Comité de conservation des monuments de l'art arabe

organisation chargée de l'inventaire et la conservation des monuments arabes établie en Égypte en décembre 1881.

Le Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe est une organisation créée par le décret émis le (26 Muharram 1299 AH) par le Khédive Tawfiq Pacha, chargée de la préservation des monuments islamiques et coptes en Égypte, dissoute en 1961.

Cette institution égyptienne était rattachée au Ministère des Biens religieux (waqfs en arabe) et placée sous la présidence du ministre des waqfs, elle est cependant souvent désignée par son appellation en français.

Historique

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Le comité fut créé en partie en réaction à la négligence et à la destruction ponctuelle du Caire médiéval qui avaient commencé au cours du XIXe siècle sous le régime de Méhémet Ali et de ses successeurs, lesquels tentèrent de moderniser l'Égypte par des projets tels que la construction de nouveaux quartiers du Caire sur le modèle européen. Des passionnés français d'archéologie comme Arthur Rhoné et Gabriel Charmes avaient contribué à médiatiser le problème en France, ce qui exerça une pression sur le Khédive. Dès 1871, Julius Franz critiqua le développement du Caire sur le modèle européen qui entraîne la destruction de maisons traditionnelles égyptiennes et de monuments médiévaux.

Le décret du [1] nomme les 11 premières personnalités faisant partie de ce comité :

  1. Moustapha Fahmi Pacha, ministre des affaires étrangères,
  2. Mahmoud Sami pacha, ministre de la guerre et de la marine,
  3. Mahmoud bey al-Falaki, ingénieur et astronome,
  4. Ismaïl bey al-Falaki, directeur de l'observatoire,
  5. Franz bey, directeur du bureau technique des waqfs,
  6. Edward Thomas Rogers bey, directeur au ministère des finances,
  7. Izzat effendi, greffier adjoint du Bureau des dotations,
  8. Yacoub effendi Sabri, sous-directeur du bureau technique des waqfs,
  9. Ambroise Baudry (1838-1906), architecte en Égypte entre 1871 à 1886,
  10. Aly effendi Fehmy, ingénieur civil, directeur adjoint du département des écoles des waqfs.

Deux autres membres sont nommés par le décret du  :

  1. Hussein Fahmy pacha, sous-secrétaire aux waqfs,
  2. Jules Bourgoin, architecte à la Mission française d'archéologie du Caire.

Trois autres par le décret du 27 novembre 1882 :

  1. Ali Pacha Moubarak, ancien ministre des Travaux Publics,
  2. Pierre Grand bey, directeur général du Tanzim,
  3. Yacoub Artin bey, secrétaire de la Commission d'enquête sur l'imôt foncier du ministère des finances[2].

L'article 2 du décret de 1881 précise les attributions du comité :

  • procéder à l'inventaire des monuments arabes présentant un intérêt artistique ou historique,
  • veiller à l'entretien et à la conservation de ces monuments en avisant le ministre des waqfs des travaux à exécuter et en lui signalant les plus urgents,
  • étudier et approuver les projets et plans de réparation de ces monuments et d'observer leur stricte exécution,
  • assurer dans les archives du ministère des waqfs, la conservation des plans de tous les travaux exécutés, et de signaler à ce Ministère les débris de monuments qu'il y aurait lieu de transférer, dans l'intérêt de leur conservation, au Musée national.

La première réunion du comité s'est tenue le sous la présidence de Mohamed Zaki pacha, ministre des waqfs.

Les tâches du comité, réparties entre une commission devant dresser l'inventaire complet des monuments de l'art arabe en Égypte, le seconde devant se charges des études et des surveillances de ces monuments, évaluer ceux qui nécessitent une intervention, puis à recommander une ligne de conduite. Les monuments coptes d'Égypte ont été ajoutées aux monuments d'art islamiques en 1898 après une lettre de Max Herz adressée à Hussein Fakhri Pacha, ministre des Travaux publics et de l'Instruction publique.

Les actions entreprises allaient de la simple préservation à la restauration à grande échelle de monuments individuels. La simple préservation, qui caractérisait la grande majorité des cas, impliquait le renforcement, la réparation ou le nettoyage des structures existantes, tandis que la restauration impliquait la reconstruction d'un monument à des degrés divers, ce qui pouvait le rendre à nouveau utilisable par la communauté (comme mosquée, par exemple). De nombreux exemples de ces reconstructions réalisées par le Comité sont encore visibles aujourd'hui au Caire. Dans certains cas, si le monument était en sis mauvais état qu'il était impossible de le reconstituer selon son plan d'origine, le bâtiment pouvait être démantelé s'il était dangereux et tous les objets ou éléments de valeur artistique étaient transférés au Musée d'art arabe, aujourd'hui connu sous le nom de Musée islamique du Caire.

Le comité s’est chargé de cette fonction en partie en raison de son souci du tourisme en Égypte. Dès 1898, le comité parlait de « la satisfaction du touriste égyptien ».

Le comité a été intégré au ministère de l'Éducation en 1936. Il a été dissous en 1961. Ses responsabilités ont été transférées au Comité permanent des monuments islamiques et coptes, sous l'égide de l'Autorité égyptienne des Antiquités, aujourd'hui connue sous le nom de Conseil suprême des Antiquités égyptiennes. En 2011, l'organisme chargé de la préservation des antiquités a été nommé ministère d'État des Antiquités réuni en au ministère du Tourisme pour former le ministère du Tourisme et des Antiquités.

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ « Procès verbal no 1 », dans Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe, t. Fascicule 1, (lire en ligne), p. 7-13
  2. ↑ « Composition du Comité de conservation des monuments de l'art arabe », dans Comité de conservation des monuments de l'art arabe. Exercice 1882-1883, t. Fascicule 1, (lire en ligne), p. 5

Annexes

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Bibliographie

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  • Bulletins du Comité de Conservation des Monuments de l'Art Arabe (lire en ligne)

Articles connexes

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