Grande ordonnance de la marine

grande ordonnance royale codifiant les transports maritimes
(Redirigé depuis Code de la marine (1681))

La grande ordonnance de la marine du , aussi appelée code de la marine ou simplement ordonnance royale de , dite aussi ordonnance de Colbert, est une grande ordonnance royale française rédigée le sous le règne de Louis XIV, qui codifie de façon complète les usages en matière de transports maritimes (marine marchande).

Inspirée des coutumes et statuts des Provinces-Unies (Amsterdam et Anvers), elle a été établie sous l'égide de Colbert[1],[2] ; ses principes ont été repris en droit positif en .

Application

modifier

Organisation de l'ordonnance

modifier

L'ordonnance est divisée en cinq livres[3], eux-mêmes subdivisés en plusieurs titres et chapitres :

  1. Des officiers de l'amirauté
  2. Des gens et des bâtiments de mer
  3. Des contrats maritimes, chartes-parties, engagements et loyers des matelots ; prêts à la grosse, assurances, prises
  4. De la police des ports, côtes, rades et rivages
  5. De la pêche en mer

Définition du domaine public maritime

modifier

L'ordonnance de dispose que « sera réputé bord et rivage de la mer tout ce qu'elle couvre et découvre pendant les nouvelles et pleines lunes, et jusqu'où le plus grand flot de mars se peut étendre sur les grèves »[4]. C'était la base même de la notion du domaine public maritime, jusqu'à ce qu'elle soit précisée par l'arrêt Kreitmann du Conseil d'État du qui fixe les limites du domaine maritime « au point jusqu'où les plus hautes mers peuvent s'étendre en l'absence de perturbations météorologiques exceptionnelles[5],[a] ».

Applications connexes

modifier

Le texte réglemente la taille des mailles des filets de pêche, et fixe la période de récolte du goémon[6].

L'ordonnance de ordonne la destruction des pêcheries, des pièges à poissons et des bassins piscicoles qui empiètent illégalement sur le domaine public maritime, ce qui favorisa l'ensablement des estuaires et des marais qui ne furent plus entretenus, l'homme aidant même à leur comblement par des travaux d'assèchement, d'endiguement et de comblement, créant des polders, afin de gagner des terres à l'agriculture[7].

L'ordonnance de prévoit également la légalisation par les consuls français à l'étranger des actes établis par les autorités étrangères.

Avant , l'ordonnance de la marine posait :

« Tous actes expédiés dans les pays étrangers où il y aura des consuls ne feront aucune foi, s'ils ne sont pas par eux légalisés »

L'abrogation de l'ordonnance, incluant les dispositions relatives aux légalisations de documents, aurait peut-être pu faire l'objet d'une erreur[Laquelle ?][8] qui serait partiellement réparée par les dispositions du décret no 2007-1205 du [b] qui fixe les attributions des ambassadeurs et chefs de poste consulaire en matière de légalisation d'actes.

Abrogation

modifier

L'ordonnance de la marine d' a été formellement abrogée par l'article 7 de l'ordonnance no 2006-460 du relative à la partie législative du code général de la propriété des personnes publiques, qui en a toutefois transposé les dispositions relatives à la définition du domaine public maritime, selon l'interprétation faite par l'arrêt Kreitmann, dans l'article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques[c],[d].

Antériorité

modifier

Avant l'ordonnance de , les seuls documents législatifs qui réglaient l'activité maritime étaient :

Commentaires

modifier

Le juriste René-Josué Valin (-) a publié en , en collaboration avec Balthasar-Marie Émérigon, des commentaires sur l'ordonnance de , qui ont fait autorité jusqu'au XIXe siècle.

Références

modifier
  1. Denis Diderot (dir.) et Jean Le Rond d'Alembert (dir.), Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, t. 3, , 1re éd., s.v. « Code de la Marine », p. 580 [lire sur Wikisource].
  2. 1 2 Ordonnance de la marine, du mois d'aoust  : Commentée & conférée avec les anciennes ordonnances, & le droit écrit, avec les nouveaux règlemens concernans la marine (texte intégral de l'ordonnance et commentaire), Paris, Charles Osmont, , [19]−552 p. (lire en ligne).
  3. William Duckett (dir.), Dictionnaire de la conversation et de la lecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, par une société de savants et de gens de lettres, vol. 8, Paris, Firmin Didot, , 2e éd. (BNF 30365302), s.v. « Droit commercial, p. 38 [lire en ligne].
  4. Article 1er, titre VII, livre IV[2].
  5. Bordereaux et Jouffroy 2010.
  6. « . Déjà des quotas de pêche ! », Le Télégramme, (version du sur archive.org).
  7. Robert Gouzien, Le Pays Bigouden, un pays de cocagne ? : essai de restitution du tissu économique, 12e-17e s., à partir du Plomeur d'autrefois, par la toponymie, Plomeur, Kendero, , 176 p. (ISBN 978-2-9541745-0-1).
  8. Bénédicte Vassallo-Pasquet (d), « Rapport de Mme Vassallo, Conseiller rapporteur », Bulletin d'information : Diffusion de jurisprudence, doctrine et communications, Cour de cassation, no 742, , p. 7–20 (lire en ligne [PDF]), III.C.3. « Une abrogation “par mégarde” du principe de la légalisation ou une volonté délibérée de supprimer l'exigence de légalisation ? », p. 15.
  9. Simon Coyac, « L'encadrement juridique du sauvetage en mer », sur Légisplaisance, (première publication le ) (consulté le ).

Sur Légifrance :

Voir aussi

modifier

Bibliographie

modifier

Articles connexes

modifier

Liens externes

modifier