Comité populaire provisoire de Corée du Nord
Le Comité populaire provisoire de Corée du Nord (hangeul : 북조선림시인민위원회) était le gouvernement provisoire de la Corée du Nord.
coréen 북조선림시인민위원회
8 février 1946 – 21 février 1947
| Hymne |
"Aegukga" |
|---|
| Statut | Gouvernement provisoire État communiste |
|---|---|
| Capitale | Pyongyang |
| Langue(s) | coréen |
| Monnaie |
Yen Coréen Won du Commandement de l'Armée rouge |
| 8 février 1946 | Création |
|---|---|
| 21 février 1947 | Établissement du Comité populaire de Corée du Nord |
| 1946–1947 | Kim Il Sung |
|---|
Entités précédentes :
Entités suivantes :
Le comité est établi le en réponse au besoin de l'Administration civil soviétique et pour les communistes d'avoir une centralisation des pouvoir en Corée du Nord, qui était une zone divisé en comité populaire provinciaux. Considérée comme la plus haute institution administrative de Corée du Nord, elle est également devenue un gouvernement provisoire de facto qui a mené des réformes, telles que des réformes agraires et la nationalisation d'industries clés.
Le comité a été remplacé par le Comité populaire de Corée du Nord le , qui est devenu un gouvernement provisoire alors que la Corée du Nord passait à la république populaire démocratique de Corée.
Histoire
modifierAvec la reddition de l'empire du Japon pendant la Seconde Guerre mondiale en , des comités populaires ont été mis en place dans toute la Corée. L'administration de ces comités populaires fut reconnue par les forces soviétiques entrant en Corée du Nord, qui établirent leur propre autorité d'occupation, connue sous le nom d'Administration civil soviétique, le .
L'une des premières tentatives soviétiques pour instaurer un gouvernement centralisé en Corée du Nord fut la création du Comité administratif des cinq provinces. Établi le , il était dirigé par Cho Man-sik, nationaliste et président du comité populaire de la province de Pyongan du Sud, figure emblématique de la Corée du Nord et candidat potentiel des Soviétiques à la direction du pays. Ce comité constituait une institution d'autonomie temporaire, créée par des représentants des cinq comités populaires provinciaux de Corée du Nord, issus d'une alliance entre communistes et nationalistes. Le Comité administratif des cinq provinces prit fin avec l'arrestation de Cho Man-sik par les Soviétiques en , en raison de divergences idéologiques et de son opposition à la proposition de la conférence de Moscou de 1945 d'instaurer une tutelle sur la Corée.

Les 8 et , une réunion des partis politiques, des organisations sociales, des comités populaires et des bureaux administratifs de Corée du Nord a établi le Comité populaire provisoire de Corée du Nord. Ce nouveau comité, dominé par les communistes, était dirigé par son président, Kim Il-sung, un communiste soutenu par les Soviétiques pour devenir le dirigeant nord-coréen. Ce comité est devenu de facto un gouvernement provisoire qui a mis en œuvre des réformes en Corée du Nord, telles que la réforme agraire et la nationalisation des industries clés, conformément au Programme en 20 points publié par Kim Il-sung en . L'Administration civile soviétique a continué de fonctionner parallèlement au Comité populaire provisoire de Corée du Nord, mais dans un rôle consultatif.
Le Comité populaire provisoire de Corée du Nord a tenu des élections des comité populaire local en novembre 1946. Ceci s'inscrivait dans le cadre des préparatifs des élections de de l'Assemblée du peuple de Corée du Nord, qui organisa le Comité populaire de Corée du Nord le , lequel devint le gouvernement provisoire suivant en Corée du Nord.
Organisation
modifierLe Comité populaire provisoire de Corée du Nord a été organisée par le biais de la « Conférence élargie de tous les partis politiques, organisations sociales, bureaux administratifs et comités populaires de Corée du Nord au niveau provincial, municipal et de comté », organisée par les Soviétiques en Corée du Nord les 8 et , qui comprenait des partis politiques, des organisations sociales, des bureaux administratifs et des comités populaires[1]:109–110.
Cent trente-sept représentants, dont deux représentants du Parti communiste de Corée, deux représentants du Parti social-démocrate de Corée, deux représentants de l'Alliance indépendante, deux représentants de la Fédération générale des syndicats ouvriers, deux représentants de la Fédération générale des syndicats paysans, une représentante de la Ligue des femmes, un représentant de la Ligue de la jeunesse démocratique, un représentant des associations religieuses, un représentant de l'Association culturelle Corée-Soviétique, 11 chefs de bureaux administratifs et représentants des comités populaires[2].
Le premier jour de la réunion, le , Kim Il-sung a présenté un rapport sur la situation politique en Corée du Nord et sur la question de la création d'un comité populaire provisoire. Le lendemain, le , ont eu lieu les élections des 23 membres de ce comité, avec Kim Il-sung comme président, Kim Tu-bong comme vice-président et Kang Ryang-uk comme secrétaire général[2],[3].
| Nom | Affiliation |
|---|---|
| Kim Il Sung | Parti communiste de Corée |
| Kim Tu-bong | Independence alliance |
| Mu Chŏng | Parti communiste de Corée |
| Kang Ryang-uk | Parti social-démocrate de Corée |
| Choe Yong-gon | Parti social-démocrate de Corée |
| Ri Mun-hwan | Indépendant |
| Han Hui-jin | Indépendant |
| Ri Sun-gun | Parti communiste de Corée |
| Ri Pong-su | Parti communiste de Corée |
| Han Tong-chan | Indépendant |
| Jang Jong-sik | Parti communiste de Corée |
| Yun Ki-yong | Parti social-démocrate de Corée |
| Choe Yong-dal | Parti communiste de Corée |
| Kim Tok-yong | |
| Pang U-yong | Alliance indépendante |
| Hong Ki-ju | Parti social-démocrate de Corée |
| Hyon Chan-hyong | Fédération générale des syndicats |
| Ri Ki-yong | Association culturelle soviéto-coréenne |
| Kang Jin-gon | Fédération générale des syndicats paysans |
| Pak Jong-ae | Ligue démocratique des femmes |
| Hong Ki-hwang | Parti social-démocrate de Corée |
| Kang Yong-gun | Union des syndicats |
| Pang Su-yong | Ligue des jeunes démocrates |
Le Comité populaire provisoire de Corée du Nord était également composé de dix départements et de trois bureaux (qui furent par la suite portés à quatre bureaux)[3].
| Poste | Nom | Parti Politique |
|---|---|---|
| Président | Kim Il Sung | Parti communiste de Corée |
| Vice-président | Kim Tu-bong | Alliance Indépendante |
| Secrétaire général | Kang Ryang-uk | Parti social-démocrate de Corée |
| Département de l'Industrie | Ri Mun-hwan | Indépendant |
| Département du Transport | Han Hui-jin | Indépendant |
| Département de l'Agriculture et de la Foret | Ri Sun-gun | Parti communiste de Corée |
| Département du Commerce | Han Tong-chan | Indépendant |
| Département Postal | Jo Yong-yol | Parti communiste de Corée |
| Département de la Finance | Ri Pong-su | Parti communiste de Corée |
| Département de l'éducation | Jang Jong-sik | Parti communiste de Corée |
| Département de la Santé | Yun Ki-yong | Parti social-démocrate de Corée |
| Département de la Justice | Choi Yong-dal | Parti communiste de Corée |
| Département de la Sécurité | Choi Yong-kun | Parti social-démocrate de Corée |
| Bureau de la planification | Jong Jin-tae | Parti communiste de Corée |
| Bureau de la Propagande | O Ki-sop | Parti communiste de Corée |
| Bureau des Affaires générales | Ri Ju-yon | Parti communiste de Corée |
Han Hui-jin fut par la suite remplacé à la tête du département des transports par Ho Nam-hui, et Han Tong-chan par Jang Si-u à la tête du département du commerce. O Ki-sop devint ensuite chef du département du travail suite à sa création en , et Ri Chong-won prit la direction du bureau de la propagande[3].
Réforme
modifierLe , Kim Il Sung émis la « Plateforme à 20 point », qui deviendra la base des reformes implémenté en Corée du Nord.
- Purger complètement tous les restes de l'ancienne domination impérialiste japonaise sur la vie politique et économique de la Corée.
- Ouvrir une lutte impitoyable contre les éléments réactionnaire et anti démocratique à l'intérieur du pays, et absolument interdire absolument les activités des partis, groupes et individus fascistes et antidémocratiques.
- Garantir la liberté d'expression, de presse, d'assemblé et de culte à tous les citoyens. Garantir la condition du libre fonctionnement des partis politiques démocratiques, des associations de travailleurs, des associations paysannes et autres organisations sociales démocratiques.
- Que le peuple coréen tout entier ait le devoir et le droit d'organiser des comités populaires, institutions administratives locales unifiées, par le biais d'élections fondées sur un scrutin universel, direct, égal et secret.
- Garantir des droits égaux à tous les citoyens, sans distinction de sexe, de religion ou de possession de biens.
- Insister sur l'inviolabilité du domicile et de la personne, et sur la garantie légale des biens et possessions personnelles des citoyens.
- Abolir toutes les institutions juridiques et judiciaires utilisées pendant la période de l'ancien régime impérialiste japonais et influencées par celui-ci, et élire des institutions judiciaires populaires selon des principes démocratiques et garantissant l'égalité des droits devant la loi pour tous les citoyens.
- Développer les industries, l'agriculture, les transports et le commerce pour améliorer le bien-être de la population.
- Nationaliser les grandes entreprises, les institutions de transport, les banques, les mines et les forêts.
- Autoriser et encourager la liberté dans l'artisanat et le commerce privés.
- Confisquer les terres des Japonais, des ressortissants japonais, des traîtres et des propriétaires terriens pratiquant le métayage, et abolir ce système. Transférer gratuitement toutes les terres confisquées aux paysans. Confier à l'État la gestion gratuite de toutes les infrastructures d'irrigation.
- Lutter contre les spéculateurs et les usuriers en instaurant des prix de marché pour les produits de première nécessité.
- Mettre en place un système fiscal unique et équitable, et instaurer un système d'impôt progressif sur le revenu.
- Mettre en place une durée de travail de 8 heures pour les ouvriers et les employés de bureau, et réglementer le salaire minimum. Interdire le travail aux garçons de moins de 13 ans et instaurer une durée de travail de 6 heures pour les garçons âgés de 13 à 16 ans.
- Mettre en place une assurance-vie pour les travailleurs et les employés de bureau, et instaurer un système d'assurance pour les travailleurs et les entreprises.
- Mettre en place un système d'enseignement obligatoire universel et développer considérablement les écoles primaires, les collèges, les lycées et les universités sous tutelle de l'État. Réformer le système d'éducation populaire conformément au système démocratique de l'État.
- Développer activement la culture, les sciences et les arts nationaux, et accroître le nombre de théâtres, de bibliothèques, de stations de radiodiffusion et de cinémas.
- Mettre en place un réseau étendu d'écoles spécialisées pour former les talents nécessaires dans tous les secteurs des institutions étatiques et de l'économie populaire.
- Encouragez les personnes et les entreprises engagées dans les sciences et les arts, et une aides pour ce secteur.
- Augmenter le nombre d'hôpital d'état, éradiquer les maladies infectieuses, et traiter les personnes pauvres gratuitement[4].
Le , une réforme agraire fut mise en œuvre en Corée du Nord, entraînant la confiscation des terres appartenant aux ressortissants et organisations japonaises, aux collaborateur coréennes, aux propriétaires fonciers et aux organisations religieuses. Ces terres confisquées furent ensuite redistribuées à 420 000 foyers. Au total, 52 % de la superficie du territoire nord-coréen et 82 % des propriétés foncières furent redistribués[3].
Le , la journée de travail de 8 heures fut instaurée, celle des travailleurs effectuant des travaux dangereux étant réduite à 7 heures. Le travail fut interdit aux enfants de moins de 14 ans. L'égalité salariale et la sécurité sociale furent mises en place pour tous les travailleurs[3].
Le , une loi sur l'égalité des genres a été promulgué[3].
Le , 1034 grandes installations industrielles, ou 90 % de l'industrie totale en Corée du Nord a été nationalisée[3].
Le , il a été décidé que les fermiers en Corée du Nord devront donné 25 % de leurs récolte comme une taxe agraire[3].
Sources
modifier- ↑ (en) Fyodor Tertitskiy, Accidental Tyrant: The Live of Kim Il-sung, Oxford University Press, (ISBN 9780197800881)
- 1 2 « Establishment of the Provisional People's Committee of North Korea », sur National Institute of Korean History (consulté le )
- 1 2 3 4 5 6 7 8 « Organization and Role of the Provisional People's Committee of North Korea », sur National Institute of Korean History (consulté le )
- ↑ « 20-Point Platform », sur Kim Il Sung Open University (consulté le )
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Provisional People's Committee of North Korea » (voir la liste des auteurs).