Christophe Perton est un metteur en scène de théâtre français né le à Lyon où il fonde sa compagnie en 1987.

Christophe Perton
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Biographie

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Dès ses premières années d’activité, Christophe Perton s’engage dans l’exploration des écritures contemporaines, la traduction de textes inédits et la réalisation de commandes d’écriture.

De 1989 à 1991, il est artiste associé au Théâtre de Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise où il exhume et crée notamment une pièce inédite de Jakob Lenz (1751-1792) , «L’anglais».

De 1992 à 1998, il rejoint le Théâtre de Privas à l’invitation de son directeur, Francis Auriac, et implante sa compagnie en Ardèche. Il partage alors son activité entre la diffusion nationale de ses spectacles et un travail de créations itinérantes décentralisées dans les villages ruraux du département, dans le cadre du dispositif « Théâtre de parole » [1], soutenu par le conseil général. Ce projet vise à proposer des créations jouées de village en village, dans des salles temporairement transformées en espaces théâtraux. Cette démarche s’articule avec la structuration d’un réseau de partenaires locaux sur l’ensemble du territoire ardéchois. Chaque saison, une nouvelle création est présentée dans une douzaine de villages[2]. L’expérience, qui s’achève en 1998, sera ensuite étendue à la Drôme lors de sa nomination au Centre dramatique national (CDN) de Valence, devenant ainsi « La Comédie itinérante »[3].

En 1994, la création des Soldats de Jakob Lenz, présentée à Privas, est reprise au CDN de Sartrouville. À cette occasion, Peter Brook découvre son travail et l’invite aux Bouffes du Nord pour plusieurs sessions de réflexion sur la mise en scène. En 1997, Roger Planchon lui confie la création de Médée suivie des Phéniciennes de Sénèque au TNP de Villeurbanne.

En 1998, il clôt son travail en Ardèche avec la création de Les Gens déraisonnables sont en voie de disparition de Peter Handke[4]. L’écriture de Handke, comme celle de Pasolini, constitue alors une influence importante et durable dans son parcours.

Il présente ensuite de nouvelles créations à Paris, notamment au Théâtre national de la Colline sous la direction d’Alain Françon, et engage un compagnonnage de huit ans avec le Théâtre de la Ville de Paris dirigé par Gérard Violette.

En 1999, il dépose une première candidature pour la direction d’un centre dramatique national, dans laquelle il expose les fondements d’un projet centré sur la création, le partage des outils de production, les commandes et la présence permanente d’un auteur[5] ).

En 2000, il écarte une proposition du ministère de la Culture pour la codirection du Théâtre national de Chaillot[6], afin de poursuivre son travail dans sa région d’origine. Il reprend alors les bases du projet qu’il a élaboré précédemment pour mettre en œuvre, avec Philippe Delaigue, la création d’un nouveau Centre dramatique national sur les territoires de la Drôme et de l’Ardèche.

En janvier 2001, Catherine Tasca le nomme à la direction de la Comédie de Valence, qui devient à cette occasion Centre Dramatique National.

En mai 2001, un audit met en évidence une crise financière majeure issue de la période de préfiguration de la Comédie de Valence entre 1997 et 2000. Un rapport de la Direction des Affaires culturelles (2008) confirme un important déficit antérieur à la création du CDN qui grève fortement le lancement du projet du nouveau centre dramatique[7]. Une réorganisation du fonctionnement artistique et économique permet pourtant un redressement en trois ans, tout en augmentant l’activité artistique[8].

En 2001, il aborde l’opéra en signant la mise en scène de Didon et Énée de Purcell, dans une double version présentée au Grand Théâtre de Genève, avec Wilhelmenia Fernandez[9].

De 2001 à 2009, à la direction de la Comédie de Valence, il développe d’abord en codirection puis seul un projet fondé sur la présence permanente d’artistes et le partage des outils de production. Après un rapport d’inspection en 2006 saluant son travail artistique, son rayonnement national et la stabilisation financière du CDN, son mandat est renouvelé. Cette période est marquée par une ouverture accrue à l’Europe et à la création contemporaine.

En 2008, il crée à Valence, en coproduction avec le Théâtre de la Ville, la pièce inédite d’Ernst Toller Hop là, nous vivons ! consacrée à la montée du fascisme et à la corruption politique. Le spectacle est nommé aux Molières et reçoit le prix Georges Lerminier du Syndicat de la critique.

En 2009, il choisit de ne pas solliciter un nouveau mandat proposé par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales[10]. Il fonde alors une structure indépendante, Scènes&Cités , poursuivant un travail orienté vers les écritures contemporaines. Ses affinités artistiques le conduisent notamment à collaborer régulièrement avec Peter Handke et Marie Ndiaye.

Parallèlement à ses mises en scène pour le théâtre et l’opéra, il développe un travail d’écriture de scénarios soutenu par les collectivités et le CNC. En 2013, il réalise un premier moyen métrage interprété par Isabelle Carré, suivi d’un court métrage en 2016. En 2024, il adapte le poème philosophique de Lucrèce, De rerum natura, qu’il traduit en collaboration avec Marie Ndiaye. Ce texte créé au TNS de Strasbourg est publié chez Acte-Sud.

Mises en scène

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Théâtre

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Comédie de Valence

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Scènes&Cités

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Cinéma

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  • 2011 : Adaptation du roman de Marie NDiaye Trois femmes puissantes. Scénario qui a bénéficié du soutien du CNC (aide à l’écriture) et de MEDIA EUROPE.
  • 2013 : Un cœur éphémère, moyen métrage de 40 minutes, scénario et réalisation, avec Isabelle Carré
  • 2015 : Les Territoires du silence, court métrage avec le soutien du CNC (contribution financière), avec Cosmina Stratan et Johan Libéreau

Traductions et adaptations

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Scénographies

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Notes et références

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  1. Certains artistes de la région ont voulu, pour leur part, privilégier ce partage, cette convivialité, en refusant de cantonner le public de l'autre côté de la rampe des grands théâtres. C'est le cas de Christophe Perton, implanté depuis six ans à Privas, qui a réussi l'exploit de présenter dans son théâtre des créations sans concession de Pasolini, Lenz ou Lenau, tout en allant jouer dans les villages d'Ardèche des « petites formes » exigeantes, introductions à ces auteurs ou aux écritures contemporaines. Il raconte volontiers une soirée d'hiver sur le plateau enneigé, dans une grange où un poème d'Enzensberger, Le Naufrage du Titanic, avait été suivi, à table, d'une discussion passionnée. Perton a ainsi fait entendre les voix d'Annie Zadek ou d'Eugène Durif dans cette Ardèche rude célébrée par Planchon mais rarement visitée par les troupes. Pour cette dernière saison, alors qu'il s'apprête à donner sur plusieurs scènes distinguées, dont celle de la Colline, à Paris, la pièce de Peter Handke Les gens déraisonnables sont en voie de disparition, Christophe Perton fait coup double dans les campagnes : il joue Mon Isménie de Labiche à Desaigne, Gluiras, Saint-Martin-de-Valamas et dans neuf autres villages. Le Monde – 21 septembre 1997
  2. Ce théâtre décentralisé ambitionne d’aller vers les publics éloignés en concevant de véritables créations susceptibles d’être jouées de village en village, quelle que soit la salle d’accueil toujours reconditionnée (mise au noir, gradin, etc.) en lieu théâtral par les équipes techniques. Ce travail de médiation culturelle et de création a permis de bâtir un réseau solide de partenaires locaux sur l’ensemble du département. Chaque saison Christophe Perton et son équipe ont ainsi proposé une nouvelle création sur une douzaine de villages. L’aventure qui se conclut en 1998 se poursuivra, avec sa nomination au CDN de Valence, en étendant son action sur le Drôme pour devenir « La comédie itinérante » Jean Brossaud – Directeur des affaires culturelles du Conseil Général de l’Ardèche
  3. Installé à Privas, Perton a créé le Théâtre de paroles dans les villages de l'Ardèche (invitant) Delaigue à présenter « Comme un seul homme », inspiré d'une nouvelle d'Andréï Platonov. La reprise de ce spectacle inaugura la Comédie itinérante. Libération – 27 avril 2005
  4. « Les gens déraisonnables sont toujours en voie de disparition », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  5. Lettre pour un projet de CDN à Dominique Wallon le 17 juillet 1999
  6. Sur proposition de Jean-François Marguerin conseiller auprès de Catherine Trautmann
  7. L'inquiétude des tutelles, conduit la DMDTS à nommer un cabinet d'experts comptables qui annoncera, en mars 2002, un déficit cumulé pour 2001 de 5 372 800 Francs. Le même cabinet précise que plus de 3 000 000 de ce déficit sont directement imputables aux exercices antérieurs. Christophe PERTON, nommé le 1°' janvier 2001, n'avait pas de statut de gérant dans la SARL, aucune responsabilité administrative dans l'organigramme ni latitude de gestion dans le fonctionnement (il devient gérant en septembre 2002). Dès le mois de mai 2001, il avait déclaré sa contestation tant sur les projets budgétaires que sur la gestion administrative et financière en cours. Rapport de la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Valence – Novembre 2008
  8. Ch. Perlon, avec son équipe, a relevé tous les défis qui se sont présentés : assainissement des comptes, exigence artistique élevée, activité forte, sans oublier surtout le succès en termes de fréquentation qu'attestent les chiffres publiés par le ministère de la Culture. Cet équilibre entre des qualités de gestion et le talent artistique me semble suffisamment rare pour être souligné. Nicolas Daragon – Avril 2009 – Actuel maire de Valence
  9. « "Didon et Enée" font double jeu à Genève », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
  10. Christophe Perton a choisi de ne pas renouveler son mandat à la direction du Centre Dramatique. Le ministère de la Culture et de la Communication, comme l’ensemble des collectivités territoriales, a salué la qualité du travail artistique mené par ce metteur en scène, ainsi que la grande réussite de son inscription territoriale. Lettre du 25 mai 2009 de Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication.