Classicisme

mouvement artistique

Le classicisme est un ensemble de mouvements artistiques (picturaux, musicaux et littéraires) et de styles architecturaux. L'adjectif « classique », dont dérive le nom « classicisme », vient du latin « classico » qui signifie « de première classe », « supérieur », « digne de servir de modèle ».

L'art du classicisme se caractérise généralement par son caractère formel et sobre : à propos du Discobole, Sir Kenneth Clark fait remarquer : « Si nous critiquons sa sobriété et sa concision, c'est tout simplement que nous critiquons le classicisme de l'art classique. Une accentuation violente ou une accélération soudaine du mouvement rythmique aurait détruit ces qualités d'équilibre et de plénitude grâce auxquelles cette œuvre a conservé, jusqu'au siècle dernier, sa position d'autorité au sein du répertoire restreint des images visuelles[1]. »

Terme général

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Le classicisme est un courant philosophique spécifique, qui s'exprime dans la littérature, l'architecture, l'art et la musique, dont les origines remontent à la Grèce et à la Rome antiques et qui met l'accent sur la société. Il se manifeste notamment dans le néo-classicisme[2] et le siècle des Lumières.

En histoire de l'art et dans l'historiographie des civilisations, la notion de « classicisme » peut prendre plusieurs sens. Un mouvent artistique peut être qualifiée de classique parce qu'il s'inspire fortement des modèles de l'Antiquité gréco-romaine. Un tel mouvement peut s’inscrire dans une époque délimitée ou traverser différentes époques en parallèle d'autres mouvements. Une époque classique peut aussi désigner un apogée dans l'histoire d'un art ou d'une civilisation dans son ensemble, même sans rapport avec l'Antiquité gréco-romaine, comme c'est le cas du gothique classique ou de l'époque classique de l'Amérique centrale précolombienne. Ces différentes définitions ne s'excluent cependant pas et peuvent s'additionner dans certains cas, comme dans le cas de la Haute Renaissance italienne ou du classicisme français du XVIIe siècle. Il faut aussi noter le cas de l'époque classique de la Grèce antique, considérée comme l'apogée de la civilisation grecque, donc une petite partie de l'histoire de l'Antiquité gréco-romaine qui tient une place jugée centrale pour l'héritage culturel antique. Il existe enfin une autre définition qui consiste à qualifier de « classique » un art savant pris dans son sens le plus large, qui traverse de nombreuses époques et styles différents, comme pour la musique classique, à ne pas confondre avec la période classique qui ne couvre qu'un mouvement de courte durée dans l'histoire de la musique classique.

Dans les arts, ce qui est qualifié de « classique » se rapporte le plus souvent à des arts fondés sur des bases savantes, qui, après avoir atteint un haut niveau de sophistication, ont produit des œuvres marquées par la clarté, l'équilibre, une certaine grandeur, un idéal d'universalité, et considérés effectivement comme des modèles immuables pour les époques suivantes. En dérivé, un style peut être appelé « classicisme » parce qu'il s'inspire des principes d'un art classique du passé, pouvant alors prendre un sens assez proche de celui de l'académisme. C'est dans ce sens qu'il faut comprendre le néo-classicisme qui marque la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle ainsi que certains mouvements des XIXe et XXe siècles.

Domaines

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Apogées de civilisations

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Voir :

  • Époque classique de la Grèce antique (tous les aspects de la civilisation : beaux arts, politique, mythologie, littérature, philosophie, sciences, etc.) ;
  • Époque classique de la civilisation maya ;
  • Époque classique de la civilisation indienne, correspondant à l'empire Gupta.

Architecture

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Le classicisme architectural se développe à l'époque de la Renaissance italienne, notamment à travers les écrits et les dessins de Leon Battista Alberti ainsi que l'œuvre de Filippo Brunelleschi[3].

Les styles d'architecture classique comprennent :

Littérature et beaux-arts

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Voir :

Musique

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Voir :

Philosophie politique

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Le classicisme en philosophie politique remonte aux Grecs de l'Antiquité. La philosophie politique occidentale est souvent attribuée au grand philosophe grec Platon. Bien que la théorie politique de cette époque trouve son origine chez Platon, elle se complexifie rapidement lorsque l'élève de Platon, Aristote, formule ses propres idées[4].

Cependant, Platon et Aristote ne constituent pas le terreau, mais simplement les graines issues d’un terreau formé par leurs prédécesseurs politiques, qui avaient débattu de ce sujet pendant des siècles avant eux. Par exemple, Hérodote a esquissé un débat entre Thésée, un roi de l'époque, et le messager de Créon. Ce débat met simplement en lumière les partisans de la démocratie, de la monarchie et de l'oligarchie, ainsi que leur point de vue respectif sur ces formes de gouvernement. L'esquisse d'Hérodote n'est qu'un des premiers terreaux à partir desquels Platon et Aristote développent leurs propres théories politiques[4].

Théâtre

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Les dramaturges classiques comprennent notamment Pierre Corneille, Jean Racine et Molière. À l'époque du romantisme, Shakespeare, qui ne respectait aucune des règles classiques, devient le centre d'un débat français sur ces règles, débat dans lequel les romantiques finissent par l'emporter ; Victor Hugo est l'un des premiers dramaturges français à rompre avec ces conventions[5].

L'influence de ces règles françaises sur les dramaturges d'autres pays est sujette à débat. Au théâtre anglais, les dramaturges de la Restauration, tels que William Wycherley et William Congreve, les connaissaient sans doute bien. William Shakespeare et ses contemporains ne suivent pas cette philosophie classiciste, notamment parce qu'ils ne sont pas français, mais aussi parce qu'ils ont écrit plusieurs décennies avant que ces règles ne soient établies. Les pièces de Shakespeare qui semblent respecter les unités, comme La Tempête[6], témoignent probablement d'une bonne connaissance des modèles réels issus de l'Antiquité classique.

Notes et références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Classicism » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ R. W. Caves, Encyclopedia of the City, Routledge, , 112 p.
  2. ↑ (en) « What Was Neo-Classicism? », Journal of British Studies, vol. 9, no 1,‎ , p. 49–70 (DOI 10.1086/385580, JSTOR 175167, S2CID 144293227).
  3. ↑ (en) Department of European Paintings, « Architecture in Renaissance Italy », sur metmuseum.org, (consulté le ).
  4. 1 2 (en) Daniel Devereux, « Classical Political Philosophy: Plato and Aristotle », Oxford Handbooks Online,‎ (DOI 10.1093/oxfordhb/9780199238804.003.0007, lire en ligne Accès payant).
  5. ↑ (en) Suzanne Nash, « Casting Hugo into History », Nineteenth-Century French Studies, vol. 35, no 1,‎ , p. 189–205 (ISSN 0146-7891, JSTOR 23538386).
  6. ↑ Robert B. Pierce, « Understanding "The Tempest" », New Literary History, vol. 30, no 2,‎ , p. 373–388 (DOI 10.1353/nlh.1999.0028, JSTOR 20057542, S2CID 144654529).

Annexes

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Bibliographie

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  • (en) Craig Kallendorf, A Companion to the Classical Tradition, Blackwell Publishing, (ISBN 9781405122948, lire en ligne). Essais de différents auteurs sur des sujts traitant de périodes historiques, endroits et thèmes.

Liens externes

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