Colette Durruti
Colette Durruti, née le à Barcelone et morte le à Saint-Jean-Pla-de-Corts (Pyrénées-Orientales)[1], est une militante de la mémoire républicaine et une dirigeante d'entreprise franco-espagnole.
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Anastasia Dumange (en) (grand-mère) Santiago Durruti (en) (grand-père) Pedro Durruti (oncle) Rosa Durruti (en) (tante) Manuel Durruti (d) (oncle) |
| Idéologie | |
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| Personne liée |
Teresa Margalef (d) |
Elle est la fille unique de l'homme politique espagnol Buenaventura Durruti (1896-1936) et de la militante française Émilienne Morin (1901-1991), tous deux engagés dans la guerre d'Espagne du côté républicain.
Biographie
modifierFamille et enfance
modifierColette naît à Barcelone sous la République[2], alors que son père Buenaventura Durruti est en prison[3]. La famille vit dans une situation difficile, et les camarades anarchistes doivent organiser une collecte pour aider sa mère Émilienne Morin[4].
Durant son enfance, à la libération de son père, ses parents participent d'une façon égalitaire à la vie du foyer barcelonais et s'aident mutuellement: Buenaventura s'occupe de la maison et de sa fille Colette pendant qu'Émilienne travaille[5].
Guerre d'Espagne
modifierEn juillet 1936, la guerre d'Espagne éclate après le Soulèvement nationaliste des 17 et 18 juillet contre la République. Sa mère Émilienne Morin - dite Mimi-FAI, d'après l'acronyme de la Fédération anarchiste ibérique (FAI) - rejoint la Colonne Durruti, du nom du père de Colette, sur le Front d'Aragon. Colette, alors bébé, est gardée à Barcelone, ville restée fidèle à la République, par la militante Teresa Margalef, amie de la famille, jouant le rôle de nourrice[6].
Le père de Colette part combattre à Madrid pour défendre la capitale face aux nationalistes espagnols, et Colette a cinq ans lorsqu'il meurt sur le front de Madrid[7].
Émilienne Morin écrira une lettre posthume à son compagnon Buenaventura Durruti, intitulée A mi gran ausente (en français : À mon grand absent), publiée à Londres[8] dans le numéro 6 de l'organisation libertaire féministe Mujeres Libres, où elle évoque le futur de la jeune Colette en ces termes[9] :
« He de cumplir también otra misión: la de educar dignamente a nuestra pequeña Colette, tu hija, de la que tan orgulloso estabas. Mi única ambición es hacer de ella una militante que se te parezca tanto en el espíritu como en los rasgos físicos; tú has dejado a la Humanidad un poco de tu carne y de tu sangre: nuestra Colette es una viva reproducción de tu faz enérgica y buena. »
« Je dois aussi accomplir une autre mission : celle d’élever dignement notre petite Colette — ta fille, dont tu étais si fier. Mon unique ambition est de faire d’elle une militante qui te ressemble, tant par l’esprit que par les traits ; tu as laissé à l’humanité une part de ta chair et de ton sang : notre Colette est l’image vivante de ton visage empreint de force et de bonté. »
Lors de la Retirada, à la fin de la guerre et l'arrivée au pouvoir par la force du dictateur Franco, Colette et sa mère doivent s'exiler en France, après une tentative ratée de rejoindre le Mexique. Elles doivent alors, tant bien que mal, survivre à partir de 1940 sous le régime de Vichy, puis dans la France de l'après-guerre, notamment à Paris, au numéro 5 de la villa Stendhal, dans le 20e arrondissement[10].
Colette vit le restant de sa vie en France, dans le Finistère, puis dans les Pyrénées-Orientales.
Après-guerre
modifierEn 1948, à l'âge de 17 ans, pendant les débuts de la dictature, Colette décide néanmoins de revenir pour un court séjour en Espagne, à León, ville historique de la famille Durruti, pour rendre notamment visite à sa tante Rosa Durruti Dumange (en), qu’Émilienne Morin surnommait affectueusement sa « petite sœur ». Les circonstances de ce voyage, après la Seconde Guerre mondiale, restent hostiles dans sa mémoire[11] :
« Je garde un mauvais souvenir de ce voyage. Quand j’ai changé de train à la frontière, j’ai trouvé deux policiers qui m’attendaient à ma place et qui m’ont posé beaucoup de questions. A Madrid, j’ai dû me présenter trois fois à la Direction générale de la sécurité. Ils me suivaient. C’était une provocation constante. »
— Colette Durruti
Elle épouse Roger Marlot[12] et acquiert la nationalité française. Le couple vit d'abord à Casablanca, puis revient s'installer définitivement en France, d'abord à Quimper, en Bretagne, dans le Finistère, où le couple s'établit. Émilienne Morin les rejoint en 1966 pour se rapprocher de sa fille. Elle y finira sa vie[10].
Colette et Roger ont deux fils, Yvon et Rémi. Ce dernier meurt prématurément dans un accident en 1989[13].
Colette, également connue sous le nom de Diana Marlot[14] - à partir du prénom utilisé habituellement par sa mère Émilienne et de son nom marital -, dirige une entreprise de produits laitiers en Bretagne. Une fois retraitée, elle emménage dans le sud de la France, près de sa Catalogne natale, dans les Pyrénées-Orientales[15],[16].
Colette Durruti maintient toute sa vie son engagement républicain[17], et participe au travail de mémoire de ses parents[18], notamment dans les cérémonies commémoratives, en maintenant le contact avec l'environnement militant[19]. Ainsi, le 17 novembre 2019, elle participe à l'hommage aux figures historiques de l'anarchisme - comme son propre père, ou encore Francisco Ascaso et Francisco Ferrer - célébré dans le cimetière de Montjuïc de Barcelone[20].
Décès en 2025
modifierNotes et références
modifier- ↑ « matchID - Moteur de recherche des décès », sur deces.matchid.io (consulté le )
- ↑ « ML - Colette Durruti s’en est allée… », www.monde-libertaire.fr (consulté le )
- ↑ (es) « La carta de Durruti desde la cárcel en 1933 - Rojo y Negro », rojoynegro.info (consulté le )
- ↑ (es) « Fallece Colette Durruti, hija de Buenaventura Durruti – Memoria Libertaria » (consulté le )
- ↑ (es) Felipe Espílez Murciano, « Émilienne Morin, Mimi-FAI », Encima de la niebla, (consulté le )
- ↑ DIMA, « MARGALEF BELTRAN, Teresa [épouse RONCHERA] : Née le 11 novembre 1904 à Benifallet (Tarragone) — décédée le 30 juillet 1999 — MLE — CNT — Barcelone (Catalogne) — Paris — Drancy (Seine-Saint-Denis) », sur militants-anarchistes.info (consulté le )
- ↑ Le Monde Libertaire, « Pour Colette Durruti… », sur Info Libertaire - Actualité militante et info anarchiste, (consulté le )
- ↑ (es) « Émilienne Morin (Vida y obra) », sur SOBRE LA ANARQUÍA Y OTROS TEMAS (VIDA, OBRA Y BIOGRAFIAS DE ACTIVISTAS, LUCHADORAS Y LUCHADORES ANARQUISTAS) II., (consulté le )
- ↑ (es) Felipe Espílez Murciano, « Émilienne Morin, Mimi-FAI », sur Encima de la niebla, (consulté le )
- 1 2 « MORIN Émilienne, Léontine [dite Mimi Durruti] [Dictionnaire des anarchistes] – Maitron » (consulté le )
- ↑ Le Monde Libertaire, « Pour Colette Durruti… », sur Info Libertaire - Actualité militante et info anarchiste, (consulté le )
- ↑ « Avis de décès de Roger MARLOT », avis-deces.midilibre.fr (consulté le )
- ↑ « Colette Durruti (épouse Marlot) s'en est allée - [Les Gimenologues] », sur gimenologues.org (consulté le )
- ↑ « A la mémoire de Colette », sur Le blog de Floréal, (consulté le )
- ↑ (en-US) « Colette Durruti (esposa de Marlot) se ha ido (2025) – Gimenologues – Federación Anarquista » (consulté le )
- ↑ (es) Cuba en Resumen, « Homenaje a la memoria de Durruti: Entrevista a su sobrino Manuel Durruti - Cuba en Resumen », (consulté le )
- ↑ Ministerio de Cultura, « CELULOIDE COLECTIVO », Gobierno de España (consulté le )
- ↑ (ca) « Un documental recollirà la socialització del cinema durant la Guerra Civil », CGT Catalunya, (consulté le )
- ↑ (en-GB) anarchy, « Adios to Colette Durruti », sur Freedom News, (consulté le )
- ↑ (es) « Recordando a Francesc Ferrer i Guardia, Francisco Ascaso y Buenaventura Durruti en el cementerio de Montjuïc - Rojo y Negro », rojoynegro.info (consulté le )
- ↑ « Le Monde Libertaire », sur monde-libertaire.net (consulté le )
- ↑ (es) Rubén Fariñas, « Fallece en Francia la hija del revolucionario leonés Buenaventura Durruti », leonoticias.com, (consulté le )
- ↑ « Avis de décès de Roger MARLOT », sur avis-deces.lindependant.fr (consulté le )
- ↑ (en-US) Libértame, « Colette Durruti (esposa de Marlot) se ha ido (2025) – Gimenologues », sur Federación Anarquista 🏴 Noticias anticapitalistas y informaciones libertarias, (consulté le )
