Craon (Mayenne)
| Craon | |
L'église St-Nicolas de Craon | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Pays de la Loire |
| Département | Mayenne |
| Arrondissement | Château-Gontier |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays de Craon (siège) |
| Maire Mandat |
Bertrand de Guébriant 2020-2026 |
| Code postal | 53400 |
| Code commune | 53084 |
| Démographie | |
| Gentilé | Craonnais |
| Population municipale |
4 431 hab. (2023 |
| Densité | 180 hab./km2 |
| Population unité urbaine |
4 858 hab. (2016) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 47° 50′ 53″ nord, 0° 56′ 59″ ouest |
| Altitude | Min. 32 m Max. 83 m |
| Superficie | 24,56 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Craon (ville isolée) |
| Aire d'attraction | Craon (commune-centre) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Château-Gontier-sur-Mayenne-2 |
| Législatives | Deuxième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | ville-craon53.fr |
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Présentation
modifierCraon (prononciation : [kʁã]) est une commune française située dans le département de la Mayenne dans les Pays de la Loire, et peuplée de 4 431 habitants.
Craon se trouve dans la partie occidentale du Haut-Anjou, territoire historique de l'Anjou
Elle est la commune-centre du Pays de Craon.
Toponymie
modifierLe nom de Craon provient de Cravio, forme ancienne attestée par Grégoire de Tours au VIe siècle[1].
Il s'est transformé au cours du Moyen Âge en diverses formes : Gravineum, Cronieneum, Credonium, avant de devenir Craon[2].
Géographie
modifierLocalisation et communes limitrophes
modifierCraon est située dans le Sud-Ouest de la Mayenne dans la province traditionelle de l'Anjou
Les communes limitrophes sont Athée, Denazé, Pommerieux, Chérancé, Bouchamps-lès-Craon, Niafles et Livré-la-Touche.
Urbanisme
modifierOccupation des sols
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A Craon d'après la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), les sols sont composés majoritairement de :
- Territoires agricoles : 80,1 %
- Zones urbanisées : 12,4 %
Histoire
modifierPréhistoire et Antiquité
modifierDe l'époque gallo-romaine, subsiste une inscription au dieu Mars.[réf. nécessaire]
Haut Moyen Âge
modifierAu IXe siècle, à l'époque des guerres entre Francs et Bretons, Craon fut la ville où Lambert, comte de Nantes, se réfugia en 847, à la suite des menaces de Charles le Chauve à son encontre. La sœur de Lambert, Doda, y dirigeait un monastère dédié à Saint Clément. Selon la chronique de Nantes, Craon faisait alors partie du territoire nantais. Lambert s'empara du Mans en 850 et fut tué par le comte du Maine Gausbert, le . Après la défaite de Charles le Chauve face aux Bretons, en 851 le traité d'Angers concède à Erispoë de Bretagne, fils de Nominoë, la possession de tout le territoire du Maine et de l'Anjou jusqu'à la Mayenne : Craon était compris dans cette concession. Le successeur d'Erispoë, Salomon, fut confirmé dans les mêmes droits en 863 par le traité d'Entrammes ; il ne faut cependant pas en conclure que le cours supérieur de la Mayenne était alors la limite de la Bretagne[4][réf. incomplète], d'autant plus que les Bretons durent abandonner ces territoires au début du Xe siècle.
Moyen Âge
modifierCe fut une redoutable forteresse médiévale composée de 27 tours et de 1 600 mètres de murailles, servant à garder la frontière angevine face à la Bretagne. Ce fut une ville marchande très importante (connue pour son fil de lin blanchi) dotée de halles fondées au XIIe siècle et réputées parmi les plus grandes de France. Craon qui fut le siège de la première baronnie d'Anjou était une force politique, judiciaire et religieuse importante, gérant une quarantaine de paroisses.
Au Moyen Âge puis sous l'Ancien Régime, le fief de la baronnie angevine de Craon dépendait de la sénéchaussée principale d'Angers et du pays d'élection de Château-Gontier. La baronnie était qualifiée de « Première baronnie d'Anjou ».

En 1343, le sel devient un monopole d'État par une ordonnance du roi Philippe VI de Valois, qui institue la gabelle, la taxe sur le sel. L’Anjou fait partie des pays de grande gabelle et comprend seize tribunaux spéciaux ou greniers à sel, dont celui de Craon.
XVe et XVIe siècles
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Au XVe siècle, la ville placée aux confins de la Bretagne, duché longtemps allié aux Anglais, devint une place importante à conserver. Les passages des troupes royales et les montres d'hommes d'armes y sont fréquentes. Lors de la huitième guerre de religion, la ville est assiégée par l’armée royale, mais dégagée par les Espagnols débarqués en Bretagne le [5].
Henri IV de France, après être monté sur le trône, fait détruire dans le Comté de Laval un grand nombre de maisons de campagne et châteaux garnis de murs et fossés, petits forts qui auraient pu servir encore de retraite à quelques restes de la Ligue. Les murailles de la ville de Craon qui lui avaient résisté pendant longtemps, et devant lesquelles ses généraux avaient reçu un échec, furent rasées.
Craon, qui était aussi une ville de grenier à sel et d’hôpitaux vit sa puissance décliner avec la Révolution française.
Révolution française
modifierLe 25 messidor an II, la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne s'installe à Craon et, en quelques jours, envoie plusieurs personnes à la guillotine. La Commission Huchedé et de l'accusateur Publicola Garot opère jusqu'au 9 thermidor.
- A Craon, les 25, 27, 28, 29 messidor, les 1, 3 et 6 thermidor (du 13 au 21 juillet)
- 1. Christophe Emger, âgé de 45 ans, du Bas-Maine ;
- 2. Marie Larrau, veuve Guéret, âgée de 27 ans, de l'Ile de Bouin ;
- 3. Pierre Ferré[7], âgé de 38 ans, du Bas-Maine ;
- 4. Jean Ferré, son frère, âgé de 49 ans ;
- 5. Gaspard Beaumier, âgé de 27 ans, id. ;
- 6. Francois Guillet, âgé de 18 ans, id ;
- 7. François Boussicot[8], âgé de 42 ans, id. ;
- 8. André-Jules-César Leclerc de la Ferrière, d'Angers, chevalier de Saint-Louis[9] ;
- 9. Jeanne Boussay, veuve Mahé du Bas-Maine ;
- 10. Charlotte Emger, veuve Marais, id. ;
- 11. Louis Clément, âgé de 24 ans, de Villedieu ;
- 12. Pierre Charron, âgé de 22 ans ; ayant tous les deux combattu pour retablir la royauté ;
- 13. Jean Teillais, âgé de 20 ans, du Maine ;
- 14. Perrine Ferré, âgée de 43 ans, id. ;
- 15. Jean Bouvet, âgé de 24 ans, id. ;
- 16. Mathurin Bodinier, âgé de 25 ans, id. ;
- 17. Alexandre Beaudouin, clerc.
Politique et administration
modifierListe des maires
modifierPopulation et société
modifierDémographie
modifierÉvolution démographique
modifierL'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[16].
En 2023, la commune comptait 4 431 habitants[Note 1], en évolution de −1,69 % par rapport à 2017 (Mayenne : −0,64 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Pyramide des âges
modifierLa population de la commune est relativement âgée
En 2018, le taux de personnes d'un âge inférieur à 30 ans s'élève à 27,3 %. À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 60 ans est de 40,2 % la même année
En 2018, la commune comptait 2 107 hommes pour 2 398 femmes, soit un taux de 53,23 % de femmes, largement supérieur au taux départemental (50,71 %).
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit.
Activité et manifestations
modifierLe marché a lieu tous les lundis matin, réunissant une trentaine de commerçants (fleuristes, galettes, volailles, maraîchers, charcutier, vêtements, lingerie…) sur la place du Maréchal-Leclerc, rue Bethléem, sur les promenades Charles-de-Gaulle et sur la place du Mûrier[20].
Économie
modifier- Race craonnaise de porc.
- Usine Célia de Lactalis (fabrication du Chaussée aux Moines).
Culture locale et patrimoine
modifierLieux et monuments
modifierMonuments historiques
modifierLa commune de Craon compte six monuments historiques.
- Château de Craon, du XVIIIe siècle, construit en pierre blanche de la Loire. Il est environné d'un vaste jardin à la française et d'un parc à l'anglaise de plus de 40 hectares. Il y a aussi une rivière et un grand jardin potager possédant des serres du siècle dernier. L’ensemble est classé et inscrit aux monuments historiques[21]. La chapelle Saint-Eutrope est située dans le parc[21].
- Halles de Craon, en charpente de bois, achevées en 1850 et inscrites au titre des monuments historiques en 1984[22].
- Grenier à sel, rue du Pavé, classé au titre des monuments historiques en 1991[23].
- Grenier à sel, impasse des Onguents, inscrit au titre des monuments historiques en 1989[24].
- Prieuré bénédictin Saint-Clément[25]. Une inscription romaine a été découverte[Quand ?] dans le mur de l'ancienne église de Saint-Clément. Devenu centre culturel, il abritait auparavant une laiterie où fut élaboré un fromage vendu de nos jours sous l'appellation Chaussée aux Moines[26].
- Église Saint-Nicolas, construite dans le style néo-gothique. Ancienne collégiale, église paroissiale depuis 1803, elle est reconstruite en 1855 sur les plans d'Édouard Moll avec des décors peints par Ludovic Alleaume et Ladislas Dymkovski. Quatorze verrières sont l'oeuvre d'Auguste Alleaume[27]. En 2026 elle est inscrite au titre des monuments historiques[28],[29].
Autres monuments
modifier- Maisons à pan de bois, place des Halles.
- Château de la Jacopière.
- Monastère de l'Immaculée-Conception, datant du XVIIe siècle[30].
- Les halles.
- Le château.
- Le grenier à sel de l’impasse des Onguents.
- Le grenier à sel de la rue du Pavé.
- Le hameau de la Puce.
- Monument sur la place du 11-Novembre. Un cheval en tôles de fer soudées.
- Dôme néogothique du monastère de l'Immaculée Conception (XIXe siècle).
- L'église Saint-Nicolas.
- Chapelle de l'hospice de Craon
Personnalités liées à la commune
modifier- Robert de Craon (vers 1100 - 1149), sire de Craon.
- Pierre Le Cornu (mort en 1612), militaire, gouverneur de Craon.
- Anthyme-Denis Cohon (1595 à Craon - 1670), religieux, évêque.
- Bernard Guyard (1601 à Craon - 1674), théologien.
- Pierre-Ambroise de la Forest, marquis d'Armaillé (1734-1806), était également baron de Craon, de Gohort, du Puy-du-Fou et autres lieux et fut l'un des plus importants propriétaires fonciers de l'Anjou. Son grand-père François d'Armaillé (1647-1731) avait été acquéreur de la baronnie de Craon pour la somme de 200 000 livres.
- Louis-François Allard, (1735 à Craon - 1819), médecin et député.
- François-Joachim Esnue-Lavallée (1751 à Craon - 1816), homme politique.
- Joseph Louis Proust (1754-1826), chimiste, a résidé à Craon.
- Volney (1757 à Craon - 1820), écrivain.
- Pierre Bodard de la Jacopière (1758 à Craon - 1826 à Craon), botaniste et médecin.
- Émile Jamet (1799 à Craon - 1871), agriculteur et homme politique.
- Aimée Douaud (1799, 1879 à Craon), plus connue sous le nom de Madame Urbain Chartier, poétesse.
- Ladislas Dymkovski (1847 à Craon - 1927), peintre, musicien et photographe.
- Jules Gabriel Dubois-Menant (1855-1921), artiste, né dans cette ville.
- Prosper Jules Charbonnier (1862 à Craon - 1936), ingénieur-général de la marine, spécialiste de la balistique.
- Ferdinand Le Pelletier (1864 à Craon - 1939 à Craon), homme politique et économiste, fondateur de l'École supérieure des sciences économiques et commerciales.
- Fortuné d'Andigné (1868 - 1935 à Craon), homme politique.
- Louis de Guébriant (1916-2005), journaliste, propriétaire du château de Craon, président de la société des courses de Craon.
- Henri de Gastines (1929-2011), député (1968-2002) et maire de Craon (1977-1989).
Héraldique
modifierVoir aussi
modifierBibliographie
modifier- Craon et ses environs par M. de Bodard de la Jacopière. 1871.
- Michel Lemesle, En Anjou, la bataille de Craon, 23 mai 1592. Editions Régionales de l'Ouest, Mayenne, 2004.
- Hervé Bazin, Vipère au poing, Paris, Grasset, 1948.
- Abbé Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, t. 1, Laval, 1900.
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Notes et références
modifierNotes
modifier- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
modifierRéférences
modifier- Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2013 (site de l'IGN, téléchargement du 19 mars 2014)
- ↑ Grégoire de Tours, Histoire des Francs
- ↑ Didacus Antoine Jérôme Marius de Bodard de La Jacopière, Chroniques craonnaises, (lire en ligne)
- ↑ « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée ».
- ↑ Abbé Angot.
- ↑ Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, présentation en ligne). p. 382.
- ↑ Extraite des Martyrs du Maine, de Théodore Perrin - 1830.
- ↑ Il avait provoqué avec son frère le retour de la tyrannie par le cri infâme de vive le Roi.
- ↑ Ancien canonnier de la marine, nanti de plusieurs fleurs-de-lis et de cinq portraits des anciens tyrans scélérat consommé d'ailleurs par l'ingratitude qu'il a manifestée envers une nation généreuse de qui il venait de recevoir une récompense pour les services civils avait rendus au dernier tyran de la France.
- ↑ Il est condamné pour avoir joué un grand rôle dans le conseil de l'armée vendéenne.
- ↑ Paul Chaineau est nommé maire honoraire, Ouest-France, 16 octobre 2014
- ↑ La fiche de Ferdinand Le Pelletier sur le site de la Société d'économie et de sciences sociales
- ↑ réélection 2008 : Liste des maires de la Mayenne actualisée au 16 septembre 2009, site de la préfecture de la Mayenne, consulté le 19 septembre 2009
- ↑ « Claude Gilet est le nouveau maire avec 20 voix sur 27 au conseil », sur Ouest-france.fr (consulté le ).
- ↑ « Municipales à Craon. Bertrand de Guébriant intronisé nouveau maire », sur Ouest-france.fr (consulté le ).
- ↑ L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
- ↑ Insee, « Évolution et structure de la population en 2018 - Commune de Craon (53084) », (consulté le ).
- ↑ ville.craon53.fr : Marché
- 1 2 Notice no PA00109493, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00109494, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00109635, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00109634, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00109495, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ « Chaussée aux moines - Notre histoire », Chaussée aux moines, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Yves Guillotin, « Collégiale, puis église paroissiale Saint-Nicolas - place Saint-Nicolas, Craon », sur Gertrude Pays de la Loire patrimoines l'inventaire en région, (consulté le ).
- ↑ « En Mayenne, cette église du XIXe siècle est inscrite au titre des Monuments historiques », Ouest-France, .
- ↑ « Église Saint-Nicolas », notice no PA53000044, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ « Monastère de l'Immaculée-Conception de Craon », sur Les Bénédictines de France (consulté le )
