Chapelle des Jésuites de Cambrai

chapelle située dans le Nord, en France

La chapelle des Jésuites de Cambrai est un édifice religieux aujourd'hui désaffecté se trouvant sur la place du Saint-Sépulcre à Cambrai, dans le département français du Nord.

Chapelle des Jésuites
Image illustrative de l’article Chapelle des Jésuites de Cambrai
La chapelle des Jésuites sur la place Saint-Sépulcre, à Cambrai.
Présentation
Culte Culte catholique
Type Chapelle jésuite désaffectée, aujourd'hui musée d'objets et d'art religieux.
Rattachement Archidiocèse de Cambrai
Début de la construction 1679
Fin des travaux 1694
Architecte Jean Bégrand
Style dominant Architecture baroque
Protection Logo monument historique Classée MH (1920)
Logo monument historique Inscrite MH (1927)
Logo monument historique Classée MH (1928)
Logo monument historique Classée MH (1930)
Logo monument historique Inscrite MH (2012)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Nord
Ville Cambrai
Coordonnées 50° 10′ 22″ nord, 3° 13′ 51″ est
Géolocalisation sur la carte : Nord
(Voir situation sur carte : Nord)
Chapelle des Jésuites
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Chapelle des Jésuites
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Chapelle des Jésuites

La chapelle, construite de 1679 à 1692 en annexe d’un collège jésuite, est de style baroque. Elle est classée monument historique en 1920.

La chapelle est desservie par le réseau de transports urbains de la Communauté d'agglomération de Cambrai appelé TUC, par les lignes 5 et N3 (arrêt Cathédrale), ainsi que la ligne N1 (arrêt Porte de Paris)[1],[2].

Contexte historique : existence d'une première chapelle gothique

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À la demande du premier archevêque de Cambrai Maximilien de Berghes, les jésuites arrivent dans la ville, d'abord comme prédicateurs (1561). Ils y fondent ensuite un collège, ouvert le . Étant favorablement reçus et malgré des problèmes financiers, les jésuites construisent un petit édifice religieux pour les activités pastorales et spirituelles accompagnant généralement leur enseignement. En un an (1574-1575), la chapelle de style gothique est achevée. Dédiée à Saint Michel Archange, elle est consacrée par l'archevêque de Cambrai Louis de Berlaymont le jour de Pâques 1575.

Dans l'esprit du Concile de Trente, qui requiert une meilleure formation du clergé, Louis de Berlaymont demande également aux jésuites qu’ils se chargent d’un séminaire. Par manque d'hommes, le Supérieur général décline cette proposition.

Historique de la chapelle baroque

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Construction d'une nouvelle chapelle

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La voûte du chœur.

Un siècle plus tard après la construction de la chapelle gothique, l'édifice religieux est jugé trop petit. L'archevêque François Van der Burch (1616-1644) avait laissé en testament une somme considérable pour le projet d'une nouvelle chapelle. Les travaux ne commencent cependant que le , grâce au dynamisme du recteur Guillaume de Waha. L'architecte en est le frère jésuite Jean Bégrand. Les travaux sont très lents : sept ans plus tard, les fondations sortent à peine du sol. En 1692, la façade est achevée et la chapelle est inaugurée sous le rectorat de Jean Sonius. Il faut encore deux ans pour que l'édifice soit vraiment terminé. Quant à la décoration intérieure, les sculptures, les peintures, les autels et le mobilier occuperont tout le XVIIIe siècle.

Expulsion des jésuites et période révolutionnaire

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Expulsés de France par le parlement de Paris en 1761, les jésuites sont défendus cependant par le parlement de Flandres, à Douai, qui dans un mémorandum envoyé en 1762, demande le maintien de la Compagnie de Jésus. Ce parlement doit cependant céder et l'arrêt d’expulsion est décidé. Fin , l'inventaire de la chapelle est fait. Les jésuites sont expulsés des lieux le .

Le collège anciennement jésuite passe donc par diverses mains. Le clergé séculier s'en occupe à partir de 1766. En 1791, le corps professoral ayant refusé la constitution civile du clergé, il est remplacé en bloc. L'abbé assermenté de 1791 est lui-même remplacé par un laïc en 1792. C'est la désorganisation. Les élèves et séminaristes quittent le collège ou n'y reviennent pas. Par deux fois, la bibliothèque est lestée de nombre de ses livres. Le a lieu la dernière distribution des prix.

Finalement, les bâtiments sont réquisitionnés pour le logement des troupes révolutionnaires. Le tribunal révolutionnaire s'installe au collège. La chapelle sert d'abord de prison aux prévenus et, plus tard, de magasin de fourrage pour le maître des postes.

Restauration

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Autel, avant 1905, de la chapelle des jésuites de Cambrai sous la dédicace de "Marie Reine des anges", inauguré en 1895 pour le jubilé de M. Sudre, supérieur du Grand Séminaire de Cambrai.
La nef, lieu d'exposition temporaire de Cocoon, de Klaus Pinter.

En 1836, l'évêque Louis Belmas acquiert la propriété de la chapelle pour en faire le grand séminaire de son diocèse de Cambrai. Le , l'édifice religieux est reconsacrée puis ouverte à nouveau au culte.

Une nouvelle crise surgit avec la loi de séparation des Églises et de l'État, en 1905. Lors de l'expulsion du grand séminaire le , le coadjuteur Delamaire est arrêté[3]. Les bâtiments sont alors transformés en caserne. Durant la Première Guerre mondiale la chapelle est utilisée comme salle de cinéma. De 1918 à 1931, elle est rendue au culte catholique alors que la cathédrale de Cambrai, qui a fort souffert de la guerre est en chantier de reconstruction.

La chapelle des Jésuites, classée en 1920 et rachetée par le diocèse en 1927, devient en 1958 un musée d'objets et d'art religieux.

Classement

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La procédure de classement s'est déroulée en plusieurs phases :

  • la chapelle fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4] ;
  • la façade (avec la toiture) fait l’objet d'une inscription au titre des monuments historiques depuis le [4] ;
  • la façade sur rue (et la toiture) du bâtiment de l'ancien Grand Séminaire fait l'objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4] ;
  • la grande salle du Tribunal Révolutionnaire fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le [4] ;
  • le mur se prolongeant sur la rue des Écoles, les façades et toitures de l'aile sud et de l'aile perpendiculaire côté rue Louis-Renard, les deux escaliers avec leurs rampes en bois et la salle du XVIIIe siècle avec son décor au rez-de-chaussée de l'aile sud, la cour intérieure et le jardin sont inscrits depuis le [4].

Culture populaire et anecdotes

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La chapelle des Jésuites de Cambrai sert de décor pour une bande annonce du jeu vidéo Diablo 4[5]. Des décors temporaires ont été réalisés sur toiles pour l'occasion.

Références

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  1. ↑ « Horaires lignes de bus TUC », sur tuc-cambresis.fr (consulté le ).
  2. ↑ « Plan du réseau TUC » [PDF], sur tuc-cambresis.fr, (consulté le ).
  3. ↑ Cent ans de vie dans la région, Tome 1 : 1900-1914, éditions la Voix du Nord, 1998, page 51.
  4. 1 2 3 4 5 Notice no PA00107400, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  5. ↑ « Diablo IV | Cathédrale de Diablo | Concours bêta » (consulté le )

Voir aussi

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Article connexe

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Bibliographie

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  • Pierre Delattre, Les établissements des jésuites en France depuis quatre siècles (4 vol.), Enghien, 1949, tome 1, col. 1031-1055.

Lien externe

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