Mythe des châteaux cathares
Le mythe des châteaux cathares, ou châteaux du pays cathare, est une théorie anachronique et fallacieuse présentant comme « châteaux cathares » la série de forteresses royales bâties par le roi Louis IX (1214-1270) sur la frontière sud de ses domaines à l'issue de la croisade contre les albigeois. On rencontre aussi la dénomination « châteaux du pays cathare ».

Quelques-uns de ces sites avaient connu, antérieurement à la période royale, un habitat villageois de type castral, seul susceptible d'avoir abrité des cathares mais rasé lors de l'érection des citadelles.
Depuis 2013, les départements de l’Ariège et de l’Aude ont lancé un processus pour leur classement au patrimoine mondial de l’Unesco, sous l’appelation forteresses royales du Languedoc[1]. L'inscription a été votée le 26 juillet 2026, sous le nom de Forteresses royales capétiennes du Languedoc[2].
Genèse du mythe
modifierLe mythe des « châteaux cathares » remonte au XIXe siècle[3], lorsque des écrivains romantiques découvrent les récits de la croisade contre les albigeois. Se rendant sur les lieux de cette croisade, ils découvrent des ruines de châteaux dans lesquelles ils croient voir le résultat de l'agression des croisés venus en 1209 du nord de la France. Il faut attendre le XXe siècle pour que les « châteaux cathares » cessent d'être la chasse gardée de quelques passionnés et suscitent l'engouement du grand public à la faveur d'émissions télévisées (Les Cathares, saison 9 (1966) de La Caméra explore le temps, de Stellio Lorenzi) et de succès de librairie (Citadelles du vertige, de Michel Roquebert et Christian Soula, publié en 1966). Archéologues et historiens médiévistes investissent alors le champ des recherches, mettant en évidence que si les sites ont accueilli des cathares, les châteaux sont en fait des citadelles bâties postérieurement par le pouvoir royal capétien. Exeunt les « châteaux cathares », ineunt les citadelles royales [4].
Avant les forteresses royales, les castrums
modifierLa légende des architectes et bâtisseurs cathares n'est qu'un dernier avatar du mythe de Montségur. Les seuls monuments témoins des événements de la première moitié du XIIIe siècle et donc les seuls qui pourraient prétendre au qualificatif de « cathares » (bien que l'hérésie albigeoise n'ait jamais construit de château) sont de petits châteaux, souvent totalement ignorés du public (castrum de Roquefort, dans la Montagne Noire), et dont les rares vestiges sont à l'écart des grandes routes touristiques, à l'image des vestiges du château de Niort à Niort-de-Sault[5].
Inventaire
modifierEn Languedoc, les seuls vrais « châteaux cathares » furent les bourgades fortifiées, castrum de Laurac, Les Cassès, Fanjeaux, Mas-Saintes-Puelles, Lastours-Cabaret, Montségur, Termes ou Puilaurens qui furent cependant des castrums avant d'être rasés et de devenir des citadelles royales, et deux castrums anciens, le château de Miramont dans l'Aude et celui de Miramont en Ariège qui fut rasé en 1247 pour avoir abrité des Parfaits et ne fut jamais reconstruit. La commune de Penne-d'Agenais abrite également les ruines d'un château, la ville ayant été la principale place forte de l'Agenais pendant la croisade des Albigeois.
Notes et références
modifier- ↑ Fabienne Darge, « La consécration des « citadelles du vertige » », Le Monde, dimanche 5 - lundi 6 juillet 2026, page 20.
- ↑ « Unesco, convention du patrimoine mondial »
- ↑ Zoé Sfez, « Peyrepertuse, ou le vertige du mythe cathare », sur France Culture, (consulté le ).
- ↑ Les châteaux en pays cathare, archeothema.com, juillet 2012.
- ↑ Voir à ce sujet Clémens Jacques, Mais où sont les « vrais » châteaux cathares ?, compte rendu de : Quehen (René) et Dieltens (Dominique), Les châteaux cathares... et les autres. Les cinquante châteaux des Hautes-Corbières, édité par l'un des auteurs René Quehen, La Barbère, 31310 Montesquieu-Volvestre, 1983, dans Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 96, N°165, 1984, À travers les campagnes méridionales, pp. 93-94.
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- Roquefort de la montagne Noire (Pierre Clément, dir.) ; Nouvelles éditions Loubatières (2009).
- Gauthier Langlois et Charles Peytavie, « Châteaux en Pays cathare », Archéothéma, no 23, .
- Les 36 cités et citadelles du Pays cathare, de Jean-Philippe Vidal, (ISBN 2-7191-0751-4).
- Henri-Paul Eydoux - Châteaux des pays de l'Aude - p. 169-253, dans Congrès archéologique de France. 131e session. Pays de l'Aude. 1973 - Société française d'archéologie - Paris - 1973.