Congrès de La Haye (1872)
Le congrès de La Haye, tenu du 2 au dans la ville éponyme, est un congrès tenu par l'Association internationale des travailleurs (AIT), surnommée première Internationale. Il s'agit d'un des événements fondamentaux de l'histoire du mouvement ouvrier, actant la rupture entre les marxistes et les anti-autoritaires/anarchistes, deux mouvements politiques qui se séparent pendant ce congrès.
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Suite à la fondation de l'Internationale, de nombreuses factions s'y rassemblent, en particulier les bakouninistes ou anti-autoritaires, rassemblant des anarchistes, collectivistes ou socialistes anti-autoritaires, qui recouvrent la majorité de l'organisation, et les marxistes et blanquistes, alliés et contrôlant le Conseil général de l'AIT. Alors que ces groupes commencent alliés au sein de l'organisation, des conflits personnels et théoriques naissent entre eux, cristallisés dans l'opposition grandissante entre Mikhaïl Bakounine et Karl Marx. Les marxistes et blanquistes étant progressivement pris de vitesse par les fédérations bakouninistes en cours de propagation, qui menacent leur contrôle sur l'organisation, essaient de renforcer le pouvoir du Conseil général, qu'ils contrôlent, ce qui provoque une rupture avec une majorité de l'AIT, surtout les fédérations espagnole - la plus large de toutes, italienne, belge, et jurassienne. Marx, soutenu par les marxistes allemands et ses propres forces à Londres et aux États-Unis, organise alors un congrès à La Haye, dont le lieu et la gestion sont choisis pour favoriser ses intérêts et renforcer ses positions. Bakounine incapable de se déplacer au congrès car étant recherché par la police française et allemande, il laisse son « lieutenant » James Guillaume le représenter.
Le congrès de La Haye résulte dans l'expulsion de Bakounine et de Guillaume de l'AIT et l'adoption des statuts confiant le pouvoir décisionnaire dans les mains du Conseil général. Une majorité des fédérations de l'Internationale refuse ces décisions et ce congrès et décide de se réunir à Saint-Imier, une semaine plus tard, pour le congrès de Saint-Imier, qui fonde l'Internationale anti-autoritaire, perçue comme la continuité de la première Internationale et une organisation fondamentale de l'histoire de l'anarchisme. De leur côté, les marxistes écartent les blanquistes de l'organisation qu'il leur reste, ce qui les sépare du peu des forces autres que les leurs dans l'organisation et mène à sa disparition, en 1876.
L'Internationale anti-autoritaire disparaît vers les années 1880 et laisse place à d'autres systèmes d'organisation, comme le compagnonnage anarchiste, tandis que les marxistes et sociaux-démocrates fondent la Deuxième Internationale en 1889.
Histoire
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modifierFondation de la première Internationale et premiers conflits
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L'Association internationale des travailleurs (AIT) ou la première Internationale, est une association de travailleurs fondée à Londres en 1864. Il s'agit d'une organisation fondamentale de l'histoire du mouvement ouvrier, réunissant rapidement de nombreuses figures liées à son histoire, comme Karl Marx, James Guillaume, Friedrich Engels, Errico Malatesta ou encore Carlo Cafiero[1]. Différents mouvements politiques y sont représentés, allant du marxisme à l'anarchisme en passant par des socialistes plus modérés ou encore des proudhoniens[1].

Lors des congrès que tient l'organisation, des points centraux de l'anarchisme, du marxisme, du syndicalisme ou encore du socialisme sont débattus et l'AIT sert de fondement théorique et pratique importante pour la naissance du mouvement ouvrier[1]. Peu à peu, deux tendances principales s'imposent au sein de l'organisation, une tendance marxiste, réunie autour de Karl Marx et de ses alliés, et une tendance anti-autoritaire et collectiviste, réunissant aussi des socialistes modérés et d'autres groupes, qui se cristallise autour de Mikhaïl Bakounine et de ses alliés et dont une grosse partie deviendra le mouvement anarchiste[1]. Bakounine est un révolutionnaire russe avec un certain prestige, qui rejoint l'AIT en 1868 à Genève et y participe activement à la fondation de plusieurs groupes de l'Internationale, comme la Fédération jurassienne[1],[2].
Au départ, ces deux factions sont alliées au sein de l'AIT, Bakounine cherchant à faire publier Le Capital de Marx en Russie, et Cafiero le traduisant en italien, mais peu à peu, des conflits théoriques et personnels commencent à opposer les deux groupes[2]. De nombreux points théoriques et pratiques les séparent : Bakounine pense que les criminels, travailleuses du sexe, prisonniers, mendiants et autres groupes déclassés peuvent être des forces révolutionnaires tandis que Marx leur voue un « mépris abyssal », selon l'historien Hans Gerth[2]. Par ailleurs, à la différence des marxistes, qui pensent que pour atteindre le communisme, où tous les biens sont possédés en commun, il faudrait conserver l'État un certain temps, une phase supposément transitoire désignée sous le nom de dictature du prolétariat, Bakounine estime que cette phase transitoire est très problématique et mène vers la dictature[3].
La question du Conseil général et forces en présence
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Ces conflits théoriques et personnels découlent sur l'organisation : Marx et ses alliés, comme Engels ou son gendre, Paul Lafargue, souhaitent que l'Internationale soit une organisation centralisée et contrôlée par le Conseil général qu'ils contrôlent et duquel ils réussissent, à la suite d'une réunion réunissant environ vingt personnes, le Congrès de Londres, à faire voter l'augmentation de ses pouvoirs[1],[2],[4],[5],[6]. De leur côté, les bakouninistes souhaitent rester sur les statuts initiaux de l'organisation, qui donnent une forte autonomie aux fédérations nationales ou régionales et ne font de ce Conseil général qu'un organe de coordination entre les différentes fédérations : ils n'acceptent pas les évolutions des statuts voulus par Marx et demandent un congrès[4],[5],[6]. Ils voient cette progression de Marx comme très problématique et de nombreuses fédérations sont au bord de la rupture avec lui et le parti qu'il est en train de constituer à l'intérieur de la première Internationale[5].

Ces conflits sont renforcés sur la « course aux adhésions » que se mènent les deux mouvements pour réunir un maximum de soutien dans le mouvement ouvrier[2],[5]. Les bakouninistes parviennent à avoir une très forte assise en Espagne, dont la fédération prend des lignes franchement bakouninistes, en Italie, en Suisse et en France - l'Internationale y étant interdite[2],[5],[6]. En tout, il est estimé qu'une grosse majorité des fédérations et militants de l'AIT soutient Bakounine dans son conflit avec le Conseil général constitué par les marxistes[1]. Cela est du en partie au fait que la fédération espagnole a elle toute seule forme une grosse partie des membres de la première Internationale[1].
Les marxistes disposent quant à eux du soutien des marxistes allemands, surtout, et de quelques sections éparpillées aux États-Unis[2],[5]. Ils établissent aussi différentes structures nouvelles, comme une fédération des polonais à Londres, qu'ils essaient de faire passer pour la fédération légitime et représentative de Pologne[5]. Les marxistes, qui se voient dépassés dans cette « course aux adhésions », estiment que le succès des bakouninistes dans les zones qu'ils convoitent - comme l'Espagne, où Marx envoie son gendre, Lafargue, qui s'y trouve vite isolé face à la force des anarchistes dans la fédération espagnole et qui ne parvient pas à avoir de succès[5] - est du au fait que ces derniers, dirigés par Bakounine, auraient établi des sociétés secrètes destinées à combattre l'influence marxiste dans l'organisation[1],[2],[5].
Ces accusations sont fausses mais utilisées par les marxistes pour chercher à « purger » les anarchistes de l'organisation, dans cette situation où ils commencent à être de plus en plus isolés de la base militante de l'organisation et dépassés par l'influence grandissante des bakouninistes en son sein[1],[2],[4],[5],[6]. Il s'agit pour eux d'empêcher cette situation de se poursuivre en cherchant à exclure Bakounine et ses soutiens les plus visibles, de prendre le contrôle de l'organisation grâce au Conseil général qu'ils dominent et de pouvoir ainsi obtenir une place privilégiée au sein de l'extrême gauche et du mouvement ouvrier[1],[2],[4],[5],[6].
La rupture de Rimini
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Avec le prochain congrès de l'Internationale en approche, ces conflits devant être un débat important à venir et à être tranché, la fédération italienne, très franchement alignée sur Bakounine et composée de figures comme Carlo Cafiero, Andrea Costa ou Errico Malatesta, appelle à un congrès national au début de l'été 1872 pour décider de ce que leur fédération choisira[4]. Alors qu'ils sont en cours de préparation pour ce congrès, ils apprennent que le Conseil général marxiste a choisi comme lieu de rassemblement, La Haye, un choix stratégique destiné à empêcher une forte participation des fédérations bakouninistes[4]. Lui-même est recherché par la police en France et en Allemagne pour sa participation aux Communes et ne peut se déplacer à la Haye - la manœuvre vise aussi à faire évoluer le lieu central de l'Internationale, jusqu'ici situé en Suisse, où se déroulent plusieurs congrès précédents, vers des espaces moins contrôlés par les anarchistes et leurs alliés[5].

Dans ce cadre, alors que Bakounine et la fédération jurassienne, composée de figures comme James Guillaume, choisissent de finalement accepter le lieu de congrès et de chercher à rassembler des forces en matière de délégués pouvant s'y rendre - ce qui est rendu difficile par le fait que leurs bases de soutien sont situées en Espagne, Italie, France - où l'Internationale est interdite, la fédération italienne se réunit à Rimini[4],[5]. Au regard des nouvelles évolutions de la situation, les délégués italiens, qui sont mis face au lieu du congrès, considéré comme particulièrement peu neutre par les bakouninistes, et au passage en force de l'ajout aux statuts de la déclaration renforçant considérablement les pouvoirs et attributions du Conseil général marxiste, votent la rupture avec le Conseil général[4]. La fédération italienne décide d'appeler à réunir les délégués des fédérations socialistes, anarchistes et autres mouvances du camp anti-autoritaire dans un congrès à Neuchâtel, pour exclure Marx et ses alliés de l'organisation et revenir aux statuts antérieurs de l'Internationale[4].
Selon James Guillaume, à la suite de la décision de la fédération italienne d'exclure Marx et de réunir, séance tenante, un congrès anti-autoritaire en Suisse, Bakounine et lui auraient négocié avec eux pour leur demander de retarder le congrès au moins jusqu'après le congrès de la Haye - ce qui est accepté[5]. Ils se font les adeptes d'une stratégie de concorde, soutenant d'envoyer le plus de délégués possibles au congrès de la Haye quand même, bien que la gestion du congrès soit sous le contrôle des marxistes[5].
Congrès de la Haye
modifierOrganisation du congrès et manœuvres politiques marxistes
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L'organisation du congrès de la Haye est marquée par le fort contrôle que les marxistes ont sur sa tenue, qui est peu impartiale et destinée à favoriser largement leurs intérêts[1],[2],[6]. En plus du lieu de réunion, qui exclut les fédérations les plus importantes en termes de chiffres, comme l'Espagne, de nombreux délégués marxistes n'ont pas de mandats légaux ; étant donné que l'Internationale est interdite en France, le Conseil général marxiste ne rend pas public les noms ou la provenance des délégués français et refuse aux délégués anti-autoritaires de s'assurer qu'il s'agit bien de délégués réels[5],[6]. Un certain nombre d'entre eux, par ailleurs, ne réside pas en France mais en Angleterre et fait partie des cercles proches de Marx[5],[6]. Le lieu de rassemblement, à La Haye, permet par ailleurs aux délégués marxistes allemands de se déplacer au congrès en grand nombre[5],[6]. Ils sont aussi alliés avec les blanquistes, un autre mouvement idéologique qui leur procure des délégués et les soutient[5].
Marx, Engels et leurs alliés cherchent aussi à empêcher directement des fédérations entières de participer : Engels soutient que même si la fédération italienne envoie des représentants, l'accès leur sera refusé et Marx essaie d'empêcher la fédération espagnole, pourtant la plus grande - de loin, de la première Internationale, de participer, en soutenant qu'ils n'auraient pas payé leurs cotisations[2],[5]. Les délégués espagnols, ayant prévu l'affaire et s'étant déplacés avec les cotisations avec eux pour les donner au congrès, parviennent finalement à participer, bien que Marx tente une autre manœuvre pour les en empêcher, sans succès[5].
Un certain nombre de délégués belges et néerlandais, où le congrès se déroule, sont des socialistes plus modérés qui soutiennent Bakounine par peur d'être purgés à leur tour et en viennent alors à soutenir ses positions et le défendre[5].
Positions et votes
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Le congrès, dominé par la présence marxiste et en l'absence du principal concerné, Bakounine, se déroule pendant cinq jours, du 2 au - en tout, le congrès réunit un nombre relativement faible de délégués pour des congrès de l'Internationale à l'époque, ce qui est en partie du au lieu de réunion. 65 délégués, dont une quarantaine de marxistes et environ 25 anti-autoritaires - se trouvent au congrès[1],[2],[4],[5]. Les délégués anti-autoritaires, bakouninistes et alliés sont mis en situation de nette infériorité face aux délégués marxistes alliés aux blanquistes et au fil du congrès, un certain nombre quitte les lieux, leur nombre décroissant pendant le congrès[1],[2],[4],[5].

Sur tous les points traités par le congrès, il adopte donc des positions s'accordant entièrement avec les positions marxistes[1],[2]. Il décide de consacrer la déclaration renforçant considérablement le pouvoir du Conseil général et s'attaque à Bakounine et ses alliés directement[1],[2],[5]. Marx accuse Bakounine d'être un voleur parce qu'il n'a pas payé un imprimeur en Russie et de ne pas être un véritable révolutionnaire - cette position étant adoptée par le congrès de La Haye[2]. Le scrutin de ce vote, central au sein du congrès, est le suivant[5] :
Scrutin sur l'expulsion de Michel Bakounine (42 votants) :
- Oui : J.-Ph. Becker, Cuno, Dereure, Dumont [Faillet], Dupont, Duval, Engels, Farkas, Fränkel, Heim, Hepner, Johaunard, Kugelmann, Lafargue, Le Moussu, Longuet, Lucain (pseudonyme), Mac Donnell, Marx, Pihl, Serraillier, Sorge, Swarm [d'Entraygues], Vichard, Walter [Van Heddeghem], Wilmot (pseudonyme), Wroblewski.
Non : Brismée, Coenen, Cyrille, Dave, Fluse, Herman, Van den Abeele.
Abstentions : Alerini, Farga-Pellicer, Guillanme, Marselau, Morago, Sauva, Splingard, Schwitzguébel.
27 oui, 7 non, 8 abstentions : l'expulsion de Bakounine est votée.
Le congrès de La Haye vote aussi l'expulsion de Guillaume mais ne parvient pas à exclure Adhémar Schwitzguébel, qui proteste en déclarant qu'il devrait être exclu aussi puisqu'il se porte solidaire et pleinement en accord avec Guillaume[5].
Le congrès permet le déplacement du siège du Conseil général à New York, ce qui donne aux marxistes un contrôle plus complet de cette structure[1],[2],[5]. Lors de la fin du congrès, les délégués qui sortent de la salle de théâtre Concordia, où ils sont réunis, sont hués et insultés par des foules rassemblées et qui crient « À bas l'Internationale ! »[7].
Réception
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Le congrès de La Haye, s'annonçant comme une victoire dans leur lutte, est rejeté par une majorité des fédérations de l'Internationale[1]. Robert Graham écrit à ce propos[1] :
La Circulaire de Sonvillier (un texte anti-marxiste/anti-autoritaire publié en 1871 dans le cadre des conflits) reflétait les vues non seulement de la Fédération jurassienne, de Bakounine et de la Fédération belge, mais aussi des sections italiennes de l'Internationale, de nombreux internationalistes français survivants et du plus grand groupe internationaliste, la Fédération espagnole. Lorsque Marx orchestra l'expulsion de Bakounine et de Guillaume de l'Internationale lors du Congrès de La Haye en 1872, une majorité des groupes membres de l'Internationale répudièrent le Congrès dominé par les marxistes et le Conseil général, reconstituant l'Internationale selon des lignes anti-autoritaires.
En effet, les mouvances anti-autoritaires et anarchistes qui viennent d'être expulsées et forment la majorité de l'Internationale se rabattent sur le plan proposé par la fédération italienne : organiser un congrès décidant l'expulsion des marxistes et reformant l'Internationale sur des bases franchement anti-autoritaires[1],[4],[5]. Ce congrès, le congrès de Saint-Imier, qui se déroule une semaine plus tard, réunit ces fédérations dans l'Internationale anti-autoritaire[1],[4],[5]. Cette organisation, fondatrice pour l'histoire de l'anarchisme, se maintient jusqu'aux années 1880 avant de laisser place à d'autres formes de coordination chez les anarchistes, comme le compagnonnage[3]. De leur coté, Marx et Engels se trouvent dans une organisation vidée d'une bonne partie de ses forces : une situation renforcée par le fait qu'ils en écartent les blanquistes, anciens alliés contre les anti-autoritaires qu'ils parviennent à mettre sur le côté et dépasser ; elle disparaît en 1876[4]. En revenant sur le congrès de La Haye et sa réception, Nunzio Pernicone écrit[4] :
Marx et Engels n'ont pas convoqué le Congrès de La Haye du 2 au 7 septembre 1872 pour empêcher un schisme, mais pour enterrer l'hérésie bakouniniste. Les Marxistes et leurs alliés Blanquistes, qui bénéficiaient d'un avantage de quarante délégués contre vingt-cinq, ont adopté des résolutions soutenant Marx sur toutes les questions, renforçant le pouvoir du Conseil Général et incorporant la résolution neuf dans les statuts de l'Internationale. Bakounine et ses lieutenants suisses, Guillaume et Schwitzguébel, reconnus coupables d'accusations compilées par Engels, Marx et son gendre Paul Lafargue, furent expulsés de l'Internationale. Marx transféra ensuite le Conseil Général de Londres à New York pour empêcher les Blanquistes d'en prendre le contrôle, tuant de fait l'Internationale pour la sauver de ses rivaux. L'Internationale marxiste étant ainsi vouée à l'oubli, Bakounine jugea le moment propice pour adopter l'idée que les Italiens avaient avancée à Rimini et convoquer un congrès anti-autoritaire. Après des discussions préliminaires à Zurich, Bakounine et quatorze de ses associés se réunirent à Saint-Imier, en Suisse, les 15 et 16 septembre 1872, pour reconstituer l'Internationale selon des lignes anti-autoritaires.
Références
modifier- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 Levy 2019, p. 325-343.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 Gerth 1958, p. 4-17.
- 1 2 Berthier 2015, p. III.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 Pernicone 1993, p. 57-64.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 Guillaume 1905-1906, p. 318-354.
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Baker 2023, p. 20-30.
- ↑ « L'Illustration : Nos Gravures », sur Gallica, (consulté le )
Bibliographie
modifier- Zoe Baker, Means and Ends: The Revolutionary Practice of Anarchism in Europe and the United States, Edinbourg, AK Press, (ISBN 978-1-84935-498-1)
- René Berthier, La fin de la première Internationale, Paris, Monde Libertaire, (ISBN 978-2915514636)
- (en) Hans Gerth, The first International: minutes of the Hague congress of 1872, with related documents, Madison, University of Wisconsin Press (UWP), (OCLC 1034670000)
- James Guillaume, L'Internationale : Documents et souvenirs (1864-1878) (t. 1-2), Paris, Société nouvelle de librairie et d'édition, 1905-1906 (lire en ligne)
- Carl Levy, The Palgrave Handbook of Anarchism, Cham, Palgrave Macmillan, (ISBN 978-3-319-75619-6)
- (en) Nunzio Pernicone, Italian anarchism: 1864-1892, Princeton, Princeton University Press (PUP), (ISBN 978-1904859970)
