Christian Matson

ermite catholique états-unien

Cole Coberly Estel Matson, en religion frère Christian, osb, né en 1984 au Texas, est un ermite catholique américain.

Christian Matson
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Biographie
Naissance
Nationalité
Activité
Autres informations
Religion
Date de baptême
2010
Nom en religion
Christian
Ordre religieux
Dir. de thèse
Trevor A. Hart
Titres honorifiques
Docteur

Élevé dans une famille presbytérienne, Matson étudie les arts du spectacle à New York, période durant laquelle il entame une transition de genre. Il se convertit au catholicisme en 2010, année où il est diplômé en théologie par les universités d'Oxford et de St Andrews. Se sentant appelé à la vie consacrée, il est refusé par plusieurs communautés parce qu'il est un homme trans. John Stowe (en), évêque de Lexington dans le Kentucky, l'accepte comme ermite diocésain en 2020. Matson devient oblat bénédictin en 2022 et s'installe à l'ermitage de Pikeville, où il est aussi membre du théâtre local.

Matson se fait connaître en lors qu'il annonce publiquement sa transidentité, engendrant une controverse sur la régularité et la sincérité de sa condition. Matson reçoit le soutien de plusieurs personnes, dont celui de son évêque. Par la suite, il devient porte-parole pour l'inclusion des personnes trans dans l'Église catholique.

Jeunesse et études

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Né en 1984 au Texas, dans une famille membre de l'Église presbytérienne en Amérique, Cole Matson grandi en Virginie et fréquente des écoles privées laïques. Ressentant une dysphorie de genre dès ses trois ans, il est vu comme un « garçon manqué » par son entourage[1].

Le mal-être de Matson s'intensifie à la puberté. Il culmine durant sa deuxième année à la Tisch School of the Arts de l'Université de New York, lorsqu'il commence à travailler sur des rôles définis comme masculins ou féminins. Il découvre l'existence de la transidentité lors d'études de psychologie, le décidant d'entamer une transition de genre sociale et médicale en 2006[1]. Matson décrit sa transition comme faisant partie de son « parcours médical » plutôt que d'une « partie centrale de [sa] personnalité »[2]. Matson tourne dans plusieurs films indépendants[3].

Diplômé, il commence un cursus en psychologie à l'université Loyola du Maryland, établissement jésuite, avant de changer pour étudier la théologie à l'université d'Oxford[1]. Il entame un doctorat en théologie de l'université de St Andrews, soutenant une thèse sur l'usage du langage eucharistique au sein de trois compagnies théâtrales polonaises du milieu du XXe siècle[2]. Il est diplômé du master d'Oxford et du doctorat de St Andrews en 2010[4].

Vie religieuse

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Discernement vocationnel

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Cole Matson se convertit au catholicisme en 2010[1], « en raison de la conception catholique — la conception sacramentelle — du corps, de la création et de la désirabilité de l'unité visible de l'Église, et surtout en raison de l'Eucharistie »[2]. Matson est baptisé à la Pentecôte de la même année[5] et dit ressentir l'appel à la vie religieuse, ayant l'idée de fonder une communauté dédiée aux arts et aux artistes[1],[2]. Matson est conscient que cela peut être compliqué, une directive vaticane de 2000 rejetant le droit au mariage, à la prêtrise et à la vie consacrée aux personnes ayant « changé de sexe ». Il demande les conseils d'un canoniste, qui estime que la vie consacrée ne lui est pas formellement fermée, et lui recommande d'être franc sur sa transidentité. À défaut de ne pas pouvoir entrer dans un ordre monastique, il pourrait devenir ermite diocésain si un évêque l'accepte[2].

Matson ne cache pas sa transidentité durant sa période de discernement vocationnel, ce qui lui vaut d'être refusé par de nombreuses congrégations, dont les Jésuites, où il s'est senti appelé en premier[1],[2]. Il décrit avoir un très bon passing, beaucoup de personnes ne se doutant pas qu'il est un homme trans[6]. Après avoir fait des vœux privés de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, il fonde la Catholic Artist Connection en 2015, en lien avec l'archidiocèse de New York, afin de permettre aux artistes catholiques de se rencontrer. Ressentant toujours un rejet, il déménage dans le Minnesota en 2018, mais les communautés religieuses ne l'acceptent toujours pas[2]. Durant cette période, il est directeur général de l'Open Window Theatre de Saint Paul, capitale du Minnesota[3].

En 2020, un ami prêtre lui conseille de contacter John Stowe (en), ofm conv., évêque de Lexington dans le Kentucky[1]. Celui-ci répond positivement, Matson lui ayant été recommandé par de nombreuses personnes et ne voyant rien pouvant s'opposer à une vie érémitique. En 2021, Matson entre au noviciat chez les bénédictins de l'abbaye de Portsmouth, à Rhode Island, avant de prononcer ses vœux érémitiques en . Son nom en religion Christian est choisi par l'abbé Michael Brunner, d'après une liste proposée par Matson, qui explique l'avoir prit en l'honneur de Christian de Chergé, martyr de Tibhirine[2]. Devenu oblat bénédictin, il s'installe dans les monts Appalaches, dans l'Est du Kentucky. Il vit dans un ermitage de la région de Pikeville avec Frère Odilo[7], dit « Odie », son Berger allemand adopté. Matson est connu pour travailler avec des compagnies théâtrales locales.

Ébruitement de sa transidentité

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En 2024, Matson est victime de déplacardage par une personne de ses amis, qui révèle sa transidentité[1]. Cet événement, ainsi que l'atmosphère transphobe dans l'Église catholique et la société américaine[5], l'amène à demander à son évêque la permission d'annoncer sa transidentité le , dimanche de Pentecôte. Il s'entretient d'abord avec la Religion News Service le [2].

Soutiens

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Le mardi de Pentecôte, John Stowe publie un communiqué dans lequel il apporte son plein soutien à l'ermite, saluant la constance dans sa vocation[8]. L'évêque est décrit comme « une voix importante parmi les catholiques appelant à une approche plus tolérante envers les personnes LGBTQ+ » Matson est l'une des premières personnes ouvertement transgenres dans le clergé catholique[n 1],[2]. Stan « JR » Zerkowski, responsable de la pastorale envers les personnes LGBTQ du diocèse, décrit son geste comme « héroïque » et qu'il s'agit d'un tournant dans l'Église[11]. Le canoniste Daniel Quinan estime que l'impact que cette déclaration ne peut être mesuré dans l'immédiat. Il confirme que la vie religieuse n'est pas interdite aux personnes trans, le droit canonique n'ayant pas la notion de « genre », mais qu'elle est liée au sexe de naissance[6].

Matson réaffirme son identité et son appartenance à l'Église, déplorant et rejetant la position actuelle de l'Église sur la transidentité[3],[12]. Il assure avoir tenté de contacter plusieurs fois les hauts responsables pour qu'ils dialoguent avec les personnes trans[2]. Il déclare désirer uniquement à servir l'Église, sans avoir de programme idéologique caché[3], et espère que cela permettra à d'autres personnes trans de se sentir légitimes en son sein[11]. Matson reçoit le soutien de ses proches[6] et de nombreuses personnes à travers le monde, dont plusieurs éloignées de l'Église catholique[13].

Critiques

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Christian Matson est victime de doxing et de menace de mort par l'extrême droite catholique[1]. De nombreux commentaires négatifs sont publiés sur le réseau social X[6]. Theresa Farnan, membre fondatrice du projet Personne et Identité du Centre pour l'éthique et les politiques publiques, think tank conservateur, estime que : « présenter une religieuse (woman religious) de telle sorte que l’on puisse croire qu’il s’agit d’un religieux (male religious) constitue manifestement un scandale et sème la confusion chez les fidèles, en laissant entendre qu’il n’existe aucun conflit entre notre foi et le mode de vie ou l’idéologie transgenre »[8]. L'annonce de sa transidentité intervient deux mois après que le dicastère pour la Doctrine de la foi ait publié la déclaration Dignitas infinita, qui s'oppose à la chirurgie de réattribution sexuelle, ainsi qu'à la distinction entre sexe et genre[14].

Sœur Laurel O’Neal, théologienne, oblate camaldule et elle-même ermite diocésaine depuis 1985, affirme que Matson n’aurait pas discerné une véritable vocation érémitique et que cela aurait été utilisé comme une solution de repli, après l’impossibilité d’entrer dans une communauté religieuse. En , avant la profession de Matson, elle avait écrit à Stowe pour l'avertir qu'il risquait de détourner une forme de vie consacrée. La canoniste Therese Ivers estime, avec des réserves, que la question sur la validité des vœux pourrait alors se poser. Matson répondit qu'il s'est toujours senti appelé à la vie consacrée, et que l'érémitisme était la seule forme canonique lui permettant de poursuivre cette vocation[15].

Plusieurs médias catholiques utilisent des pronoms féminins pour désigner Matson, tout en soulignant que l'évêque utilise des pronoms masculins dans son communiqué. Des personnalités catholiques pointent du doigt que le prélat est en contradiction avec la position catholique officielle[14],[16]. Des évêques américains ont saisi le comité des affaires canoniques de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis[17].

Militantisme

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En , Christian Matson et d'autres personnes trans rencontrent le pape François, qui leur donne sa bénédiction[18]. Matson s'oppose publiquement à la politique de Donald Trump. Il a plusieurs fois parlé publiquement de sa transidentité et de sa foi, collaborant avec plusieurs organisations catholiques et LGBT. En , une intervention prévue a dû être annulée et décalée pour des raisons de sécurité, à cause de commentaires haineux. Le diocèse de Lexington dit cependant ne pas céder aux intimidations[7],[19],[20],[21],[22].

Notes et références

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  1. ↑ En 1969, Nancy Ledins entame une transition de genre, dix ans après son ordination comme prêtre catholique. Elle est la première femme connue a avoir été ordonnée par l'Église, qui la considère toujours comme un homme[9]. En 2014, la vierge consacrée Tia Michelle Pesando se préparait à entrer comme carmélite à London, en Ontario. Née intersexe, elle prend des hormones pour vivre comme une femme, ce qui ferait d'elle la première religieuse publiquement trans connue[10].

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Emma Cieslik, « Oral History Interview with Br. Christian Matson », sur Queer and Catholic Oral History Project, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 (en-US) Jack Jenkins, « Catholic diocesan hermit approved by Kentucky bishop comes out as transgender », sur RNS, (consulté le ),
  3. 1 2 3 4 Bethan Sexton, « Catholic monk who lives as a hermit in Kentucky comes out as trans », sur Mail Online, (consulté le ),
  4. ↑ (en-US) Linda Blackford, « ‘Heroic faith.’ Catholic hermit in Eastern Kentucky comes out as transgender », sur Lexington Herald Leader, .
  5. 1 2 (en-US) Robert Shine, Managing Editor, « Vowed Hermit Comes Out as Transgender with Support of Bishop Stowe », sur New Ways Ministry, (consulté le ).
  6. 1 2 3 4 (en) Katrina Lambert, « A Catholic diocesan hermit in Kentucky comes out as a transgender man », sur NBC News, (consulté le ).
  7. 1 2 (en) Camillo Barone, « Transgender hermit prays, fasts as Trump issues gender order », sur National Catholic Reporter (consulté le ).
  8. 1 2 (en) « Transgender Hermit Announcement Poses Questions About Church’s Teaching on Religious Life », sur National Catholic Register, (consulté le ).
  9. ↑ (en-US) Tim Funk, « Church to celebrate life of Catholic priest who found peace as a transgender woman », sur Charlotte Observer, (consulté le )
  10. ↑ (en-US) Francis DeBernardo, « Transgender Woman Prepares to Enter Carmelite Convent », sur New Ways Ministry, (consulté le ).
  11. 1 2 (en-US) Linda Blackford, « ‘Heroic faith.’ Catholic hermit in Eastern Kentucky comes out as transgender », sur Lexington Herald Leader, .
  12. ↑ (en-US) « Catholic monk comes out as trans man: 'Deal with us' », sur New York Post, (consulté le ).
  13. ↑ (en-US) Sarah Cassidy, « Bishop John Stowe Reaffirms Support for Transgender Diocesan Hermit », sur New Ways Ministry, (consulté le ).
  14. 1 2 (en-US) McKenna Snow, « Kentucky diocese uses male pronouns for biological female in statement on ‘transgender’ hermit », sur CatholicVote org, (consulté le ).
  15. ↑ (en-US) Lily Nguyen, « Diocesan hermit-theologian warned bishop 'transgender hermit' proposal would 'misuse' Church law - Biweekly Newspaper for the Diocese of Richmond % », sur Biweekly Newspaper for the Diocese of Richmond, (consulté le ).
  16. ↑ (en) « Trans-identifying monk risks ‘scandal’ in Church, experts say », sur EWTN News, (consulté le ).
  17. ↑ (en) The Pillar, « Bishops request USCCB study after transgender hermit announcement », sur pillarcatholic.com, (consulté le ).
  18. ↑ (en-US) Ariell Watson Simon, « Pope Francis Greets Transgender Men, Including Some Called to Religious Life », sur New Ways Ministry, (consulté le )
  19. ↑ (en-US) McKenna Snow, « Kentucky Catholic church cancels conversation with ‘transgender’ hermit », sur CatholicVote.org, (consulté le ).
  20. ↑ (en-US) Sarah Cassidy, « Transgender Hermit Speaks Out Against Trump Orders, While Spreading Seeds of Hope », sur New Ways Ministry, (consulté le ).
  21. ↑ (en) Brian Fraga, « Parish talk by transgender hermit rescheduled after negative comments », sur National Catholic Reporter (consulté le ).
  22. ↑ (en-US) Jeromiah Taylor, « Transgender Hermit Gives Parish Talk on Trans Issues », sur New Ways Ministry, (consulté le ).

Annexes

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Publications

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  • (en-US) Cole (Christian) C. E. Matson, Towards a eucharistic theatre : the theatrical theologies of the Reduta, the Rhapsodic Theatre, and Grotowski's Lab, Université de St Andrews, (présentation en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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