Concerto pour neuf instruments
Le Concerto pour neuf instruments op. 24 (Konzert, 1934) d'Anton Webern est un concerto dodécaphonique pour neuf instruments : flûte, hautbois, clarinette, cor, trompette, trombone, violon, alto et piano.
Contexte et création
modifierL'œuvre est dédiée à Schönberg pour son soixantième anniversaire, il est créé à Prague le sous la direction de Heinrich Jalowetz[1]. L'œuvre porte la symbolique entière du chiffre trois, tant par le nombre de mouvement que par les instruments eux-mêmes (trois bois, trois cuivres et trois cordes), et jusqu'au matériau thématique, lui même composé d'une cellule de trois sons[2].
Structure
modifierIl se compose de trois mouvements :
- Etwas lebhaft
- Sehr langsam
- Sehr rasch.
La durée d'exécution est d'environ sept minutes.
Analyse
modifierLe Concerto pour neuf instruments est basé sur une figure dite « isomorphe », composée d'une seconde mineure descendante puis d'une tierce majeure ascendante[3]. La cellule est répétée quatre fois, d'abord dans son sens original, puis son renversement et enfin le rétrograde de l'original et du renversement[3]. Le compositeur associe ainsi l'idée microscopique (la cellule) à la forme macroscopique (la transposition en quarante huit fois), dans l'idée gœthéenne de la « plante originelle »[3]. Dans une lettre à la poétesse Hildegard Jone, il rapproche l'idée de sa série du carré Sator[3].
Il est construit avec une ligne dérivée, « souvent cité [par des personnes telles que Milton Babbitt (1972)] comme un exemple de construction symétrique[4]. »
Selon les mots de Luigi Dallapiccola, c'est « une œuvre d'une concision incroyable… et d'une concentration unique… Bien que je ne comprenne pas complètement l'œuvre, j'ai l'impression de trouver une unité esthétique et stylistique aussi grande que je peux le souhaiter. [Prague, ][5]. »
Le deuxième mouvement « limite assez sévèrement les valeurs de plusieurs domaines », par exemple en ne faisant figurer « que deux valeurs de durée (noire et blanche) », et en partie comme résultat, « montre une grande uniformité de texture et de gestuelle[6]. »
La série de base peut être interprétée comme : 019, 2te, 367, 458[7].
Références
modifier- ↑ Tranchefort et Poirier 1998, p. 940.
- ↑ Tranchefort et Poirier 1998, p. 940-941.
- 1 2 3 4 Tranchefort et Poirier 1998, p. 941.
- ↑ Bailey (1996), p. 246.
- ↑ Bailey, Kathryn (1996). « Symmetry as Nemesis- Webern and the First Movement of the Concerto, Opus 24 », p. 245, Journal of Music Theory, Vol. 40, No. 2 (Autumn), p. 245-310.
- ↑ Hasty, Christopher (1981). « Segmentation and Process in Post-Tonal Music », p. 63-4, Music Theory Spectrum, Vol. 3, (Spring), p. 54-73.
- ↑ Alegant, Brian (2001). « Cross-Partitions as Harmony and Voice Leading in Twelve-Tone Music », p. 38, Music Theory Spectrum, Vol. 23, No. 1 (Spring), p. 5.
Bibliographie
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: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Robert Gauldin, « Pitch Structure in the Second Movement of Webern's Concerto op. 24 », Theory Only 2, no 10, , p. 10-22.
- Robert Gauldin, « The Magic Squares of the Third Movement of Webern's Concerto Op. 24 », Theory Only 2, nos 11-12, , p. 32-42.
- Christopher Wintle, « Analysis and Performance: Webern's Concerto Op. 24/II », Music Analysis, no 1, , p. 73-100.
- François-René Tranchefort et Alain Poirier, Guide de la Musique de Chambre, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », (1re éd. 1989), 995 p. (ISBN 2-213-02403-0), p. 940.

- Brian Alegant, « Cross-Partitions as Harmony and Voice Leading in Twelve-Tone Music », Music Theory Spectrum, vol. 23, no 1, , p. 38
Liens externes
modifier- Ressources relatives à la musique :