Claudie Duhamel-Amado

historienne française

Claudie Duhamel-Amado, née le , est une historienne médiéviste française.

Claudie Duhamel-Amado
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (89 ans)
Nationalité
Formation
Activités
Historienne médiéviste, chercheuseVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jean Amado (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Directeur de thèse

Pendant la guerre d'Algérie, son soutien au FLN lui vaut d'être condamnée et emprisonnée trois ans. Elle est ensuite une élève de Georges Duby et devient une spécialiste de l'aristocratie médiévale du Languedoc.

Biographie

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Porteuse de valise

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Claudie Duhamel est née le [1]. Elle suit des études d'histoire à l'université d'Aix-en-Provence[2]. En 1960, révoltée par la colonisation qu'elle a connue enfant quand son père travaillait au Maroc[3], elle intègre un réseau de soutien au FLN à Lyon. Elle est arrêtée, incarcérée à la prison Montluc de Lyon le [2]. Elle reçoit alors le soutien de Pierre Vidal-Naquet[4]. Lors de son procès, elle revendique ses choix politiques, affirmant refuser « la complicité avec les colonialistes »[3].

Condamnée à dix ans d'emprisonnement en 1961, elle reste dans cette prison[2] et y poursuit ses études, des professeurs de l'université de Lyon, comme Jean Pouilloux, lui rendant visite[5]. Le Secours populaire français mène campagne pour obtenir sa libération, ainsi que celle de ses co-détenus, Nicole Cadieu et son mari Jean-Jacques Brochier[5]. Ils font partie des neuf porteurs de valises encore emprisonnés un an après le cessez-le-feu en Algérie[6] et restent à la prison Montluc jusqu'à leur grâce obtenue en [5].

Claudie Duhamel se marie en 1965 avec le sculpteur Jean Amado, veuf de Jo Steenackers[7],[8]. Elle est finalement amnistiée en 1966[2].

Historienne de l'aristocratie languedocienne

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En 1994, Claudie Duhamel-Amado soutient sa thèse de doctorat d'État, dirigée par Georges Duby à l'université Paris-IV, sur la famille aristocratique languedocienne : parenté et patrimoine dans les vicomtés de Béziers et d'Agde (900-1170)[9],[10],[11], qui lui a demandé vingt ans de travail. Le premier tome est une synthèse et le second une série de monographies familiales. L'autrice y démontre la continuité des familles aristocratiques du Xe siècle au XIIe siècle, au prix de l'adaptation de la structure parentale, qui passe d'un cousinage lâche à une structure lignagère[11]. Claudie Duhamel-Amado est directrice de recherches au CNRS[12]. En 1997, elle publie un livre sur les troubadours avec la philologue et romaniste Geneviève Brunel-Lobrichon[13].

Dans les controverses des années 1990 sur la mutation féodale lancées par un autre élève de Georges Duby, Dominique Barthélemy[14], Claudie Duhamel-Amado défend une « troisième voie » entre mutations et continuités autour de l'an mil[11]. Dominique Barthélemy l'exprime ainsi : « Les mutationnistes actuels ont plus de raison à se réclamer de Duby dont la thèse (1953) évoque une véritable rupture dans les années qui entourent l'an mil. Toutefois l'enseignement de ce maître été suffisamment nuancé sur ce point pour qu'une autre partie de ses disciples (C. Duhamel-Amado ou moi-même) puisse aussi se réclamer de lui pour plaider non la « mutation » mais l'« ajustement » — ce qui est très différent »[15]. Karl Ferdinand Werner souligne les continuités et « transitions souples » relevées par Claudie Duhamel-Amado, qui traduit le mouvement de l'incastellamento, en italien, par le mot « enchâtellement »[16].

Claudie Duhamel-Amado est une des « très proches élèves » de Georges Duby, selon la formule de Jacques Dalarun[17]. Elle participe notamment à son séminaire organisé à Sénanque[18]. En 1996, du vivant de Georges Duby, elle dirige avec Guy Lobrichon un volume qui lui rend hommage[17],[19],[20],[21]. En 2006, ses collègues lui offrent des Mélanges, ce qui est nettement moins courant pour les femmes que pour les hommes[22].

Principales publications

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Ouvrages personnels

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  • Genèse des lignages méridionaux, t. 1 : L'aristocratie languedocienne du Xe au XIIe siècle, Toulouse, CNRS/Université de Toulouse-Le Mirail, coll. « Méridiennes », , 534 p. (ISBN 978-2-912025-07-4, lire en ligne).
  • Genèse des lignages méridionaux, t. 2 : Portraits de familles, Toulouse, CNRS/Université de Toulouse-Le Mirail, coll. « Méridiennes », , 456 p. (ISBN 9782912025333, lire en ligne).

Ouvrages collectifs

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  • Claudie Duhamel-Amado et Guy Lobrichon (dir.), Georges Duby. L'écriture de l'histoire, Bruxelles, De Boeck, coll. « Bibliothèque du Moyen Âge » (no 6), , 492 p. (ISBN 978-2804120498)[19],[20],[21].
  • Geneviève Brunel-Lobrichon et Claudie Duhamel-Amado, Au temps des troubadours : XIIe – XIIIe siècles, Paris, Hachette, coll. « La vie quotidienne », , 264 p. (ISBN 978-2-01-016423-1)[13].
  • Claudie Duhamel-Amado et Xavier Barral i Altet (dir.), Saint-Guilhem-le-Désert dans l'Europe du haut Moyen Âge : Table ronde d'Août 1998, Saint-Guilhem-le-Désert, Amis de Saint-Guilhem-le-Désert, (ISBN 978-2-9500866-4-8).
  • Martin Gravel, Jean Meyers, Claudie Duhamel-Amado, Emmanuelle Santinelli-Foltz et Danièle Iancu, Dhuoda, belle-fille de saint Guilhem, et autres femmes de caractère au Moyen âge : Actes du colloque tenu le 26 mai 2012 en l'Abbaye de Gellone, dans le cadre de la commémoration du 1200e anniversaire de la mort de Guilhem, Éditions Guilhem, coll. « Série Histoire », , 135 p. (ISBN 979-10-93817-00-2).
  • Claudie Duhamel-Amado, Jean-Lucien Bonillo, Alain Paire et Eve Roy, Jean Amado, sculpteur, 1922-1995 : La vie, la pensée, l'oeuvre complet, Marseille, Éditions Imbernon, (ISBN 978-2-919230-36-5).

Distinctions

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Notes et références

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  1. ↑ « Duhamel-Amado, Claudie (1937-....) », sur BNF Catalogue général.
  2. 1 2 3 4 Marc André, « Claudie Duhamel : regard sur sa jeunesse révoltée et celle de ses “sœurs” algériennes », dans Une prison pour mémoire. Annexes, sources sonores, Lyon, ENS Éditions, (ISBN 979-10-362-0693-1, DOI 10.4000/books.enseditions.47165, lire en ligne).
  3. 1 2 André 2022, p. 223-287.
  4. ↑ André 2022, p. 373.
  5. 1 2 3 André 2022, p. 377-415.
  6. ↑ Hervé Hamon et Patrick Rotman, Les Porteurs de valises : La résistance française à la guerre d'Algérie, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points », (ISBN 978-2-02-006096-7), p. 380.
  7. ↑ Georges Duby, « Amado Jean (1922-1995) », dans Encyclopædia Universalis (lire en ligne).
  8. ↑ « Jean Amado (1922-1995) Céramiste sculpteur français du groupe informel des céramistes aixois », sur Art-Angelux. Histoires de céramiques & céramistes.
  9. ↑ « Claudie Duhamel-Amado La famille aristocratique languedocienne : parenté et patrimoine dans les vicomtés de Béziers et d'Agde (900-1170) », sur theses.fr (consulté le ).
  10. ↑ Martin Aurell, « Claudie Duhamel-Amado. La famille aristocratique languedocienne : parenté et patrimoine dans les vicomtés de Béziers et d'Agde (900-1170) », Revue historique, no 592,‎ , p. 489-493 (lire en ligne).
  11. 1 2 3 Benoît Cursente, « Duhamel-Amado (Claudie), La famille aristocratique languedocienne. Parenté et patrimoine dans les vicomtes de Béziers et d'Agde (900-1170), Université de Paris-IV, 6 février 1995 », Annales du Midi, vol. 107, no 210,‎ , p. 257–260 (lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ Laurent Macé et Marion Gasmand, « Débax (Hélène), Structures féodales dans le Languedoc des Trencavel (XIe – XIIe siècle), Université de Toulouse-Le Mirail, 7 janvier 1997 », Annales du Midi, vol. 109, no 219,‎ , p. 495–500 (lire en ligne, consulté le ).
  13. 1 2 Anne Brenon Riou, « Geneviève Brunel-Lobrichon, Claudie Duhamel-Amado. - Au temps des troubadours, XIIe – XIIIe siècles. Paris, Hachette, La vie quotidienne, 1997 », Heresis : revue d'hérésiologie médiévale, vol. 28,‎ , p. 117–117 (lire en ligne, consulté le ).
  14. ↑ Florian Mazel, « Féodalité », dans Yann Potin et Jean-François Sirinelli, Générations historiennes : XIXe – XXIe siècle, Paris, CNRS éditions, , 800 p. (ISBN 9782271121479), p. 581-592.
  15. ↑ Dominique Barthélemy, « La mutation féodale a-t-elle eu lieu ? (Note critique) », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 47, no 3,‎ , p. 767–777 (ISSN 0395-2649 et 1953-8146, DOI 10.3406/ahess.1992.279072, lire en ligne, consulté le ).
  16. ↑ Karl Ferdinand Werner, Naissance de la noblesse : L'essor des élites politiques en Europe, Paris, Fayard, , 587 p. (ISBN 978-2-213-02148-5), p. 448-450.
  17. 1 2 Jacques Dalarun, « Georges Duby », dans Benoît Pellistrandi (dir.), La historiografía francesa del siglo xx y su acogida en España, Madrid, Casa de Velázquez, coll. « Collection de la Casa de Velázquez » (no 80), , 480 p. (ISBN 978-84-9096-113-1, DOI 10.4000/books.cvz.3151, lire en ligne), p. 3-20.
  18. ↑ Claudie Duhamel-Amado, « Un séminaire : Sénanque », Clio, vol. 8,‎ (ISSN 1252-7017 et 1777-5299, DOI 10.4000/clio.1331, lire en ligne, consulté le ).
  19. 1 2 Michel Parisse, « Claudie Duhamel-Amado et Guy Lobrichon. Georges Duby. L'écriture de l'histoire. Bruxelles, De Boeck Université, 1996 (Bibliothèque du Moyen Âge, 6) », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 41, no 161,‎ , p. 72–72 (lire en ligne, consulté le ).
  20. 1 2 Marcel Pacaut, « L'écriture de l'histoire, sous la responsabilité de Claudie Duhamel-Amado et de Guy Lobrichon », Revue historique, vol. 296, no 1 (599),‎ , p. 185–189 (ISSN 0035-3264, lire en ligne, consulté le ).
  21. 1 2 G. Fouquet, « L'écriture de l'Histoire, (Bibliothèque du Moyen Age 6) », Mediaevistik, vol. 10,‎ , p. 344–345 (ISSN 0934-7453, lire en ligne, consulté le ).
  22. ↑ Robert Boure, « Quand l'Université rend hommage à « ses » morts… », Questions de communication, vol. 35,‎ , p. 195–214 (ISSN 1633-5961 et 2259-8901, DOI 10.4000/questionsdecommunication.19254, lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

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Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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