Comité des femmes de la rue d'Arras

Le Comité des femmes de la rue d'Arras (parfois appelé Comité des citoyennes de la rue d'Arras) est une organisation politique et sociale féministe créée à Paris en septembre 1870, durant le siège de Paris et active jusqu’à la Commune de Paris

Le Comité des femmes de la rue d'Arras (parfois appelé Comité des citoyennes de la rue d'Arras) est une organisation politique et sociale féministe créée à Paris en septembre 1870, durant le siège de Paris et active jusqu’à la Commune de Paris.

Comité des femmes de la rue d'Arras
Situation
Dissolution Mai 1871
Type Association féministe et politique
Siège 3, rue d'Arras, Paris, France

Se distinguant par sa volonté d'émanciper les femmes par le travail coopératif et l'instruction laïque, cette association est considérée comme l'un des groupements précurseurs et contemporains de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés.

Historique et contexte de fondation

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Le comité naît au début du mois de septembre 1870, juste après la proclamation de la Troisième République et l'encerclement de la capitale par les troupes prussiennes[1]. Le groupement prend racine au no 3 de la rue d'Arras (dans le 5e arrondissement de Paris), une adresse abritant une grande salle de réunions populaires déjà fréquentée à la fin du Second Empire par des militants de l'Association internationale des travailleurs (AIT) et par le club de Louis Auguste Blanqui[1],[2].

Dès le 12 septembre 1870, une annonce publiée dans le journal Le Rappel mentionne la structuration du comité sous l’impulsion de figures républicaines et socialistes, dont Jules Allix[1],[3]. Les réunions se déplacent ponctuellement dans d'autres arrondissements (comme à l'école de la rue de la Sourdière) pour élargir l'audience de l'organisation[1]. Le recrutement se fait surtout auprès de nouvelles femmes issues d'un milieu prolétarien[4].

Objectifs et actions

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Le Comité des femmes de la rue d'Arras articule ses revendications autour de deux axes principaux : l’effort de guerre patriotique et l'émancipation économique des femmes[5].

Organisation du travail par les femmes

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L'une des principales spécificités du comité réside dans le refus de la charité traditionnelle. Le groupe s'organise en comités de quartier afin de constituer des ateliers de travail collectifs[5],[3]. L’objectif affiché est de « préparer l'organisation du travail des femmes par elles-mêmes »[6],[7],[8], en soustrayant les ouvrières à l’exploitation patronale et en leur garantissant une juste rétribution, notamment à travers la confection d'effets militaires (uniformes, cartouchières) nécessaires à la Garde nationale[1].

Engagement militaire et politique

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En plus de la logistique économique, le comité se distingue par des positions politiques radicales pour l'époque. Le comité s'active pour lever des bataillons de volontaires féminines prêtes à prendre les armes pour défendre Paris contre l'armée prussienne puis contre les Versaillais[7],[6]. D'autre part, influencé par des militantes républicaines, le comité promeut le développement d'une instruction féminine laïque et professionnelle, rompant avec l'emprise religieuse sur l’éducation des jeunes filles[9].

Personnalités liées au comité

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Postérité

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Bien que plus ombragé dans l'historiographie par l'Union des femmes (fondée en avril 1871 par Élisabeth Dmitrieff et Nathalie Lemel)[6], le Comité de la rue d'Arras incarne la convergence précoce entre le militantisme ouvrier, le patriotisme républicain et les revendications féministes d'égalité salariale et d'autonomie sociale[5].

Notes et références

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  1. 1 2 3 4 5 6 7 Michèle Audin, « 9 octobre 1870, le Comité des femmes de la rue d'Arras », sur La Commune de Paris, (consulté le ).
  2. « Rue d'Arras », sur Nomenclature officielle des voies de Paris - Mairie de Paris (consulté le ).
  3. 1 2 3 « ALLIX Jules », sur Le Maitron, dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social (consulté le ).
  4. Thomas 2021, p. 120.
  5. 1 2 3 « La Commune de Paris, une convergence entre féminisme et lutte des classes », sur Les Ourses à plumes, (consulté le ).
  6. 1 2 3 « L'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », sur Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871 (consulté le ).
  7. 1 2 Schulkind 1950, p. 24
  8. Villiers boimare (de), Histoires des clubs de femme et des légions d'amazones, Paris, Plon-Nourrit, , 422 p., p. 409
  9. Jacques Rougerie, « Comment les Communards ont vu la Commune », Revue d'histoire du XIXe siècle (1848), vol. 42, no 185, , p. 1467 (lire en ligne).
  10. Jacques Rougerie, Christine Fauré (dir.), Encyclopédie politique et historique des femmes, PUF, , « 1871 : la Commune de Paris », pp. 405-431

Voir aussi

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Bibliographie

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Liens externes

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