Cipriano Efisio Oppo

peintre italien

Cipriano Efisio Oppo, né le à Rome et mort le dans la même ville, est un peintre, critique d'art, caricaturiste, scénographe et homme politique italien[1],[n 1].

Cipriano Efisio Oppo
Fonctions
Conseiller à la Chambre des corporations
XXXe législature du royaume d'Italie
-
Député
XXIXe législature du royaume d'Italie
-
Député
XXVIIIe législature du royaume d'Italie
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 70 ans)
Rome (Italie)
Nationalité
Italienne
Formation
Reale Istituto superiore di belle arti, Rome
Activité
Peintre, critique d'art, caricaturiste, scénographe, homme politique
Période d'activité
Autres informations
Parti politique
Membre de

Formé aux beaux-arts à Rome, il débute comme caricaturiste puis comme critique au quotidien L'Idea Nazionale et expose à partir de 1913 aux manifestations de la Sécession romaine. Engagé volontaire en 1914, il est blessé sur le front de l'Isonzo.

Sous le régime fasciste, il occupe une position centrale dans l'organisation de la vie artistique. L'historienne Marla Stone le range, avec Antonio Maraini, parmi les « impresarios-bureaucrates » du régime, dont l'action contrarie le projet de Margherita Sarfatti de faire du Novecento le mouvement artistique national.

Député au Parlement, dirigeant du syndicat fasciste des artistes, académicien d'Italie et responsable de l'E42[Quoi ?], il est le fondateur et le secrétaire général de la Quadriennale de Rome, dont il dirige les quatre premières éditions à partir de 1931. Il mène parallèlement une activité de scénographe pour les principales scènes lyriques italiennes.

Après la guerre, il reprend la peinture et la critique, collaborant à partir de 1946 à plusieurs périodiques, et reparaît comme simple exposant aux Quadriennales de 1948 et de 1951-1952.

Biographie

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Formation et débuts

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Oppo se forme au Reale Istituto superiore di belle arti de Rome, où il entre en contact avec Umberto Boccioni, Mario Sironi et Francesco Trombadori[2],[n 2]. Il est également diplômé en lettres[3].

Il commence à collaborer à L'Idea Nazionale, d'abord comme caricaturiste, puis comme critique d'art[4]. Ses débuts picturaux sont marqués par le symbolisme et le divisionnisme[2].

Il expose à partir de 1913 aux manifestations de la Sécession romaine et constitue, avec d'autres artistes, le Gruppo Moderno Italiano[4].

Engagé volontaire en 1914, il est blessé sur le front de l'Isonzo[4],[2]. De retour à Rome, il se consacre au dessin satirique et à la critique d'art[2].

L'organisation de la vie artistique

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Oppo dirige le Sindacato Fascista degli Artisti, syndicat fasciste des artistes, de 1927 à 1932, avant d'être remplacé par Antonio Maraini. Il est également responsable des expositions organisées par le parti fasciste au Circus Maximus[5],[n 3].

Dans son étude sur le mécénat d'État en Italie fasciste, Marla Stone qualifie Oppo et Maraini d'« impresarios-bureaucrates » du régime. Agissant au sein du parti et tirant parti de leurs fonctions, ils mettent en place un système qui encadrera durablement l'activité des artistes italiens et fait échouer le projet de Margherita Sarfatti, laquelle entendait faire du Novecento le mouvement artistique national[5].

Il exerce successivement les fonctions de député au Parlement, de secrétaire du Directoire national des syndicats des arts plastiques, de secrétaire du Conseil supérieur des beaux-arts et, à partir de 1941, d'académicien d'Italie[6],[4].

En 1932, il assure la direction artistique de l'Exposition de la révolution fasciste[7],[n 2]. En 1937, il est nommé commissaire adjoint pour l'étude du plan directeur de l'E42, exposition universelle prévue à Rome pour 1942, aux côtés des architectes Marcello Piacentini, Luigi Piccinato et Ettore Rossi[8],[n 4].

La Quadriennale

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Oppo fonde la Quadriennale de Rome, dont il devient secrétaire général[4],[n 5]. La première édition se tient au Palazzo delle Esposizioni du au , sous la présidence d'Enrico di San Martino e Valperga[9].

Il dirige les quatre premières éditions[10]. Selon la chronologie établie par l'université de Manchester, la deuxième, en , n'admet aucun groupe artistique constitué à l'exception du futurisme ; la troisième se tient de février à juillet 1939[9].

Il signe également des textes dans les catalogues de la manifestation, dont une présentation de l'exposition posthume consacrée au peintre Scipione lors de la deuxième édition[11].

Le scénographe

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Dans les années 1930, Oppo intensifie son activité de scénographe pour le Teatro dell'Opera de Rome, le Mai musical florentin et La Scala de Milan. Il décore par ailleurs à fresque la Casa Madre dei Mutilati de Rome avec Mario Sironi et Antonio Giuseppe Santagata[8],[n 2].

Après-guerre

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Après la guerre, rentré à Rome, Oppo reparaît uniquement comme peintre à la Rassegna nazionale di arti figurative, nouvelle édition de la Quadriennale romaine, tenue à partir de dans les salles de la Galerie nationale d'art moderne. Il y présente trois tableaux, dont une nature morte aux poissons que le Dizionario biografico degli italiani décrit comme vaguement matissienne[1].

Il est également invité à la sixième édition de la manifestation, tenue entre 1951 et 1952, où il expose deux natures mortes, une vue romaine reproduite au catalogue et un portrait[1].

À partir de 1946, il recommence à publier fréquemment des articles dans divers périodiques, collaborant en particulier à Il Cartiglio et à Il Globo[1].

Il meurt à Rome le [1].

Peinture

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Formé dans le climat de la Sécession romaine, Oppo connaît une première période fauve, à laquelle appartiennent Il ritratto di Rosso di San Secondo et I pesci rossi. Vers 1918, il compte parmi les partisans du retour à la tradition italienne, tout en demeurant attiré par la peinture de l'École de Paris et en particulier par Henri Matisse[7],[n 2]. Le Dizionario biografico relève encore cette référence matissienne dans une toile présentée en 1948[1].

Il participe en 1940 à la Biennale de Venise avec vingt-cinq œuvres[8],[n 2].

Réception

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La position d'Oppo dans le système artistique du régime a fait l'objet de lectures distinctes.

La notice de l'Archivio Biblioteca della Quadriennale le décrit comme la plus haute représentation de la culture artistique nationale auprès du pouvoir politique, tout en le présentant comme un partisan du principe de l'autonomie de l'art à l'égard du système, parvenu à faire aboutir des réformes en ce sens[4].

L'historiographie anglophone insiste pour sa part sur sa fonction d'organisateur du contrôle exercé par le régime sur la vie artistique, à travers le système syndical et la hiérarchie des expositions qui conduisait du niveau local à la Quadriennale puis à la Biennale de Venise[5].

Une notice de maison de ventes relève de son côté l'ouverture dont il fit preuve dans la programmation de la Quadriennale, où trouvèrent place les maîtres reconnus, les jeunes artistes de l'école romaine et les abstraits[2],[n 2].

Ses contemporains lui consacrèrent plusieurs textes : Umberto Boccioni écrivit en 1916 sur ses caricatures et Emilio Cecchi une étude sur sa peinture dans la revue Dedalo en 1927-1928[1].

Notes et références

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  1. ↑ Les sources divergent sur l'année de naissance : les notices marchandes et le Dizionario d'arte Sartori indiquent 1890, tandis que les référentiels d'autorité et le Dizionario biografico degli italiani retiennent 1891.
  2. 1 2 3 4 5 6 Cette notice émane d'une maison de ventes ou d'une galerie présentant par ailleurs des œuvres de l'artiste.
  3. ↑ Les sources divergent sur la nature de cette fonction : l'étude citée le présente comme président du syndicat, tandis que d'autres travaux le désignent comme secrétaire.
  4. ↑ Les sources divergent sur la nature de cette fonction : l'Archivio Biblioteca della Quadriennale le présente comme commissaire de l'E42, le site Archivi del Novecento comme vice-président, la notice de la galerie Berardi comme commissaire adjoint chargé du plan directeur.
  5. ↑ Les sources divergent : l'Archivio Biblioteca della Quadriennale et la chronologie de l'université de Manchester le désignent comme secrétaire général, tandis que l'étude citée le dit président de la Quadriennale à partir de 1929.

Références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 (it) Mattia Patti, « Oppo, Cipriano », sur Dizionario biografico degli italiani, Treccani, (consulté le ).
  2. 1 2 3 4 5 (it) « Cipriano Efisio Oppo — biografia, opere, valutazione », sur Wannenes Art Auctions (consulté le ).
  3. ↑ (it) « Oppo Cipriano Efisio », sur Dizionario d'Arte Sartori (consulté le ).
  4. 1 2 3 4 5 6 (it) « Oppo, Cipriano Efisio », sur Archivio Biblioteca della Quadriennale (consulté le ).
  5. 1 2 3 (en) « « In defence of the decorator » : Giulio Rosso (1897-1976) in Italy in the interwar period », sur Academia.edu (consulté le ), s'appuyant sur Marla Stone, The Patron State, Princeton University Press, 1998.
  6. ↑ (it) « Cipriano Efisio Oppo », sur Archivi del Novecento (consulté le ).
  7. 1 2 (it) « Cipriano Efisio Oppo », sur Wannenes Art Auctions (consulté le ).
  8. 1 2 3 (en) « Cipriano Efisio Oppo », sur Berardi Galleria d'Arte (consulté le ).
  9. 1 2 (en) « Timeline », sur The Dialectics of Modernity, Université de Manchester (consulté le ).
  10. ↑ (it) « Quadriennali », sur Archivio Biblioteca della Quadriennale (consulté le ).
  11. ↑ (en) « Surrealism in Italy ? Sexuality and Urban Space in the Work of Scipione (1904-1933) », Australian and New Zealand Journal of Art, vol. 14, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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