Cimetières de la Guillotière
Les cimetières de la Guillotière sont deux cimetières de la ville de Lyon, situés dans le quartier de la Guillotière, dans les 7e et 8e arrondissements de la ville. Ils ont été fondés au XIXe siècle pour faire face à la pénurie de lieux où enterrer les morts. On distingue le cimetière ancien (ouvert en 1822) et le cimetière nouveau (ouvert en 1859) ; ils sont séparés par le boulevard des Tchécoslovaques, l'avenue Berthelot et la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles.
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| Tombes |
40 000 |
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| Find a Grave |
Histoire
modifierAvant la fin du XVIIe siècle n'existaient à Lyon que des cimetières paroissiaux de taille réduite[1]. En 1695 fut créé, pour accueillir notamment les morts de l'Hôtel-Dieu, le cimetière dit « de la Madeleine ». En 1807, sous le mandat de Nicolas Fay de Sathonay, est créé le cimetière de Loyasse, sur la colline de Fourvière.
Mais ceux-ci restent très insuffisants face aux besoins d'une cité industrielle en expansion démographique rapide.
Lors de la séance du (11 ventôse de l'an III)[2] est décidée la création du cimetière ancien de la Guillotière, 92 boulevard des Tchécoslovaques, dans le lieu-dit Clos Macors (préféré aux Communaux de la Tête d'Or et à la Loge de la Bienfaisance, située aux Brotteaux)[3], sur la commune de La Guillotière, le long de la grand'route de Grenoble. Ce terrain appartenait précédemment à Balthazard Jean Macors ; celui-ci fut condamné à mort, le (15 frimaire de l'an II) par la commission révolutionnaire de Lyon, en tant que contre-révolutionnaire[4].
Cependant, le cimetière n'ouvre qu'en 1822. Lors du rattachement de la commune de La Guillotière à Lyon en 1852, il devient ainsi le principal cimetière de la ville de Lyon. Néanmoins, dès 1854, il s'avère insuffisant. De nouvelles extensions du cimetière de Loyasse sont envisagées, mais c'est finalement ici qu'est ouvert un nouveau cimetière, en , au sud de la route de Grenoble[5]. Les deux cimetières, distant d'une centaine de mètres, sont actuellement séparés par le croisement de l'avenue Berthelot et le faisceau de voies ferrées reliant la gare de la Part-Dieu à celle de Perrache.
D'après un recensement effectué en 1990, les deux cimetières de la Guillotière comptaient à cette date environ 40 000 tombes.
Description
modifierCimetière ancien
modifierLe cimetière ancien ouvre en , son entrée se trouvait à l'origine rue du Repos. Aujourd'hui, son entrée se trouve au 92 boulevard des Tchécoslovaques, dans le 7e arrondissement de Lyon. Il est le plus petit des deux, avec une superficie de 5,4 hectares. Il est délimité par la rue de l’Épargne au nord, le boulevard des Tchécoslovaques à l'est, l'avenue Berthelot au sud et la rue du Repos à l'ouest.
À l'ouest du cimetière, du côté de l'ancienne entrée, l'on trouve les tombes anciennes de familles qui ont marqué l'histoire de la ville. À l'est, du côté de l'entrée actuelle, les sépultures plus modernes datent pour la plupart des années 1980. Ainsi, deux époques, et deux identités s'inscrivent dans un même lieu[6].
Cimetière nouveau
modifierLe cimetière nouveau est créé en . Il est le plus grand cimetière lyonnais avec une superficie de 18 hectares. Son entrée se trouve au 228 avenue Berthelot, dans le 8e arrondissement de Lyon. Il est délimité par l'avenue Berthelot au nord-est, la rue Audibert et Lavirotte au sud-est, la rue Pierre Delore au sud-ouest et la ligne de Paris-Lyon à Marseille-Saint-Charles au nord-ouest. Organisé en allées concentriques par Joseph Gay, plusieurs tombes monumentales ont été construites, notamment : le tombeau des Rancy, circassiens, surmonté de têtes de chevaux ; la chapelle des frères Lumière ; ainsi que des sépultures ornées de statues le long de l'allée centrale menant au crématorium[7].
Il accueille depuis ou (selon les sources) le crématorium de Lyon[8]. Conçu par l'architecte Étienne Curny sous l'impulsion du maire Édouard Herriot, il fait partie de la première génération des crématoriums français et demeure aujourd'hui l'un des plus anciens crématoriums encore en activité en France[9].
Personnalités
modifierDe nombreux Lyonnais célèbres y sont enterrés[10] ; on peut citer :
- dans l'ancien cimetière : le peintre Paul Louis Séraphin Jenoudet († 1886).
- dans le nouveau cimetière : Eugène Vintras prophète autoproclamé († 1875), le peintre Hector Allemand († 1886), le directeur de cirque Théodore Rancy († 1892), le prix Nobel de chimie Victor Grignard († 1935), la « maman des poilus » Clotilde Bizolon († 1940), les frères Auguste († 1954) et Louis Lumière († 1948), le constructeur automobile Marius Berliet († 1949), l'acteur Georges Grey († 1954), le champion de jeu de dames René Fankhauser († 1985), le fondateur du musée automobile de Rochetaillée Henri Malartre († 2005), la pilote de chasse Élisabeth Boselli († 2005), l'animateur de télévision Jacques Martin († 2007).
Galerie
modifier- Le crématorium du nouveau cimetière de la Guillotière.
- Monument aux morts de la guerre de 1870, au nouveau cimetière.
- Monument aux morts italiens de Lyon, lors de la Première Guerre mondiale.
- Tombe Victor Grignard, prix Nobel de chimie.
- Vue du cimetière ancien de la Guillotière.
Notes et références
modifier- ↑ Dans Rive gauche, No 162, de septembre 2002, article d'Henri Hoquiné : Nos vieux cimetières, cité par www.guichetdusavoir.org.
- ↑ Cimetières de France et d’ailleurs] LYON (69) : cimetière de La Guillotière.
- ↑ Dans Mémoires pour servir à l'histoire de la ville de Lyon pendant la Révolution.
- ↑ guillo-m.
- ↑ Hours, Lavigne-Louis et Vallette d'Osia 1996, p. 19.
- ↑ « Cimetière de la Guillotière ancien ».
- ↑ « Cimetière de la Guillotière nouveau ».
- ↑ « Dans les coulisses du chantier de restauration du dôme du crématorium de Lyon », sur mesinfos, (consulté le )
- ↑ « Rénovation du crématorium du cimetière de la Guillotière », sur www.lyon.fr (consulté le )
- ↑ - Les cimetières lyonnais sur le site officiel de la Ville de Lyon.
Annexes
modifierBibliographie
modifier- Dominique Bertin, Guide de Lyon et ses cimetières, Éditions lyonnaises d'art et d'histoire, , 128 p. (ISBN 978-2-84147-309-0).
. - Henri Hours, Maryannick Lavigne-Louis et Marie-Madeleine Vallette d'Osia, Le cimetière de Loyasse, Lyon, Préinventaire des monuments et richesses artistiques, , 526 p. (ISBN 2-910865-03-7).
Articles connexes
modifier- Monument aux morts italiens de Lyon dans le nouveau cimetière.
- Crématorium de Lyon