Clément-Auguste Martin

pilote de course automobile (1902-1991)

Clément-Auguste Martin, né Auguste Martin[1] le dans le 6e arrondissement de Paris et mort le à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), est un mécanicien, concessionnaire et pilote automobile indépendant français.

Clément-Auguste Martin
Description de cette image, également commentée ci-après
C. A. Martin en 1933, aux 24 Heures du Mans.
Biographie
Nom complet Auguste Martin
Date de naissance
Lieu de naissance Paris (6e arrondissement)
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Rueil-Malmaison
Nationalité Drapeau de la France Français
Carrière
Années d'activité Aux alentours des années 1930-1955 en tant que pilote
Qualité Pilote automobile et concessionnaire

Il se distingue pour avoir prolongé l’engagement des voitures Amilcar en compétition durant la période 1930-1950, alors que la marque avait officiellement cessé ses participations sportives.

Biographie

modifier

Jeunesse

modifier

Fils d'un garagiste de Sartrouville[2], Clément-Auguste Martin est initié tôt à la conduite automobile. Enfant, son père le supervise au volant d'une Rochet-Schneider 12 CV adaptée avec des cales en bois pour lui faciliter l'accès aux pédales d'embrayage et de frein.

Il obtient son permis de conduire à l'âge de 17 ans, puis repasse l'examen avec une voiture italienne de 40 CV, ce qui l'autorise à prendre en main des véhicules puissants[3].

En 1922, il entame sa carrière en tant qu'agent commercial pour Amilcar à La Garenne-Colombes[4].

Carrière de pilote et concession automobile

modifier

Dès les années 1930, à l'arrêt du service compétition de l'entreprise, il fonde l'Écurie de l’Ours, aussi appelée l'Équipe de l'Ours Martin[5], et participe à ses premières compétitions en tant que conducteur d'Amilcar à titre privé.

Martin fait ses débuts sur des courses de côtes[4], puis concourt à trois éditions successives des 24 Heures du Mans, à quelques éditions du Bol d'Or, ainsi qu'à certains autres Grands Prix de France. Pilotant majoritairement des voitures de course lors de ses premières années, il se distingue à plusieurs reprises dans la section des petites à moyennes cylindrées. Il décroche notamment la première place de sa catégorie au Bol d'Or en 1931 et 1932, puis en 1952 au volant d'une voiture de sport Simca.

En parallèle, il tient un garage à La Garenne où il travaille en tant que mécanicien et préparateur Amilcar. Dans un souci de fiabilité des véhicules et de conformité au règlement des courses, il optimise plusieurs modèles pour la compétition de vitesse et d'endurance. Il adapte en outre les châssis 6 cylindres appartenant originellement au service compétition de la marque, dont les Amilcar C6, CO, MCO et CGS, en les équipant de moteurs 4 cylindres[4]. Ces voitures modifiées, portant la dénomination « C6/4 » ou « Spécial Martin », sont régulièrement engagées par son équipe et lui-même jusque dans les années 1950.

Quittant la compétition vers les années 1955, Clément-Auguste Martin continue d'exercer dans le domaine automobile jusqu'à sa retraite en tant que concessionnaire-distributeur des marques Amilcar[4] puis Simca[5], toujours à La Garenne. Son activité s'étend à Rueil-Malmaison et Saint-Germain-en-Laye, où il possède un autre garage depuis 1946[2].

Héritage

modifier

Au cours des décennies suivantes, plusieurs de ses véhicules font l'objet d'expositions[6], de restaurations et de reconversions pour mise en circulation sur route. En 2023, une Amilcar blanche de sa manufacture, datant de 1926, est ainsi présentée comme finaliste lors des Royal Automobile Club Historic Awards. Cette voiture, portant le numéro 36 et remise en état par Walter Heale, a été celle engagée lors des 24 Heures du Mans de 1933 par C. A. Martin lui-même[7].

Écurie de l'Ours

modifier

Dès sa création, une mascotte d'ours polaire dessinée par Géo Ham devient l'emblème de l'Écurie de l'Ours. Celle-ci est à quelques occasions illustrée sur les véhicules, les combinaisons des pilotes, mais aussi sur les publicités et cartes de visite des garages tenus par C. A. Martin[8].

Certains des véhicules Amilcar engagés en course sont des anciennes voitures ayant déjà fait leur preuve au nom de l'écurie officielle. C'est notamment le cas de la MCO 1500 de couleur jaune sponsorisée par l'entreprise américaine Thompson Products qui a été pilotée en 1929 par Jules Moriceau lors du 500 miles d'Indianapolis[6].

C. A. Martin, portant l'emblème de l'écurie sur sa combinaison, célèbre la victoire de Jean de Gavardie au Bol d'Or de 1933.

Au cours de son existence, une quinzaine de pilotes concourent au nom de l'écurie sous la direction de Martin. Parmi les conducteurs notables figurent :

Palmarès

modifier

24 Heures du Mans

modifier
Année Rang général Rang par catégorie Écurie Catégorie Voiture Coéquipier n°
1932 8 1 Écurie de l'Ours 751 cm3 à 1100 cm3 Amilcar CO (de) Auguste Bodoignet (de) 29
1933 Dsq.1 8 C. A. Martin 751 cm3 à 1100 cm3 Amilcar CG Spécial Martin Auguste Bodoignet (de) 36
1934 20 12 C. A. Martin 751 cm3 à 1100 cm3 Amilcar CG Spécial Martin Fernand Pousse (de) 42

1. Disqualification pour cause de ravitaillement interdit.

Bol d'Or des automobiles

modifier
Année Rang général Rang par catégorie Catégorie Voiture n°
1930[10] 17 6 Voitures de course, 1100 cm3 Amilcar Spéciale Martin 100
1931[11] ? 1 Voitures de course, 1100 cm3 Amilcar ?
1932[12] ? 1 Voitures de course, 1100 cm3 Amilcar ?
1933[9],[13] Non classé 2 Voitures de course, 1100 cm3 Amilcar 28
1934[14] ? ? ? ? ?
1936[15] 5 3 Voitures de sport, 1100 cm3 Simca-Fiat 25
1952[16] 6 1 Voitures de sport, 1500 cm3 Simca 9 Aronde ?
1955[17] Non parti (rupture du vilebrequin) - ? Simca-Gordini 1GS 73

Autres participations

modifier
Nom de la compétition Année Rang Voiture n°
6 Heures des Routes Pavées[18] 1930 ? Spéciale Martin 54
6 Heures des Routes Pavées[19] 1931 ? Amilcar 56
24 Heures de Spa[20] 1932 Non classé Amilcar C6 ?
Circuit d'Orléans[21] 1933 2e dans la catégorie voitures de course, 1100 cm3 Amilcar ?
Grand Prix de l'Automobile-Club de France[22],[23] 1936 23e au classement général (8e dans la catégorie "petites voitures") Simca-Fiat 6 CV ?
Grand Prix du M.C.F.[24] 1936 ? Simca-Fiat ?
Circuit de Saint-Cloud (Coupe du Conseil Municipal)[25] 1946 Non classé (abandon suite à un accident) Amilcar C6 51
Coupe du Salon[26] 1946 ? ? ?

Galerie

modifier

Notes et références

modifier
  1. ↑ « Auguste Martin », sur deces.matchid.io (consulté le )
  2. 1 2 « Rencontre avec Claude Martin », Auto Passion, no 57,‎ , p. 39
  3. ↑ Selon un témoignage de C. A. Martin dans l'émission documentaire La Merveilleuse Aventure de l'Automobile réalisée par Jacques Broux le 01/01/1991
  4. 1 2 3 4 Sacha, « Retour aux sources ou du coureur C. A. Martin, de ses Amilcar six cylindres à compresseur et de ce qui s'ensuivit », La Vie de l'Auto, no 7,‎ , p. 12-13
  5. 1 2 (en) Chris Martin, Amilcar: The Complete Story, Crowood Press, , 208 p. (ISBN 9780719845116)
  6. 1 2 Gilles Bonnafous, « Avignon Motor Festival 2008 - Amilcar MCO et C6 », sur www.motorlegend.com, (consulté le )
  7. 1 2 (en) « The Amilcar charms in the Rotunda », sur royalautomobileclubhistoricawards.co.uk, (consulté le )
  8. ↑ « Automobiles sur les Champs 4 - Mascotte "Ours Polaire" », vente aux enchères de quelques effets personnels de C. A. Martin, dont la mascotte de l'ours réalisée "sur un dessin de Géo Ham", sur artcurial.com (consulté le )
  9. 1 2 3 « Automobile - Tuyaux et potins », L'Intransigeant,‎ , p. 4 (lire en ligne) :
    « Martin vient d'engager 5 voitures dans le Bol d'Or. Quatre d'entre elles seront pilotées par Martin, Bodoignet, De Gavardie et Poiret. »
  10. ↑ « Le 9e Bol d'Or automobile a remporté un succès considérable », Le Journal,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  11. ↑ « Le Bol d'or des autos à Saint-Germain », Le Matin,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  12. ↑ « La course du Bol d'or », L'Ouest-Éclair, no 12976,‎ , p. 10 (lire en ligne)
  13. ↑ « Les coupes du "Journal" », Le Journal,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  14. ↑ « Les 24 Heures du Mans 1934 », L'Ouest-Éclair,‎ , p. 11 (lire en ligne)
  15. ↑ « Luigi Gordini champion de Saint-Germain au Bol d'Or des automobilistes », Le Matin,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  16. ↑ Jean Chauvet, « Nombreux abandons dans le 24e Bol d'Or où les voitures de petite cylindrée se sont le mieux comportées », L'Équipe, no 1920,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  17. ↑ (en) « Bol d'or 1955 », sur www.racingsportscars.com, (consulté le )
  18. ↑ « Le meeting des Routes Pavées à Lille », L'Œuvre,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  19. ↑ « Le meeting automobile des Routes Pavées », Le Petit Parisien,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  20. ↑ (en) « 24 Hours of Spa-Francorchamps », sur driverdb.com (consulté le )
  21. ↑ « Les résultats du circuit et du rallye d'Orléans », Le Journal,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  22. ↑ « Wimille, à 125 kms de moyenne enlève le Grand Prix de l'A.C.F. », Le Journal,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  23. ↑ « L'équipe Wimille-Sommer gagne le Grand Prix de l'A.C.F. », Le Jour, no 180,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  24. ↑ « Les Grands Prix de France et le championnat national motocycliste », La Dépêche,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  25. ↑ « Saint-Cloud 1946 », Automobile Historique, no 38,‎ , p. 32-33 (lire en ligne)
  26. ↑ « Aux essais Louveau et C.-A. Martin ont été les plus rapides », L'Équipe,‎ (lire en ligne)

Liens externes

modifier