Union républicaine (France)

groupe parlementaire informel de la chambre des députés la Troisième République

Le groupe parlementaire de l'Union républicaine est créé de façon informelle à l'issue des premières élections législatives de la Troisième République, en 1871. Mené à l’Assemblée nationale puis à la Chambre des députés par Léon Gambetta, le groupe disparaît en 1885, avant d’être relancé en 1905 puis 1911, avec une orientation plus centriste. Il existe également un groupe de l’Union républicaine au Sénat de 1876 à la fin de la Troisième République.

Union républicaine
Chambre Assemblée nationale
Chambre des députés
Sénat
Législature(s) Ire, IIe, IIIe, VIIIe, IXe et Xe (Troisième République)
Fondation Chambre des députés :
1871, 1905, 1911
Sénat : 1876
Disparition Chambre des députés :
1885, 1910, 1914
Sénat : 1940
Fusionné dans
Président Léon Gambetta
Positionnement Extrême gauche à gauche (1871-1876)
Gauche (1876-1885)
Centre gauche à Centre (1885-1907)
Centre droit à Centre (1907-1940)
Idéologie Républicanisme
Progressisme
Réformisme
Opportunisme
Libéralisme
Anticléricalisme
Radicalisme (1871-1881)

À l’Assemblée nationale puis à la Chambre des députés

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Aile gauche des républicains en 1871

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En , à ses débuts, le groupe rassemble les républicains radicaux et les républicains modérés opposés à la signature de la paix avec l'Empire allemand. Mené par Gambetta, il compte des figures comme Louis Blanc[1], Victor Hugo, Giuseppe Garibaldi, Edgar Quinet (dans l'ordre d'élection), ainsi que Pierre Waldeck-Rousseau, Alphonse Gent, Émile Littré, Charles Floquet, Georges Clemenceau, Arthur Ranc, Gustave Courbet, Amaury Dréo ou Jacques Duvigneau.

Mouvement de recentrage

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Progressivement, le groupe se rapproche de l'autre tendance des républicains modérés, celle de la Gauche républicaine de Jules Ferry, ce qui entraîne la scission de l'Extrême gauche, regroupant les Radicaux intransigeants derrière Georges Clemenceau, en 1876.

Pendant le ministère Gambetta (1881-1882), est fondé le groupe parlementaire de la Gauche radicale réunissant les « radicaux modérés » qui se détachent alors de l'Union républicaine. À la chute du gouvernement, le groupe compte 174 députés et se transforme en un véritable groupe parlementaire structuré. Elle se définit comme « un groupe de travailleurs indépendants, décidés à mettre les questions de progrès et de réformes au-dessus de toutes les questions de personnes. ». Hervé Mangon est élu à la première présidence et Louis Greppo à la vice-présidence[2].

Disparition en 1885

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Les élections législatives de 1885 marquent un recul important du camp républicain au profit de la droite. L'Union républicaine représente, avec l'Union démocratique, les modérés (ou « opportunistes »). Ceux-ci sont concurrencés sur leur gauche par les radicaux de l'Extrême gauche et de la Gauche radicale. Afin de peser plus à la Chambre des députés, les deux groupes modérés fusionnent avec celui du centre gauche pour former l'Union des gauches.

Dissidences des républicains progressistes

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Union progressiste

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En 1894, le gambettiste Gustave Isambert crée l'Union progressiste, qui se veut l'héritière de l'Union républicaine de 1871-1885.

Union républicaine (1905-1910)

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Le , des dissidents du groupe des républicains progressistes opposés à l'opposition systématique de la Fédération républicaine, créent un nouveau groupe « Union républicaine » afin de se rapprocher de l'Union démocratique, qui a succédé à l'Union progressiste.

Ce deuxième groupe, dirigé par Paul Bignon, Jules Legrand et Émile Coache, est reconduit après les législatives de 1906 et compte une quarantaine de membres (inscrits parallèlement dans d'autres groupes) jusqu'en 1910[3].

Union républicaine (1911-1914)

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Une troisième Union républicaine est créée le par de nouveaux dissidents issus de l'aile gauche des républicains progressistes, hostiles à un rapprochement de la Fédération républicaine avec la droite ralliée. En 1914, la majorité de ses membres forment la Gauche démocratique.

Résultats électoraux

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Année Résultats Sièges +/– Chef de file
Voix % Rang
1871 ? 6,0 5e
38  /  638
en augmentation 38 Léon Gambetta
1876 941 431 12,59 5e
84  /  533
Léon Gambetta
1877 1 009 750 12,47 4e
81  /  533
en diminution 3 Léon Gambetta
1881 1 774 023 25,62 1e
192  /  557
en augmentation 111 Léon Gambetta
1885 1 744 490 22,0 2e
168  /  584
en diminution 24 Henri Brisson
1889 2 974 565 37,4 1er
216  /  578
en augmentation 48 Charles Floquet

Au Sénat

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Un groupe similaire à celui de la Chambre

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De 1876 à 1885, le groupe sénatorial de l'Union républicaine est l'exact équivalent du groupe du même nom à la Chambre. Par la suite, il devient le principal groupe parlementaire des sénateurs de l'Alliance démocratique.

Orientation progressive au centre et à droite

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En 1927, le groupe, présidé par Antony Ratier, compte parmi ses membres des personnalités comme Raymond Poincaré, Paul Doumer, Alexandre Millerand, Frédéric François-Marsal, Justin Germain Casimir de Selves, Hippolyte Morellet.

D'autres sénateurs, proches ou membres de l'AD et issus de la mouvance radicale indépendante, constituent en 1932 le groupe de l'Union démocratique et radicale.

Son orientation devient progressivement libérale et centriste.

Notes et références

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  1. ↑ Michel Winock, Clemenceau, éditions Perrin, 2007, chap. I, p. 20-21
  2. ↑ Grévy, Jérôme., La république des opportunistes, 1870-1885, Paris, Éditions Perrin, , 415 p. (ISBN 2-262-01344-6 et 978-2-262-01344-8, OCLC 40053309), p. 343-344
  3. ↑ Gilles Le Béguec, Les deux scissions du groupe progressiste (1905-1911), Revue du Nord 2007/2 (n° 370) (lire en ligne), p. 361-375