gauche[note 2] ponctuation, début

Oo>Oo

U+003E signe supérieur à symbole, mathématique &gt;

Oo›Oo

U+203A guillemet simple vers la droite ponctuation, guillemet final &rsaquo;

Oo〉Oo

U+232A chevron vers la droite[note 1] ponctuation, fin

Oo⟩Oo

U+27E9 chevron mathématique droit ponctuation, fin

Oo〉Oo

U+3009 chevron droit[note 2] ponctuation, fin

Notes et références

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  1. 1 2 U+2329 et U+232A sont désuets, car respectivement normalisés en U+3008 et U+3009, caractères CJC à pleine chasse (dans les usages chinois et japonais, mais pas dans l’usage coréen).
  2. 1 2 caractères CJC à pleine chasse (dans les usages chinois et japonais, mais pas dans l’usage coréen).

Références

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  1. ↑ André Thibault, Phonologie, master LFA, semaine 1 [PDF], 2012.
  2. ↑ Orthographe et prononciation (Graphématique), La Clé des langues, ENS/DGESCO, 9 juillet 2012.
  3. ↑ Pittman 1948, p. 28-29.
  4. ↑ Pittman 1948, p. 55.
  5. ↑ IPA 1990, p. 22.
  6. ↑ IPA 1993, p. 32.
  7. ↑ Pinkerton 1979.
  8. ↑ Pinkerton 1986, p. 126.
  9. ↑ Fordyce 1980.
  10. 1 2 Maddieson 1984, 7.5 Implosives and voiced laryngealized plosives, p. 111-115.
  11. ↑ Jespersen et Pedersen 1926, p. 30.
  12. ↑ Setälä 1901, p. 40.
  13. ↑ Sovijärvi et Peltola 1953, p. 5.
  14. ↑ Lehtiranta et al. 2005, p. 4.

Bibliographie

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Linguistique

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  • (en) James F. Fordyce, « On the Nature of Glottalic and Laryngealized Consonant and Vowel Systems », UCLA Working Papers in Phonetics, vol. 50,‎ , p. 120-154 (lire en ligne)
  • [IPA 1990] (en) International Phonetic Association, « Further report on the 1989 Kiel Convention », Journal of the International Phonetic Association, vol. 20, no 2,‎ , p. 22-24 (DOI 10.1017/S0025100300004205)
  • [IPA 1993] (en) International Phonetic Association, « Council actions on revisions of the IPA », Journal of the International Phonetic Association, vol. 23, no 1,‎ , p. 32-34 (DOI 10.1017/S002510030000476X)
  • [IPA 1999] (en) International Phonetic Association, Handbook of the International Phonetics Association : A Guide to the Use of the International Phonetic Alphabet, Cambridge, Cambridge University Press, , 204 p. (ISBN 0-521-63751-1, lire en ligne)
  • (en) Otto Jespersen et Holger Pedersen, Phonetic transcription and transliteration : Proposals of the Copenhagen Conference, April 1925, Oxford, Clarendon Press, (lire en ligne)
  • (en) Juhani Lehtiranta, Klaas Ruppel, Toni Suutari et Trond Trosterud, Report on progress in implementing the Uralic Phonetic Alphabet with indication of the need for additional characters and symbols (no L2/05-189 N2958), (lire en ligne)
  • (en) Ian Maddieson, Patterns of sounds, Cambridge University Press, (lire en ligne), p. 111-115
  • (en) Sandra Pinkerton, Quichean (Mayan) glottalized and nonglottalized stops: a phonetic study with implications for phonological universals, University of California, Berkeley,
  • (en) Sandra Pinkerton, « Quichean (Mayan) glottalized and nonglottalized stops: a phonetic study with implications for phonological universals », dans 9th International Congress of Phonetic Sciences, Copenhagen, 1979, (lire en ligne)
  • (en) Sandra Pinkerton, « Quichean (Mayan) glottalized and nonglottalized stops: a phonetic study with implications for phonological universals », dans Experimental Phonology, (lire en ligne), p. 125-139
  • (en) Dean Pittman, Practical linguistics, Cleveland, Mid-Missions, (lire en ligne), p. 28
  • (de) Eemil Nestor Setälä, « Über die Transskription der finnisch-ugrischen Sprachen », Finnisch-ugrische Forschungen, vol. 1,‎ , p. 15-52 (Archive.org, digi.kansalliskirjasto.fi)
  • (fi) Antti Sovijärvi et Reino Peltola, Suomalais-ugrilainen tarkekirjoitus, Helsinki, coll. « Helsingin Yliopiston Fonetiikan Laitoksen Julkuaisua / Publicationes Instituti Phonetici Universitatis Helsingiensis » (no 9), (1re éd. 1953) (ISSN 0357-5217, lire en ligne)