Citizen Sleeper
Citizen Sleeper (litt. « dormeur citoyen ») est un jeu vidéo de rôle indépendant développé par le studio unipersonnel Jump Over the Age et édité par la société australienne Fellow Traveller. Il sort le sur macOS, Microsoft Windows, Nintendo Switch, Xbox One et Xbox Series et connaît alors un très bon accueil critique, ce qui pousse le studio à publier des versions pour PlayStation 4 et PlayStation 5 le 31 mars 2023. Il s'agit du deuxième jeu de l'auteur britannique Gareth Damian Martin (en), après In Other Waters sorti en 2020[1]. C'est une fiction interactive riche en texte narratif et en dialogues. Une traduction française du titre est sortie le [2],[3].
| Développeur | |
|---|---|
| Éditeur | |
| Distributeur | |
| Réalisateur |
Gareth Damian Martin |
| Scénariste |
Gareth Damian Martin |
| Compositeur |
Amos Roddy |
| Date de sortie |
5 mai 2022 |
|---|
| Genre | |
|---|---|
| Mode de jeu | |
| Plate-forme | |
| Langue | |
| Moteur |
| Évaluation |
PEGI 12 (d) |
|---|---|
| Site web |
| Citizen Sleeper (d) |
|---|
| ||||||||
Une suite, intitulée Citizen Sleeper 2: Starward Vector et s'attachant à d'autres personnages, est annoncée en 2023 puis publiée le .
Trame
modifierScénario
modifierDans Citizen Sleeper, on incarne un « dormeur » (Sleeper), la copie synthétique d'un être humain dont l'esprit a été numérisé et transféré dans un robot pour servir de travailleur à Essen-Arp, une mégacorporation. Le dormeur du joueur a échappé à sa condition de servitude à bord d'un vaisseau spatial et est arrivé sur la station spatiale appelée l'Œil d'Erlin (Erlin's Eye), où il doit se battre pour sa survie et sa liberté. Le joueur rencontre plusieurs personnes différentes qui représentent plusieurs factions et intérêts. Le jeu comprend plusieurs fins possibles selon les choix du joueur.
Contexte
modifierLe jeu se déroule sur une station spatiale en forme de roue appelée l'Œil d'Erlin (Erlin's Eye). Elle est située dans un système solaire nommé Helium System. Elle comporte plusieurs docks d'arrimage et chantiers pouvant accueillir des astronefs d'autres systèmes. Cette station a été abandonnée par l'entreprise qui l'exploitait, Solheim[4]. Plusieurs factions contrôlent la station, dont Havenage, un syndicat qui assume le rôle de gouvernement et maintient l'infrastructure critique, le Yatagan, une organisation mafieuse installée dans le quartier du Lowend[5], et la communauté de Hypha, une coopérative agricole[4].
Personnages
modifier
Emphis est un vendeur de Cuisine de rue rencontré au début du jeu, qui confectionne de délicieux plats à base de légumes et champignons apprêtés dans un wok[6]. Martin précise que ce personnage est inspiré par un vendeur de street food vietnamien apprécié pour ses bánh mì[6], et témoigne de la grande importance accordée à la nourriture dans ce jeu. Les champignons – notamment les girolles et les matsutaké – font de nombreuses apparitions dans le jeu, en référence au livre d'Anna Tsing Le champignon de la fin du monde : sur les possibilités de vie dans les ruines du capitalisme, cité par Martin comme une inspiration majeure du jeu[7],[8].
Sabine est médecin et exerce dans le quartier populaire du Marché lumineux[9]. Anciennement au service d'Essen-Arp, Sabine travaille désormais pour le compte du Yatagan. Sabine est désigné dans le jeu comme une personne non-binaire et adressé par le pronom iel. Selon Martin, ce personnage est inspiré par le film L'Ange ivre d'Akira Kurosawa, qui met en scène un médecin alcoolique dans un quartier pauvre du Tokyo de l'après-guerre[10]. Dans une volonté de faire référence au film noir et au cyberpunk, le style vestimentaire de Sabine est caractérisé par son imperméable transparent, rappelant les costumes du film Blade Runner[10].
Système de jeu
modifierLe jeu incorpore des mécanismes qui sont inspirés par les jeux de rôle sur table. Le créateur cite en particulier Blades in the Dark comme influence[11]. Chaque journée débute par un lancer de dés, qui permet de faire avancer l'intrigue, de survivre et d'échapper à la station[12]. Le joueur peut assigner ces dés à différentes tâches, leur concentration à un endroit induisant généralement de meilleurs résultats. À l'inverse, leur nombre plus faible est généralement utile dans le nuage numérique de la station, qui permet au joueur de recueillir des renseignements sur les activités des différentes factions. Le joueur doit constamment travailler pour se nourrir et entrenir son corps robotique qui se dégrade et nécessite du matériel spécifique pour sa maintenance. Au fur et à mesure que l'état de santé du dormeur se détériore, le nombre de dés actifs diminue, réduisant sa capacité d'action.
Classes de personnage et talents
modifierAu début du jeu, le joueur choisit l'une parmi trois classes de personnage : extracteur (un dormeur endurant travaillant dans l'extraction de ressources), machiniste (capable de réparer les systèmes automatisés) ou opérateur (spécialisé dans les drones et autres engins télécommandés)[13]. Chaque classe se distingue des deux autres par un avantage et une faiblesse désignés parmi les cinq « talents » à disposition. Ceux-ci sont Ingénieur (utilisation de machines et outils), Interface (interfaces numériques), Endurance, Intuition et Assurance. Chaque action dans le jeu est associée à l'un des talents, et le niveau du personnage peut influencer les chances de succès. Durant le cours du jeu, il est possible d'améliorer les talents de son dormeur[14].
Musique
modifierLa musique du jeu est composée par Amos Roddy, déjà compositeur de la bande-son de In Other Waters, le précédent jeu de Martin. Dans sa critique pour le Guardian, Lewis Packwood la décrit comme « superbe » et la compare à la bande-son du film Blade Runner[1].
Accueil
modifierCritique
modifier| Média | Note |
|---|---|
| Canard PC (FR) | 8/10[15] |
| Game Informer (US) | 9/10[16] |
| PC Gamer (UK) | 80/100[17] |
| The Guardian |
| Média | Note |
|---|---|
| Destructoid (US) | 9/10[19] |
| Gamekult (FR) | 8/10[20] |
| Nintendo Life (UK) | 8/10[21] |
| Média | Note |
|---|---|
| Metacritic | 82/100 (PC)[22] 79/100 (PS5)[23] 85/100 (XSX)[24] 81/100 (Switch)[25] |
Citizen Sleeper est très bien reçu par la presse vidéoludique, avec une moyenne de 84/100 et un score de recommandation de 98 % calculés par l'agrégateur OpenCritic[26]. Selon le journaliste Lewis Packwood, l'écriture du jeu est évocatrice et convaincante, et parvient à dépeindre de manière crédible la vie à bord d'une station spatiale[1]. Pour Olivier Bénis, ce jeu « largement célébré par la critique » est « un petit bijou d'écriture » digne des meilleurs romans de science-fiction récents[27][28].
Distinctions
modifierCitizen Sleeper est nommé durant les BAFTA Games Awards de 2023 dans quatre catégories : celles du meilleur jeu vidéo narratif, du meilleur jeu britannique, du meilleur « jeu au-delà du divertissement » et de la meilleure œuvre originale[29],[30]. Le titre est également désigné jeu de l'année 2022 par le site TheGamer[31], et il remporte en outre le prix de l'impact social (Social Impact Award) lors des Game Developers Choice Awards de 2023[32].
Postérité
modifierContenus additionnels (DLC)
modifierAprès sa sortie en , le jeu est complété par trois chapitres additionnels : Épisode Un : Flux en [33], Refuge en [34], et Purge en [35].
Selon Nicole Clark, le chapitre Flux amène de nouveaux enjeux, avec l'arrivée d'une flotte de vaisseaux transportant des réfugiés du système Helion. Dans ces trois chapitres, les décisions du joueur ont des conséquences pour tous les habitants de la station[33].
Éditions
modifierL'éditeur britannique Lost in Cult mène de mai à un financement participatif pour éditer des produits liés à Citizen Sleeper : un artbook mettant en valeur les illustrations du jeu, un double vinyle comportant la bande-son, et un jeu de rôle solo intitulé Cycles of the Eye, accompagné de 78 cartes de tarot, co-écrit par Gareth Damian Martin et Alfred Valley[36],[11].
En , l'éditeur Fangamer annonce une édition physique de Citizen Sleeper pour Nintendo Switch pour le [37]. Cette édition est accompagnée d'autocollants, de cartes illustrées, et d'un poster montrant un plan de la station de l'Œil d'Erlin[38].
Citizen Sleeper 2
modifierUne suite, intitulée Citizen Sleeper 2: Starward Vector et s'attachant à d'autres personnages, est annoncée être en développement en 2023[39]. Gareth Damian Martin s'entoure à nouveau du compositeur Amos Roddy et de l'illustrateur Guillaume Singelin. Starward Vector n'est pas une continuation directe de Citizen Sleeper, mais se situe dans le même univers (le système Helion). Dans cette nouvelle aventure, le joueur – un autre Dormeur – doit constituer un équipage pour effectuer des missions dans la ceinture d'astéroïdes nommée Starward Belt[39]. Une démo de Citizen Sleeper 2 est mise à disposition de la presse en [40],[41],[42], et rendue accessible au public en sur la plateforme Steam[43]. En , Suncatchers, un premier single de la bande-son composée par Amos Roddy est publié[44].
Références
modifier- 1 2 3 Packwood 2022. Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : le nom « Packwood2022 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. - ↑ Cael, « Citizen Sleeper : la traduction française datée au 1er février », sur Gamekult, (consulté le ).
- ↑ Volu 2024.
- 1 2 (en) Keitha Sims-Korba, « Citizen Sleeper: Most Interesting Quests », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) Megan Bidmead, « Citizen Sleeper: How To Make Money Fast », sur Game Rant, (consulté le ).
- 1 2 (en) Meg Pelliccio, « Citizen Sleeper Dev On Creating Characters That Resonate With Everyone », sur TheGamer, (consulté le )
- ↑ (en) SeaHymn, « Don’t Go Hungry on Erlin’s Eye », sur Counter Arts, (consulté le )
- ↑ (en) Dr. Joost Vervoort, « The mushroom at the end of the universe: feeling Citizen Sleeper », sur Anticiplay, An NWO Vidi research project, (consulté le ) : « The resonance is not just thematic. It’s also quite literal. There are Matsutake mushrooms on Erlin’s Eye, along with a number of other species. Fungal cuisine is important to the vibe of the station; and fungal ecology becomes much, much more important. »
- ↑ (en-US) Alexis Ong, « Citizen Sleeper uses tabletop mechanics to play with the sci-fi RPG format », sur Polygon, (consulté le )
- 1 2 (en) Ewan Wilson, Citizen Sleeper: Design Works, Lost in Cult, , 250 p. (ISBN 978-1-3999-9465-1)
- 1 2 (en) Matt Jarvis, « Indie video game gem Citizen Sleeper is being turned into a single-player tabletop RPG », sur Dicebreaker, (consulté le ).
- ↑ (en) Jody Macgregor, « Citizen Sleeper review », sur PC Gamer, (consulté le )
- ↑ (en) Jessica Filby, « Citizen Sleeper: Every Class, Ranked », sur TheGamer, (consulté le )
- ↑ (en) Megan Bidmead, « Citizen Sleeper: Guide To Classes », sur Game Rant, (consulté le )
- ↑ « Citizen Sleeper », sur Canard PC, (consulté le ).
- ↑ Wesley LeBlanc, « Citizen Sleeper Review - A Sleeper Hit », sur Game Informer, (consulté le ).
- ↑ Jody Macgregor, « Citizen Sleeper review - Wake up! Time to dice. », sur PC Gamer, (consulté le ).
- ↑ Lewis Packwood, « Citizen Sleeper review – an evocative cyberpunk survival sim », sur The Guardian, (consulté le ).
- ↑ Eric Van Allen, « Review: Citizen Sleeper », sur Destructoid, (consulté le ).
- ↑ Virgile, « Test : Citizen Sleeper, la survie de l'espace », sur Gamekult, (consulté le )
- ↑ Mitch Vogel, « Mini Review: Citizen Sleeper (Switch) - A Tabletop RPG-Inspired Gem You Shouldn't Sleep On », sur Nintendo Life, (consulté le ).
- ↑ (en) « Citizen Sleeper », sur Metacritic (consulté le ).
- ↑ (en) « Citizen Sleeper », sur Metacritic (consulté le ).
- ↑ (en) « Citizen Sleeper », sur Metacritic (consulté le ).
- ↑ (en) « Citizen Sleeper », sur Metacritic (consulté le ).
- ↑ (en) « Citizen Sleeper Reviews »
, sur OpenCritic, (consulté le ) - ↑ Bénis 2024.
- ↑ (en-GB) Lewis Packwood, « Citizen Sleeper review – an evocative cyberpunk survival sim », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « BAFTA announces the nominations for the BAFTA Games Awards 2023 », sur Bafta (consulté le ).
- ↑ (en-GB) « Games Awards - 2023 Results »
, sur BAFTA (consulté le ) - ↑ (en) Stacey Henley, « TheGamer's Game Of The Year - 2022 », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) Edmond Tran, « GDC Awards 2023: Full list of winners and finalists – GamesHub », sur www.gameshub.com, (consulté le ).
- 1 2 (en) Nicole Clark, « Citizen Sleeper’s first DLC recontextualizes the RPG’s tough decisions », sur Polygon, (consulté le ).
- ↑ (en) Ben Sledge, « Citizen Sleeper: Refuge Tells More Great Stories, But Lacks Urgency », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) Ben Sledge, « Citizen Sleeper Purge Review: The End », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) Kaan Serin, « Citizen Sleeper is getting turned into a tabletop RPG », Rock, Paper, Shotgun, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Brian, « Citizen Sleeper getting physical release on Switch », sur Nintendo Everything, (consulté le ).
- ↑ Jump Over the Age, « Citizen Sleeper goes physical! », sur Jump Over the Age Newsletter, (consulté le ).
- 1 2 (en) Katharine Castle, « Citizen Sleeper 2 is real and I couldn't be happier », sur Rock, Paper, Shotgun, .
- ↑ (en) Ben Sledge, « Citizen Sleeper 2: Starward Vector Preview: Don’t Sleep On The Sequel », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) Harvey Randall, « I played Citizen Sleeper 2: Starward Vector and talked to its creator... », PC Gamer, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Georgina Young, « Citizen Sleeper 2: Starward Vector preview: not one to sleep on », sur Video Games On SI, (consulté le ).
- ↑ (en) Tessa Kaur, « PSA: The Sequel To One Of 2022's Best Games Has A Demo On Steam Now », sur TheGamer, (consulté le ).
- ↑ (en) CitizenSleeper, « Amos has just released the first of a series of singles from the game's soundtrack on streaming services », sur X, (consulté le ).
Annexes
modifierSources
modifier- (en) Brendan Caldwell, « Citizen Sleeper review: a stylish machine with a gooey human heart », sur Rock Paper Shotgun, (consulté le ).
- (en) Lewis Packwood, « Citizen Sleeper review – an evocative cyberpunk survival sim », The Guardian, (consulté le ).
- (en) Alexis Ong, « Citizen Sleeper uses tabletop mechanics to play with the sci-fi RPG format », sur Polygon (site web), (consulté le ).
- (en) Joost Vervoort, « The mushroom at the end of the universe: feeling Citizen Sleeper », sur Anticiplay, (consulté le ).
- Atar, « Test de Citizen Sleeper : Réveillez-vous, dormeur! », sur Puissance Nintendo, (consulté le ).
- Olivier Bénis, « Citizen Sleeper, l'un des meilleurs romans de SF récents est un jeu vidéo », sur radiofrance.fr, France Inter, (consulté le ).
- « Critique : Citizen Sleeper, le dormeur s’éveille », sur PlayStation Inside, (consulté le ).
- Volu, « Citizen Sleeper : pour un monde non-binaire », sur Gamejima, (consulté le ).
Liens externes
modifier- (en) Site officiel
- Ressources relatives au jeu vidéo :
- Ressource relative à l'audiovisuel :