Collégiale des Saints-Pierre-et-Paul de Chimay
La collégiale des Saints-Pierre-et-Paul ou plus simplement collégiale de Chimay est une église catholique située sur la Grand-Place de Chimay en Belgique. Construite à partir du XIIIe siècle, elle présente une architecture mêlant les styles gothique et baroque. Son chœur (XIIIe siècle) est la partie la plus ancienne de l'édifice, le vaisseau date principalement du XVe siècle et la tour-beffroi caractérisée par sa flèche à bulbe est reconstruite en 1732.
| Collégiale des Saints-Pierre-et-Paul | |
Vue depuis la grand place. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Type | Église collégiale |
| Début de la construction | XIIIe siècle |
| Style dominant | Architecture gothique (hennuyer tardif) |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | Belgique |
| Région | Wallonie |
| Province historique | Hainaut |
| Département | Chimay |
| Coordonnées | 50° 02′ 58″ nord, 4° 18′ 57″ est |
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Issue d'un chapitre de chanoines du Xe siècle, l'église possède la particularité d'avoir exercé simultanément les fonctions paroissiale et collégiale. Elle abrite notamment le mausolée de Charles Ier de Croÿ-Chimay.
Histoire
modifierLe chœur, daté du XIIIe siècle par les archéologues, constitue la partie la plus ancienne du bâtiment et est l'un des plus vieux vestige de Chimay avec l'enceinte médiévale du château de Chimay. L'église est construite sur les fondations d'un chapitre de chanoines établi probablement au Xe siècle ou XIe siècle (clairement attesté en 1107) par le seigneur local Alard. Un second clergé paroissial s'établit ensuite, divisant l'édifice en deux portions distinctes : le vaisseau est paroissial tandis que le choeur reste exclusivement canonial[1],[2]. Entre 2004 et 2007, des fouilles archéologiques mettent au jour cette première collégiale située à l'arrière de l'actuel Château de Chimay[3].
Au XIIIe siècle, la première collégiale est incendiée et un nouvel édifice religieux est construit à l'emplacement d'un cimetière utilisé par les chanoines depuis le XIe siècle, au centre de la ville. L'église se dote d'une particularité en étant à la fois paroissiale et collégiale. En 1427, après l'incendie de la nef, une partie de l'édifice est reconstruit. Les travaux s'achèvent au début du XVIe siècle avec la construction d'une chapelle servant à accueillir les sépultures de la famille de Croÿ[1],[3].
En 1678, un autre incendie se déclare et frappa le côté ouest de l'église. La reconstruction transforme l'église en église-halle. En 1732, la tour est reconstruite dans un style baroque sur les plans de Claude-Joseph de Bettignies[3].
Description
modifierExtérieur et enveloppe
modifierSituée sur la Grand-Place de Chimay, l'église construite en pierre calcaire se compose d'un chœur gothique laonnois du XIIIe siècle, d'un vaisseau gothique hennuyer du XVe siècle et de deux chapelles et tour baroque du XVIIIe siècle. L'ensemble constitue une église-halle[1].
Le choeur, caractérisé par un style gothique primitif, présente un chevet plat avec trois fenêtres étroites surmontées d'une rosace. Ses murs sont assistés de contreforts. Le vaisseau de style gothique hennuyer tardif présente de hautes verrières tripartites sous arc brisé. Les voûtes d'ogives au-dessus de la nef reposent sur huit piliers sans ornement. Il n'y a pas d'arcs-boutants ; les contreforts sont intégrés et forment cinq chapelles dans chaque bas-côté. Les bas-côtés sont prolongés vers le chœur par des chapelles plus grandes. La tour-beffroi est surmontée d'une flèche bulbeuse et abrite un carillon de 26 cloches[1]. La chapelle baroque du Saint-Sacrement, située au sud, date de 1634, mais a été rénovée par la suite, notamment pour abriter une sacristie. La chapelle gothique du côté nord (1501) était la chapelle funéraire de la famille Croÿ et est aujourd'hui dédiée à Saint Nicolas[1].
Intérieur
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Parmi les œuvres d'art de l'église, la grande croix accrochée au centre se distingue. Il s'agit d'une sculpture en bois polychrome du XVIe siècle. Il convient également de mentionner l'autel baroque de Saint Arnold et Saint Jacques (XVIIIe siècle), qui intègre des statues processionnelles et une peinture de Notre-Dame du Pilier. Un tableau du XVIIe siècle siècle est accroché dans la chapelle Notre-Dame du Rosaire. L'orgue, fabriqué par la firme Pierre Schyven & Cie, date de 1896.
Les vitraux néogothiques du choeur sont consacrés aux saints patrons Pierre et Paul. La paroi nord présente une sculpture votive du XVe siècle. Proche du choeur se trouvent les anciens fonts baptismaux datant de la fin du XVe siècle[1].
Monuments funéraires
modifierLa collégiale Saints-Pierre-et-Paul de Chimay tient une place importante avec l'histoire chimacienne et le premier prince de Chimay Charles Ier de Croÿ-Chimay. Elle héberge plusieurs monuments funéraires dont le plus important est le mausolée de Charles Ier de Croy fait de marbre noir et d'albâtre et présentant le prince gisant drapé d'un manteau et du collier de l'Ordre de la Toison d'or. Le monument présente l'inscription suivante[4] :
Icy gist très illustre et très vertueux Charles de Croÿ, premier prince de Chimay, seigneur d’Avesnes, de Buvrin, Lilers, Malanois, Marpent et en son temps premier chamberlain à l’empereur Charles 5e de ce nom, époux et mary à très noble et très vertueuse dame Louise d’Albrect, princesse de Chimay, dame d’Avesnes, lequel trépassa le 2 de septembre 1527 – Priez Dieu pour son âme[4]
Plusieurs autres monuments funéraires sont liés au comté de Hainaut. La chapelle Saint-Antoine de Padoue abrite également la pierre commémorative du chroniqueur Jean Froissart inhumé après 1419 qui a été chanoine et trésorier[1]. À droite du porche d'entrée se trouve un monument dédié à Marie-Thérèse Jacquier de Lompre, dame noble du XVIIIe siècle. Derrière le mausolée de Charles de Croÿ se trouve la dalle de Jean Henri Flescher, chanoine et conseiller du comte de Hainaut mort en 1766. Puis de part et d'autre du mausolée se trouvent une dédicace à Philippe Gabriel de Hénin-Liétard d'Alsace (nl), comte de Boussu et prince de Chimay mort en 1804[4]. Enfin, le sol du sanctuaire comporte de nombreuses pierres tombales à la mémoire d'autres chanoines, clercs et notables[1].
Notes et références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 Léon Fassaux, Julien Maquet (dir.) et Guy Focant, « L'ancienne collégiale des Saints-Pierre-et-Paul », dans Le patrimoine médiéval wallon, Namur, Institut du patrimoine wallon, , 632 p. (ISBN 2-9600421-2-3), p. 29-30
- ↑ « Collégiale Saints Pierre et Paul », sur Ville de Chimay (consulté le )
- 1 2 3 Frédéric Marchesani, « Avec son clocher bulbeux, cette collégiale est l'un des plus remarquables édifices religieux de Wallonie », sur parismatch.be, (consulté le )
- 1 2 3 Frédéric Marchesani, « Collégiale de Chimay », sur Connaître la Wallonie
Liens externes
modifier- Ressource relative à l'architecture :
