Château du Bouchet (Essonne)
Le château du Bouchet est un château situé dans la commune de Vert-le-Petit dans le département français de l'Essonne, en région Île-de-France. Il est aussi connu sous le nom de château du Bouchet-Valgrand.
| Château du Bouchet-Valgrand | |
| Nom local | Château du Bouchet |
|---|---|
| Destination initiale | Résidence de campagne |
| Destination actuelle | Démoli en 1784 |
| Pays | |
| Région historique | Île-de-France |
| Région | Île-de-France |
| Département | Essonne |
| Commune | Vert-le-Petit |
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Le château a été détruit et son parc a été démembré.
Historique
modifierXVIe siècle
modifierVers le milieu du XVIe siècle, l'hôtel-Dieu de Paris vend les terres qu'il possède sur la paroisse de Verlepetit à Michel Tambonneau, l'un des présidents de la chambre des comptes de Paris[1]. Vers la fin du XVIe siècle ou le début du XVIIe siècle, ses descendants acquièrent des terres et agrandissent le domaine et font construire un château de plaisance. Le bâtiment comporte alors un logis orné de quatre pavillons d'angle. Le château est entouré de douves en eau-vive, alimentées par la Juine.
XVIIe siècle
modifierEn 1637, Pierre Boucher, sieur d’Essonville, contrôleur de l’artillerie à Brétigny, achete le Bouchet à la famille Tambonneau. En 1640, Pierre Boucher échange, avec le prieuré de Longpont, des biens qu’il possède à Brétigny contre ce que les moines détiennent à Verlepetit, dont certains droits féodaux[2]. Il réunit ainsi les fiefs du Bouchet et de Verlepetit. À la fin de l'année 1652, Pierre Boucher décède, criblé de dettes. Sa succession est saisie, en particulier tout ce qu’il possède à Verlepetit, et est adjugée par décret, à Roland Gruyn, fils de Pierre Gruyn, secrétaire du Roi, déjà détenteur de fiefs à Verlegrand. En octobre 1658, Roland Gruyn obtient du roi Louis XIV, l’érection de ses différents fiefs, en « baronnie du Bouchet-Valgrand »[3]. Verlepetit devient, à cette occasion, Valpetit. Le nouveau baron fait réaliser d’importants travaux d’amélioration au château et dans son parc. Quelques années plus tard, il revend « la baronnie du Bouchet avec ses circonstances et dépendances » au prince de Conti et à sa femme, Anne Martinozzi, une des nièces du cardinal Mazarin. Celle-ci l'échange, dès 1670, avec un ancien fidèle de son oncle, Henri de Guénégaud, "cy-devant secrétaire d'État" de la Maison du Roi, et commandeur et garde des sceaux des Ordres du Roi, en semi-disgrâce, contre son gigantesque hôtel parisien, l'ancien hôtel de Nevers. Le magnifique château du Bouchet-Valgrand, que l’on compare alors au premier Versailles, élevé dans un superbe parc de 60 hectares, n'est pourtant pas une demeure à laquelle se soit jamais attachée une famille. Il s’agit d’une résidence campagnarde, pour de riches et puissants seigneurs possédant déjà un grand hôtel particulier à Paris, qui ne font que de courts séjours au Bouchet avant de revendre l’ensemble de la baronnie.
Après la mort de Guénégaud, Abraham Duquesne, lieutenant général des armées navales, devient propriétaire du Bouchet, grâce à une dotation royale de 300 000 livres[4]. Il acquiert la baronnie du Bouchet-Valgrand, et, en récompense des « éminents services rendus à sa majesté », Louis XIV érige la baronnie en marquisat du Quesne, par lettres patentes de février 1682[5]. Malgré ses mérites ainsi reconnus, Abraham Duquesne n'est jamais promu amiral, parce que protestant. N'ayant jamais abjuré, après son décès en 1688, il est enterré secrètement dans le parc de son château du Bouchet, sans aucun monument funéraire[6]. Deux de ses fils émigrent en Suisse ; sa veuve ne peut conserver la propriété qu'au prix de son abjuration. En 1697, la propriété est vendue à Marc-Antoine Bosc, beau-frère d'Henri Duquesne, le fils aîné d’Abraham, qui lui non plus n’en reste pas très longtemps propriétaire, ses biens ayant été saisis pour dettes.
XVIIIe siècle
modifierLe , Le Quesne est une nouvelle fois vendu, sur décret par adjudication. Le nouveau propriétaire, Claude Le Bas de Montargis, époux de Catherine-Henriette Hardouin-Mansart, bénéficie à son tour du titre de marquis du Bouchet-Valgrand par lettres-pattantes d'août 1720[7].Plus attaché à son domaine que la plupart de ses prédécesseurs, il entame une politique d’extension de son marquisat. À son décès, en 1741, celui-ci s’étend des Renouillères à Saint-Vrain, de l’Épine à Itteville et de la ferme de Montaubert à Verlegrand. Sa veuve meurt en 1748, laissant une unique héritière, Anne-Charlotte, épouse de Louis d'Arpajon. Par le mariage de sa petite-fille et unique héritière, Anne Claude Louise d’Arpajon, avec un membre de la famille de Noailles-Mouchy, le marquisat du Bouchet entre alors dans le patrimoine de celle-ci.
Destruction
modifierEn 1784, le château, inhabité depuis des années, est cédé par la famille de Noailles-Mouchy, puis démoli.
Le , le dernier marquis du Bouchet, Philippe de Noailles, duc de Mouchy est guillotiné, ainsi que sa femme. Le marquisat est démembré. Sous le Consulat, à leur retour d'émigration, la famille de Noailles vend le reste de ses biens.
Le Bouchet
modifierLe nom du domaine et de son château a survécu. L'ancien parc du château accueille aux XIXe et XXe siècles des établissements de poudres et d'explosifs, puis des installations militaires.
Architecture
modifierLe premier château comportait un logis central, entouré de quatre pavillons à ses quatre angles.
Parc
modifierLe château était construit à proximité de la Juine, qui alimentait ses douves. Le parc s'étendait sur 60 hectares.
Notes et références
modifier- ↑ Archives nationales, série O¹ et fonds de la Chambre des comptes
- ↑ Jean-Pierre Babelon, Nouveaux hommages rendus à la Chambre de France, Tome 1, Archives nationales, Paris, 1988
- ↑ Éric Thiou, Dictionnaire des titres et terres titrées en France sous l'Ancien Régime, Éditions Mémoire & Documents, 2003, p. 238 (valgrand) ; Une première érection de Verlegrand en baronnie aurait eu lieu en novembre 1648 (enregistré à la CC le 15 décembre) au profit de M. d'Alméras, maître ordinaire à la Chambre des Comptes.
- ↑ Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français
- ↑ Éric Thiou, Dictionnaire des titres et terres titrées en France sous l'Ancien Régime, Éditions Mémoire & Documents, 2003, p. 72 (Duquesne) ; lettres enregistrées au Parlement le 4 septembre 1682, et à la Chambre des Comptes le 27 janvier 1683
- ↑ Jacques Pannier, Les séjours et la sépulture d'Abraham Du Quesne : au Bouchet (1681-1688), Bulletin historique et littéraire, Société de l'Histoire du Protestantisme Français, Vol 48, n° 8/9, du 15 août au 15 septembre 1899, pp.486-493
- ↑ Éric Thiou, Dictionnaire des titres et terres titrées en France sous l'Ancien Régime, Éditions Mémoire & Documents, 2003, p. 72 (Bouchet-Valgrand)