Clémence Desgranges

collectionneuse d'œuvres d'art

Joséphine Clémence Lecarpentier, veuve Desgranges dite Gisette Desgranges puis Clémence d'Ennery, née le dans l'ancien 5e arrondissement de Paris[1] et morte le dans le 16e arrondissement de Paris[2], est une collectionneuse française, fondatrice du musée d'Ennery.

Clémence d'Ennery
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Joséphine Clémence LecarpentierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Conjoint
Adolphe d'Ennery (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata

Biographie

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Elle est la fille de Armand Louis François Lecarpentier (-?), chef d'escadron de cavalerie) et de Joséphine Amable Cousteau de la Barrère (- ), une collectionneuse de porcelaines et de boites en laques.

Clémence Lecarpentier épouse en 1841 en premières noces l'avocat Charles-François-Xavier Desgranges (1815-1880) qui s'installe en Algérie et dont elle est séparée de corps et de biens en 1844. Veuve le , elle peut dès l'expiration du délai de viduité de trois cents jours légitimer en deuxièmes noces le son union avec le dramaturge Adolphe d'Ennery (1811-1899). Les témoins du mariage sont Félix Duquesnel, Louis Poupart-Davyl, Achille Debacker et Jules Verne[3].

Clémence d'Ennery est célèbre pour avoir collecté de nombreux objets d'art d'Extrême-Orient, principalement des "chimères » chinoises, japonaises et coréennes ainsi que des netsuké qu'elle léguera à l’État, collections qui forment le musée d'Ennery[4],[5]. Ce musée, situé 59, avenue du Bois-de-Boulogne (avenue Foch depuis 1929) dépend dès son origine du Musée Guimet, à l'initiative de Georges Clemenceau, le Musée du Louvre ayant refusé de l'accueillir. À l'occasion de son inauguration le par Gaston Doumergue, alors ministre de l'Instruction Publique, le critique d'art Marius Vachon écrit que « Madame d'Ennery s'attachait toujours à acquérir la pièce dans laquelle l'imagination la plus audacieuse, la plus débridée, la plus truculente, s'est donné libre carrière pour créer l'original, le bizarre, l'étrange, l'excentrique, et surtout l'imprévu »[6].

Clémence d'Ennery meurt le d'une pneumonie[7], laissant son mari donataire de toute sa fortune, par contrat de mariage signé devant notaire à Paris, en 1880. Elle est enterrée au cimetière du Père Lachaise.

Clemence d'Ennery fait partie de ces nombreuses femmes du XIXème siècle "mises à l'ombre par un patriarcat radical"[8]. Les plaidoiries rédigées lors du procès qui a eu lieu à l'occasion de la contestation du dernier testament d'Adolphe d'Ennery donnent de précieuses indications sur sa personnalité et sur son monde[9]. Des travaux récents ont permis de mieux appréhender la personnalité de Clémence d'Ennery et l'importance de sa collection[10],[11].

Filmographie

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Notes et références

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  1. Archives en ligne de Paris, état civil reconstitué (XVIe-1859), fichier de l'état civil reconstitué, vue 11/51
  2. Archives en ligne de Paris, 16e arrondissement, année 1898, acte de décès no 964, cote V4E 10048, vue 11/20.
  3. Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre (suite), in Bulletin de la Société Jules-Verne no 199, novembre 2019, p. 37.
  4. E. Deshayes, Petit guide illustré au Musée d'Ennery, Paris : Ernest Leroux, 1908.
  5. Claire Bommelaer, « Le musée d'Ennery à l'aube d'un bouleversement », Le Figaro, supplément Le Figaro et vous, , p. 35 (lire en ligne).
  6. M. Vachon, « Le Petit journal, », sur Gallica, (consulté le )
  7. Volker Dehs, La Correspondance de Jules Verne avec Adolphe D'Ennery et Cie à propos des Voyages au théâtre (suite), in Bulletin de la Société Jules-Verne no 199, novembre 2019, p. 66.
  8. Régis Confavreux, La Femme sans prénom, Paris, Amazon, , 217 p. (ISBN 978-1728980881, lire en ligne), Quatrième de couverture
  9. « Revue des grands procès contemporains / directeur Gaston Lèbre », sur Gallica, (consulté le )
  10. Elizabeth Emery, ENNERY Clémence d' (FR), Paris, in Collectionneurs, collecteurs et marchands d'art asiatique en France 1700-1939 - INHA, http://agorha.inha.fr/detail/741 (Consulté le 27/05/2026), (lire en ligne)
  11. (en) Elizabeth Emery, Reframing Japonisme: Women and the Asian Art Market in Nineteenth-Century France, 1853–1914, Bloomsbury Visual Arts, , 280 p. (ISBN 978 1350282766)

Bibliographie

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  • C. Valluy, L. Prost, Adolphe Philippe d’Ennery, Collectionneur, 1811-1899, mémoire de l’École du Louvre, 1975.
  • C. Valluy, L. Prost, Histoire d'une collection : le musée d'Ennery, Revue du Louvre et des musées de France no 1, 1977.

Liens externes

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