Claude-Louis Bouchard de la Poterie

Claude-Louis Bouchard de la Poterie est un militaire français né le à Château-Gontier et mort le à Athée.

Claude-Louis Bouchard de la Poterie
Biographie
Naissance
Décès

Biographie

modifier

Origine

modifier

La famille Bouchard de la Poterie, est une famille qui se rattache sans doute pour l'Abbé Angot aux Bouchard des Moriers, d'Angers[1]. Elle est d'abord établie[2] à Saint-Denis-d'Anjou à partir de la deuxième moitié du XVIe siècle[a].

Il est le fils de Claude-Mathieu Bouchard[b] et de Gabrielle Quentin[c]. Claude-Mathieu Bouchard fit la grande fortune de la famille en passant aux Iles[2], c'est-à-dire pour ce qui le concerne à la Martinique[d]. Rentré en France avec une grande fortune pécuniaire[1], il achète en 1755[3] les seigneuries du Coudray, de Laigné, de Livré, d'Athée, et de Chauvigny, aux pays de Château-Gontier et de Craon[2]. Claude-Mathieu Bouchard laissa[1] : Claude-Louis, † à Marie-Galante,  ; deux filles mariées à Claude-Augustin Bourdon de Gramont et à Gabriel de Rasilly, et Claude-Louis le jeune, marié à Aimable-Gabrielle de Rasilly, par contrat du .

La famille Bouchard de la Poterie, établie en Anjou en en Guadeloupe avait été anoblie en 1738 par achat de charge selon d'Hozier. Les armes de la famille Bouchard de la Poterie sont d'azur à deux lions passants, l'un sur l'autre[1].

Révolution française

modifier

Claude-Louis Bouchard est capitaine commandant, puis chef de bataillon au Régiment de Beauvoisis, en Corse, 1788.

Il accepta en 1790 le grade de colonel dans la Garde nationale de Château-Gontier. Le colonel Charles Gaspard Élisabeth Joseph de Bailly cite, dans ses Mémoires, M. Poterie de la Girouardière parmi les officiers qui empêchèrent la garnison révoltée de Nancy de massacrer le général de Malesaigne lors de l'Affaire de Nancy, en 1790. L'Abbé Angot s'interroge pour savoir si c'est Bouchard de la Poterie[1]. Il adressa de Château-Gontier, le , à la Gazette de Paris une lettre[e] où il énumère les méfaits de la Révolution française et demande la conservation de la noblesse héréditaire[1]. Il émigra en 1791, servit dans l'Armée des émigrés[1].

Sa mère, emprisonnée à Laval, fut transférée à Château-Gontier le pour y être surveillée comme parente d'émigré[1]. Claude-Louis Bouchard de la Poterie, qui avait déjà écrit en faveur de la Royauté avant son émigration une brochure a publié une notice[1] sur les événements de l'émigration : Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable à l'armée de Condé[f]. Il rentra en France et participa à la Chouannerie, puis émigra à nouveau.

Réfugié à Saint-Pierre-Montlimart avant son émigration, il y revint à sa rentrée en France, remit un fusil au général Jacques Darnaud (2 germinal an VIII), et espérait être compris dans l'amnistie[1] . Mais une amie l'appelle, il se rend à Anvers, ne trouve personne, revient sans passeport[1] . Il se dit Suisse de Lausanne. La supercherie découverte, Il est transféré à Laval, malade, il est hors d'état d'être interrogé par le juge de paix Moreau, avant le 25 fructidor. François Midy lui fait adresser des pétitions au préfet, au premier consul, à Bernadotte, et le préfet de police signe un arrêté de surveillance, en vendémiaire an IX, pour lui et M. de Champagné. Il y est défendu par François Midy[2] qui obtient son acquittement[g].

Premier Empire

modifier

Claude-Louis Bouchard de la Poterie était chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis et, Rallié, il est président du Canton de Saint-Aignan-sur-Roë sous le Premier Empire. Il est désigné comme un des Grands notables du Premier Empire du département de la Mayenne[4]

Famille

modifier

Il épouse sa cousine Aimable-Gabrielle-Louise de Rasilly, qui est morte en Allemagne en émigration en 1796.

Il avait eu six enfants, dont trois fils :

Publications

modifier
  • Confessions d'un homme qui se reproche d'étranges erreurs et fait d'étranges aveux, par B. P. (Laval, chez la veuve Portier, , 153 p. num. et 2 pages de table in-8).
  • Supplément aux confessions de B. P. par B. P. (Laval, chez la Ve Portier, , 44 pages num. et 1 p. de table, in-8).
  • Nouvelles confessions et nouvelles erreurs (Sans date et sans nom d'imprimeur (fragment : les 16 premières pages seulement) ; cette feuille, in-8, semble avoir servi d'épreuve).
  • Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable à l'armée de son Altesse Sérénissime Mgr le Prince de Condé en 1791, 1792 et 1793. par B. P., ancien chevalier de Saint-Louis (Laval, Ve Portier, décembre 1817 et Paris, Picard, in-8 de 160 pages, plus 2 pages de table. Il existe une autre édition, Paris, 1818).

Notes et références

modifier
  1. Par le mariage de Jean Bouchard avec Joachine Le Pelletier, 1563. Noble homme René Bouchard, sieur de la Motte, porte-manteau de la reine-mère, Marie de Médicis, marié en 1579 à Julienne Jacquelot, dont une fille est baptisée à Saint-Denis-d'Anjou, en 1584, est certainement l'ancêtre de ceux qui se fixèrent au pays de Château-Gontier. Claude Bouchard, son petit-fils, mari de Renée Blanchet, fut sénéchal de Saint-Denis-d'Anjou, 1634, père de Claude Bouchard, receveur des traites à Château-Gontier, qui épousa le 14 janvier 1663 Claude-Marie de Cévillé. Jean-Léonard Bouchard, fils puîné issu de ce mariage, sieur de la Raynière, fut fermier général du marquisat de Château-Gontier. Le fils aîné, René Bouchard, sieur de la Poterie, né à Château-Gontier, le 12 novembre 1668, avocat dans cette ville, 1699, puis doyen, 1712, acheta, en 1738, une charge anoblissante de secrétaire du roi. Il avait épousé Françoise Le Cercler, fille du seigneur de la Gautraie et de Jeanne Dublineau, et mourut le 4 mai 1746.
  2. Fils puîné de René Bouchard, seigneur de la Poterie, né le 5 octobre 1704.
  3. Fille de Claude Quentin, sieur de la Cleulardière, et de Marie Bourra.
  4. Il y épousa Gabrielle Quentin.
  5. Elle est pour l'Abbé Angot en style échevelé et sans suite, c'est-à-dire dans son style ordinaire.
  6. Sur cette brochure, pour le préfet de la Mayenne Charles-Joseph Coster : « Le département ne renferme aucun écrivain livrant ses productions à l'impression. On ne peut appeler écrivain un M. Bouchard de la Poterie, ancien officier émigré, qui a fait imprimer à Laval, dans ces trois mois, un ouvrage sans goût, sans méthode, sans intérêt et sans objet quoiqu'intitulé : Récit de ce qui s'est passé de plus remarquable à l'armée de Condé. Cette brochure n'est qu'un bavardage ennuyeux. M. de la Poterie est, au reste, un excellent homme, fort estimé par son attachement au roi et par une conduite honorable sous tous les rapports » (Lettre du 10 janvier 1818 au ministre de l'Intérieur).
  7. En rappelant qu'il avait contribué à la Garde Nationale de Château-Gontier, qu'il s'était conduit en bon patriote même pendant son émigration, en aidant les soldates français vaincus, et surtout les circonstances de son départ, se trouvant en butte aux deux partis, décrié, menacé expliquant sa fuite.
  8. Dans une brochure intitulée : Détails abrégés sur la campagne de Moscou (Paris, Picard-Dubois, 1814, in-8, 63 p.), il défend Napoléon Ier contre ceux qui voulaient le mettre « au niveau des plus grands scélérats », et répond aux pamphlétaires qui représentaient les « vainqueurs de toute l'Europe comme une troupe d'assassins ». Il proteste en même temps de son dévouement à la dynastie des Bourbons.

Références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 « Claude-Louis Bouchard de la Poterie », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. II
  2. 1 2 3 4 François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986, p. 66.
  3. Acte du 31 mai 1755.
  4. François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986.

Bibliographie

modifier