Collégiale Saint-Hadelin de Celles
La collégiale Saint-Hadelin de Celles est un édifice religieux catholique situé au cœur du village belge de Celles (commune de Houyet) en province de Namur. Construite au XIe siècle, elle constitue un exemple remarquable de l'art mosan. Elle se distingue par la remarquable conservation de ses dispositions architecturales médiévales.
| Collégiale Saint-Hadelin | |
La collégiale Saint-Hadelin, à Celles. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | catholique |
| Dédicataire | Saint Hadelin |
| Type | Église paroissiale |
| Rattachement | Diocèse de Namur |
| Début de la construction | XIe siècle |
| Style dominant | roman |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Ville | Celles |
| Coordonnées | 50° 13′ 44″ nord, 5° 00′ 29″ est |
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Historique
modifierSelon la tradition rapportée dans la documentation patrimoniale, un premier oratoire (oratorium) aurait été fondé vers 670 par saint Hadelin, au fond du vallon de la Lesse. Cette fondation religieuse aurait ensuite accueilli un chapitre de douze chanoines séculiers. Vers 1030-1040, les chanoines entreprennent la construction de l'église actuelle. Celle-ci s'inscrit dans la production architecturale de l'art mosan de l'époque préromane et ottonienne. Elle présente des affinités avec l'ancienne abbatiale d'Hastière, reconstruite vers 1033-1035[1].
En 1338, les chanoines quittent Celles avec leur chapitre pour s'établir à Visé. À la suite de ce départ, l'église perd progressivement de son importance et tombe dans un relatif oubli. Cette situation contribue paradoxalement à la préservation de son architecture médiévale, demeurée presque intacte jusqu'au XIXe siècle. C'est durant ce siècle que s'ajoute la chapelle funéraire de la famille de Beaufort, construite entre 1857 et 1859 contre le croisillon nord, ainsi qu'une sacristie néoromane édifiée en 1905[1].
Description
modifierArchitecture extérieure
modifierL'édifice se caractérise par des volumes sobres, francs et peu articulés, dominés par une tour occidentale massive. Celle-ci, opaque et de forme compacte, présente un caractère défensif qui contraste avec la simplicité générale de la construction[1].
L'architecture témoigne d'une conception où la masse des maçonneries et la sobriété des formes jouent un rôle essentiel. Les murs extérieurs sont rythmés par des arcades aveugles et des lésènes ou pilastres, qui soulignent les volumes sans masquer la structure intérieure[1].
Organisation intérieure
modifierL'église adopte un plan basilical à trois nefs, composées de cinq travées. La nef centrale est séparée des bas-côtés par des piliers à impostes ou des colonnes, tandis que les murs sont percés de fenêtres étroites. La nef est couverte d'une charpente en bois apparente. Le transept, relativement bas, s'inscrit dans la tradition architecturale carolingienne, notamment par sa disposition en prolongement du vaisseau. Sa toiture se prolonge jusqu'au pignon oriental[1].
Le sanctuaire principal, situé à l'est, est voûté en cul-de-four et surmonte une crypte plus vaste, destinée notamment aux sépultures et aux activités liées au pèlerinage. Son abside semi-circulaire est éclairée par des baies qui renforcent la sobriété de l'ensemble. Une seconde crypte, aménagée sous la tour occidentale et remaniée vers 1590-1591, constitue une disposition relativement rare. Dans sa paroi orientale se trouve une niche destinée à recevoir une châsse contenant des reliques[1].
Intérêt architectural
modifierL'intérêt de la collégiale réside dans la conservation de ses dispositions du XIe siècle. L'édifice témoigne de l'évolution de l'architecture mosane : si sa structure demeure largement fidèle à son état médiéval, certains éléments annoncent une recherche plus développée sur le traitement des surfaces murales, notamment dans l'abside centrale[1].
Classement
modifierLa collégiale est classée au Patrimoine majeur de Wallonie depuis 1947 et au Patrimoine exceptionnel depuis 2009.
- Détail des fonts baptismaux.
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 Luc F. Genicot, Julien Maquet (dir.) et Guy Focant, « L'église Saint-Hadelin », dans Le patrimoine médiéval wallon, Namur, Institut du patrimoine wallon, , 632 p. (ISBN 2-9600421-2-3), p. 35-36
Voir aussi
modifierBibliographie
modifier- L'Architecture Romane en Belgique, sous la direction de Laurent Deléhouzée, éditions Racine, Bruxelles, 2000
- Le patrimoine monumental de la Belgique, vol. 22, t. 2 : Wallonie, Namur, arrondissement de Dinant, Liège, Pierre Mardaga, éditeur, , 960 p. (ISBN 2-87009-637-2, lire en ligne), p. 773-776
Articles connexes
modifierLiens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
- Collégiale Saint-Hadelin : description, informations, photo et vidéo, Églises Ouvertes
