L'Anthurus d'Archer, Clathrus archeri (anciennement Anthurus archeri), est une espèce de champignonsbasidiomycètes de l'ordre des Phallales et de la famille des phallacées. Originaire d'Australasie, cette espèce est considérée comme invasive en Europe et en Amériques.
Cette espèce fongique porte plusieurs noms vernaculaires: «Doigts du diable», «Pieuvre des bois» et «Champignon-pieuvre», traduction littérale de l'allemand «Tintenfischpilz»[3].
Anthurus d'Archer à l'état juvénile.Anthurus d'Archer.
D'origine australienne ou néo-zélandaise, l'Anthurus d'Archer aurait été introduit en France dans la région bordelaise puis près des filatures de Raon-l'Étape dans les Vosges avec des laines débarquées de l'hémisphère sud. À moins qu'il ne soit apparu dans la région de Saint-Dié pendant la Première Guerre mondiale par l'intermédiaire des chevaux des soldats australiens et de leur fourrage, ou plus simplement transporté par les bottes des soldats. Ce champignon se serait ensuite répandu en Lorraine puis au Grand-Duché de Luxembourg[4]. En Belgique, il est signalé pour la première fois en forêt de Soignes sur un talus au pied de hêtres non loin de l’étang des Enfants Noyés, à Boitsfort[5].
Son extension se serait faite à travers toute l'Europe à partir de ces deux pôles, bordelais et vosgien. Étant donné l'étendue de l'aire qu'il a colonisé en quelques décennies, il est considéré comme une espèce envahissante[5].
Tout d'abord enfermé dans un œuf blanchâtre, le sporophore se déploie en 4 à 8 bras de couleur rouge, couverts de restes de gléba, et ressemble alors à un poulpe.
Il dégage une odeur nauséabonde[7] d'excréments ou de charogne[8]. Comme la plupart des champignons de l'ordre des phallales, et comme les fleurs cadavres, cette odeur putride lui permet d'attirer les insectes nécrophages qui dispersent ses spores principalement par zoochorie[9]. Cette caractéristique fait qu'il est classifié comme étant non-comestible. Il n'a cependant aucune toxicité et, à l'état d'œuf, il est très nettement moins odorant.
On trouve ce champignon l'été et l'automne dans les bois clairs de feuillus, plus rarement dans des forêts de conifères, et parfois dans les prairies humides.
Le Clathre calamar (Pseudocolus fusiformis)Le Clathre calamar (Pseudocolus fusiformis), qui est très rare mais assez ressemblant, cependant ses tentacules se limitent généralement au nombre de 3 et restent soudés entre eux à leur toute extrémité supérieure, de sorte qu'ils ne se déploient pas et forment une structure élancée verticale (alors que pour ceux de C. archeri, bien que passant par ce stade, ces derniers finissent toujours par se séparer pour aller s'étaler en étoile).
Le Clathre en anémone (Aseroe rubra)Le Clathre en anémone (Aseroe rubra), qui est aussi très rare, mais il est soutenu par un pied assez élancé et qui s'ouvre en étoile avec 6 à 10 tentacules, avec chaque tentacule bifide (divisé en deux à la manière d'une fourche).
Le Clathre rouge (Clathrus ruber), qui est quant à lui très commun mais qui est peu ressemblant. Il prend la forme d'une cage fermée aux ouvertures polygonales.
↑Jakob Schlittler, Les champignons sans lamelles, Editions Silva, , p.131
↑Parent, Georges H; Thoen, Daniel; Calonge, Frederico D., «Nouvelles données sur la répartition de Clathrus archeri, en particulier dans l'ouest et le sud-ouest de l' Europe», Bulletin trimestriel de la Société mycologique de France, vol.116, no3, , p.241-266
12Pierre Piérart, «À propos de quelques espèces de champignons invasifs», Bulletin du Centre d'écologie appliquée du Hainaut, vol.58, (commander en ligne)
↑(en) Arora, D., & Burk, W. R., «Clathrus archeri, a stinkhorn new to North America.», Mycologia, vol.74, no3, , p.501-504 (DOI10.1080/00275514.1982.12021535)
↑Stucker Pierre, «Étude chimique de l'odeur de deux gastéromycètes: Phallus impudicus L. et Anthurus archeri E. Fisch», Éditeur inconnu,
↑(en) Johnson S.D & Jürgens A, «Convergent evolution of carrion and faecal scent mimicry in fly-pollinated angiosperm flowers and a stinkhorn fungus», South African Journal of Botany, vol.76, no4, , p.796-807 (DOI10.1016/j.sajb.2010.07.012)
↑(en) Anna-Karin Borg-Karlson, Finn O. Englund, C.Rikard Unelius, «Dimethyl oligosulphides, major volatiles released from Sauromatum guttatum and Phallus impudicus», Phytochemistry, vol.35, no2, , p.321-323.
Burk, W. R., Flegler, S. L., & Hess, W. M. (1982). Ultrastructural studies of Clathraceae and Phallaceae (Gasteromycetes) spores. Mycologia, 74(1), 166-168 |résumé.
PARENT G.H, THOEN D & CALONGE F.D (2000) Nouvelles données sur la répartition de Clathrus archeri, en particulier dans l'ouest et le sud-ouest de l'Europe. Bulletin trimestriel de la Société mycologique de France, 116(3), 241-266.
Stengl-Rejthar, A., & Wojewoda, W. (1985). Expansion of the fungus Clathrus archeri (Berk.) Dring (Gasteromycetes) in Europe and Poland. Zeszyty Naukowe Uniwersytetu Jagielońskiego. Prace Botaniczne, 13, 105-110.