Claude Améganvi

homme politique togolais

Claude Henri Améganvi, né le à Lomé, est un architecte et homme politique togolais.

Claude Améganvi
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
(73 ans)
Lomé
Nationalité
Formation
Activité
Autres informations
Parti politique
Workers' Party (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Militant trotskiste, il dirige le Parti des travailleurs (en) (PT). Opposant aux présidents Gnassingbé Eyadéma puis Faure Gnassingbé, il participe au mouvement démocratique togolais à partir de la fin des années 1970.

Il est délégué à la Conférence nationale souveraine de 1991, puis membre du Haut Conseil de la République, le parlement de transition. Emprisonné en 2002 pour atteinte à l'honneur du chef de l'État, il est alors reconnu comme prisonnier d'opinion par Amnesty International.

Biographie

modifier

Formation et débuts

modifier

Après sa scolarité à Lomé, Claude Améganvi poursuit des études d'architecture à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Il y obtient en 1983 le titre d'architecte diplômé par le gouvernement[1],[2].

À partir de 1977, il participe aux activités de l'Association des étudiants et stagiaires togolais en France (AESTF), affiliée à la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF). Il prend part à l'opposition au régime à parti unique de Gnassingbé Eyadéma.

En 1982, il contribue à la création du bulletin Tribune libre pour la démocratie. En 1988, il participe à la fondation de l'Organisation des travailleurs togolais pour la démocratie (OTTD), dont il devient secrétaire chargé de la coordination en 1991[1],[2].

Parcours

modifier

En avril 1991, après plus de treize années d'exil, Claude Améganvi retourne au Togo. Il participe aux mobilisations en faveur du multipartisme et représente l'OTTD à la Conférence nationale souveraine, organisée du 8 juillet au 28 août 1991.

À l'issue de la conférence, il est élu au Haut Conseil de la République, l'organe législatif chargé d'accompagner la transition politique. Après la crise politique de décembre 1991, il s'exile au Bénin, où il demeure jusqu'en 1997. Durant cette période, il participe à la rédaction de l'ouvrage collectif Stratégie de la terreur[1],[2].

De retour au Togo en 1997, Claude Améganvi participe à la création du Parti des travailleurs (en). Cette organisation est issue de la fusion de l'Organisation des travailleurs togolais pour la démocratie et du Comité provisoire pour une représentation politique des travailleurs[3].

Lors du congrès constitutif de 1998, il est élu coordinateur national du parti[2]. À partir de 2001, il anime aussi le regroupement « Quelle solution pour le Togo ? », engagé contre l'impunité et en faveur de réformes démocratiques[1],[2].

Le , Claude Améganvi est arrêté par les forces de sécurité à la sortie d'un entretien avec le ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation. Au cours de cette rencontre, il avait demandé la libération de deux enseignants membres de « Quelle solution pour le Togo ? », Djoura Tiguéna et Takana Badjessa, arrêtés après avoir distribué des tracts[4],[5].

Il lui est reproché d'avoir transmis au directeur de l'hebdomadaire Nouvel Écho un article affirmant que le président Gnassingbé Eyadéma comptait parmi les personnalités les plus riches du monde. Amnesty International précise que la paternité de cet article avait été revendiquée par une autre personne[6].

Le , il est condamné à quatre mois d'emprisonnement pour « atteinte à l'honneur ». Sa peine est portée à six mois en appel. Amnesty International considère que sa condamnation sanctionne l'exercice pacifique de sa liberté d'expression et le reconnaît comme prisonnier d'opinion[6],[4].

Claude Améganvi est libéré le , après avoir purgé l'intégralité de sa peine[3],[5].

Publication

modifier
  • Stratégie de la terreur, ouvrage collectif, coauteur[1].

Notes et références

modifier
  1. 1 2 3 4 5 « 186 » [archive du ], sur togoinfo.tripod.com (consulté le )
  2. 1 2 3 4 5 « Claude AMEGANVI », sur www.letogolais.com (consulté le )
  3. 1 2 « Politique: » [archive du ], sur www.togo-confidentiel.com (consulté le )
  4. 1 2 Amnesty International, « Togo : Silence, on vote » [PDF], (consulté le ), p. 8-9
  5. 1 2 Jean-Louis Dumont, « Situation des droits de l'homme au Togo : question écrite no 3458 », sur Assemblée nationale française (consulté le )
  6. 1 2 Amnesty International, « Togo : Amnesty International exige la libération immédiate de Claude Améganvi » [PDF], (consulté le )

Voir aussi

modifier