Château d'Hyères

château à Hyères (Var)
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Le château d'Hyères est un château médiéval en ruine qui se situe au sommet de la colline du Castéou (198 m), un des sommets des Maurettes, dominant la ville de Hyères, dans le département du Var. Les vestiges du château sont classés monuments historiques par la liste de 1862 ; le rempart et le vieux château sont inscrits depuis le [1].

Château d'Hyères
Image illustrative de l’article Château d'Hyères
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire actuel Commune d'Hyères
Protection Logo monument historique Classé MH (1862)
Logo monument historique Inscrit MH (1926)
Coordonnées 43° 07′ 23″ nord, 6° 07′ 24″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Commune Hyères
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Château d'Hyères
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Château d'Hyères
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Château d'Hyères

Localisation

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Le château domine la ville d'Hyères, dans le département français du Var.

Description

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L'entrée du château.

Le château, qui est le plus grand château féodal de Provence[2], est composé de deux cours basses, d'un puits, d'un donjon et de plusieurs portes (nord, biaise, etc.).

Un inventaire dressé en 1423[3], mentionne une cuisine, une salle, une chapelle, une citerne, la grande tour servant d'arsenal, des chambres, un moulin à sang à deux meules, une forge, une écurie, un cellier et des greniers[4].

Le plan du château et de ses enceintes.
Le château en 1862.

On trouve également des tours de flanquement quadrangulaires ouvertes à la gorge, édifiées au XIIIe – XIVe siècle, qui faisaient partie la première enceinte[5].

Elle est construite en calcaire et en schiste, les restes de la première cour basse, où se trouvaient les bâtiments réservés aux services et aux stationnements des garnisons[citation nécessaire], la deuxième porte qui était précédée d'un pont-levis et d'une herse qui enjambaient un fossé de 4,50 m de profondeur, la porte biaise qui est une porte qui servait à protéger le puits et qui était orientée de telle sorte qu'un bélier ne puisse être utilisé, le puits[citation nécessaire] qui était une source d'eau potable dans l'hypothèse où le château aurait eu à soutenir un siège et qui était protégé par la porte biaise et la tour maîtresse, appelée turris altior magistra (« la tour maîtresse la plus haute ») dans un devis de réparations de 1323[6], puis grant torre (« grande tour ») dans l'inventaire de 1423[3]. Le terme de « donjon » n'apparaît qu'en 1589[7].

Elle a été démantelée en 1620, en même temps que l'essentiel du château.

Historique

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Les Sarrasins qui occupaient la Provence orientale furent chassés du Fraxinet en 972-973 par Guillaume, comte de Provence, son frère, Roubaud, le marquis de Turin et plusieurs grands seigneurs de Provence, dont les seigneurs de Fos (dont un certain Pons de Fos).

En récompense, Guillaume offrit l'actuel territoire d’Hyères, de La Londe et de Bormes aux seigneurs de Fos, déjà propriétaires de l'actuel territoire de Fos-sur-Mer.

Le château est construit par les seigneurs de Fos, probablement au milieu du XIe siècle. Sa première mention date d'environ 1062 : l'archevêque d'Aix Rostaing et ses frères Amiel et Guy donnent alors à l'abbaye Saint-Victor de Marseille l'église Saint-Michel, située « ante castrum quem vulgo nominant Heras » (« devant le castrum qu'on nomme vulgairement Hyères »)[8]. En 1075, les mêmes frères lui donnent deux salines situées « in territorio castelli quod appellatur Eiras » (« dans le territoire du castellum qu'on appelle Hyères ») ; l'acte emploie ensuite castrum pour le même lieu[5]. Il se peut que le château ait été construit une trentaine d'années auparavant, à l'emplacement d'une précédente fortification[9].

Vers 1192, selon Alphonse Denis, les troupes d'Alphonse Ier, comte de Provence et roi d'Aragon, s'emparent par surprise du château d'Hyères ; Amelin de Fos, seigneur du lieu, reprend la ville, bat le comte et obtient la reddition de la garnison[10]. Le conflit est attesté indirectement par la transaction de 1257, où le procureur de Charles d'Anjou reproche aux Fos d'avoir assiégé le château et d'en avoir « dépouillé violemment » le comte Ildefonse[11]. En avril 1196, Amelin de Fos prête hommage au comte pour un tiers d'Hyères, ainsi que pour Bormes, Pierrefeu, Le Puget et La Garde[12].

En juillet 1254, au retour de la septième croisade, Saint Louis et sa famille débarquent à deux lieues du château d'Hyères[13], sur la plage des Pesquiers, sur celle du Ceinturon ou à l'embouchure du Gapeau[14].

Le comte de Provence Charles Ier d'Anjou revendique ensuite Hyères, au titre des droits hérités par son épouse Béatrice d'Alphonse Ier. Par une transaction conclue à Tarascon le , Roger, Bertrand et Mabile de Fos, enfants d'Amelin, lui cèdent le château, la ville, son territoire et les îles d'Hyères. Ils reçoivent en échange d'autres terres en Provence, pour une valeur de dix mille sous provençaux de revenu et 1 500 livres comptant[11]. Une charte scellée du règle la part de Bertrand de Fos : elle rappelle l'acte de 1257, et Bertrand y reçoit Le Cannet et un quart de Pierrefeu[15].

En 1323, lors de la tournée d'inspection de Robert de Milet, une partie du château est décrite dans le devis des réparations à effectuer (tour maîtresse, tour des armes, cuisine...). L'ordre de grandeur de la garnison est indiquée par les vivres qui doivent être provisionnés: 10 hommes pour le château[16].

Le château appartient au domaine comtal. Le comte le fait garder par un châtelain qu'il nomme et qu'il paie[17]. Le premier connu est Hugues Cassole, viguier et châtelain, qui tient le château avec dix hommes lors de la visite de Robert de Milet en 1323[18]. Au XVe siècle, la charge revient souvent à de grands personnages qui ne résident pas à Hyères et font garder la place par un lieutenant. C'est sans doute le cas d'Arnaud de Villeneuve, seigneur de Trans, châtelain de 1423 à 1431 : l'inventaire de 1423 montre le château habité par Jean Anssart, qui y commandait avant lui[19]. C'est aussi le cas de Louis de Beauvau, à qui René engage le château de 1439 à 1444[20], et de Jean Cossa, qui en reçoit à vie le gouvernement avant 1464, avec le droit d'en nommer le capitaine[21]. Entre-temps, Pierre Rodulphe, dit « le baron », reçoit le château en gage en 1444 et l'exerce lui-même au moins jusqu'en 1459[22]. Il est le père de Louis Rodulphe de Limans, à l'origine du béal de Jean Natte.

En 1481, le château passe au domaine royal avec l'ensemble de la Provence, lors de sa réunion au royaume de France. Louis XI en confie la capitainerie à Nicolas de Forbin dès 1482[23].

En 1524 et en 1536, les armées du roi Charles Quint déferlèrent sur la Provence[24],[25]. La première fois le château résiste puis est occupé, la deuxième fois le château est épargné.

Durant cette période, le château reçoit la visite de deux rois de France, François Ier en 1530 et, quelques années plus tard, Charles IX en 1564[2].

Pendant les guerres de religion, la ville d'Hyères reste fidèle au roi, mais le château change souvent de main. À partir de 1596, le triomphe d'Henri IV provoque la conquête de la ville. Mais il fallut un siège de cinq mois pour que le roi réussisse à prendre le château. En punition, il fut décidé de démanteler le château, mais c'est finalement son successeur, Louis XIII qui fit procéder a son démantèlement en 1620[26][source insuffisante].

Époque contemporaine

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Les terres de l'ancien château appartiennent depuis le début du XVIIIe siècle à l'abbaye royale de Saint-Pierre-de-l'Almanarre, dite de Saint-Bernard. Elles sont vendues comme bien national le 7 mars 1791 et adjugées pour 3 750 livres à Agnès Balbine Brunet, épouse Isnard. La vente ne comprend que les terrains enclos par les remparts, et non les remparts eux-mêmes[27]. Après plusieurs mutations, Casimir Valeran (1767-1855), ancien maire d'Hyères, achète la terre en 1831[28]. Il fait clore la colline, y trace des chemins, plante des mûriers et construit un kiosque, un obélisque dédié « aux héroïques défenseurs de la patrie » et son propre tombeau[29].

Vers 1840, Valeran démolit une tour pour en réemployer les pierres. Alphonse Denis, maire d'Hyères, député du Var et membre du Comité des monuments historiques, avait signalé les ruines à ce comité, et Denis les dit alors classées ; elles ne figurent pourtant que sur la liste de 1862[30],[1]. Prévenu par la Commission des monuments historiques, le ministre de l'Intérieur fait intervenir le sous-préfet de Toulon, qui écrit au maire le 12 mai 1840. Valeran reçoit une sommation et s'engage à ne plus toucher aux fortifications. Il fait ensuite graver sur son tombeau l'épitaphe « Ici reposera Casimir Valeran, propriétaire de ce rocher monumental […] ennemi des abus »[30].

L'inscription Arearum Castrum, sur un bloc posé en biais au-dessus des marches de l'accès primitif.

L'inscription Arearum Castrum visible à l'entrée du site n'est pas une devise du château. Le bloc qui la porte est posé en biais au-dessus des marches de l'accès primitif. Dans les actes médiévaux, castrum Arearum désigne l'agglomération fortifiée d'Hyères, et la forteresse porte le nom de fortalicium[31],[32],[33].

Dans les années 1920, la vicomtesse Vroomans-Leclercq, propriétaire d'une partie de la colline, y fait construire le château Saint-Pierre (1920-1923). Elle publie en 1925 une Histoire et archéologie du Vieux Château d'Hyères[29]. La commune achète le domaine du château à Nathalie de Noailles en 1966[34].

En 2014, la municipalité lance un programme de fouilles au sommet de la colline, sous la direction de David Ollivier (CNRS, LA3M). Les fouilles mettent au jour une partie du château des seigneurs de Fos, antérieur à la reconstruction angevine des années 1260, dont la porte et l'escalier qui y conduit. Cet escalier droit, d'une vingtaine de marches en dalles de calcaire, est taillé dans une faille du rocher. Il a été ré-enfoui après la fouille pour sa conservation[35],[29].

Aménagements

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Dans les années 2000, la mairie d'Hyères a rénové les trois tours de l'entrée ainsi que quelques archères. Au sommet du château, deux tables d'orientation ont été installées[citation nécessaire].

Des panneaux d'informations ont également été installés à différents endroits du site.

Notes et références

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  1. 1 2 « Château », notice no PA00081637, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. 1 2 « Document PDF Les Citadelles du Levant, carnet de route n°2 », sur Document PDF tiré du site officiel de la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée (consulté le ).
  3. 1 2 Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1191 (1428-1448)
  4. ↑ « L'inventaire du château d'Hyères (1423-1431) », sur Chroniques du Fenouillet (consulté le )
  5. 1 2 Nicolas Mengus, Châteaux forts au Moyen Âge, Rennes, Éditions Ouest-France, , 283 p. (ISBN 978-2-7373-8461-5), p. 47.
  6. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103, fo 17
  7. ↑ Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, , p. 87
  8. ↑ Benjamin Guérard, Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, t. 1, Paris, Lahure, , chap. 474, p. 477-480 ; original : Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 1 H 1, f° 110v.
  9. ↑ Paul Turc, Hyères et les seigneurs de Fos : fin Xe siècle-1257, Centre Archéologique du Var, Société Hyeroise d'Histoire et d'Archéologie, Mémoire à lire, Territoire à l'écoute, (OCLC 708289813), p. 41-62.
  10. ↑ Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, Hyères, , p. 21-22. Denis ne cite pas de source et suit vraisemblablement César de Nostredame, Histoire et chronique de Provence (1614).
  11. 1 2 Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, Hyères, , p. 41-43 (traduction de l'acte du 14 septembre 1257).
  12. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 298, citées par Édouard Baratier, Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278), Paris, Bibliothèque nationale, , p. 161, n. 3.
  13. ↑ Jean de Joinville, Histoire de Saint Louis, Paris, Veuve Jules Renouard (Société de l'histoire de France), , p. 233 :
    « [un port] qui estoit a dous lieue d'un chastel que on appeloit Yères »
    .
  14. ↑ David Ollivier, « La tour du Gapeau et la défense de la rade d'Hyères à la fin du Moyen Âge », dans De la guerre à la paix en Méditerranée médiévale, Presses universitaires de Provence, (lire en ligne), p. 127-137.
  15. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 361, pièce 1.
  16. ↑ « Trois mois pour fortifier la côte »
  17. ↑ « Les châtelains d'Hyères (1257-1482) »
  18. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103.
  19. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1191
  20. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 11 ; B 12, f° 154 (Jean de Villart, vice-châtelain en 1441).
  21. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 15, f° 152v-153.
  22. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 13, f° 199-204 ; B 14.
  23. ↑ Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 19, f° 65.
  24. ↑ p.14 in La Provence Moderne de 1481 à 1800 de François-Xavier Emmanuelli, Marie-Hélène Froeschlé-Chopard, Martine Lapied, Michel Terrisse et Martine Vasselin, Ed. Ouest-France, 1991, (ISBN 2-7373-0952-2)
  25. ↑ p.82 in Histoire de la France vol. II Dynasties et révolutions, de 1348 à 1852 sous la direction de Georges Duby, Ed. Larousse, 1971 (ISBN 2-03-519302-8)
  26. ↑ Historique du château.
  27. ↑ Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, , p. 311, 533-534.
  28. ↑ Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, , p. 534.
  29. 1 2 3 « Les secrets du château d'Hyères. Révélations archéologiques », sur Ville d'Hyères.
  30. 1 2 Alphonse Denis, Hyères ancien et moderne, , p. 532-533.
  31. ↑ Procès-verbal de la visite des fortifications de Robert de Milet, 20 mars 1323 : les habitants doivent murer la ville ou se retirer « intra fortalicium altius ubi terra fuit primitus » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1103) ; Louis Barthélemy, Procès-verbal de visite, en 1323, des fortifications des côtes de Provence, Paris, Imprimerie nationale, (lire en ligne), p. 39.
  32. ↑ Lettre de Louis II, 24 août 1408, en faveur des habitants demeurant « subtus fortalicium castri nostri dicte ville Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 612).
  33. ↑ Enquête du 24 juin 1369 : Geoffroi Monachi, « vicarius et capitaneus castri Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 1158) ; provision de Nicolas Forbin, 1482 : « capitaneo et custodie fortalicii ville Arearum » (Archives départementales des Bouches-du-Rhône, B 19, f° 65).
  34. ↑ « Maison dite Petit Château Saint-Pierre », notice no IA83000023, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  35. ↑ David Ollivier, « Hyères – Le château. Fouille programmée : Provence-Alpes-Côte d'Azur », Archéologie de la France – Informations,‎ .

Pour approfondir

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Bibliographie

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  • J. Vroomans Leclercq, Histoire et archéologie du Vieux Château d'Hyères, G. Mouton, 1925, 50 pages.
  • Paul Turc, Hyères et les seigneurs de Fos : fin Xe siècle-1257, Centre Archéologique du Var, Société Hyéroise d'Histoire et d'Archéologie, Mémoire à lire, Territoire à l'écoute, 2003, 141 pages. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Le château d'Hyères

Articles connexes

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Liens externes

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