Constantin Lécapène

co-empereur byzantin

Constantin Lécapène (en grec : Κωνσταντίνος Λακαπηνός), né en 912 et mort vers 946, troisième fils de l'empereur byzantin Romain Ier Lécapène et de son épouse Théodora, est un des membres de la famille des Lécapène co-empereurs aux côtés de l'empereur légitime Constantin VII Porphyrogénète (905-959), de la dynastie macédonienne (867-1057). Constantin Lécapène est co-empereur à partir du 25 décembre 924.

Constantin Lécapène
Empereur byzantin
Image illustrative de l’article Constantin Lécapène
Miliaresion des années 931-944, montrant Romain Ier Lécapène sur une face et listant les noms de Romain et de ses coempereurs sur l'autre face.
Règne
-
20 ans, 1 mois et 2 jours
Période Macédonienne
Précédé par Romain Ier Lécapène
Co-empereur Romain Ier Lécapène (920-944)
Constantin VII (913-959)
Christophe Lécapène (921-931)
Étienne Lécapène (924-945)
Suivi de Constantin VII Porphyrogénète
Biographie
Naissance
Décès vers 946 (~34 ans)
Père Romain Ier Lécapène
Mère Théodora

En , il dépose son père avec l'aide de son frère aîné Étienne, mais est lui-même renversé par Constantin VII le 27 janvier 945. Exilé sur l'île de Samothrace, il est tué lors d'une tentative d'évasion dans les années 946-948.

Biographie

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Famille

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Constantin est l'un des plus jeunes fils de Romain Ier Lécapène et de sa femme Théodora. Théophane continué le mentionne comme le plus jeune fils du couple tandis que Georges Cédrène, qui écrit au XIe siècle, considère qu'il est le troisième de leurs quatre enfants. Ses frères aînés sont Christophe Lécapène (co-empereur de 921 à 931) et Étienne Lécapène (co-empereur de 924 à 945). Quant à Théophylacte de Constantinople (patriarche de Constantinople entre 933 et 956), on ne sait pas s'il s'agit d'un frère plus jeune ou légèrement plus âgé. Il a aussi plusieurs sœurs dont Hélène Lécapène, mariée à l'empereur Constantin VII et Agathe, mariée à Romain Argyre. Il a probablement deux autres sœurs anonymes, connues seulement du fait de leur mariage avec les magistros Romain Mousélé et Romain Saronitès[1],[2]. Il a au moins un fils, Romain Lécapène[3].

Portrait de Constantin Lécapène dans Mutinensis gr. 122.

Romain Lécapène arrive au pouvoir en 919 quand il parvient à se nommer comme régent du jeune Constantin VII qu'il marie avec sa fille Hélène. Durant une année, il parvient à passer de la dignité de basiléopatôr à celle de césar avant d'être couronné empereur le [4]. Pour consolider son accession au pouvoir et, dans le but de supplanter la dynastie macédonienne par sa propre famille, il élève son fils aîné Christophe comme co-empereur en , puis ses deux autres fils le [5],[6].

Après la mort précoce de Christophe en 931 et, du fait de la mise de côté de facto de Constantin VII, Étienne et Constantin voient leur importance s'accroître même si, dans la hiérarchie impériale, ils restent à un rang inférieur à celui de Constantin VII[7]. En 939, Constantin Lécapène se marie une première fois avec Hélène, une fille du patrice Adrien, un Arménien[8].

Syméon Magistère rapporte qu'Hélène meurt le et, le , Constantin Lécapène se remarie avec Théophano Mamas. Il a un fils nommé Romain mais l'identité de sa mère est inconnue[8] et il est castré en 945, peu après le renversement des Lécapène, pour l'empêcher de réclamer le pouvoir impérial. Néanmoins, il poursuit une carrière à la cour impériale, atteignant le rang de patrice et la fonction d'éparque de Constantinople[9].

Étienne et Constantin arrivent au premier plan, en 943, quand ils s'opposent à un mariage pour leur neveu Romain II avec Euphrosyne, une fille du célèbre général Jean Kourkouas. Toutefois, si une telle union aurait sûrement consolidé la loyauté de l'armée envers les Lécapène, elle aurait aussi renforcé la position de la dynastie macédonienne légitime, représentée par Romain II et son père Constantin VII, aux dépens d'Étienne et Constantin. Ces derniers parviennent à l'emporter sur leur père, malade et vieillissant, tandis que Jean Kourkouas est mis de côté[10]. Romain II se marie finalement avec Bertha, une fille illégitime d'Hugues d'Arles, roi d'Italie[5],[11]. Dans une autre interprétation de ce projet de mariage, c'est en réalité le propre fils de Constantin, Romain Lécapène, qui aurait été promis à Euphrosyne. Dans ce cas, l'opposition à ce mariage est à trouver du côté d'Etienne et de Constantin VII[3].

Alors que Romain Ier approche de la fin de sa vie, la question de sa succession devient prioritaire. En 943, Romain prévoit par testament de laisser Constantin VII comme seul empereur après sa mort. Cette décision mécontente ses deux fils, qui craignent que leur beau-frère ne les dépose une fois arrivé au pouvoir et les force à se retirer dans un monastère. Selon l'historien britannique Steven Runciman, ils sont motivés à la fois par la volonté de se préserver et d'ambition plus authentique. Ils planifient de prendre le pouvoir par un coup d'état où Étienne doit apparaître comme le maître d'œuvre et Constantin comme un partisan plutôt réticent[12]. Il faut toutefois signaler que la réalité de ce testament est parfois mise en doute. Il pourrait s'agir d'une reconstruction postérieure des événements visant soit à réaffirmer la place et la légitimité de Constantin VII, soit d'une manière de réhabiliter Romain Lécapène, qui serait revenu à l'ordre dynastique initial au seuil de sa mort[13]

Quoi qu'il en soit,es autres conspirateurs sont Marianos Argyre, le protospathaire Basile Petenois, Manuel Kourtikès, le stratège Diogène, Clado et Philippe. Toutefois, Georges Cédrène considère que Peteinos a servi comme agent de Constantin VII auprès des conspirateurs. Le , ces derniers mettent leur plan en action. Les deux frères font pénétrer leurs partisans dans le Grand Palais au milieu de la journée. De là, ils conduisent leurs hommes dans la chambre de Romain Ier qu'ils font prisonnier sans difficultés. Ils parviennent à l'emmener au port le plus proche et, de là, à Proti, l'une des îles des Princes, un lieu classique d'exil. Là, Romain Ier Lécapène accepte de devenir moine et renonce au trône[14].

Après être parvenus à déposer leur père sans encombre, les deux frères doivent désormais composer avec Constantin VII. Toutefois, ils sont rapidement aux prises avec des rumeurs qui circulent à Constantinople et selon lesquelles, à la suite de la déposition de Romain, la vie de Constantin VII serait en danger. Très vite, des foules se rassemblent devant le palais, demandant à voir l'empereur en personne. L'historien lombard Liutprand de Crémone note que les ambassadeurs d'Amalfi, de Gaète, de Rome et de Provence présents dans la capitale byzantine prennent le parti de Constantin VII. Étienne et son frère doivent se résoudre à reconnaître que leur beau-frère est l'empereur principal.

Ce triumvirat à la tête de l'Empire dure à peu près quarante jours. Les trois hommes nomment rapidement de nouveaux chefs aux offices militaires. Bardas Phocas l'Aîné devient domestique des Scholes et Constantin Gongylès est placé à la tête de la marine byzantine. Constantin VII et son frère récompensent aussi leurs partisans. Ainsi, Peteinos devient patrice et grand hétériarque, Argyre est nommé comte des écuries et Kourtikès devient patrice et drongaire de la garde[15].

Toutefois, le , sur l'insistance de sa sœur, l'Augusta Hélène, un autre coup d'état renverse les deux Lécapène. Ils sont accusés d'avoir essayé d'empoisonner l'empereur Constantin VII, ce qui aboutit à ce que ce dernier occupe désormais seul le trône impérial[16],[9].

Dans une volonté de moraliser les événements liés à la chute de Romain Lécapène, certains écrits byzantins, notamment ceux du Pseudo-Syméon, affirment que Romain Lécapène aurait été défaillant dans l'éducation de ses deux derniers fils, ce que lui aurait reproché son père spirituel, un moine du nom de Serge. Il l'aurait notamment averti qu'en échouant dans son éducation, il se risquait à connaître un sort similitaire à celui du personnage biblique d'Eli[17].

Exil et mort

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Constantin et son frère sont d'abord envoyés sur l'île de Proti. Là, selon les chroniques byzantines, ils auraient été accueillis par leur père qui cite un passage du Livre d'Isaïe (chapitre 1, verset 2)[9] : « Cieux, écoutez ; terre, prête l'oreille, car le Seigneur a parlé. J'ai fait grandir des enfants, je les ai élevés, mais ils se sont révoltés contre moi. » Toutefois, Liutprand de Crémone rapporte une version différente. Selon lui, Romain Ier reçoit ses enfants avec sarcasme, les remerciant de ne pas l'avoir négligé et les priant d'excuser les moines à propos de leur ignorance quant aux manières de recevoir correctement des empereurs[9].

Constantin est ensuite envoyé sur Tenedos puis sur l'île de Samothrace. Finalement, il est tué lors d'une tentative d'évasion. La date de celle-ci est inconnue mais, étant donné que Théophane continué affirme que Romain Ier Lécapène voit dans un cauchemar la descente aux enfers de son fils au moment de la mort de Constantin, celle-ci peut se situer entre 946 et la propre mort de Romain en 948[18].

Notes et références

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  1. ↑ Kazhdan 1991, p. 1204
  2. ↑ Cawley 2011, Romanos Lekapenos
  3. 1 2 Pmbz, Romanos Lakapenos (#26841).
  4. ↑ Runciman 1988, p. 59-62
  5. 1 2 Kazhdan 1991, p. 1806
  6. ↑ Runciman 1988, p. 64-67
  7. ↑ Runciman 1988, p. 78-79
  8. 1 2 Cawley 2011, Konstantinos Lekapenos
  9. 1 2 3 4 Runciman 1988, p. 234
  10. ↑ Treadgold 1997, p. 485
  11. ↑ Cawley 2011, Romanos II
  12. ↑ Runciman 1988, p. 231-232
  13. ↑ (de) Andreas E. Müller, « Das Testament des Romanos I. Lakapenos », Byzantinische Zeitschrift, vol. 92, no 1,‎ , p. 68-73 (DOI 10.1515/byzs.1999.92.1.68)
  14. ↑ Runciman 1988, p. 232
  15. ↑ Runciman 1988, p. 233
  16. ↑ Treadgold 1997, p. 486
  17. ↑ Pmbz, Sergios (#27023).
  18. ↑ Runciman 1988, p. 234-235

Bibliographie

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