Christa Pike

prisonnière américaine condamnée à mort dans le Tennessee

Christa Gail Pike, née le à Beckley, en Virginie-Occidentale, est une détenue américaine condamnée à mort par l'État du Tennessee pour le meurtre de sa camarade Colleen Slemmer, commis en alors qu'elle était âgée de 18 ans. Condamnée en 1996, elle est, pendant la majeure partie des trois décennies suivantes, la seule femme présente dans le couloir de la mort du Tennessee. Fait rare, une tentative d’exécution menée le échoue après l’administration de deux doses du produit létal.

Christa Gail Pike
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Biographie
Naissance
Nationalité
Américaine
Activité
Autres informations
Condamnée pour
Condamnation
Meurtre au premier degré, complot en vue de commettre un meurtre, tentative de meurtre au premier degré
Lieu de détention
Debra K. Johnson Rehabilitation Center (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Les faits

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Le 11 janvier 1995, Christa Pike, alors âgée de 18 ans, attire avec son petit ami de l'époque, Tadaryl Shipp (17 ans), et un troisième complice, leur camarade Colleen Slemmer, âgée de 19 ans, dans un secteur boisé proche du campus agricole de l'université du Tennessee, à Knoxville[1]. Les trois jeunes gens fréquentent le même centre de formation professionnelle Job Corps[2]. Slemmer est battue puis poignardée à mort[1].

L'enquête établit qu'un pentagramme a été gravé sur la poitrine de la victime, ce qui conduit les enquêteurs à évoquer une possible dimension occulte de l'affaire[2]. Pike se serait par ailleurs vantée, auprès d'une autre élève du centre, d'avoir conservé un fragment du crâne de la victime comme « souvenir »[2],[3]. Selon l'accusation, le mobile du crime était la jalousie, Pike croyant que Slemmer cherchait à lui prendre son petit ami[3].

Procès et condamnation

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Christa Pike est reconnue coupable de meurtre au premier degré, de complot en vue de commettre un meurtre et de tentative de meurtre au premier degré, et condamnée à mort le [4]. Elle devient alors l'une des plus jeunes femmes condamnées à la peine capitale aux États-Unis depuis le rétablissement de celle-ci en 1976[4]. Lors du prononcé de sa peine, encore marquée par son jeune âge, elle fond en larmes et appelle sa mère[5].

Tadaryl Shipp, mineur au moment des faits et de ce fait inéligible à la peine de mort, est condamné à la perpétuité, avec une possibilité de libération conditionnelle[3].

Détention

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En 2004, Christa Pike est condamnée pour tentative de meurtre après avoir agressé une autre détenue en prison[6]. En 2012, une tentative d'évasion la concernant est déjouée : un ancien gardien de la prison des femmes du Tennessee et un visiteur régulier de la détenue sont arrêtés pour avoir fomenté, contre de l'argent, un projet visant à la faire s'évader[7].

Pike engage par la suite une action en justice contestant les conditions de son isolement carcéral prolongé, en tant que seule femme du couloir de la mort de l'État ; cette procédure aboutit à un règlement amiable en , lui accordant davantage d'occasions d'interactions sociales[6].

Recours judiciaires et exécution prévue en 2026

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Le , la Cour suprême du Tennessee fixe la date d'exécution de Christa Pike au , parmi une série de dates arrêtées pour plusieurs condamnés[6]. Les exécutions avaient repris dans l'État après plusieurs années de suspension décrétées en 2022 par le gouverneur Bill Lee, à la suite de la révélation que l'administration pénitentiaire ne respectait pas son propre protocole d'injection létale[6].

Les avocats de Christa Pike font valoir, dans le cadre de ses recours, qu'elle a subi des violences sexuelles sévères depuis la petite enfance — d'abord par le compagnon de sa grand-mère, puis par un compagnon de sa mère — et souffrait de troubles mentaux au moment des faits, estimant que sa condamnation à mort constitue une anomalie par rapport à d'autres affaires d'auteurs âgés de 18 ans dans le Tennessee, dont la peine a depuis été commuée[4]. Elle ne conteste pas avoir commis les faits[4]. Elle engage par ailleurs une action distincte contestant le protocole d'injection létale de l'État, invoquant un trouble sanguin susceptible, selon un anesthésiste cité dans sa plainte, de provoquer une « mousse sanglante » dans les poumons au moment de l'injection[8].

Le , jour fixé pour son exécution à la prison de haute sécurité de Riverbend, à Nashville, une cour d'appel fédérale (sixième circuit) suspend la procédure environ une heure avant l'heure prévue, le temps d'examiner si les allégations de violences sexuelles subies durant son enfance avaient été correctement prises en compte lors de sa condamnation[4]. La Cour suprême des États-Unis annule cette suspension dans la soirée, permettant à l'État du Tennessee de reprendre la procédure d'exécution[9]. Si l'exécution avait abouti, elle aurait fait de Christa Pike la première femme exécutée dans le Tennessee depuis environ deux siècles[4],[1].

La mère de la victime a indiqué attendre cette exécution depuis plusieurs décennies[10].

Tentative d'exécution et déroulement chaotique du

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Après l'annulation de la suspension par la Cour suprême, l'État du Tennessee engage la procédure d'exécution de Christa Pike par injection létale à la prison de Riverbend[9]. Les témoins médiatiques, installés dans une pièce séparée, rapportent que les rideaux de la chambre d'exécution sont levés à 19 h 27, heure locale, montrant Christa Pike sanglée sur une civière[10].

Selon les avocats de la condamnée, les autorités pénitentiaires lui administrent deux doses de pentobarbital, sans parvenir à la mettre à mort[10],[11]. Près de deux heures après le début de la procédure, celle-ci est interrompue : Christa Pike est alors toujours vivante et, selon ses avocats, ronfle bruyamment[10],[9]. Elle est transportée par ambulance vers un établissement médical extérieur à la prison, après qu'un groupe militant contre la peine de mort a déposé un recours d'urgence demandant l'arrêt de l'exécution et des soins médicaux pour la détenue[10],[9].

La directrice de la communication du département des services correctionnels du Tennessee, Dorinda Carter, déclare dans la soirée que l'administration pénitentiaire a suivi scrupuleusement le protocole d'exécution en vigueur, approuvé par le bureau du procureur général de l'État, que le produit utilisé dans ce protocole s'est jusqu'alors montré systématiquement efficace, et que le protocole ne prévoit aucune procédure supplémentaire au-delà de celle mise en œuvre ce soir-là[9].

Il s'agit du second échec d'exécution de l'année dans le Tennessee : en , les autorités avaient déjà dû renoncer à exécuter Tony Carruthers, condamné pour l'enlèvement et le meurtre de trois personnes en 1994, après plus d'une heure d'échecs répétés pour poser une voie veineuse destinée à administrer le pentobarbital[11]. Si elle avait abouti, l'exécution de Christa Pike aurait été la trentième menée aux États-Unis en 2026[11].

Contexte : la peine de mort des femmes aux États-Unis

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Selon le Death Penalty Information Center, organisation qui recense les données relatives à la peine capitale sans prendre position sur celle-ci, 18 femmes ont été exécutées aux États-Unis depuis le rétablissement de la peine de mort en 1976, soit environ 1 % de l'ensemble des exécutions ; la plus récente est celle d'Amber McLaughlin, exécutée dans le Missouri en , également première femme transgenre[12] exécutée aux Etats-Unis[3],[10]. La directrice exécutive de cette organisation, Robin Maher, a déclaré que la perception sociale de qui mérite réellement une condamnation à mort avait évolué depuis que Christa Pike a été condamnée[3].

Notes et références

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  1. 1 2 3 (en) « Tennessee set to execute first woman in more than two centuries », sur foxnews.com, Fox News
  2. 1 2 3 (en) « Christa Pike: What to know about the case of Tennessee death row inmate », sur nbcnews.com, NBC News
  3. 1 2 3 4 5 (en) « Tennessee set to execute only woman on state's death row », sur cbsnews.com, CBS News
  4. 1 2 3 4 5 6 (en) « Court halts execution of Christa Gail Pike for a Tennessee murder she committed at age 18 », sur pbs.org, PBS NewsHour,
  5. ↑ (en) « Christa Pike, Child Rape Victim, Faces Execution for Crime She Committed as a Teenager », sur dpw.lawschool.cornell.edu, Cornell Center on the Death Penalty Worldwide
  6. 1 2 3 4 (en) « Execution date set for only woman on Tennessee's death row », sur axios.com, Axios,
  7. ↑ (en) « Two men arrested in alleged attempt to break out Tenn. death row inmate Christa Gail Pike », sur cbsnews.com, CBS News
  8. ↑ (en) « Christa Pike sues over execution protocol while death date looms », sur yahoo.com, Nashville Tennessean (via Yahoo News)
  9. 1 2 3 4 5 (en) « Tennessee death row inmate Christa Pike receiving medical care after failed execution », sur tennesseelookout.com, Tennessee Lookout,
  10. 1 2 3 4 5 6 (en) « Tennessee death row inmate Christa Pike still alive after failed state execution attempt, lawyers say », sur cnn.com, CNN,
  11. 1 2 3 (en) « Execution of convicted US killer Christa Pike fails despite two lethal injections », sur france24.com, France 24,
  12. ↑ (en) Donald Padgett, « First U.S. Execution of a Transgender Woman Set in Missouri » Accès libre, sur Advocate,