Citadelle de Varsovie

musée militaire

La citadelle de Varsovie est la première partie (chronologiquement) de la forteresse de Varsovie, l'un des complexes d'architecture défensive les plus imposants et les mieux conservés en Pologne. Située au nord de la capitale polonaise, sur une colline qui surplombe la Vistule, cette forteresse en forme de pentagone est entourée d'un profond fossé sec et équipée de centaines de canons.

Citadelle de Varsovie
La citadelle en 2024, vue depuis l'est. Légende : A − Musée de l'Armée polonaise, B − Musée de l'Histoire polonaise (en), C − Musée du Pavillon X, D − Porte des Exécutions.
Présentation
Type
Musée militaire (d), citadelleVoir et modifier les données sur Wikidata
Fondation
Architecte
Johan Jakob von Daehn (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Matériau
Usage
Musée militaire (d), prison, fortificationVoir et modifier les données sur Wikidata
Gestionnaire
Patrimonialité
Monument immobilier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation
Coordonnées
Carte

La citadelle est bâtie par le tsar de Russie Nicolas Ier entre 1832 et 1836 pour renforcer le contrôle des autorités russes sur la ville après la répression de l'insurrection polonaise de [1]. Le tristement célèbre Pavillon X (10) sert de prison et de centre d'exécution. Ce lieu de martyre voit défiler près de 40 000 prisonniers. Plusieurs centaines de détenus y sont exécutés, et des milliers sont déportés en Sibérie. Le lieu symbolise, depuis, la lutte des indépendantistes contre l'occupant russe.

Au XXIe siècle, plusieurs musées d'histoire sont construits sur le site, formant un important complexe muséal en 2024.

Histoire

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Le projet de la construction de la citadelle est confié au général commandant Ivan Dehn. La bâtisse qu'il fait ériger se compose de trois bastions et de deux demi-bastions. Plusieurs portes mènent à l'intérieur : la porte d'Alexandre, appelée aussi la porte de la Nouvelle Ville, la porte de Żoliborz et la porte d'Ivan, appelée aussi la « porte des Exécutions ». Pour sa construction, à laquelle travaillent quelque 2 000 ouvriers russes, on rase une partie de la ville, détruisant maisons et palais et expropriant des milliers d'habitants.

Canons russes dans la citadelle.

Par la volonté du tsar, la construction est réalisée aux frais des habitants de Varsovie. Son coût, évalué à 11 millions de roubles (environ 8,5 tonnes d'or, ou 128 millions d'euros), laisse la ville totalement exsangue. On y installe 555 canons dont les obus ont une portée de 1,5 km et peuvent donc atteindre la Vieille et la Nouvelle Ville. À l'époque, la citadelle n'est pas réellement appelée à jouer un rôle défensif, mais dissuasif.

Les premiers prisonniers qui s'y trouvent dès 1834 sont des militants d'organisations clandestines luttant pour l'indépendance de la Pologne. Les règlements pénitentiaires élaborés à cette époque ont survécu avec des changements mineurs jusqu'en 1915.

Pendant le soulèvement national de , la garnison russe de la citadelle compte 16 000 soldats. Après l'échec de l'insurrection, environ 10 000 insurgés sont arrêtés. Le chef militaire de l'insurrection, Romuald Traugutt, et quatre membres du gouvernement national sont pendus publiquement le .

Les répressions à la suite de la révolution polonaise de 1905 constituent une des périodes les plus tragiques de l'histoire de la citadelle.

Pendant la Première Guerre mondiale, le lieu est occupé par les Allemands et garde son rôle de prison et de centre d'exécution.

En , une dépêche radio en provenance de Varsovie annonce la renaissance de la Pologne et l'instauration d'un gouvernement qui « mettra un terme au règne de la violence pesant depuis cent quarante ans sur le destin national » ; en d'autres termes, le retour du pays sur les cartes de l'Europe dont il fut rayé par l'action conjointe de ses voisins — l'Autriche, la Prusse et la Russie — à la fin du XVIIIe siècle. La dépêche est envoyée depuis la citadelle ; le signataire du texte, le commandant en chef des armées Józef Piłsudski, y a été incarcéré[2].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la citadelle est tenue par la Wehrmacht et les troupes SS et constitue un point fort de soutien pour les autorités allemandes.

Le Pavillon X

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Cimetière symbolique sur les pentes de la citadelle.

Le Pavillon X est le lieu d'une condamnation assurée. Les prisonniers y sont soit pendus, soit envoyés en travaux forcés en Sibérie après une marche de milliers de kilomètres. Sa situation à l'intérieur de l'enceinte de la citadelle rend toute évasion impossible. En contrebas du pavillon et de la porte des Exécutions, se trouve le cimetière des détenus de la citadelle (137 tombes symboliques). C'est là que prirent place à l'époque de nombreuses mises à mort, jusque dans les années 1920.

Les prisonniers célèbres

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Musées

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Pavillon X réaménagé en musée en 1963

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En 1963, date du centenaire de l'Insurrection de Janvier 1863, le Pavillon X et ses environs deviennent accessibles aux visiteurs[3]. À présent, le musée est une filiale du Musée de l'Indépendance[4].

Musée de Katyń (2017)

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Depuis 2017, la citadelle de Varsovie abrite également le musée de Katyń (en), un lieu commémorant le massacre de 21 768 officiers polonais exécutés par la police secrète soviétique en 1940. Il est situé dans la partie sud de la citadelle, à des centaines de kilomètres de l’endroit où furent assassinés les officiers polonais. Les architectes ont utilisé les douves de la citadelle de Varsovie pour évoquer la forêt de Katyń, l'armurerie et l'arsenal de l'ancienne forteresse font le reste.

Le musée traite également de la période post-Katyń où les familles sont empêchées de chercher la vérité sur ce massacre. Les Soviétiques ont toujours nié leur responsabilité. Ce n'est qu'en 1992 que Boris Eltsine reconnaît le massacre de Katyń face à Lech Wałęsa, président de la Pologne et leader du mouvement Solidarność.

Musée de l'Armée polonaise (2023)

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En , le musée de l'Armée polonaise inaugure un nouveau bâtiment dans la citadelle[5].

Musée de l'Histoire polonaise (2023)

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Au début de l'automne 2023, le musée de l'Histoire polonaise (en) est inauguré dans la citadelle[6],[7].

Bibliographie

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Références

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  1. (en) Marek Wyjadłowski, Janusz Kozubal et Wojciech Damsz, « The Historical Earthworks of the Warsaw Citadel », Sustainability, vol. 12, no 18, (ISSN 2071-1050, DOI 10.3390/, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  2. Verax, « Quelques Maitres Du Destin: Iv: Le Maréchal Pilsudski », Revue des Deux Mondes (1829-1971), vol. 46, no 3, , p. 503–522 (ISSN 0035-1962, lire en ligne, consulté le )
  3. Stefan Kienewicz, « Le centenaire de l'insurrection polonaise de 1863 », Revue Historique, vol. 231, no 2, , p. 377–386 (ISSN 0035-3264, lire en ligne, consulté le )
  4. « HISTOIRE – La citadelle de Varsovie et le Pavillon X », sur lepetitjournal.com (consulté le )
  5. (en) « Polish Army Museum reopens in Warsaw’s Citadel », sur Polskie Radio, (consulté le )
  6. Lina Sankari, « Au musée de l'Histoire polonaise, comment Varsovie est devenue la capitale zélée du révisionnisme », L'Humanité, (lire en ligne)
  7. (pl) Rafał Materna, « Zakończenie prac nad budową Muzeum Historii Polski po 14 latach », sur WarszawaInfo.pl, (consulté le )

Voir aussi

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